Don Juan – Serge Bozon – 2022

27. Don Juan - Serge Bozon - 2022Sauve qui peut (l’amour).

    1.0   Le dernier Bozon s’ouvre de manière aussi étrange que malaisante via une construction / déconstruction (par le montage) qui évoque d’emblée le Godard des années 80 mais qui bientôt tournera plutôt au récit à la Rivette (la vie, le théâtre) malheureusement plus proche de Duelle que de La bande des quatre, dans un vertigineux programme théorique et abstrait qui n’a d’égal que l’ennui monstre qu’on éprouve devant chaque scène, doublé d’un sublime frisson de la honte devant chacune des chansons. Je ne pensais pas voir un film aussi embarrassant cette année que ceux de Jean Pierre Jeunet et Claude Lelouch. Je me trompais car c’était sans compter sur Serge Bozon, qui livre une nouvelle purge léthargique dont il a le secret. Probablement son pire film, à faire regretter le Don Juan de Jacques Weber, c’est dire.

The bad guys – Pierre Perifel – 2022

09. The bad guys - Pierre Perifel - 2022Eux, moches et (pas si) méchants.

   4.0   Le début est chouette et à l’image du slogan promotionnel « Être méchant n’a jamais été aussi cool » d’autant que la première scène dans le diner rejoue allègrement l’ouverture de Pulp Fiction, et la discussion autour du cochon-dinde n’est pas sans évoquer celle du hamburger. Voir une bande de loup, requin, piranha, tarentule et serpent faire des casses simplement en faisant peur à la population, c’est frais, rigolo, bien qu’un peu trop hystérique, lorgnant davantage du côté de Guy Ritchie que vers Tarantino. Ensuite, le film retrouve des rails plus conventionnels, plus calibrés pour les enfants disons, aussi bien sur la forme (très attendue, avec ses rebondissements programmatiques) que sur le fond (Les personnages malveillants vont retrouver le chemin du Bien, à renfort de morale rédemptrice et de discours sur l’amitié) avec ses personnages réversibles. Mais ça reste regardable et pas désagréable en accompagnant les enfants. Et un Dreamworks Animation un peu moins nul que la moyenne.

La bulle (The bubble) – Judd Apatow – 2022

12. La bulle - The bubble - Judd Apatow - 2022Boring people.

   2.0   Comment un cinéaste auquel on tient fort et qui vient à peine de réaliser son plus beau film (The king of Statten Island = Chef d’œuvre) peut-il se fourvoyer de la sorte en pondant dans la foulée, à la fois son plus mauvais film mais aussi l’un des pires trucs vus cette année ? On a pris l’habitude, depuis deux ans, de tout mettre sur le dos du Covid alors ne changeons rien, d’autant qu’il fait partie intégrante du film : Apatow lui aussi sera tombé dans le piège du « film de confinement » qui est devenu un genre, d’un opportunisme nauséabond et d’une pauvreté artistique abyssale. Apatow n’y changera rien. La bulle d’isolation ici est moins le reflet d’une bulle dans la bulle ou d’une créativité en circuit fermé qu’une énième démonstration que la pandémie tue la dite-créativité. Le film n’ira pas plus loin que sa faible satire du monde du showbiz. Les coulisses du tournage d’un blockbuster ne génèrent rien, aucune idée de cinéma, et encore moins de génie comique et folklorique que l’idée de base promettait. J’adore Apatow, hein, qui ne m’avait jamais déçu, même quand tout le monde s’accord à l’être (This is 40) ou quand il change de braquet (Crazy Amy) mais là franchement j’ai trouvé ça tellement consternant je ne m’en remets pas. Ça ne lui a pas réussi la crise sanitaire, dis-donc.

Sous emprise – David Rosenthal – 2022

26. Sous emprise - David Rosenthal - 2022Le grand creux.

   3.0   Prototype du film Netflix : des cartes postales (ici Porquerolles), des acteurs tout bronzés, un peu de cul (sauvage mais pas trop visible), une image toute lisse, quelques violons, une écriture bâclée. La première heure est sans intérêt, le néant, d’autant qu’il est impossible (pour moi) de comprendre comment Camille Rowe peut tomber amoureuse de ce mec dégueulasse, personnage infect doublé d’un acteur insipide. Et puis le film est un poil mieux sur la fin quand le récit converge vers le tragique qui est celui des faits sur lesquels il prend sa source : L’histoire d’une apnéiste (record du monde féminin) décédée dans des circonstances aussi inédites que suspectes (une affaire de ballon d’oxygène vide, lorsqu’elle s’apprête à remonter de sa plongée en NoLimit à 171m de profondeur) il y a vingt ans. Le film est clairement sans équivoque et à charge contre son mec, d’ailleurs, alors que sa culpabilité n’a jamais été établie. C’est sans doute pourquoi le film revendique d’être inspiré de faits réels. À noter que James Cameron était jadis pressenti (il y a dix ans) pour adapter leur histoire. Au lieu de ça nous avons David Rosenthal. Et sa mise en scène netflixienne. Les scènes sous-marines n’ont pas grand intérêt mais c’est étrange de revoir cette actrice dans cet univers-là après son rôle dans Deep house l’an dernier.

Doctor Strange in the multiverse of madness – Sam Raimi – 2022

24. Doctor Strange in the multiverse of madness - Sam Raimi - 2022Vision dead.

   3.0   Il y a deux façons d’aborder ce nouvel opus de la giga franchise Marvel : Soit par le prisme de la continuité qu’il génère (Les fans du MCU sont aux anges) soit pour l’envie de revoir aux commandes un Sam Raimi qu’on n’avait plus vu depuis dix ans (Les fans d’Evil Dead y vont le cœur serré).

     Si (comme moi) on n’est ni fan de Marvel ni de Raimi ça n’a aucun intérêt de regarder ce machin, qui opère donc un processus un peu schizophrène, tant à la fois Raimi tente des choses mais qu’il doit être surveillé et entravé par Kevin Feige en permanence, et tant le film, au sein de la franchise, est un pur produit destiné aux fans qui ne ratent rien, des films aux multiples séries qui s’y relient : Ici donc il vaut mieux avoir vu Wandavision si j’ai bien compris ? Moi ça ne m’intéresse pas cette façon de faire. Bientôt il faudra avoir jouer à tel jeu vidéo pour comprendre un de leurs films, avoir acheté un hors-série spécial, un produit dérivé essentiel. C’est l’horreur.

     Rapidement sur le film : C’est une bouillie indigeste, qui ne tient même pas ses promesses de multiverse, je parle au niveau visuel. Ça ne propose absolument rien, un peu à l’image de cette scène, aveu d’échec magnifique, qui dure vingt secondes ou l’on traverse brièvement plusieurs univers – animation comprise – avant d’atterrir dans un monde qui n’est qu’une copie plus colorée de notre monde, où les feux rouges, tenez-vous bien, sont verts, et vice versa. La nullité du truc. Autant revoir le superbe film d’animation Spiderman into the spiderverse.

     Alors, dans un élan d’indulgence, on pourra se satisfaire des petites saillies gores – c’est clairement le plus horrifique de la saga, heureusement, avec un Raimi aux manettes – mais on sent trop les petits copiés collés (d‘Evil Dead, essentiellement) pour faire plaisir aux fans de Raimi. Le reste c’est comme d’habitude, des dialogues lourdauds en champ contrechamp et des effets spéciaux immondes.

Les cinq diables – Léa Mysius – 2022

23. Les cinq diables - Léa Mysius - 2022Les braises du passé.

   7.0   Ava, le premier film de Léa Mysius avait été une telle claque inattendue pour moi (dans mon top5 en 2017) : C’était un film solaire, sensuel, plein de fulgurances et surtout un film vivant, plus visuel et sonore que bien écrit, comme s’il savait s’affranchir du scénario, ce qui est rare dans un premier film de sortant de Femis.

     Si je retrouve plein de (très) bonnes choses dans Les cinq diables, cette fois le film m’a semblé un peu trop écrit et pas forcément bien écrit : Mysius ne plonge pas suffisamment dans le fantastique et ses voyages dans le temps reposent sur un procédé scénaristique un peu nul. D’autant qu’il y a un crescendo programmatique pour révéler les zones d’ombres à chaque voyage. Alors qu’on a trop vite compris : le tout premier plan n’est vraiment pas une idée judicieuse, par exemple, tant on s’attend à le revoir.

     Heureusement le film est très beau, il y a quelques idées fortes (la scène du karaoké sur « Total eclipse of the heart » notamment), une Adèle Exarchopoulos extra (comme d’habitude), une attention portée aux corps, aux peaux et une volonté de faire sentir (puisque c’est le don de la petite fille) les choses, de donner une odeur aux images, même si ça pouvait être encore mieux je crois.

     J’aime beaucoup le film, quand même, car il m’a ému et que c’est une superbe histoire d’amour contrariée par la temporalité.

Twist à Bamako – Robert Guédiguian – 2022

19. Twist à Bamako - Robert Guédiguian - 2022Et danse l’indépendance.

   6.0   Guédiguian délaisse provisoirement le Marseille contemporain pour nous embarquer en Afrique, dans le Mali de 1962. Pas sa première incursion historique puisqu’il avait déjà traité de l’Occupation dans L’armée du crime, des répercussions du génocide arménien dans Une histoire de fou ou encore la fin de vie de Mitterrand dans Le promeneur du Champ de Mars. Entre autres. Mais c’est vrai que Guédiguian, pour moi, c’est essentiellement l’Estaque et sa petite troupe d’acteurs qui le suit depuis Dernier Été jusqu’à La Villa. Cette fois Guédiguian s’inspire du photographe portraitiste Malick Sidibé. Il lui rend hommage, en incrustant tout le long du film des photos en noir et blanc qui ne sont que des images arrêtées de son propre film : ne pouvait-il pas utiliser les vraies photos ? Qu’importe, le film est une plongée dans un pays tout juste indépendant, qui doit composer avec ses tiraillements internes, le nouveau régime socialiste et ses opposants, généralement riches et/ou commerçants qui ont bien profité de leur pays colonisé. Le portrait que dresse Guédiguian est âpre puisqu’il montre les bienfaits de cette révolution et son désenchantement immédiat, symbolisé ici par cette histoire d’amour entre un jeune garçon porte-parole socialiste et une jeune fille qui a fui son mariage. Un amour impossible, en somme, sur deux mondes irréconciliables. Le récit est beau mais un peu alourdi par une forme (et une interprétation globale) un peu mièvre et vieillotte, à l’image de ces « fausses photos » qui traversent le film de façon trop programmatique.

La gueule ouverte – Maurice Pialat – 1974

18. La gueule ouverte - Maurice Pialat - 1974La mort nue.

   9.0   Évidemment ce n’est pas le film de Pialat que je revois facilement (c’était ma troisième fois) mais c’est l’un de ses plus beaux à mes yeux, l’un de ses chefs d’œuvre. Peut-être son plus radical, aussi.

     C’est un grand film sur la mort. Un film cru, nu, dur, cruel, violent, et paradoxalement un film très tendre (avec chacun de ses personnages) tant il porte un regard pragmatique, sans ornements poétiques, symboliques ou naturalistes. C’est un film à l’os.

     Après avoir filme l’agonie du couple dans Nous ne vieillirons pas ensemble, avec La gueule ouverte Pialat filme la lente agonie d’une femme atteinte d’un cancer incurable, assistée de son mari et de son fils.

     L’idée c’est donc de reléguer rapidement cette femme (Monique Mélinand), la cinquantaine, dans sa chambre située au-dessus de la mercerie familiale. Elle n’existera dès lors plus en tant que personnage sinon en tant que celui qui se meurt.

     Il s’agit de vivre cette agonie aux côtés de son entourage : Son mari (Hubert Deschamps) et son fils (Philippe Léotard) donc, mais aussi sa belle-fille (Nathalie Baye). Mais eux continuent (ou tentent de continuer) de vivre malgré tout, tout en passant voir la malade à l’hôpital à Paris d’abord puis la mourante dans sa chambre en Auvergne ensuite.

     Quand bien même le film soit rythmé par la souffrance de la mère, sa voix qui se tut, son teint qui s’éteint, ses râles et sa respiration permanentes, ce n’est pas Bergman et ses « Cris et chuchotements » puisque les personnages autour d’elle continuent de vivre, de travailler, de baiser, manger, boire, fumer, évoquer le passé. Et même après, tout reprend, le rituel de la mise en bière, la discussion autour des fleurs pendant la réception funéraire. La vie continue.

     Les scènes sont souvent saisies en de longs plans séquences, parfois fixes, sublimés par la photographie de Nestor Almendros, qui parvient à capter cette banalité de la mort, la fulgurance d’une fenêtre ou d’un papier peint. Et régulièrement la nuit, l’obscurité.

     Le film est par ailleurs extrêmement cadré, et ce dès le premier plan où Léotard est dévoré par le cadre clinique d’un hôpital, relégué dans un petit coin bord cadre gauche. Ou bien lorsque la femme meurt et que des infirmières viennent la changer : on ne voit que ce corps, pas sa tête, masquée par la table de chevet.

     Il y a très peu de plans dans La gueule ouverte. Souvent c’est une séquence, un plan. Et ce même si la séquence s’installe et dure (une dizaine de minutes) comme celle, vers le début du film, où mère et fils sont posés à table et évoque certains souvenirs avant de se taire en écoutant « Cosi fan tutte » de Mozart.

     Scène bouleversante mais on pourrait en citer d’autres : Le fameux travelling du départ de chez les parents, quand la voiture quitte « La maison de la laine », puis les rues du village puis finit par s’engager sur cette longue départementale bordée de peupliers. Ou bien cette longue scène où l’on entend plus qu’une simple respiration, qui envahit la pièce, le cadre. Ou celle la cérémonie avec ce plan incroyable dévoilant le cortège puis la famille derrière la pierre de l’église.

     Comme Nous ne veillerons pas ensemble il s’agit pour Pialat d’exhumer ses propres démons : Ici c’est bien entendu du décès de sa propre mère dont il parle. Par ailleurs le film est en grande partie tourné dans un village auvergnat non loin de son village natal.

Graffiti party (Big wednesday) – John Milius – 1979

22. Graffiti party - Big wednesday - John Milius - 1979Trois garçons dans la vague.

   8.0   Le film est divisé en quatre parties, chaque partie couvrant une saison et une année précise : Printemps 1962, Automne 1965, Hiver 1968 puis Été 1974.

     Il s’agit surtout de faire le portrait de trois garçons, Jack, Matt & Leroy. Trois surfeurs californiens, qui vont arpenter la vie d’adulte très différemment. Trois amis d’enfance que la vie va éloigner.

     Si le film dresse ce triple portrait intime, il prend aussi le pou d’une Amérique en plein changement puis en pleine gueule de bois, perdue dans les répercussions de ses scandales politiques, sa dépression économique et son échec vietnamien.

     Ce malaise américain est alors incarné par différents personnages et notamment Bear, la figure patriarcale, l’homme qui au préalable leur confectionne les planches, qui semble être le vrai marqueur de chaque chapitre, chaque année, dans son désenchantement grandissant, son état dépressif et alcoolique, qui sera aussi la voie empruntée par le personnage de Matt.

     Les ellipses sont toutes terribles. Elles renforcent chaque fois l’idée que le temps est cruel, appuyant sur le fait qu’ils s’éloignent tous les uns des autres. Jack est devenu secouriste puis bientôt il partira au Vietnam. Bear, lui, fabriquait ses planches sur la jetée, puis on le verra tenir un magasin, avant de virer clochard. Matt est devenu papa. Seul Leroy semble échapper au cadre, littéralement puisqu’il disparaît longtemps du film, avant de réapparaître pour le big wednesday.

     Le décor change lui aussi, à l’image de cette jetée qui est bientôt interdite, ou de cette entrée de plage, et son aspect antique, qui n’est plus que ruines à la fin. Seul l’océan reste le même, imperturbable, il peut même offrir sa plus belle santé dans le dernier quart.

     Si c’est une chronique globalement désespérée, comme une sorte de Voyage au bout de l’enfer sur la côte californienne, le film libère parfois des instants comiques assez savoureux, d’abord dans la grande baston initiale, lors de la fête dans la maison de Jack pendant que sa mère lit à l’étage. Et bien entendu cette scène où les trois garçons (et d’autres membres de la bande, Waxer par exemple, qui connaîtra un tragique destin) sont appelés sous les drapeaux et tentent d’échapper au service en jouant la folie ou l’infirmité.

     A noter que Milius filme brillamment les scènes de surf, souvent au creux de la vague, caméra embarquée sur les planches et dans les tubes. Rien d’étonnant puisque c’est aussi son enfance à Malibu qu’il raconte là.

     D’ailleurs Il m’a semblé reconnaître les image d’Endless Summer (le film de Bruce Brown) lorsque Matt est invité, en 1968, à la projection d’un film documentaire sur le surf. À vérifier. Magnifique découverte quoiqu’il en soit.

Gare centrale (Bab al-Hadid) – Youssef Chahine – 1958

21. Gare centrale - Bab al-Hadid - Youssef Chahine - 1958La loi du désir.

   7.0   Mon tout premier Chahine. Considéré comme l’un de ses meilleurs, Gare centrale se déroule entièrement dans une gare du Caire. Si les trains arrivent et partent, si les voyageurs s’annulent dans l’anonymat, il reste ceux qui vivent et travaillent ici comme Kenaoui (campé par Chahine lui-même) le kiosquier à la sauvette, ou Hanouma, la vendeuse de sodas, pour laquelle Kenaoui voue un amour sans fin. Mais on y croise régulièrement aussi un jeune couple qui semble se voir ici dans le secret. Le film bouillonne, déambule dans ce lieu, de transit pour beaucoup, mais qui devient refuge et purgatoire pour Kenaoui, Hanouma et d’autres. Mais aussi un lieu de séduction, de désirs et frustrations, dont fera les frais ce vendeur de journaux, boiteux, sans cesse moqué, frustré sexuellement, qui tapisse les murs de sa cabane de photos de femmes découpées dans des magazines, et qui par amour de celle qui le méprise, deviendra bientôt fou. Tout en bruits et mouvements, le film file droit vers une tragédie inéluctable. Avec son style proche du néo-réalisme, sa multitude de plans audacieux, son un noir et blanc magnifique, son attention portée au décor, notamment la poussière, les rails, le bruit permanent des trains, Gare centrale est un très beau film.

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