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Archives pour 22 novembre, 2008

Psycho – Gus Van Sant – 1999

38b848185a2fe993ae2a22f9c363ece44c7cb938-700     6.5   Psycho (1998) est l’oeuvre du meilleur cinéaste outre-atlantique actuel. Un film qui fait figure de remake-hommage au chef-d’oeuvre d’Hitchcock. Un exercice de style épatant quand on sait et constate qu’il est identique au matériau original plan par plan. Car hormis deux ou trois idées personnelles ajoutées, on assiste à une copie conforme qui n’a rien perdu de son charme, sauf peut-être ses acteurs et son noir et blanc. Selon moi la réussite du film réside ici. A la différence d’Andrew Davis et son Meurtre parfait, relecture pitoyable de Le crime était presque parfait, Gus Van Sant s’attaque lui à l’oeuvre hitchcockienne de la manière la plus honorable qui soit. Vera Miles est devenue Anne Heche. Antony Perkins est devenu Vince Vaughn. Qu’importe. Tant que le plan initial d’entrée dans l’immeuble par la fenêtre, que les angoisses de Marion au volant de sa voiture, que la scène de douche mythique, que le plan en hauteur de Norman portant sa mère, entre autres, soient restés minutieusement intacts, on est forcément admiratif et comblé. 

     C’est une façon très classe de se frayer un chemin à Hollywood! En fait le seul bémol que je mettrais, c’est concernant le public visé. Car tout aficionado de l’original sait que celui de Gus n’existe que pour eux. Malheureusement, nombreux sont les gens qui connaissent celui de Van Sant avant celui d’Hitchcock du fait d’un passage télé plus fréquent. C’est bien triste. Encore une fois il ne faut pas voir ce Psycho actuel comme une relecture commerciale de la référence, mais comme un copie paroxysmique d’une oeuvre patrimoine faite par un auteur en passe aujourd’hui de devenir lui aussi un maître.

Control – Anton Corbijn – 2007

3467Love will tear us apart.    

     8.0   C’est un bien beau premier film que nous offre ici Anton Corbijn de part cette évocation de la vie d’Ian Curtis, chanteur du groupe Joy Division, qui connaîtra une renommée principalement post-mortem. De ses premières chansons écrites à son suicide le 18 mai 1980, la veille de leur concert aux Etats-Unis qui s’annonçait comme leur premier grand triomphe, Sam Riley incarne le chanteur Mancunien avec une parfaite maîtrise au point de nous faire oublier que la personne à l’écran n’est pas le vrai Ian Curtis.     Le réalisateur hollandais opte pour le noir et blanc, excellente initiative car d’une efficacité redoutable lorsque l’on évoque la descente aux enfers d’un homme coincé dans un monde trop grand pour lui. Car le leader du groupe précurseur de la new wave n’avait rien d’une destinée envieuse : marié trop tôt, père de famille trop tôt, il est très vite infidèle mais ne veut pas tourner la page, il est sujet à des crises d’épilepsie à répétition et ne partage pas les envies mégalomanes de son entourage. « Je préférais l’époque d’Unknown pleasure » dira t-il, c’est à dire les moments cool avant la gloire! Mais il a perdu le contrôle de sa vie (référence : « She’s lost control »), il est ravagé par un flôt de contradictions. Son suicide n’en sera que légitime.     Et cette représentation à l’écran dans un Macclesfield magnifié est redoutable de justesse et de pureté, entre longues séquences silencieuses, caractérisant le personnage fascinant comme l’étaient les leaders des groupes de rock des années 60′s et 70′s, et scènes musicales nostalgiques montrant les paroles mélancoliques du chanteur comme une évocation de ses sentiments personnels quotidiens. Un des meilleurs films de l’année.

Woman on the beach (Haebyonui Yoin) – Hong Sang-Soo – 2008

Woman on the beach (Haebyonui Yoin) - Hong Sang-Soo - 2008 dans Hong Sang-Soo 1_457

Errance triangulaire.     

   8.0   Si Night and Day contenait certaines longueurs, peut-être celles se déroulant sur Deauville même, il faut dire que ce film là, se déroulant quasi-intégralement sur une plage coréenne d’apparence très proche des côtes françaises, est très bien rythmé.

     Le personnage est un cinéaste dont on ne sait guère si ça marche pour lui, seulement qu’il a ses admirateurs, qui semblent appartenir à un cercle restreint. C’est un cinéaste qui cherche l’isolement, le bruit de l’océan pour écrire son prochain scénario. Il part accompagné d’un jeune couple mais dans ce trio quotidien, tombe très vite sous le charme de la belle Moonsook (pas très glamour comme prénom au passage !) ce qui va perturber son besoin d’écrire… Ou pas. Puisque l’inspiration viendra peut-être à cet instant…

     Le personnage est probablement l’alter-ago de Hong Sangsoo. Il y a quelque chose de toujours autobiographique dans ces deux films sortis récemment. Des histoires de cœurs, un respect incroyable pour la création artistique, un rapport intime avec la nature, franchement on se croirait rendu chez Rohmer ! Car la réalisation du cinéaste coréen et en plus de cela très proche de celle du cinéaste français. Il filme à hauteur d’homme, fixe ou circulaire, de manière la plus minimaliste pour intensifier notre identification aux personnages. Son film joue de façon éloquente sur les signes du destin ce qui lui confère inévitablement le statut de film Rohmérien.

     C’est très beau, plein de poésie, de sensibilité, d’amour et pas si anodin que ça sur la condition sociale de son pays, Hong Sangsoo restant conscient d’un potentiel danger.

Vicky Cristina Barcelona – Woody Allen – 2008

VCB5_LEntre dos aguas.

   5.0   La première partie du film laisse indifférent. On passe du bon temps, sans plus, ce qui est loin d’être un compliment pour un film de Woody Allen. Puis dès l’apparition de Pénélope Cruz, tout prend une tout autre tournure et le film trouve sa voie. Tout en changements scénaristiques,tout en surprise, le film s’avère stimulant ci et là, par petites touches. Ici, en guise d’exemple, c’est la balade entre Juan Antonio et Vicky qui paraissait sans espoir. Puis l’arrivée de Maria Elena lorsqu’on ne l’attend plus.

     Bon après il y a ce qu’évoque le film. La vie de bohème passagère, la dimension artistique. C’est un film qui donne envie de créer. De prendre une toile et de peindre. Un appareil photo et de prendre des photos. Une guitare et jouer. C’est plein de vie, plein de finesse, plein de couleur (avec la présence de Pénélope Cruz on se sent parfois presque chez Almodovar !), et d’hystérie aussi, évidemment.

     Le film offre aussi un regard sur les sentiments, envahis par le besoin de changements ou les principes. Ce dernier plan est finalement le plus sombre du film. L’aventure a fait grandir Cristina et lui apprit à croire en elle mais est-ce qu’elle va réussir à en tirer partie réellement ou ne va-t-elle pas sombrer comme ce couple d’artistes dont la force créatrice fonctionnait en la présence de Cristina justement ? Et Vicky de refuser la vie de bohême pour poursuivre la vie monotone avec son mari (la tête de con du film) avec qui elle s’est marié récemment, alors qu’elle imagine bien entendu sa vie dans vingt ans prendre la même tournure que celle de Mark et Judy, à savoir pas très heureuse.

     C’est du vaudeville purement anecdotique qui a ses instants de saveur. Et puis il y a Rebecca Hall, Scarlett Johansson, Peneleope Cruz. C’est agréable. Et agaçant. Pour les dames, chaque apparition de Javier Bardem, chemise débraillée, regard lumineux, beau mâle espagnol,  physiquement plus attirant que dans le dernier Coen, devrait être un régal.

     Voilà c’est un film à voir le dimanche après-midi, ce que j’ai fait, avec sa petite amie, ce que j’ai fait, juste après un Woody Allen plus ancien, ce que j’ai fait, tant sa douceur, ses couleurs, évoquent les vacances d’été passées et le soleil ibérique.


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