Sausage party – Conrad Vernon & Greg Tiernan – 2016

15871645_10154294271362106_4928744887557399851_nCrazy market.

   6.3   Traduction littérale : Fête des saucisses. On est prévenu, ceci est un dessin animé qui n’est SURTOUT pas destiné aux enfants. Il a même choqué certains grands dont une assemblée de débiles catholico-régressistes qui voulait lui retirer son visa.

     Est-ce que ça fait de Sausage party un bon film ? Un indispensable ? Evidemment que non, d’autant que l’ensemble est aussi exténuant qu’indigeste. Mais c’est une belle curiosité, pour qui est un tant soit peu attaché à la néo-comédie américaine (Et son chef de rampe, Apatow) et tout particulièrement aux trublions qui prêtent leurs voix aux personnages : Seth Rogen (Franck, la saucisse qui veut fourrer un petit pain), Kristen Wiig (Brenda, le petit pain qui rêve de se faire enfiler par une saucisse), Michael Cera (Barry, la saucisse atrophiée, naine et rondouillarde, vrai héros du film), James Franco (L’humain junkie), Danny McBride (Moutarde au miel, le trouble-fête), Bill Hader, Jonah Hill, Paul Rudd. Bref, toute la bande. Enfin, tous ceux qui affrontaient déjà la fin du monde version stoner movie dans This is the end, déjà écrit par Evan Goldberg & Seth Rogen. Même Iris Apatow, la fille cadette du grand manitou, fera la voix des bonbons aux mûres. Ajoutez Salma Hayek et Edward Norton, qui jouent respectivement Teresa, le taco et Sammy, le bagel. Sympathique brochette.

     Quant au langage de la troupe, il est le même que d’habitude, bien gras, bien déviant, bien lourd, bien drôle aussi, souvent. Mais ça va plus loin encore puisqu’ils peuvent dorénavant y mettre des images.

     Violentes : Moutarde, revenu d’entre les dieux, préfèrera s’extirper d’un caddie pour s’éclater au sol ; Une patate est pelée vive, une tomate tranchée nette, des knacki (« They are eating CHILDREN! Fucking CHILDREN! ») croquées goulument ; Une chute de caddie prend la tournure d’une immense scène de guerre façon Omaha beach dans Saving private Ryan.

     Sexuelles : Lavash, la pita musulmane et Sammy, le bagel juif, réalisant qu’ils ont été menés en bateau par leurs croyances, finiront par s’unir physiquement ; Teresa, Franck et Brenda se laisseront séduire par un plan à trois. Auparavant, dans une sombre ruelle, Barry sera tombé sur un préservatif usagé s’époumonant.

     Les deux : Une poire à lavement (Le grand méchant du film) violera une brique de jus d’orange ; Un pot de guacamole se prendra un coup dans les roustons et s’exclamera : « Right in my guac and balls! »

     Et toutes les références habituelles qui vont avec. D’hénaurmes clins d’œil à Ratatouille et T2 – Le chewing-gum T1000, magnifique. Un autre au final de Shutter Island : “It’s better to die a free candy than to live in bondage” criera le popcorn. Une autre à Top gun. Parfois même des autoréférences, ici une réplique de Superbad, là Rogen qui tousse sa fumée comme il la toussait dans Délire express.

     Sausage party est un film aussi léger que du plomb. Un délire de sales gosses. Un défilé de jeux de mots, grossièreté et trashitude comme rarement on avait pu le voir. De mauvais goût assumé quatre-vingt-dix minutes durant. Non-stop comme sa triple aventure qui converge dans un final incroyable.

     Il faut donc être dans de bonnes dispositions. C’est encore plus con que The Interview, ça reste une idée germée dans le cerveau d’un mec défoncé (Et la scène des sels de bains ne fait que raconter ça) qui a dû grandir pour accoucher en feu d’artifice. Rien de plus et tant mieux : ça ne va ni me donner envie de remanger de la viande ni me conforter dans mon désir ne plus en manger, en gros. Sauf que c’est plus intelligent à l’échelle des fondamentaux, c’est clairement un objet amoral érigé contre la société de consommation, une farce athée et pansexuelle qui envoie bouler toutes les religions, rejoue le conflit israélo-palestinien et autres discours homophobes, pour finalement dire que les dieux sont dans nos têtes et qu’ils peuvent être tués, que l’éventualité du paradis est là, sous nos yeux. Et que c’est une immense partouze. Et tout cela un 4 juillet.

Jane got a gun – Gavin O’Connor – 2016

15727397_10154280437912106_2915313858946530419_n     4.9   C’est pas mal, globalement. Mais ça pouvait être nettement mieux sans cette fin chamallow. Disons que je trouve le film vraiment sombre et la confession à mi-chemin est hyper forte, malheureusement plutôt que de finir en western de remariage avec tout à reconstruire, tout semble déjà construit et ce qui parasitait cette histoire d’amour contrariée a disparu. Mais c’est bien emballé on va dire. Un bon produit hollywoodien désuet
mais bien fait.

L’idéal – Frédéric Beigbeder – 2016

15439900_10154213736297106_6965566185048946821_n     1.3   N’y allons pas par 4 chemins : c’est l’horreur ce truc. Déjà 99F ce n’était pas terrible mais là c’est un niveau au-dessus dans la nullité.  Enfin, 99F c’était Kounen qui adaptait Beigbeder, ça avait au moins ce mérite-là, même si Kounen est loin d’être meilleur. Là c’est Beigbeder qui s’adapte lui même. C’est un problème. Et puis c’est beaucoup trop cocaïné et tellement fier de l’être. Insupportable.

Sense8 – Christmas special – Netflix – 2016

15826627_10154306652987106_3475605376458677983_nJoyeux noël.

   7.5   Ou comment nous replonger dans l’univers de la série en deux heures à la fois indépendantes et complètement dans la continuité des douze épisodes que formait cette merveille de première saison. Quand Black Mirror s’atèle à un épisode spécial il n’est pas difficile de l’appréhender en tant que one shot puisque Black Mirror c’est déjà ça, une somme de one shot. Là, avec Sense8, pure série de personnages et d’interactions entre ses personnages, c’est comme si on nous avait offert en son temps un petit en-cas lostien entre deux saisons. L’horreur et le bonheur, quoi. Et c’est exactement ce que procurent ces deux heures, belles et foutraques, pleines comme un œuf et pourtant tellement libres, aérées, deux heures aussi jubilatoires que frustrantes. Quel putain de plaisir mais bordel, ce qu’il va être douloureux de patienter en attendant la suite. On a donc retrouvé tout le monde ou presque, puisque un autre acteur s’est emparé du rôle de Capheus. C’est bizarre au début, puis on s’y fait d’autant que le changement est brillamment introduit, avec l’autodérision chère aux Wachowski et une bonne dose méta au sens où sa première apparition le voit dialoguer avec son pote de la camionnette Van Damme qui trouve que son visage a changé. Pour le reste tout a repris sur le même rythme et la même folie, chacun son histoire, forcément, mais aussi de multiples crossover employés pourtant avec parcimonie, souvent à deux personnages (Kala/Wolfgang ; Sun/Capheus) ce qui prouve combien c’est une grande série romantique avant tout. Mais un romantisme un peu désespéré (Riley/Will) bien qu’il puisse parfois sembler niais. Par deux fois, la série nous offre ce qu’elle avait offert dans le dernier plan de la première saison, une réunion absolue, avec cadeau ultime lors de la fête d’anniversaire suivi d’une séquence d’orgie miraculeuse. Et puis une scène absolument déchirante entre Lito (qui affronte les conséquences de son coming-out) et sa mère. Vivement la suite !

Encore heureux – Benoît Graffin – 2016

32Une famille à vendre.

   1.7   Sorte de Little miss sunshine à la française, où le spectacle de danse final est remplacé par un concours de piano. Rajoutez-y un humour à la Blier mais foiré, Kiberlain et Bear qui cabotinent comme des cochons, un petit côté remède face à la crise du déclassement social, une pique envers Hollande, une autre envers Sarkozy (tout le monde est content), une Bulle Ogier qui se demande ce qu’elle fait (encore) là. A part ça la musique lénifiante est toujours omniprésente, la petite famille se trimballe le cadavre de leur vieille voisine d’immeuble, un mini appartement remplace le minibus. Et à la fin tout finit bien. Un film de droite qui se croit de gauche, l’air de pas y toucher. Nul à chier.

Joséphine s’arrondit – Marilou Berry – 2016

30À te faire aimer Joséphine, ange gardien.

   0.2   Hystérique, assourdissant, vulgaire, surjoué, débile, à te faire passer l’envie de faire un enfant, d’être en couple, de regarder des films. L’horreur absolue. Une mauvaise idée par seconde, coussin de la honte pendant une heure et demie. Quant à Marilou Berry, si elle n’était pas fille de Balasko on n’en aurait jamais entendu parler. Elle est nulle. Nulle en tant qu’actrice, nulle derrière la caméra. Et elle est dégueulasse. On avait dit Pas le physique, je sais, mais fallait que ça sorte. Peut prétendre au titre de pire film de l’année, à l’aise.

The boy – William Brent Bell – 2016

15826711_10154294271667106_5372722511254489515_nUne poupée comme les autres.

   4.0   C’est pas mal, surtout au niveau de la réalisation, sobre dans sa manière de filmer la demeure, aussi bien au début où ça grince de partout hors champ, où les couloirs semblent renfermer des fantômes, que dans le dernier tiers qui vire au pur suspense traversant les cloisons – Un côté Sous-sol de la peur, avec ces murs qui vivent et déploient une autre facette de la maison. Non, le vrai problème c’est l’écriture, notamment des dialogues, atones du début à la fin, mais aussi des personnages avec le traditionnel trauma en miroir. Déjà vu ça tellement de fois. Et puis y a trop de trucs rédhibitoires (inhérents au genre) souvent des détails hein mais le coup de la douche et que je sorte en serviette pour aller au grenier, sérieusement ? Le retour du boyfriend bien wtf aussi, la partie de billard et l’habituel moment de séduction alors que t’as une poupée de porcelaine qui fait des trucs chelou dans les parages, disons que ça fait éléments de rajout destinés à accentuer le crescendo. C’est un truc de scénario mais ça ne fonctionne pas du tout à l’écran. Et avec tout le respect que j’ai pour Lauren Cohan, elle joue un peu trop comme dans The Walking dead, avec ses grimaces hyper affectées. J’ai du mal. Et puis le sidekick à ses côtés, en plus d’être quasi inexistant, ressemble un peu trop à Stanislas Wawrinka, ça m’a beaucoup perturbé. Quant au registre poupée diabolique, je trouve le film peu généreux dans ce qu’il génère d’épouvante. Même si les quelques jump scares disséminés sont plutôt bien gérés, surtout le tout premier du rêve avec le bras qui sort du tableau, très proche de qui arrivera à la fin, mais à travers un miroir (Il y a d’ailleurs de belles idées dans la composition de certains plans) on s’ennuie un peu trop souvent. C’est donc un peu léger dans l’ensemble pour ne pas y voir qu’un produit du genre très anecdotique. 

Transparent – Saison 3 – Amazon Video – 2016

27Life sucks and then you die.

   6.0   A l’instar de You’re the worst, Transparent peut autant m’agacer que venir me cueillir, sans que je m’y attende, c’est sans doute pour cette raison que je continue de la regarder et que j’enquille vite les saisons. Ça et le fait que les épisodes soient courts. Ça joue. Souvent trop dans un affect disproportionné, Transparent se perd dans une succession de séquences tire-larmes (qui fonctionnent, je pense, dès l’instant que ces personnages sont devenus ta nouvelle famille) donc un problème de dosage qui fait sans cesse écho aux interactions parfois lourdes et racoleuses qui la meublent, aux individualités trop over the top qui constituent sa marque de fabrique.

     Mort est définitivement devenu Maura et (s’)est définitivement acceptée comme tel. Sa transition doit opérer un dernier glissement, son changement de sexe, auquel elle donne son entière priorité. Volonté bientôt remise en question par une incompatibilité : un différend de santé. Dans le premier épisode, Maura faisait une attaque cardiaque, en voulant aller à la rencontre d’une femme qu’elle venait d’avoir au téléphone, alors qu’elle faisait son premier jour à la LGBT suicide hotline. Voilà, Transparent c’est ça : Une somme de boucles. On part ici pour arriver ailleurs. Un problème vasculaire rebondit plus loin. On s’y attendait. C’est beau, touchant mais souvent beaucoup trop fabriqué.

     Josh, son fils, est dans une impasse existentielle encore plus imposante que durant les saisons précédentes. Autant par rapport à ses frangines desquelles il s’éloigne et souffre clairement de cet éloignement ; Que dans sa relation avec ce fils, introduit en fin de saison 2. Un fils qui ne peut ni pourra vraiment être son fils. C’était déjà bien chargé mais il va aussi devoir faire face au suicide de Rita, sa relation secrète et mère de leur fils Colton. Josh est le personnage de cette saison, à mes yeux. Mais voilà, il porte sa croix le pauvre.

     Le temps est le gros facteur de cette saison, plus désespérée encore que les deux autres. Il marque surtout la force de cette famille, pleine de contradictions, symbolisé par les retrouvailles avec leur tortue, cachée depuis trente ans dans un conduit d’aération. Episode sous forme de boucle encore (qui débute dans le passé, traverse le temps et s’achève dans le présent) absolument bouleversant, tant il raconte par analogie l’histoire insolite de la famille toute entière et l’évolution des enfants Pfefferman.

     Il faudra trois épisodes de grande tenue pour oublier ceux qui sont plus en roue libre. Celui-ci donc, mais aussi le 8 et le dernier. L’un étant un flashback sur la rencontre entre Mort et Judith, durant leur adolescence – Le plus bel épisode de Transparent à ce jour, haut la main. L’autre envoyant les cinq personnages phares dans une croisière dévoilant leurs fragiles retrouvailles. La chanson sur laquelle se ferme l’épisode est vraiment puissante. Il manque juste un équilibre total à la série pour convaincre pleinement, mais en l’état j’y suis de plus en plus attaché.

Jour polaire – Saison 1 – Canal + – 2016

19Lost in translation.

   4.5   Leila Bekhti y est excellente. Ça suffit ? Forcément non. Disons que ça se regarde mais d’assez loin, on voudrait que les lieux soient mieux mis en valeur, que la thématique des journées sans nuit soit aussi forte que dans Insomnia, que l’enquête révèle ses mystères avec plus d’équilibre. Jour polaire pourrait être un croisement entre Les revenants et True detective, mais ne garde pas grand-chose des qualités de ces deux séries. Ça va à la fois trop vite et pas assez. Il y a des tentatives mais l’instant suivant on retombe dans quelque chose de plus conventionnel. Alors oui, Bekhti y est bien, elle joue bien la fliquette paumée dans la langue (Situé à Kiruna, on y parle pas mal suédois), paumée dans l’immensité arctique, paumée dans son identité et rattachement familial – Même si les flashbacks sont sans intérêt et laid. Mais bon, elle est seule. Acteurs comme personnages autour d’elle sont mauvais et sans épaisseur, à commencer par le garçon qui campe son fils, véritable endive, ainsi que le de plus en plus agaçant Olivier Gourmet. Il y avait Denis Lavant au casting mais il meurt dans la première scène, c’est con. Quant aux acteurs suédois ils font le job, mais ils sont un peu à l’image de la série, ils n’ont pas grand-chose à raconter. Donc ça se laisse regarder, je le répète, mais aussitôt vu aussitôt oublié.

Grandeur et décadence (Daydreams) – Buster Keaton & Edward F. Cline – 1922

30La chèvre.

   4.9   Un brin masochiste, Keaton ? Probablement. Daydreams n’est pas le premier de ses courts à le mettre dans des situations aussi rocambolesques qu’humiliantes. Néanmoins, C’est la première fois où il va si loin dans le symbole, avec en point d’orgue de le voir tel un hamster tourner dans la roue à aubes d’un bateau (gag interminable, soit dit en passant) avant qu’il ne soit pêché puis remis à l’eau comme appât, et pour finir être rapatrié par la Poste. C’est que fou amoureux, Buster avait convenu avec le père de sa promise, qui souhaite marier sa fille à un bon parti, de se tuer s’il ne parvenait pas à trouver une situation stable. Chose, accompagnée d’un ultime gag à base d’un revolver récalcitrant, qu’il ne parvient même pas à faire.

     Tout le film est construit sur une répétition un peu poussive qui voit Buster raconter par lettres son nouveau travail à sa chère et tendre, en enjolivant comme il faut, puis se faire lourder, indéfiniment. Ainsi il se vante chirurgien célèbre, mais n’est qu’un assistant vétérinaire particulièrement laborieux – Gag du chien et du putois à l’appui ; Puis se voit dans les hautes sphères de la finance, alors qu’il nettoie les rues de Wall Street ; Puis comédien au théâtre (la demoiselle l’imagine en Hamlet) dans lequel il joue un simple sidekick déguisé en romain, viré illico après une nouvelle maladresse keatonienne, et poursuivi bientôt (C’est la deuxième partie du film) par tous les policiers de la ville. Là encore il manque une cohésion, rythmique et dramatique, si j’ose dire. D’autant que les gags sont assez peu inspirés.

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silencio


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