The nest – Sean Durkin – 2021

DSC05116.JPGMétro, boulot, rideau.

   6.0   Pas exempt d’une certaine lourdeur opératique (le cheval, la fête, le dîner, le taxi), le film est super beau formellement et parvient à capter la désagrégation du couple, d’une famille par le prisme d’un lieu (un manoir dans la banlieue londonienne) de manière assez vertigineuse. Ça m’aurait bien plu que The nest tente de vraies incursions fantastiques, là je sens qu’il n’est pas loin mais qu’il n’ose pas trop le mystère. Mais j’ai beaucoup aimé, malgré tout. Carrie Coon (quel bonheur de la revoir n’empêche) & Jude Law y sont excellents.  Je n’avais pas trop aimé Martha Marcy May Marlene (l’autre film de Sean Durkin) quand c’est sorti, mais je retenterais bien, du coup.

Angel of mine – Kim Farrant – 2019

07. Angel of mine - Kim Farrant - 2019L’échange ?

   4.5   Soit le remake américain de L’empreinte de l’ange (2008) signé Safy Nebbou.  Noomi Rapace reprend le rôle de Catherine Frot, Yvonne Strahovski (The handmaid’s tale) celui de Sandrine Bonnaire. Le film n’est donc pas très original ni inventif, d’autant qu’il ressemble beaucoup à ces thriller domestique sulfureux qui se faisaient à la pelle durant les années 90, type La main sur le berceau ou Fenêtre sur Pacifique, la fascination pour le lieu, la maison, en nettement moins bien. Mais ça se regarde. Reste qu’une fois la résolution éventée, il perd forcément beaucoup de son intérêt.

Amistad – Steven Spielberg – 1998

14. Amistad - Steven Spielberg - 1998Il faut sauver le juriste Steven.

   5.0   Pas simple de trouver où se cache Spielberg là-dedans. Il y a bien entendu un grand sujet d’Histoire dont il est et sera coutumier (La couleur pourpre, La liste de Schindler, Il faut sauver le soldat Ryan, Munich, Lincoln…) qu’il traite avec un certain savoir-faire, opératique et didactique. Il y a aussi l’enfant, incarné par la Reine d’Espagne, mais le film l’effleure, s’y refuse. Il faut dire qu’Amistad vient après The Lost world. Et avant Ryan. On sent qu’il est un peu paumé, tonton Steven à ce moment-là. C’est aussi la première fois qu’il travaille avec Dreamworks. Bref il cherche un second souffle. On sent aussi qu’il est passionné par la question juridique. Et à l’image de son gigantesque et éreintant procès, son sujet l’écrase. C’est un long tunnel bavard sans idées de mise en scène, comme si Spielberg (ou le studio) refusait sa flamboyance habituelle. Reste quelques relatives fulgurances comme son ouverture sur la mutinerie, mais bon.

La ville gronde (They won’t forget) – Mervyn LeRoy – 1937

16. La ville gronde - They won't forget - Mervyn LeRoy - 1937Voix haute, ville basse.

   8.0   Un film une fois encore passionnant signé Mervyn Leroy, qui emprunte ici les voies du procès, de l’injustice, du pouvoir de la foule, des médias et des hommes de loi, des rapports houleux entre le Nord et le Sud, dans le sillage évident du chef d’œuvre de Fritz Lang : Furie.

     Dans une petite ville sudiste des États-Unis, le jour du Confederate Memorial Day, une jeune fille est retrouvée assassinée. Ici, bien aidé par l’arrivisme d’un procureur ambitieux et hâtif, le coupable ne fait aucun doute aux yeux de tous, il s’agit soit du concierge noir, soit de l’instituteur nordiste.

     Le film s’inspire d’un fait divers qui vit un enseignant accusé du meurtre d’une de ses élèves, déclaré coupable, condamné à être exécuté avant d’être gracié par le gouverneur puis de se faire lyncher à mort par la foule.

     Satire virulente du système judiciaire dans le deep south américain, La ville gronde est un grand film sur les pressions exercées sur les masses, qui n’existent plus qu’au travers de leurs libertés bafouées par la peur : un barbier et un concierge qui craignent de revenir sur leurs témoignages respectifs imposés, un juré sceptique qui préfère se plier à l’avis du groupe. Film brillant, glaçant, révoltant.

Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary – Rémi Chayé – 2020

13. Calamity - Rémi Chayé - 2020La reine des canyons.

   7.0   Ce n’est aucunement le récit autobiographique de Calamity Jane mais bien celui d’une émancipation (Martha devient Calamity) tout droit sortie de l’imagination de Rémi Chayé, qui s’inspire de l’enfance de la pionnière de l’Ouest. Ça évoque de beaux souvenirs cinéphiles ces traversées étatsuniennes en carrioles. On pense beaucoup aux westerns de John Ford, évidemment, mais aussi à La dernière piste, de Kelly Reichardt, rien d’étonnant tant le regard y est féminin. Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary, se jouera toutefois à hauteur d’enfant, un peu comme dans un Miyazaki. Une histoire de conquête de l’ouest et de ruée vers l’or, dans laquelle il s’agit de suivre un convoi de pionniers qui fait route vers l’Oregon, mais surtout de partager le quotidien de Martha Jane, adolescente intrépide et frondeuse, qui préfère les pantalons aux jupes, lancer le lasso plutôt que d’aller remplir les seaux à la rivière. Ses aventures – notamment dès qu’elle s’extraie du convoi – pleines de rythme, de rebondissements et dialogues décapants, n’ont rien à envier à certains blockbusters proposés par l’écurie Disney. Au contraire, il fait bon de voir une animation si délicate et riche, tout en couleurs et profondeurs, cousue avec passion sur un récit aussi ancestral que d’actualité. Et pour les enfants c’est une mine d’or, car on y entend la plus belle des insultes « Tête de bouse », qu’un cheval s’y prénomme Jambon et qu’en en sort en chantant fièrement « CALAAAAA… MITY JANE ». Très beau.

Basic instinct – Paul Verhoeven – 1992

22. Basic instinct - Paul Verhoeven - 1992Total dizziness.

   8.5  A l’instar de Brian de Palma, le cinéaste hollandais – qui vient de faire une entrée fracassante à Hollywood avec Robocop puis Total Recall – réactive le maître du suspense. Seulement le temps d’un film, lui. D’Hitchcock, il choisit Vertigo, auquel on pense en permanence devant Basic Instinct : Avec son ancrage à San Francisco, bien sûr, ainsi que l’obsession blonde VS brune, la femme fatale, le héros pris dans un vertige qui le dépasse, Jerry Goldsmith (et son superbe thème entêtant) qui semble vulgariser Hermann à la musique, quelques plans très iconiques aussi. C’est donc déjà une belle relecture. Mais Verhoeven maquille cette relecture en thriller érotique : Le film ouvre alors la voie à un genre particulièrement fécond (mais pas très intéressant) à Hollywood durant les années 90 – Les Harcèlement, Color of night, Sliver, Excès de confiance etc.

     Rien de gratuit, pourtant, chez Verhoeven, rien qui semble fait uniquement pour émoustiller le chaland, tant sa vision du désir y est crue, malsaine et quasi abstraite, entièrement dévolue à ces deux pulsions, qui transpirent de chaque plan : Le sexe et la mort. Un Eros & Thanatos qui prend refuge frontalement tant chaque scène de cul est guettée par une pulsion de mort, qui gicle bien entendu dès la première scène – un acte torride qui vire au massacre – puis que l’on retrouve maintes fois ensuite, évidemment dès que Catherine Tramell (Sharon Stone, incandescente) et Nick Curran (Michael Douglas, un peu cabotin mais excellent) baisent, mais aussi quand ce dernier sodomise brutalement Elizabeth, sa psychiatre, pièce majeure de l’échiquier. Mais ça agit aussi de façon masquée, via le background sordide administré au personnage (mais aux autres aussi) qui place Curran, le policier, non pas du côté de l’ordre, mais bien vers une ambiguïté fragile. Rien d’étonnant à en faire un type recadré, qui ne boit plus, ne fume plus et qui au contact de l’écrivaine suspecte, va retrouver peu à peu ses travers.

     Tout dans Basic Instinct se joue dans cet écrin de séduction et de danger mais à l’image de cette scène ultra iconique – Le fameux décroisement de jambes de Sharon Stone – c’est toujours la mise en scène qui gagne, qui gicle : Il faut voir comment Verhoeven parvient à faire grimper la tension, la température de la pièce lors de cet interrogatoire, à faire de ce lieu une toile, avec le suspect comme araignée, même si on a plutôt envie d’y voir une mante religieuse. La pièce est écrasante, les visages se perlent de sueur, la parole y fuse, s’y chevauche de toute part, et au beau milieu, Catherine Tramell, tour à tour calme, cynique, nonchalante, crue, fragile, sereine, élabore un terrain de jeu qu’elle sera bientôt seule à entièrement maitriser.

     C’est un film aussi complexe et labyrinthique dans sa narration que dans sa forme. Capable de nous emmener où il veut en permanence, comme guidée par son personnage féminin, qui embarque Nick dans son histoire car elle-même écrivaine, utilise ses expériences vécues pour les glisser dans ses fictions : La police découvre que le meurtre de la rock ’star en ouverture était plus ou moins semblable à celui apparaissant dans un de ses bouquins. Nick Curran devient alors le point d’inertie de son livre en cours, le personnage central, Flingueur – en référence à son passé peu glorieux qui le vit buter des innocents lors d’une intervention – dont elle clame bientôt qu’il doit mourir car « Il faut que quelqu’un meurt ». Et il plonge dedans, il ne peut s’en extirper. Si l’idée du mimétisme (hitchcockien) s’impose avec sa kyrielle de personnages féminins, il est tout aussi génial de voir à quel point Catherine déteint sur Nick, qui reprend ses répliques cinglantes, lorsqu’il est à son tour interrogé.

     C’est dingue comme c’est tellement largement supérieur à la simple réputation sulfureuse qui l’accompagne toujours. C’est un grand film de manipulation tant Verhoeven ne cesse de manipuler son spectateur, en lui offrant toutes les clés d’emblée mais en obscurcissant les évidences à mesure que le récit se déploie de façon à ce que tout devienne flou, vertigineux, pour nous, pour Nick, personnage tellement ambigu, peut-être tout aussi manipulateur, avant qu’il ne devienne le jouet de la plus grande des manipulatrices. Si ces deux films ont peu en commun sinon leur cachet sulfureux, j’aurais tendance à comparer Basic Instinct à Sexcrimes – qui lui, viendra brillamment clore le « genre » à la fin de la même décennie. Car ce sont deux grands films de manipulateurs, ludiques et fascinants.

Blue steel – Kathryn Bigelow – 1990

15. Blue steel - Kathryn Bigelow - 1990Pain & gun.

   7.0   Entre Near dark (1987) & Point break (1991), Kathryn Bigelow réalise ce savoureux mélange de portrait de femme, de récit initiatique et familial, de polar saupoudré de film de serial killer.

     Si Ron Silver est littéralement en roue libre en psychopathe possédé, déployant tout une batterie de grimaces embarrassantes, Jamie Lee Curtis se révèle souveraine, habitée, bouleversante dans le rôle ambigu de cette femme animée par un désir de justice, de l’uniforme, une obsession pour l’autorité, tout en sous-tendant une vision plus contestataire, cette volonté de faire entrer manu militari la femme dans un monde d’hommes. On y verrait un sous-texte méta qu’on ne serait pas si hors-sujet.

     Et c’est sans doute pour cette dimension théorique que Blue steel s’avère si passionnant. Moins pour cette mise en abyme de cinéaste trouvant son alter-égo fictif, que dans son fétichisme de l’arme à feu. Le générique s’ouvre sur ce flingue, le canon, les douilles. Il servira de catalyseur. Il érotise, il diabolise. Il est même déclencheur de l’intrigue.

     Tandis qu’elle vient d’entrer dans la police, une nuit lors de sa première ronde, Megan Turner (Jamie Lee, donc) doit intervenir lors d’un hold-up. Menacée par l’agresseur, elle l’abbat, froidement. Elle lui vide son chargeur sur la tronche. Elle ne remarque pas que dans la foulée de son intervention, un inconnu, alors au sol, s’empare de l’arme du braqueur tombée près de lui, et disparait.

     L’homme, un riche trader, se découvre bientôt une passion pour ce flingue, le meurtre et une obsession maladive pour Turner, qu’il séduit avant de la persécuter. Entre-temps, Turner se retrouve suspendue de ses fonctions pour son intervention musclée sur un agresseur dont finalement rien ne prouve qu’il était armé. Tout se joue bientôt entre Turner & Hunt. Entre Megan & Eugene.

     On comprend très vite que l’un n’existe pas sans l’autre. Eugène est touché par une sorte de révélation, il est persuadé d’avoir trouvé son double, sa victime à lui, le monstre. Et quand son collègue (Génial Clancy Brown) lui demande pourquoi elle est devenue flic, Turner répond « For him ». Le film tient entièrement sur ce dispositif quasi abstrait. Réalisme et vraisemblance n’ont pas leur place. C’est sans doute la limite du film, c’est aussi ce qui fait son originalité, tant le geste, à la limite du fantastique, fascine.

     Il faut par ailleurs signaler que Blue steel s’ouvrait comme un présage de cette séquence pivot : Turner y faisait ses gammes, lors d’un examen musclé, où elle devait intervenir sur une fausse scène de ménage à main armée. Elle y abattait l’homme avant de se faire surprendre par la femme de ce dernier qui se saisissait de son arme pour la retourner contre la policière novice.

     A l’image du nom de l’antagoniste « Hunt » et du jeu que Silver lui adjoint, le film n’est pas exempt de lourdeurs, Mais l’ambiance new-yorkaise, essentiellement nocturne, est très troublante, anxiogène, renforcée par la musique métallique d’un Brad Fiedel qui semble très inspiré de sa création sur le Terminator, de James Cameron.

Paris Police 1900 – Saison1 – Canal+ – 2021

02. Paris Police 1900 - Saison1 - Canal+ - 2021Fin de siècle.

   5.0   Après avoir traité de l’orpaillage dans la série Guyane, Fabien Nury s’attaque au contexte politique et à l’institution policière du début du siècle dernier, manipulant tout ce qui faisait la fragilité implosive de l’époque, entre ligues antisémites d’un côté, anarchistes de l’autre ; Dreyfusards et antidreyfusards. L’ambition est revendiquée, imposante, jusque dans sa reconstitution et son étonnante construction narrative. A ce petit jeu, c’est l’anti-Lupin, tant elle ne s’embarrasse jamais de plaire. C’est à double tranchant : Difficile de s’y investir, d’en être passionné, de vibrer pour tel ou tel personnage, tous antipathiques. Et pour plein de raisons.

     Deux problèmes majeurs à mes yeux : Formellement, c’est un peu lourd. La série affiche son goût pour la pénombre, les éclairages en contre-jour, c’est trop sombre, trop sale, on y ressent qu’une complaisance pour une crudité glauque – Dans la même époque mais outre-Atlantique et en milieu hospitalier, il me semble que Soderbergh réussissait mieux « sa forme » dans The Knick. Ce qui occasionne mon autre grief : Sa surenchère gore tant on y déploie des trésors de morbidité. Il faut montrer les morceaux de corps, les cochons éventrés, les fix d’héro, les sévices en tout genre. On nous met gracieusement le nez dans la merde. Et elle colle aux narines.

     Je ne finis donc par ne sentir que ça, me désintéresser de ce qu’on m’y raconte, des personnages qui la composent et leurs interactions : par ailleurs est-ce un problème d’écriture ou d’incarnation, les dialogues m’ont semblés ratés. J’en oublie que la série me propose une plongée folle dans cette belle époque, enfin sa face sombre puisqu’elle n’a de belle que son appellation. En un sens, elle colle par sa forme au climat de 1899 en osant des trucs qu’on ne voit jamais à la télévision, aussi bien visuellement que narrativement. Un peu à l’image de ses premières minutes, sur les chapeaux de roues, puisque Paris Police 1900 s’ouvre sur la mort de Felix Faure. Et faut voir comment.

     Quant à sa part de fiction, Paris Police 1900 ne l’assume pas pleinement. J’étais bien plus sensible au scénario concocté par Nury dans le magnifique roman graphique dessiné par Sylvain Vallée : Il était une fois en France. Ici « L’affaire de la valise sanglante » si elle n’est pas non plus traitée par-dessus la jambe, ne prend jamais vraiment. La série se venge sur un autre tableau : Sa kyrielle de personnages féminins forts. Et si elles émergent péniblement de cette peinture froide, elles se révèlent au fil des épisodes complexes, ambivalentes, condamnées à braver un monde marqué par le pouvoir des hommes.

     Bref, l’ambition oui, tant on y sent un grand boulot de documentation et une volonté de mêler la fiction et les faits historiques. Pour la fascination, on repassera. Dans la même période et sur un registre plus passe-partout, plus télévisuel disons, une série comme Le Bazar de la charité m’a nettement plus ému et passionné. Je reste néanmoins curieux de regarder la suite, qui se déroulera vraisemblablement en 1905. Mais ses personnages ne vont pas me manquer.

Lupin – Saison1A – Netflix – 2021

01. Lupin - Saison1A - Netflix - 2021Prince des voleurs.

   4.5   Soit pile le produit vendu par sa bande-annonce : Un divertissement sans aspérité autre que celui de monopoliser son spectateur après sa dure journée de travail. J’exagère un peu, on y ressent quand même l’admiration pour le texte : Sous-titré « Dans l’ombre d’Arsène » la série, par l’intermédiaire de son héros fan de Lupin, Assane Diop, s’inspire du personnage et de l’univers (nombreux de ses faits d’armes sont calqués sur diverses aventures du gentleman cambrioleur) crées par Maurice Leblanc, en transposant son action aujourd’hui.

     Mais rien ne dépasse, rien ne surprend. Lupin donne l’impression d’assister à l’exemple parfait de la série formatée pour être visible par le plus grand nombre, comme si l’emballage était déclinable à l’infini, qu’il suffisait seulement de changer son contenu. Et en effet, ces cinq premiers épisodes se regardent. Sans passion, mais sans déplaisir. C’est choubidou, sympa. A l’image d’Omar Sy, sympa, passe-partout, l’acteur préféré des ménagères.

     La série est donc très légère sans être pleinement drôle non plus, tente des incursions à tonalité plus dramatique (l’histoire du père, le destin de la journaliste…) en refusant la noirceur et notamment en lissant complètement le conflit de classes : On y évoque la question sociale et raciale, mais ce n’est qu’un simple décor. Les personnages n’en sont quasi pas, n’évoluent pas et gravitent uniquement en faire-valoir autour de la figure d’Assane, Lupin moderne.

     Bref, c’est un début de série très ancré dans l’air du temps, reprenant le schéma du blockbuster typique, capable de contenter ceux qui n’en regardent pas souvent et surtout d’offrir une belle vitrine cool à sa plateforme. Ce n’est jamais passionnant, ce n’est jamais agaçant non plus. C’est très produit, tape à l’œil, pas subtil pour un sou, mais il y a une certaine tenue formelle pour que l’ensemble reste regardable. Très agréable, même, parfois, merci Ludivine Sagnier.

Un fils – Mehdi M. Barsaoui – 2020

07. Un fils - Mehdi M. Barsaoui - 2020La blessure.

   6.5   La vie de Meriem et Farès bascule quand lors de leur retour d’un voyage à Tataouine ils sont victime d’une embuscade terroriste qui laisse, Aziz, leur enfant grièvement blessé par balle au foie. Il a besoin d’une transplantation imminente mais sa mère n’est pas compatible et les tests ADN révèlent qu’Aziz n’est pas le fils de Farès. Un garçon se meurt, un couple se disloque, le tout à l’image d’un pays enseveli dans la guerre, la corruption et la précarité.

     C’est un très beau film tunisien, se déroulant pendant le printemps arabe. Super dur car un enfant y est entre la vie et la mort tout du long, d’une intensité rare car ses parents en détresse tentent de le sauver chacun à leur façon (elle en essayant de contacter le père biologique, lui en se laissant séduire par une clinique privée qui fait du trafiquant d’enfants libyens) afin de contourner l’obligation de la liste d’attente pour une greffe. C’est un film aussi âpre que du Dardenne, dans sa forme. La dernière séquence est aussi attendue que bouleversante. Nadja Ben Abdallah & Sami Bouajila y sont exceptionnels.

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