Spiderman, Homecoming – Jon Watts – 2017

46. Spiderman, Homecoming - Jon Watts - 2017Super geek.

   5.0   Chouette idée que de faire un reboot geek de Spiderman, un film aussi décomplexé qu’il est modeste, bien plus occupé à agrémenter son versant comique et citationnel que sa caution grand spectacle. Les effets spéciaux ne sont d’ailleurs pas ce qu’il réussit de mieux, la scène au Washington monument est bien fichue mais celle du ferry bave beaucoup trop. Ça ne révolutionne rien, mais ça n’en a jamais la prétention, jouant surtout sur le folklore lycéen et la lose communicative du groupe d’ados, avec leurs caractères bien trempés, les vannes et la dimension théorique à l’image de sa façon de renverser « le baiser à l’envers » par exemple. Et puis c’est con mais je crois que je préfère cent fois ce gamin à Tobey Maguire. Reste à savoir si les suites resteront dans ce délire ou s’ils se prendront davantage au sérieux.

Mary Poppins – Robert Stevenson – 1965

42. Mary Poppins - Robert Stevenson - 1965Pretty nanny.

   5.5   Pas revu depuis gamin ce grand classique du géant Disney mais je n’y ai jamais été attaché à vrai dire, donc aucune déception de mon côté, c’est même plutôt le contraire, j’ai trouvé ça charmant, agréablement désuet, un peu longuet, un peu lourd sur la durée mais mignon comme tout pour passer les fêtes. Il y a de belles tentatives plastiques, de beaux ballets (de pingouins), de jolies chansons, une magie assez envoutante qui fonctionne. Et Julie Andrews est canon. Mes souvenirs me trahissaient un peu, sans doute la voyais-je alors seulement comme une nounou. Aujourd’hui je l’ai vu autrement. Bref, cela ne nous regarde pas. Ça ne va quoiqu’il en soit pas me motiver à filer voir le remake, mais j’ai trouvé ça tout à fait sympathique.

Chut ! – Jean-Pierre Mocky – 1972

08. Chut ! - Jean-Pierre Mocky - 1972Une heure de trop.

   0.5   J’ai de la sympathie pour Mocky et il m’arrive d’être sensible à son cinéma parfois subversif, fait de bric et de broc. Mais là c’est pas possible. Alors je ne sais pas si le montage (épileptique) que j’ai vu (Celui remonté, approuvé par Mocky, amputé d’une demi-heure par rapport à la projection initiale) casse tout le film ou non, mais purée, heureusement que ça ne dure que 62 minutes car c’est déjà beaucoup trop long. C’est simple, le film est un déferlement de tronches grimaçantes, bavardages incessants, petits bruits ajoutés, inserts chelous, gags embarrassants, et enchainements de séquences hystériques sans queue ni tête au point qu’il est tout bonnement impossible de démêler un semblant de récit (et d’intérêt) là-dedans. Mocky dédie son film à La Liberté (des travailleurs, des citoyens, mais surtout à la sienne) c’est bien, mais là liberté s’arrête où… Bref. Un beau calvaire.

Dix pour cent – Saison 3 – France 2 – 2018

DIX POUR CENT - SAISON 3L’agence.

   7.0   Contrairement à l’avis quasi général, aucune déception de mon côté, c’est une excellente saison, dans la continuité de la précédente. Je continue de penser que la belle idée de cette série est de faire croire qu’elle se contente de se concentrer sur ses stars, d’offrir un cadeau par épisode (Et quels cadeaux, cette fois : Jean Dujardin, Isabelle Hupert, Monica Bellucci. Excusez du peu) qu’elle va les égratigner, jouer de leur capacité d’autodérision – Ce qu’elle fait aussi malicieusement mais à une échelle plutôt minuscule pour la plupart d’entre elles, excepté pour Julien Doré qui fait office de fil rouge et en prend pour son grade, de façon très réjouissante – alors que son véritable cœur, ce sont ses agents, les actionnaires d’Ask et bien entendu ceux qui gravitent autour, plutôt dedans. On s’intéresse encore moins à leurs vies personnelles cette fois, sans doute car il y a beaucoup à observer dans leurs déchirements au sein de la boite : Matthias qui souhaite racheter les parts à Hicham ; Andrea et Gabriel qui pensent à se tirer et ouvrir une agence en parallèle ; Arlette qui n’est plus si loin de la retraite. Sans parler des relations toujours épineuses/électriques (et un peu schizophrène ici) entre Camille et Hervé, secrètes et troublées entre Noémie et Mathias, et le super trio (notamment autour du bébé) Andrea/Hicham/Colette : Superbe séquence lorsqu’ils se retrouvent (et acceptent tous trois leur place) autour de l’enfant au beau milieu d’un salon. Six épisodes d’excellente tenue, une fois de plus.

Santa & Cie – Alain Chabat – 2017

37. Santa & Cie - Alain Chabat - 2017La course aux jouets.

   6.0   Je craignais de voir Chabat sombrer dans les méandres du ridicule (j’ai toujours en travers sa merde avec le marsupilami) et du conformisme (Les Nuls qui réhabilitent la comédie de noël, putain) mais finalement c’est très chouette, à la fois c’est un beau film de noël, oui, tout en restant dans l’esprit Chabat, suffisamment subtil pour ne pas tomber dans le piège de la roue libre façon retour de La cité de la peur. Évidemment ça ne révolutionne rien, mais dans son genre c’est honnête. Et surtout ça ne fait pas film de vieux con, comme Farrugia sait lui si bien en pondre. Le meilleur film de Chabat depuis Mission Cléopâtre, à l’aise.

Le grinch (Dr. Seuss’ How the Grinch Stole Christmas!) – Ron Howard – 2000

32. Le grinch - Dr. Seuss' How the Grinch Stole Christmas! - Ron Howard - 2000Chou blanc.

   4.0   Visuellement ça pique un peu les yeux, Chouville. Et ça met du temps à se mettre en marche. Jim Carrey en fait des caisses derrière le maquillage au point que le personnage en devient rapidement insupportable, mais c’est assez attachant en fin de compte, dans un grand élan d’indulgence. Entre chouette comédie familiale et conte de noël lambda, j’hésite. Vite oublié, quoi qu’il en soit. Y a décidemment à boire et à manger dans la filmo de Ron Howard : Je reviendrai très bientôt sur Apollo 13.

Mission impossible, Fallout – Christopher McQuarrie – 2018

43. Mission impossible, Fallout - Christopher McQuarrie - 2018Mission winks more than accomplished.

   7.0   Quel pied ! A chaud, mais j’en suis quasi certain pour un tas de raisons (Son imposante durée qui ne se ressent pas ; Ses trois blocs magnifiques, équilibrés à Paris, Londres et au Cachemire ; Ses nombreux clins d’œil au film inaugural) c’est le plus beau film de la saga, depuis celui signé Brian de Palma.

     Fallout est à Mission impossible ce que Skyfall est à James Bond, en somme : Un film de séquences, aussi brutal que romantique, doté d’une dynamique hallucinante et d’une faculté à sinon dépoussiérer le matériau (Les films de cette franchise sont de qualité, globalement) jeter à nouveau les dés et briser les habitudes. C’est d’autant plus beau que l’opus précédent (Rogue nation) était un peu raté mais déjà réalisé par McQuarrie. Bref, bravo à lui, pour la remise en question.

     En guise de plaisir supplémentaire, il y a ici une dimension méta absolument jouissive dans la mesure où Ethan Hunt, héros vieillissant (même si Tom Cruise semble ne jamais vieillir) s’excuse sans cesse auprès de son entourage, craint plus pour eux que pour lui, tout en sachant pertinemment qu’il ne pourra en être autrement. Et le film donc McQuarrie semble ne raconter que ça : s’excuser de vouloir singer/copier De Palma tout en admettant qu’on ne pourra pas mieux faire en faisant comme lui, mais qu’il est toujours mieux de faire comme lui plutôt que de faire autrement – Coucou John Woo.

     Si j’ai un reproche à faire à Fallout, il concerne sa dose de faux. Qui est derrière qui, que cache telle ou telle situation, etc… Et ce n’est que ça. A trop vouloir évoquer De Palma, le film ne fait que citer en permanence la séquence d’ouverture en millefeuille de Mission impossible. Donc le problème c’est qu’on n’est plus vraiment surpris de rien soit parce qu’on s’en fiche soit parce qu’on voit tout venir : La séquence du masque de sosie, par exemple.

     Qu’importe, je le répète, quel panard total ! 2h27 qui filent d’un claquement de doigts. Après l’escale parisienne, on craint l’arrivée à Londres. Après la course-poursuite sur les toits londoniens, on tremble pour le final dans les montagnes du Cachemire. Et le film ressort les hélicoptères et des crevasses rocheuses au lieu d’un tunnel. Et c’est absolument génial, jusque dans son montage parallèle avec le désamorçage des bombes sur le camp humanitaire. Une merveille de film d’action du dimanche soir, en somme.

Maya – Mia Hansen-Løve – 2018

Maya, Mia Hansen-LøveGabriel et les lieux de son enfance.

   8.5   La première scène annonce la tonalité formelle du film, la distance et l’identification à venir avec son personnage principal. Un homme est nu sous la douche, saisi à travers le reflet d’un miroir, dans l’encablure d’une porte. On lui repère un important hématome sur le flanc droit. Le cadre et le reflet marquent une distance certaine avec lui, un mystère à résoudre, une présence fantomatique. Sa nudité et sa blessure annoncent une proximité et une fragilité. Tout cela le film ne cessera de le déployer, s’accrochant à ce personnage, entre apathie et bienveillance, afin de percer cette carapace autant que de lui laisser sa part de mystère, comme il en est souvent question dans le cinéma de Mia Hansen-Løve : On se souvient de Victor dans Tout est pardonné, de Grégoire dans Le père de mes enfants, de Sullivan dans Un amour de jeunesse. Mais depuis L’avenir, ce personnage indomptable est passé au centre du récit. C’était Nathalie, alors confrontée à une liberté qu’elle n’avait encore envisagée, lorsque son mari la quitte. C’est Gabriel ici, face à une liberté qu’il n’attendait plus, puisqu’on apprend vite qu’il a échappé à quatre mois de captivité en Syrie.

     Maya c’est donc d’abord l’histoire d’un retour. Celui d’un journaliste de guerre retenu prisonnier de Daech, sur le sol syrien. De ces quatre mois nous ne verrons rien, puisque le film s’ouvre sur ses premiers soins après son retour : Prendre une douche, se raser. De ces quatre mois nous ne saurons pas grand-chose tant le leitmotiv de Gabriel sera d’oublier cette captivité, de feindre de ne pas l’avoir vécu, jusqu’à ne pas oser regarder les images d’exécution de son collègue de détention. Ne pas se morfondre même s’il peut éclater en sanglots, sur son lit, probablement réveillé par des souvenirs douloureux, des cauchemars terribles. Ne pas profiter non plus d’une telle expérience pour tenter de réparer ce qui était cassé avant son départ : Lorsqu’il retrouve sa petite amie (la toujours frêle et magnifique Judith Chemla) on ne doute pas un seul instant de ses sentiments, pourtant on apprend bientôt qu’ils s’étaient séparés avant le départ de Gabriel. Ça n’a apparemment plus d’importance pour elle. Ça en a beaucoup pour lui. Sa thérapie ne s’appuiera pas sur ce retour mais sur un autre. Un retour aux sources. Un retour à l’enfance. Et son enfance, Gabriel l’a vécu en Inde.

     C’est alors que le film peut opérer le glissement qu’il couvait sagement. Un glissement dont est coutumière Mia Hansen-Løve. Il peut s’illustrer sous la forme d’un décès (Le père de mes enfants), d’une absence (Un amour de jeunesse) ou d’un nouveau départ, comme c’est le cas ici. L’un de ses plus beaux glissements : une ellipse marquée par un cut frontal accompagné d’un fondu de klaxon : On est avec Gabriel dans une voiture à Paris, le plan suivant nous le retrouvons à l’arrière d’un taxi à Bombay. Il faudrait voir ce film ne serait-ce que pour cette idée de cinéma absolument magistrale. Le film trouvera plus tard des moments de magie sidérants, à l’image de la scène un peu inattendue avec la maman (qui m’a foutu en miettes), d’une traversée de ruines, d’une simple baignade ou de tout un tas de petits glissements magnifiques au point qu’il surprend sans cesse, mais jamais il n’offrira (c’est sa limite) une idée aussi incroyable que cette ellipse.

     Où est la Maya du titre là-dedans, somme-nous en droit de nous demander un moment ? On en fera bientôt la rencontre. Car tout nouveau départ chez Mia Hansen-Løve aboutit sur une rencontre. Avant de retourner dans la maison de son enfance, Gabriel retrouve une autre parcelle de ses origines : il rend visite à son parrain qui gère un complexe hôtelier sur les hauteurs de Goa. Et il rencontrera sa fille. Maya. Pour moi c’est une rencontre aussi impromptue et providentielle que celle de La femme de l’aviateur : Chercher quelqu’un et rencontrer quelqu’un d’autre, qu’on ne voudra plus laisser partir – Comme dans le final du dernier Kechiche. Si la cinéaste cite Le rayon vert comme étant son inspiration première ça n’est pas un hasard : C’est l’un des plus beaux voyages mélancoliques, vers l’inconnu et la plus belle rencontre miraculeuse que le cinéma ait jamais offert. Mais c’est dans son déploiement que cette rencontre va s’avérer la plus intense, d’une élégance absolue, finesse d’écriture et de jeu, vertige de mélancolie que la réalisatrice n’avait peut-être encore jamais atteint.

     Il n’y a pas beaucoup de cinéma aujourd’hui avec lequel je me sens aussi en phase que celui défendu par Mia Hansen-Løve. Et ça dure depuis dix ans. Depuis Tout est pardonné, premier long métrage miracle. Même Eden, qui me semble assez raté, me séduit pour ce qu’il est et surtout pour ce qu’il ne tente pas de ne pas être. Les défauts qu’on lui pointe (ici, mais aussi dans Un amour de jeunesse pour l’acteur notamment) je ne les vois jamais. Quant à Roman Kolinka c’est simple je le trouve parfait, c’est un personnage typique du cinéma de MHL et il le campe à la perfection. C’est un cinéma qui fonctionne sur des soubresauts minuscules, des interstices magnifiques, des pas de côté inoubliables. Et quelle grâce dans sa façon de filmer l’Inde. Quant Maya s’en va sous les notes de Nick Cave & the bad seeds et son bouleversant Distant sky, mes larmes s’accompagnent d’une interrogation : Comment fait-elle (Mia Hansen-Løve) pour cumuler autant d’élégants choix ? Quelle chanson magnifique pour finir un film. Bref, c’est une nouvelle merveille.

Leto – Kirill Serebrennikov – 2018

94791_culture-film-letoSummer will be over soon.

   6.5   Si je ne suis pas vraiment conquis par le versant hystérique du film (Le trop-plein de chaque plan, les fausses vidéos souvenirs pour combler, les imitations de pochettes de disques, les apparitions ridicules du personnage sceptique s’adressant face caméra avec ses pancartes « Tout ceci n’a jamais existé » ainsi que les dessins sans intérêt lors des séquences fantasmées) son versant romantique et mélancolique a eu raison de moi. Quand il n’est plus dans la démonstration pour ses fans de rock soviétique aussi amoureux d’influences anglo-saxonnes (Lou Reed, Iggy Pop, Talking heads) il trouve de belles inspirations, de belles suspensions (évoquant dans ses meilleurs instants le Jarmusch de Stranger than paradise) notamment dans le visage de Mike, insondable, avec son regard sans cesse caché sous de grandes lunettes noires. Ailleurs, cet amoureux transi qu’on délaisse aurait été violent ou bien aurait inspiré la pitié, lui c’est autre chose, il est d’une bienveillance absolue. Tout ce qui se joue entre lui, Natacha et Viktor – magnifique triangle amoureux – soit tout l’intime du film, quand il sort de son cadre collectif et de ses morceaux de bravoure, pour n’en garder que cette sève délicate, des silences perdus sous la pluie, des regards volés entre deux couloirs, des petites interactions du quotidien bref des émotions plus étriquées (Ce moment où Mike rejoint Natacha dans le lit en s’y glissant dans un silence magnifique)  tout ça m’a beaucoup plu. Même plutôt ému. Bref, c’est un beau film musical, à la fois dans la lignée du Control, d’Anton Corbijn – Ce dernier me touchait davantage parce que Joy Division et parce que d’un point de vue mise en scénique c’est un film irréprochable, débarrassé des petites lourdeurs qu’on trouve dans Leto – et à la fois complètement éloigné des sirènes du biopic puisqu’il se concentre sur un été, aussi doux, solaire, élégiaque qu’il est aussi un peu politique puisque Kirill Serebrennikov demande à observer cet esprit de rébellion clandestin (On s’échange des disques sous le manteau) au sein d’un régime (les concerts contrôlés sinon censurés) soviétique de Brejnev des plus étriqué. Et j’allais oublier Irina Starshenbaum : La plus belle frange de l’année.

Top 25 Albums 2018

01. Profligate, Somewhere else

     Pas vraiment de roi cette année mais cinq albums qui se détachent et pourraient loger tout en haut de cette liste, suivant l’humeur. Passons les déceptions (MGMT, Jasmine Guffond, Saaad, Dead Can Dance, Spiritualized) et les incompréhensions (Oneohtrix Point Never, The Necks) j’en retiens vingt-cinq (sur la grosse centaine écoutée) et j’en laisse quelques-uns de côté (Strië, Lawrence English, Etienne Daho, Die Wilde Jagd, Cat power, Dominique A, Taylor Deupree, Damien Jurado, Mount Eerie…) qui auraient mérité d’y figurer. Belle année, donc :

Profligate, Somewhere else.

     On reçoit cet album comme un rescapé de contrées cotonneuses et tentaculaires, qu’on aurait jadis foulées avec cette étrange sensation de plaisir et de crainte, suivant l’écoute, suivant l’humeur. Darkwave complètement engourdie – Il faut s’imaginer la version pop d’un crossover Coil / Scott Walker – Somewhere else s’impose d’emblée dans un titre éponyme qui ne laisse pas de place au doute : Ce sera un disque sombre. « A circle Of » se contentera de faire mal, très mal. On aura fait le plus dur : C’est peut-être bien le seul reproche que je ferais à cet album dantesque, ce cauchemar brulant qui s’assagit délicatement en lévitant entre ses propres décombres. Si j’adore ses voix, toutes ses voix, j’aime aussi les apparitions dissonantes sur certains morceaux : les stridences de la fin du morceau d’ouverture, les nombreux dérèglements accompagnant « Lose a little » et notamment son imposante cassure aux trois-quarts, la basse magnifique (digne de The Cure) de « Black Plate » qui guide les élans poétiques d’Elaine Kahn. Et deux titres extraordinaires ferment l’album. Deux titres qui te rappellent que tu viens d’écouter un truc rare, sans précédent, une merveille. Merci à L’ombre sur la mesure, mon dénicheur préféré, c’est le premier album écouté cette année, il aura fait du chemin mais n’aura jamais véritablement été détrôné. Chef d’œuvre absolu.

Laurent Pernice, A world too late.

     Si A world too late – et son titre à la nostalgie élégiaque – est une œuvre stupéfiante, il m’aura permis de surcroit de découvrir Laurent Pernice, musicien que je connaissais seulement de nom et réputation – percussionniste dans le groupe Nox, notamment. C’est tout. Ça reste obscur, mais je ne dois pas être le seul puisque Pernice n’a même pas de fiche sur SensCritique, c’est dire. En écoutant par hasard « A world too late », j’ai fait connaissance avec ce nom puis fait la rencontre des superbes « Détails » (1988, son premier album) et « Sept autres créatures » (1996). Il faut que j’approfondisse, c’est certain. Mais en l’état, ce sont des découvertes majeures, qui m’évoquent plein de choses, plein de musiques (Brian Eno, Manuel Gottsching…) et en même temps c’est très difficile de le rattacher à un courant ou une époque. A world too late aurait pu accentuer cette impression de musique perdue dans l’espace-temps et pourtant, immédiatement, ça m’a semblé être le truc le plus moderne et prometteur (si j’ose dire) que j’écoutais cette année. C’est un album qui regorge d’idées, inédit sans pour autant crier qu’il révolutionne, traversé par des sonorités exaltantes. Durant chaque réécoute je découvre des choses, il me surprend sans cesse : Les personnages de contes enfantins qui tombent à l’eau avant les oiseaux qui tombent du ciel ; Une grosse voix caverneuse avant que l’arménien déboule sans prévenir ; le saxophone qui tente ici de se frayer un chemin, la guimbarde qui s’emballe toute seule un peu plus tôt ; une plongée électro qui devance des sonorités jazzy ; un trip énergique mais parfois ankylosé ; un voyage en Afrique ici, puis en Orient là-bas. Mention spéciale à cette flute bouleversante sur L’incendie. C’est donc un disque riche, monde, épique mais paradoxalement très doux. Triste mais doux.

The Empire Line, Rave.

     Album monstrueux, littéralement. Aussi bien dans ses accords que dans ce timbre vocal qui recouvre « Ipad modernity / Powder » le morceau qui ouvre le disque et le plonge dans un dédale de violence brute, comme une version condensé de Shining. Le morceau suivant introduit une ambiance plus mélodique mais très métallique. On ne s’attend pourtant pas à ce que Rave soit un monument de techno pure, convoquant les traces de poudre d’un Shifted. Le monument « Herrensauna » mettra tout le monde d’accord à ce petit jeu : Les voix ne sont pas loin, les scies métalliques déboulent sans crier gare et le beat est effréné, intraitable. Les trois morceaux suivants sont du même acabit – dont un final tonitruant, qui enverra n’importe quel raveur dans les cordes – dans la lignée tout en étant à la fois complètement différents. Le groupe suédois aura pondu une bombe, qui a tout pour être glauque, mais qui se révèle galvanisante. Une autre très, très belle découverte.

The Field, Infinite moment.

     Du The Field pur jus. C’est le sixième album du suédois mais c’est comme si c’était le premier : une boucle infinie, une heure d’extase, aux variations microscopiques. Je comprends que ça puisse lasser, ennuyer, agacer. Moi je trouve ça toujours aussi divin. A chaud si je dois faire un classement des albums de The Field ça donne : Looping state of mind > Cupid’s head Infinite moment > Yesterday and today > The Follower > From here we go sublime. Classement inutile et quasi aléatoire puisque je les adore tous, donc le premier est dernier sans être dernier, c’est simplement que je l’ai moins écouté que les autres, puisque j’ai découvert The Field avec la sortie du second. En tout cas c’est fou de constater combien le changement d’un disque à l’autre n’est pas significatif, en revanche quand on réécoute le premier avant ou après le sixième c’est flagrant, les boucles sont plus étirées et endolories aujourd’hui tandis qu’hier on naviguait dans des eaux plus club. De plus en plus radical, The Field ?

James Murray, Falling backwards.

     A défaut de piano cette année (pas de Quentin Sirjacq ni de Daigo Hanada) voici ce bijou de lévitation pure, un album cotonneux, véritable doudou/bouillotte qui réchauffe, réconforte et accompagne les longues nuits d’hiver. Une musique qui évoque aussi bien les ambiances d’un Angelo Badalamenti ou les envolées de Jóhann Jóhannsson, mais qui m’a surtout rappelé le Centralia, de Mountains, l’un de mes albums préférés de ces dernières années. Falling backwards est un disque d’une délicatesse absolue, à te faire survoler des souvenirs de vieilles destinations, de vieux amis oubliés, à faire ressurgir des images d’enfance. Les 20 minutes du triplé final « Old friend », « London plane », « Father figure » sont au-dessus du reste, pour moi. Au-dessus de tout cette année. Merci à Tartine de contrebasse, mon autre dénicheur préféré, pour m’avoir fait découvrir ce nom et cette merveille.

Alva Noto, Unieqav.

     Sans surprise, Alva Noto fait partie de ce top et du top10. Comme d’habitude, en somme. Le musicien allemand poursuit son insolente excellence dans le genre musical dont il est devenu l’un des grands acteurs. A l’instar du troisième opus des Xerrox, qui était le plus abouti des trois, le troisième volume des Uni (après Unitxt et Univrs) est aussi le plus brillant, complet, puissant des trois. Les dunes métalliques d’Uni blue, je ne m’en remets pas. Quand d’emblée Uni sub semblait naviguer à la surface des abysses, Uni chord clôt le voyage dans un brio solaire enivrant. Tout l’album est top mais cette ouverture, cette fermeture et ce chef d’œuvre central, lui permettent de tutoyer la perfection.

Vox Low, Vox Low.

     Un découverte de taille. Un premier album tranchant. Quasi du niveau du premier Tristesse contemporaine. Une pépite de post punk / cold wave made in France, aussi bien inspirée par le krautrock de Kraftwerk, l’électro de la French Touch que les sonorités dépressives d’un Joy Division (sur « What if the symbols fall down » notamment) ou d’un Sonic Youth (l’ouverture de « Trapped on the moon »). Bien qu’un peu inégal puisque pas toujours lucide dans les enchainements de ses neuf titres, ce disque aux pulsations métalliques entêtantes bordés par cette imparable voix caverneuse tourne en boucle sans problème. Quant aux sept merveilleuse minutes de « Rejuvenation » qui ferment l’album, que dire, si ce n’est que l’album mériterait qu’on l’écoute rien que pour elles.

Tim Hecker, Konoyo.

    Pourquoi cet album et pas le précédent ? A quoi ça tient ? Tim Hecker restera une énigme pour moi : Sur ses trois dernières sorties, il m’est arrivé d’y être hyper sensible (Ravedeath 1972) ou d’y être complètement indifférent (Love streams). Le très beau Virgins faisait la liaison : C’était froid mais impressionnant. Se jeter dans l’écoute d’un nouveau Tim Hecker relève de l’inconnue pure en ce qui me concerne. Et tant mieux, finalement. Après une première écoute pour le moins déstabilisante, le verdict est sans appel : Konoyo est une merveille et regorge encore de chemins secrets, passerelles invisibles, grottes désertiques à visiter. Sept titres aux durées variables (On oscille entre trois et quinze minutes) mais aux qualités insolemment homogènes. Disque d’ores et déjà inépuisable et qui pourrait devenir Le chef d’œuvre de Tim Hecker, avec le temps.

Julia Holter, Aviary.

     Bon. Difficile de se remettre de ce disque. C’est un voyage, doux autant qu’halluciné, trop long, probablement, sans précédent, certainement. Aviary est à Julia Holter ce que Vespertine est à Bjork. Et en même temps, on n’est parfois pas loin de tomber dans l’hermétisme outrancier de Tomorrow, in a year, de The Knife. Ce ne sont pas les quatre-vingt-dix minutes musicales les plus faciles à écouter cette année. La première fois je crois même que je ne suis pas allé au bout. Puis j’y suis revenu. Sans doute parce que Aviary m’avait plus impressionné qu’autre chose. Et puis il se passe un truc. Julia Holter, habituellement, c’est immédiat, c’est gigantesque dès la première écoute, on le sait. Là c’est un autre voyage. Ce sera jamais mon préféré (Mon cœur balance plutôt entre Loud city song & Have you in my wilderness) mais c’est son plus radical, ça c’est sûr.

Villeneuve & Morando (Feat. Vacarme), Artificial virgins.

     Ce bel album trimbale un défaut de taille : sa taille, justement. Doté de quatre titres -dont un dyptique – allongé sur vingt-trois petites minutes, il faut bien plusieurs écoutes avant de passer outre le constat que « C’est beau, mais beaucoup trop court ». Cette durée joue pourtant en sa faveur puisqu’on y revient sans cesse et quand on y revient, on le passe deux, trois fois. Il se passe alors un truc, qu’on peut éprouver à l’écoute de certaines pièces de Philip Glass, mais aussi des premiers albums « beaux mais courts » de Tangerine dream : Il ne faut plus jamais que ça s’arrête. Qu’importe, rarement la sensation que synthés et cordes se nourrissaient autant entre eux qu’à l’écoute d’Artificial Virgins, voyage étincelant, aussi limpide que retors.

Matthias Puech, Alpestres.

     Il faut un peu de temps avant de l’apprivoiser, cette « rencontre imaginaire » entre Chris Watson et Lawrence English. Autant qu’une randonnée entre les massifs, on rechigne d’abord, on s’éclate ensuite. C’est dans le grand air que nous convie Matthias Puech : Il faut déambuler entre les chemins escarpés, vaincre le vide et franchir les frontières suisses, françaises, italiennes (les titres des morceaux sont à cette image, dévoilés dans ces trois langues) dans un yoyo permanent, de plus en plus enivrant. Mais on sent que c’est un disque qui regorge de zones à découvrir, comme un massif qui cacherait quelques-uns de ses versants. On aimerait par exemple que « Incontro notturno » s’étire davantage pour parvenir à nous faire pleinement ressentir sa magie nocturne. Personnellement je ne me remets pas du caverneux « Krampus » sans doute l’un des plus beaux morceaux de l’année.

Yo La Tengo, There’s a riot going on.

     Le plus bel album de Yo La Tengo depuis longtemps, pour moi. Pour ne pas dire le meilleur avec Summer sun, c’est dire. S’il n’est pas dans le top 5 c’est uniquement parce qu’au-dessus il y a des monstres.

Skee Mask, Compro.

     On a beau en avoir souper de ces disques d’IDM, quand on en écoute un qui sort un peu de l’ordinaire, en 2018, ça fait du bien. Quelle tuerie, punaise. Quelle foi, quelle générosité ! Il suffit d’un « Dial 274 » ou d’un « Flyby vfr » pour s’en rendre compte : Le munichois n’a gardé que le meilleur d’Aphex Twin. Et me permet de me consoler de ne pas avoir encore osé écouter le dernier Autechre.

Beach House, 7.

     Pour qui a bien cerné mes goûts musicaux, c’est une liste encore moins surprenante que d’habitude que celle de cette année. Année durant laquelle je me serais encore moins jeté dans le vide musicalement, sans doute car y avait un paquet de disques que je voulais à tout prix écouter. Le nouvel opus de Beach House étant bien entendu l’un de ceux-là. Faisons simple : Il n’y a aujourd’hui pas de musique qui me touche aussi intimement que celle de Beach House. Hormis The Field, peut-être, mais davantage dans la case lévitation. Alors on n’est pas dans les plus belles heures du groupe – On tape moins du côté de Cocteau Twins que sur My bloody Valentine, cette fois – qui avait atteint un génie monumental avec Depression cherry, mais n’empêche que lorsque j’entends un morceau comme « L’inconnue » je fonds, complètement. Quelle beauté, franchement. L’ensemble est inégal mais il y a de tels éclats.

Liberez, Way through vulnerability.

     Le duo récidive. Après la claque All tense now lax en 2015, voici une sorte de Face B plus brouillonne mais plus bouillante encore, avec ses effluves de flamenco et ses voix caverneuses derrière les coups de boutoir de plus en plus manifestes d’une post-indus swansienne plus franche, sans scrupules. Des morceaux comme « M’aidez » ou « Forget so that you may be forgotten » ou « Derelict Intentions » te calment sévère pour un moment. Et le pire c’est qu’on en redemande. Je le mets là, au pif, il est sans doute trop bas mais je l’ai découvert durant ce mois de décembre.

Aphex Twin, Collapse.

     Un album de 28 minutes aux allures de friandise et pourtant, de par ses trouvailles et une richesse inattendue, chaque pièce révèle ses secrets au fil des écoutes, ce qui en fait un truc bien plus fort que ce que la durée et la pochette laissaient entrevoir. Richard D.James a changé le paysage électronique mais il continue d’inventer, continue de titiller nos oreilles, sur format long (Syro, en 2014) ou court, comme ici ou sur Cheetah en 2016. Cinq morceaux, beaux, complexes à écouter encore et encore. Dommage que les deux derniers soient un poil en dessous, un poil plus « normaux » ou plus « polis » pour du Aphex Twin, autrement c’était toptenable.

Nicolas Godin, Au service de la France.

     Mieux que la (superbe) deuxième saison d’Au service de la France : Sa bande originale, entre jazz et bossa. Une merveille. Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas l’autre moitié de Air qui m’aura fait rêver cette année (Je n’aime pas beaucoup le H+ de JB Dunckel) mais bien cette création de Nicolas Godin, pourtant un soundtrack, comme quoi.

Animal Collective, Tangerine Reef.

     Très sage dirons les admirateurs d’Animal Collective, très pantouflard dirons ses détracteurs, il y a pourtant dans ce beau voyage aquatique un trouble qui perturbe constamment son apparente douceur. Le corail est beau et dangereux comme souvent avec le groupe et Tangerien Reef pourrait être une version « acoustique » de Merriwaether Post Pavilion, quelque part. Il y a plein d’idées partout, des textures changeantes, des anomalies inquiétantes, des sonorités exaltantes La grande idée du disque est de concocter treize morceaux à écouter comme un seul, sans coupure et pourtant chacun déploie son propre rythme, offrant un vrai voyage d’un point A à un point B, avec une ambiance se renouvelant en permanence tout en restant absolument cohérent d’une strate à l’autre.

Grouper, Grid of points.

     J’ai d’abord trouvé ce nouveau Grouper très, très paresseux. Mais assez vite je ne pouvais plus m’en passer. Minimaliste, il l’est sans nul doute, beau il l’est assurément. Ça dure 21 minutes de piano/voix et c’est beau comme c’est pas permis. Une pause, une parenthèse rêvée. Une petite errance qui s’arrête aux abords d’une voie ferrée, devant le passage d’un train : Beau réveil.

The Blaze, Dancehall.

     Sans génie mais une belle hype pleine de tubes cotonneux dans la mouvance d’un The XX, d’un Moderat ou d’un Rone, qu’on peut trouver très limité, peu inspiré, mais qui s’avère limpide dans ses mélodies, émouvant dans la subtilité de ses choix (les voix rondement épaissies face aux incantations plus féminines en écho lointain, le piano-house caressant face aux basses très marquées), compositions, enchainements. Il y a du volume, c’est doux, dansant, raffiné. Alors oui c’est facile, ça n’invente rien, mais je ne m’en lasse pas. Puis bon, je soupçonne ce disque de jouer sur ma corde sensible, puisqu’à l’écoute de « Heaven » il est impossible pour moi de ne pas repenser au final de l’un des plus beaux films sortis cette année : Nos batailles, de Guillaume Senez.

Nine Inch Nails, Bad witch.

     Où l’on réalise qu’à l’instar d’Aphex Twin, Nine Inch Nails est tout à fait capable d’envoyer du très lourd sur du format court. Six titres, trente minutes. D’ailleurs la comparaison entre les deux est intéressante car là où Collapse démarre fort pour s’en aller de façon plus classique, Bad witch fait l’inverse : Deux morceaux efficaces mais convenus en ouverture qui sont effacés par quatre titres puissants, magnifiques. Mention spéciale au jazzy/indus « Play the goddamned part » ainsi qu’au très « Girl with the dragon tattoo » « I’m not from this world » : Un chef d’œuvre à lui seul.

Anna Calvi, Hunter.

     Ou quand Lana del Rey rencontre PJ Harvey. Je ne connaissais pas du tout Anna Calvi et donc Hunter, qui est le troisième album de l’anglaise, est le premier que j’écoute. On pense d’abord qu’il restera l’affaire de quelques écoutes, mais il traverse le temps. J’adore chacun de ses morceaux et tout particulièrement Don’t Beat The Girl Out Of My Boy qui pourrait être un croisement insolite entre le Yeah Yeah Yeahs de It’s blitz et le Mica Levi, d’Under the skin. Il y a de la guitare parfois agressive mais aussi des mélopées vocales entêtantes.

Giulio Aldinucci, Disappearing in a Mirror.

     Sans doute la pochette de disque la plus en phase cette année avec la musique du disque qu’elle abrite. Un long chemin obscur entre la neige ( ?), les nuages ( ?), les cratères ( ?) et les montagnes ( ?). Un trou noir vertigineux, dans la lignée des voyages de Lawrence English. Il faut laisser infuser longtemps pour percer les mystères qu’il regorge, d’abord en se laissant caresser les esgourdes par les douces nappes miséricordieuses de « Mute serenade », le morceau qui ferme le disque, puis grâce à l’ébouriffant « The tree of cryptography », plongée dantesque absolue qui peut laisser sur le carreau, puis en se laissant guider par l’écho de cathédrale de « Aphasic Semiotics », Et ensuite, seulement, on appréciera la cohésion et la continuité de l’ensemble de ces sept pièces. Bref c’est très beau, mais faut quand même aller le chercher.

Flavien Berger, Contre-temps.

     Cette année, j’ai beaucoup écouté cet album ultra encensé partout. Je pense qu’on s’est un peu enflammé à son sujet, c’est tout de même très inégal, trop long, la voix est un vrai problème par instants, et un morceau comme « Deadline » reste quasi impossible à ne pas passer, celui qui s’étire sur neuf minutes et résonne comme du Cliff Martinez, s’étire pour pas grand-chose. Même les 14 minutes du titre éponyme sont bancales, géniales un jour, gênantes le lendemain, c’est très étrange. Et pourtant j’y suis souvent revenu. J’aime bien ses défauts, j’aime les références qu’il convoque – On va pas les citer, y en a des tonnes. Et c’est sans doute parce qu’il est foutraque et qu’il tente à foison qu’il me séduit.

Jon Hopkins, Singularity.

     On peut trouver cela paresseux, penser que ça ronronne, manque de générosité et tout cela de façon tout à fait calculée. C’est vrai et c’était déjà le cas pour Immunity (2013), que je continue de réécouter avec beaucoup de plaisir tout en le trouvant un peu passé. Singularity prend en otages d’entrée au moyen de son titre éponyme, subtilement crescendo jusqu’à l’implosion, définitivement accrocheur. La suite joue davantage de ses rondeurs d’electronica et son beat somatique et les soixante minutes, ensorcelantes, passent d’un claquement de doigts. Par ailleurs, argument non négligeable : Ses deux plus grands morceaux (dépassant les dix minutes) sont ceux qu’on ne veut pas voir s’arrêter. Ça dit tout. Ce bruit de « train de marchandises » lors des deux premières minutes de « Luminous beings », je ne m’en lasse pas.

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