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Archives pour 29 novembre, 2008

Je, tu, il, elle – Chantal Akerman – 1976

44Portrait d’une enfant déchue.

   8.0   Chantal Akerman n’a que 24 ans lorsqu’elle réalise Je, Tu, Il, Elle, l’histoire d’une jeune femme, jouée par elle-même, plongée dans une phase de trouble sentimental provoquant un anéantissement moral progressif, que la jeune cinéaste qualifiera de « cri de désespoir muet proche du hurlement ».

     Son film est scindé en trois parties bien distinctes, mais on pourrait aussi le découper en quatre. La première partie est vouée au cloisonnement. Le Je : Une jeune femme s’enferme dans une pièce, bouge les meubles, repeint les murs, s’habille, se déshabille et mange du sucre pour ne pas succomber de famine. Le Tu : Elle occupe son temps à écrire une lettre, probablement destinée à la personne qu’elle aime – on suppose une relation délicate – et cela durant un mois. Très souvent les plans sont fixes, la caméra ne sortira pas de cette pièce, même si par moment, dans un angle bien précis, on peut entrevoir l’extérieur, exempt de vie.

     La deuxième partie c’est la rencontre avec le camionneur. Le Il : La jeune femme est prise en stop, s’arrête avec le routier dans des bars, des restos avant que celui-ci ne lui raconte sa vie sentimentale et qu’elle l’est masturbé une fois hors champ. Long monologue en plan fixe où l’homme nous (lui) apprend qu’il s’est détaché de toute vie de famille, concevant dorénavant le plaisir des rencontres comme sexuel et fugace, mais non constructif.

     La troisième partie c’est le retour chez une amie. Le Elle : Accueillie froidement, l’hôtesse offrira de quoi manger à notre héroïne itinérante avant qu’elles ne se laissent aller à un échange sexuel, fondé sur le désir pulsionnel, fusionnel, que Chantal Akerman nous offre, en trois plans fixes durant en tout vingt minutes, avec beaucoup de grâce et de pudeur.

     Je, Tu, Il, Elle a quelque chose de flamboyant, mais en même temps de très sombre, et joue à merveille avec cette idée de juxtaposition silences/voix off/monologue. C’est passionnant. Et je ne suis pas loin de crier au chef-d’œuvre ! En réalité, je crois que je suis amoureux de Chantal Akerman. Je la trouve sublime. Radieuse. Elle me fascine. L’intensité de son oeuvre, de son visage, de son regard.


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