Les randonneurs – Philippe Harel – 1997

01. Les randonneurs - Philippe Harel - 1997En quête corse.

    6.0   J’en gardais un souvenir mitigé et c’est bien mieux : Poelvoorde ne dévore ni les plans ni le film, le groupe existe, chacun des cinq personnages, leurs interactions, les caractères de chacun. C’est une comédie mais prise sous l’angle de la chronique, évitant les suites de sketchs. J’aime moins les scènes de flashbacks, bien qu’elles permettent de creuser chacun d’entre eux, je les trouve pas hyper bien amenées. Pas grave, chouette redécouverte, dans l’ensemble.

Les têtes givrées – Stéphane Cazes – 2023

13. Les têtes givrées - Stéphane Cazes - 2023Hors les murs.

   5.0   Feel good movie aux airs de fable écolo didactique absolument charmante, en partie grâce à son casting d’ados, mais aussi parce qu’il y a du soin dans la forme, notamment dans sa façon de capter la classe de Segpa et le village au pied du Mont Blanc. Rien de transcendant, cela reste bon enfant, mais avec Cornillac & Tagbo en têtes (givrées) d’affiche, je craignais la nausée. Ils se fondent bien dans le film, sans le vampiriser. À noter que le film est réalisé par Stephane Cazes à qui l’on devait le superbe Ombline (avec Mélanie Thierry) il y a dix ans… et rien depuis. Mystère.

Le livre des solutions – Michel Gondry – 2023

24. Le livre des solutions - Michel Gondry - 2023Intimité.

   4.0   Quand le seul ressort comique qui fonctionne c’est Pierre Niney s’acharnant sur un assistant qui tousse, c’est léger. Mais ce running gag m’a vraiment fait marrer, j’avoue. Le film est intéressant en tant qu’autoportrait peu flatteur de cinéaste égotique, mythomane et bipolaire mais c’est globalement très bordélique, comme toujours chez Gondry et l’ennui l’emporte. Il y a toutefois une belle découverte : Frankie Wallach, qui illumine chaque scène où elle apparaît.

Mais qui a tué Harry ? (The trouble with Harry) – Alfred Hitchcock – 1956

02. Mais qui a tué Harry - The trouble with Harry - Alfred Hitchcock - 1956« Mais où est le cadavre ? »

   2.0   Intrigue de cluedo absolument sans intérêt. Humour british difficilement supportable. Photo si automnale qu’elle accentue la dimension parodique. Bavardages incessants. Cadavre que l’on enterre ou déterre jusqu’à l’absurde. Film épouvantable, pour ma part, d’un ennui mortel.

Hynotic – Robert Rodriguez – 2023

15. Hynotic - Robert Rodriguez - 2023Planète erreur.

   2.0   Nanar de luxe par Robert Rodriguez le spécialiste en la matière, qui tente ici une douloureuse mixture entre Scanners, de Cronenberg et Inception, de Nolan. Une catastrophe, aussi bien niveau récit, mise en scène, construction qu’interprétation.           La fin pourrait faire illusion, mais impossible de mettre de côté l’indigence de ce qu’on vient de s’enquiller, donc aussi intéressante soit-elle, cette fin ne rachète absolument rien. Et sans doute pas Ben Affleck, qui a rarement été aussi nul – c’est dire – tant c’est fou comme il est aux fraises là-dedans.

Mystère à Venise (A haunting in Venice) – Kenneth Branagh – 2023

27. Mystère à Venise - A haunting in Venice - Kenneth Branagh - 2023Mort du cinéma.

   0.5   Un soir tu revois l’un des plus beaux films du monde (Kramer vs. Kramer) puis le lendemain tu te tapes cet infâme étron… Branagh c’est peut-être bien ce qui se fait de pire aujourd’hui, non ? Je dis ça en ayant vu que celui-ci, son autre adaptation d’Agatha Christie à savoir Mort sur le Nil, et son opus Marvel concernant Thor, mais j’assume : Zéro cinéma. Et tu le sais dès les trois premiers plans. 

Recherche Susan désespérément (Desperately seeking Susan) – Susan Seidelman – 1985

10. Recherche Susan désespérément - Desperately seeking Susan - Susan Seidelman - 1985Into the groove.

   7.0   Le film transpire tellement les années 80 de toute part qu’il pourrait être irregardable. Et pourtant la magie de cet After Hours qui rencontre Blue Velvet fonctionne. Madonna alors superstar ne dévore jamais le film, même quand elle danse en boîte de nuit sur Into the groove (son propre morceau). La mise en scène est superbe, la photo très belle. Rosanna Arquette, magnifique, comme d’habitude. La fin est super émouvante, en plus. Pas loin d’avoir adoré.

Les choses humaines – Yvan Attal – 2021

12. Les choses humaines - Yvan Attal - 2021Zone grise.

   7.0   Film casse-gueule à tous les étages (le simple fait qu’Yvan Attal y filme sa femme ainsi que son propre fils campant le rôle d’un garçon accusé de viol, je trouve ça vraiment étrange) sur lequel j’aurais des réserves, sur la construction notamment, mais aussi niveau interprétation, mais dont j’ai trouvé le récit absolument passionnant (très envie de lire le livre de Karine Tuil dont il est l’adaptation) et la mise en scène habitée et maîtrisée (je n’attendais pas Attal à ce niveau, franchement) surtout lors du procès qui occupe la deuxième moitié du film. Super film, intense, complexe, aux dialogues ciselés.

Le péril jeune – Cédric Klapisch – 1995

25. Le péril jeune - Cédric Klapisch - 1995I’m going home.

   7.0   Je ne retiens pas grand-chose de Klapisch aujourd’hui mais il reste au moins ces deux films, L’auberge espagnole et Le Péril jeune, que je peux aisément voir et revoir, sans m’en lasser. Les lourdeurs (formelles, surtout) inhérentes à son cinéma y sont aussi mais noyées (à mes yeux) dans un amour sans fin pour des personnages et des situations. Ici j’adore évidemment le postulat : quatre potes se revoyant au moment de la naissance du fils d’un cinquième, qui vient de mourir d’une overdose. Ils se remémorent leurs années lycée passées ensemble tous les cinq. Le film y trouve un ton très particulier, mélancolique mais parcouru d’une légèreté nostalgique enthousiasmante, entre révisions du Bac, révolte étudiante, crushs amoureux, drogues, flippers et verres de bières, déployant un portrait de la jeunesse des années 70 qui est probablement un peu celle de Klapisch lui-même. Je l’avais pas vu depuis un bail. J’aime beaucoup ce film, aussi bien pour ses personnages, profs autant qu’élèves que pour sa BO, mélangeant Joplin, Hendrix, Steppenwolf, Cohen ou bien Ten Years after.

Los delincuentes – Rodrigo Moreno – 2024

????????????????Adonde esta la libertad.

    8.0   Retourner au cinéma, un dimanche matin et voir cette merveille de film argentin.

     Dans lequel les personnages vont au cinéma voir L’argent, de Bresson ; dans lequel on y lit le poème « L’obsession de l’espace » en prison ; dans lequel on y écoute les Pappo’s Blues. Un film bercé par une fugue de Bach, une fantaisie de St-Saëns, une sonate de Poulenc ou une ballade de Violetta Parra.

     Une fable sur l’argent et la liberté qui s’ouvre en quasi huis clos au sein d’une banque, sur une routine puis sur un casse, pour bientôt s’aérer, se libérer, quitter la ville pour la pampa, évoluer dans une temporalité insaisissable voire s’affranchir du scénario, puisque la trame de la première partie très écrite (ou programmatique) se dissout dans une seconde partie plus existentielle.

     C’est un film très doux, down-tempo, étiré (sur 3h10) mais délayé, qui brille par sa légèreté, son humour et ses petits partis pris formels (son gout pour les split-screen et les fondus notamment). Qui brille aussi par son appétit pour le jeu, la circularité et la duplicité (la double signature sur les registres, ces prénoms anagrammes, cet acteur incarnant deux personnages, ces échos entre les deux complices, les deux parties, les deux « rêves » bohèmes et amoureux, le disque…) et sa richesse sonore, jusque dans ces grincements de chaise qui répondent au chant des cigales.

     Immanquablement j’ai pensé à Trenque Lauquen (on y retrouve d’ailleurs l’actrice Laura Paredes) le film de Laura Citarella sorti l’année dernière. Celui-ci est sans doute moins mystérieux, moins engourdi, mais sa capacité de glissement d’un monde à l’autre est un régal, de triangulation impalpable et irréconciliable.

     C’est comme si le cinéma de Porumboiu (Le trésor, Policier adjectif, Les siffleurs) avait fusionné avec celui de Guiraudie (Du soleil pour les gueux, Ce vieux rêve qui bouge, Viens je t’emmène) mais on pourrait trouver aussi des similitudes, notamment dans le jeu et les trajectoires, avec les cinémas de Rozier et Rivette. Des cinéastes qui me sont chers.

     Un personnage dedans fait des films mais il se considère vidéaste et non cinéaste car pour lui le cinéma est mort. Pas le cinéma argentin en tout cas.

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silencio


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