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Archives pour 27 novembre, 2008

La graine et le mulet – Abdellatif Kechiche – 2007

graineetmulet-tt-width-604-height-402-fill-0-crop-0-bgcolor-eeeeee   8.0   Les temps changent et l’homme vieillit. Slimane est fatigué de ses 61 ans et se voit licencier avec une prime par l’usine à bâteaux qui l’employait. Le glas pour lui de se monter une « retraite » tranquille en rénovant un vieux rafiot afin d’y ouvrir un restaurant dont la spécialité sera le couscous de poisson. Rêve plus que réalité, surtout quand le destin s’en mêle…      Ici, le réalisateur de l’Esquive n’utilise pas les grands poètes (comme Marivaux il y a cinq ans) pour étoffer son récit. Il lui suffit simplement de saisir des morceaux de vie, sans que l’on sache où et quand l’on se trouve, dans un milieu modeste d’une famille d’origine arabe qui se diversifie et s’engueule par ses problèmes divers. Abdellatif Kechiche joue sur les sentiments intimes et profonds, en témoignant de l’hypocrisie permanente dans les familles et sur les préjugés racistes. Et cela non sans nuances. Car si les français manquent de tolérance, les immigrés sont communautaristes, et vice versa. Personne n’est vraiment épargné.

     Fort de ce constat amer, on se lie d’affection avec bon nombre de personnages, évidemment Slimane, touchant en grand-père désabusé au crépuscule de sa vie, mais tout particulièrement Rym – sublime Hafsia Herzi – fille dynamique et intelligente, qui par son utopie fédératrice est le rayon de soleil du film. Alors, si le courage peut souvent s’avérer vain, il est bon de ne jamais abandonner. Kechiche, c’est toute une philosophie. L’envie de partager l’impartageable entre communautés si proches mais aussi si lointaines.

Douze hommes en colère (12 Angry Men) – Sidney Lumet – 1957

Douze hommes en colère (12 Angry Men) - Sidney Lumet - 1957 dans Sidney Lumet 12-angry-men     8.5   Un plan extérieur tribunal avec comme indication « Cour d’assises ». Un nouveau plan, intérieur cette fois, nous montrant le procureur, les jurés et l’homme intenté. Puis nos hommes s’enferment dans une pièce pour délibérer. « 12 hommes en colère » (1957) de Sidney Lumet peut alors commencer. Pendant 1h30 nous serons témoin de ce huis clos édifiant, une parabole des différentes opinions humaines concernant la justice d’un homme, dont la vie (car il est question d’acquittement ou de condamnation à mort) est entre les mains (et les dialogues!) de douze personnes.

     Lumet filme tour à tour avec sensibilité et punch un dialogue argumentatif palpitant, soucieux du détail, en tentant de montrer, non sans nuances et allusions métaphoriques, les véritables rapports humains, nourris d’influences et de préjugés, de tolérance et de cruauté pour finalement donner raison au bénéfice du doute plutôt qu’à la peine capitale.

     C’est un pur chef d’oeuvre que signe le réalisateur américain, dont c’est le premier film, tant sur cette mise en scène confinée, claustrophobique, étouffante que sur ce scénario, taillé au millimètre, délivré par de petits rebondissements qui avancent l’intrigue. Car le plus génial dans tout ça, c’est que nous spectateur soyons témoin de cette scène, en quasi temps réel, les ellipses et autres techniques cinématographiques de suppression de minutes futiles étant pour ainsi dire jamais utilisés. Finalement c’est une oeuvre remarquable, d’une perfection absolue, qui en plus de l’être sur tous les plans, est agencée par des acteurs épatants de vérité, de spontanéité. « 12 Angry men » est l’exemple même du film qui n’a pas pris une ride.


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