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Archives pour novembre 2008



Eurêka (Yurika) – Shinji Aoyama – 2000

Eurêka (Yurika) - Shinji Aoyama - 2000 dans * 250 eureka2Résurrection.

   9.5   L’exemple parfait de film que j’aurais adoré découvrir sur grand écran. Cadrages divins,  photo miraculeuse (il existait la couleur et le noir et blanc, il existe désormais le « Shinji Aoyama », mélange de sépia lumineux, à la fois sombre et écarlate ) et une histoire bouleversante.

     Tout commence dans l’archipel japonais par un détournement de bus qui tourne au drame. Le cinéaste choisit ensuite de suivre les destins des trois survivants de ce carnage. Il livre un manifeste de questions essentielles basées sur le traumatisme, la culpabilité, la paranoïa, les non-dits, les destins tourmentés liés, la famille dans une succession de tableaux aussi resplendissants les uns que les autres, d’une profondeur indéniable, d’une subtilité infinie. Très souvent les corps s’enfoncent dans l’horizon, l’obscurité ; très souvent ces corps sont mutilés ou déformés à l’écran. L’ambiguité est maitresse car l’image sert d’illusion au récit. Rien n’est prêmaché, tout est subtilité. N’est-ce pas la définition même du cinéma ?

     Tout est dans l’intensité : on doute, on partage, on vie le périple de ces personnages. Un parcours qui se révèle semé d’embûches, mais aussi un long voyage initiatique vers un nouveau départ, une renaissance, une résurrection après deux ans d’absence, de mort spirituelle. Un possible voyage vers la lumière. On pense à Kiarostami évidemment mais dans un fond opposé : le personnage dans le Goût de la cerise voyage vers la mort, ceux-ci vers la vie. Je suis tout simplement resté béat comme un neuneu devant tant de beauté, devant cette expérience visuelle unique. Un miracle venu d’ailleurs.

Les Amants réguliers – Philippe Garrel – 2005

Les Amants réguliers - Philippe Garrel - 2005 dans Philippe Garrel amants-reguliers-2005-04-g

     8.4   Autrefois c’était son père Maurice qui se trouvait devant l’objectif, aujourd’hui Philippe Garrel, au moyen d’une splendide scène de passation de relais, filme Louis Garrel, son fils. Philippe Garrel c’est le noir et blanc. Le sublime. Un héritier de la nouvelle vague unique en son genre, il suffit de prendre en compte son dernier film pour s’en persuader, ovni ultramoderne devant lequel on peut tout aussi bien penser à Murnau ou Dreyer. Louis Garrel c’est la belle gueule du cinéma français. Enfin le cinéma de son père et de Christophe Honoré. Pas plus loin. C’est un type d’une beauté mystérieuse qui embrase l’écran de chacune de ses apparitions, sa voix fluide et son charisme froid. Les Amants réguliers est un curieux récit situé en pleine révolution soixante-huitarde. Deux indices temporels nous sont offerts, deux plaques de numéros d’habitation, le 68 puis le 69. On dirait du Resnais. Le Resnais des temps beaux et glorieux. Dans un premier temps c’est 68 et ses évènements mémorables qui nous intéressent. Les jeunes fument de l’opium, écrivent des poèmes, s’adonnent au surréalisme pictural et surtout sont en pleins préparatifs révolutionnaires. Entre-temps, François fuit la police qui le recherche pour refus puis nous présentation à l’incorporation au service militaire. Dans une errance sans fin le voilà lancé dans cette aventure jusque dans les beaux quartier de Paris, où l’on brûle des voitures, on les retourne pour s’en faire des boucliers, on se protège par des montagnes de pavés (où peut-être François rêve t-il tout simplement et se voit plongé en pleine révolution française de 1789 ?), on veut montrer que l’on existe, que le jeunesse a du répondant. Et Garrel filme cet épisode (qu’un carton qualifie d’espérances de feu) de main de maître, dans un noir et blanc aussi beau que chez Béla Tarr, l’épisode de la rue rappelant l’esthétique des Harmonies Werckmeister. Les manifestants semblent y croire puis finalement plus trop quand la police a chargé. Chacun se sépare. François atterrit chez son grand-père qui lui dira qu’il faut profiter de la situation car « une occasion de révolution comme celle-ci ne se retrouvera plus ». La nuit passe. Tout reprend son cours. Comme si l’instant avait été rêvé. Les espoirs sont fusillés, dira le second carton. 69, inscrit plein cadre. François tombera sous le charme de la belle Lilie (Clotilde Hesme) alors qu’elle se souvient l’avoir croisé durant les émeutes. Une histoire d’amour va naître, une histoire d’amour comme jamais on en avait filmé. Le regard mystérieux de François. Le sourire angélique de Lilie. Tout cela restera gravé dans ma mémoire. Les éclats d’inamertume, le sommeil des justes seront les deux cartons suivants, scellant cette histoire sublime, convoquant amour et éternité. Pas de morale à en tirer, simplement des réflexions. Car le film de Philippe Garrel est inépuisable. On pourrait en parler trois heures, en dire des tonnes que l’on n’aurait pas encore tout dit. Chaque personnage embrase l’écran dans un folklore ahurissant, presque irréaliste, et pourtant d’une justesse sans faille. Le rôle du père prend une place très importante. Chacun a ses visions, toutes différentes suivant la personnalité de son père, qu’il soit salaud comme le dira untel, absent comme le dira un autre, ou en quête de bonheur pour un autre encore. La fin est somptueuse. Pas très heureuse forcément. Quand l’unique amour s’échappe. La vie s’échappe aussi. Maîtrise des plans. Maîtrise des dialogues, d’une intelligence inouïe, d’un romantisme unique, surfant du côté de Baudelaire. Maîtrise de la direction d’acteurs, tous magnifiques.

La Vie Moderne – Raymond Depardon – 2008

La Vie Moderne - Raymond Depardon - 2008 dans * 2008 : Top 10 18404314Les oubliés.

   8.5   La voix de Raymond Depardon nous guide dans ce paysage de campagne que nous sillonnons afin d’en savoir davantage sur le mode de vie, l’état d’esprit des autochtones, de ces agriculteurs condamnés à la solitude éternelle dans ces quatre coins de la France.

     Ces gens de la terre qui apparaissent aussi forts que fragiles, conscients du devenir désastreux de leur métier, de leur passion plutôt puisque comme le dit cet agriculteur « On ne dit pas que l’on aime ce métier, on dit que l’on est passionné. »

     C’est donc un constat très dur, mélancolique d’une culture sans avenir. Puisqu’il n’y a pas de relais. Entre crise de générations, problèmes financiers, problèmes divers liés aux troupeaux, à la terre, aux mauvaises retraites, c’est un peuple touché économiquement mais que la politique a laissé tomber. Réflexion aussi sur la mort, la succession, le désir de faire autre chose, les projets inaboutis… Quant aux personnages, Marcel, Raymond et consorts, même si l’on ne comprend pas toujours ce qu’ils disent, leur regard, leur tristesse, leur joie sont très touchantes et on prend plaisir d’être Depardon le temps d’un film car toutes ces questions nous aurions aussi aimés les poser. On approche tout cela en musique, sous le requiem de Fauré ou tout simplement avec la voix du cinéaste, des paysages magnifiquement filmés ; c’est un vrai caviar pour nos yeux ébahis de spectateur.

     C’est un film sensible, bouleversant par sa simplicité, son honnêteté, et qui évite toute mièvrerie et misérabilisme qui nuiraient à l’œuvre. Un documentaire photographique, parce que les images sont sublimes, les cadrages très travaillés, qui aurait sans doute gagné (je parle pour moi là !) à être vu après les deux premiers, ce qui doit renforcer l’émotion, car les documentaires précédents sont partiellement évoqués. La fin est une des plus belle de l’année : poétique, grave et lumineuse.

     Donc, cette année, après avoir vu les laissés pour compte de la rue dans un quartier du Queen’s dans Chop Shop, les laissés pour compte gitans de Marseille dans Khamsa, voici les laissés pour compte de la campagne oubliée.

De la guerre – Bertrand Bonello – 2008

De la guerre - Bertrand Bonello - 2008 dans * 2008 : Top 10 h_4_ill_1046445_delaguerre-bisDe l’extase.

   9.0   Étrange sensation au sortir du film de Bertrand Bonello, dont c’était son premier que je découvrais. Quelque peu sonné surtout. Comme si je venais de vivre deux heures de méditation, deux heures d’images m’embarquant totalement dans des confins personnels que j’ignorais encore. L’autre sentiment singulier concerne l’histoire du film même. Parce qu’étonnamment je ne pense pas en avoir saisi tous les horizons, mais il m’a suffisamment parlé pour que je puisse en éloigner cette interrogation.

     De La Guerre s’ouvre sur une citation de Dylan : « Si je n’étais pas Bob Dylan je penserais moi aussi que Bob Dylan a réponse à tout ! » et ne fait que l’illustrer deux heures durant. Bertrand – l’alter ego du réalisateur ça ne fait aucun doute – va vivre une expérience brève mais intense le temps d’une nuit dans un premier temps. Enfermé par maladresse dans un cercueil, alors qu’il venait simplement faire des repérages pour son prochain film, il va découvrir une aspiration inconnue de lui-même : il va atteindre le sublime, l’extase. Et grâce à Charles, prophète tombé du ciel (génial et regretté Guillaume Depardieu) il va vivre l’expérience de sa vie, la plus fascinante, dans un lieu isolé, loin de tout, sorte d’îlot s’apparentant à une secte, où chacun s’y trouvant est en quête de ce plaisir, de cette liberté que Bertrand convoite tant. Il fera face à son esprit, et à lui seulement.

     De La Guerre est un voyage exaltant, surprenant, drôle et unique. Une œuvre fabuleuse (même si je comprendrais qu’on la trouve hermétique) qui évoque les doutes existentiels, entre beauté céleste et ténèbres infinies. Un œuvre diablement moderne qui parle de choses intelligentes et graves en toute légèreté. Une œuvre citationnelle, devant laquelle on pense à Last Days, Tropical Malady, The Beach et bien évidemment Apocalypse Now. Une œuvre qui oscille entre rêverie poétique et ridicule de situations, qui s’approprie les deux, et touche au sublime. L’état second dans lequel il m’a plongé ne s’est toujours pas atténué ; il est donc difficile de pondre ces lignes.

Uzak – Nuri Bilge Ceylan – 2004

PDVD_015Blanc comme neige.    

   9.5   Uzak est un film qui me tient énormément à cœur. A sa découverte, une brèche s’est entrouverte dans mon esprit, une brèche qui concentre désormais tout l’amour que je porte à de nombreux films dans la veine de celui de Ceylan. 

     Il faut dire que les images chez le cinéaste turc parlent à son avantage. Il suffit de voir son court métrage Koza (qui date de 95) pour s’en persuader. Pendant vingt minutes il racontait une tragédie familiale à sa manière, jouant abusivement avec tous les sons possibles et les éléments fondamentaux terrestres, comme le faisait si bien un certain cinéaste russe.

     Car il n’est pas interdit je crois de l’en comparer. D’ailleurs si ce n’est pas en toute logique que le personnage de son film Uzak est photographe et délaisse un peu ses objectifs artistiques primordiaux pour se consacrer à autre chose qui marche mieux, de plus commercial en fait. Contre l’avis de certains de ses amis qui iront jusqu’à lui dire de persévérer, de ne jamais se fourvoyer, de faire de la photo comme ça lui chante, lui qui auparavant rêvait de faire des films comme Andrei Tarkovski !

      Et non content de faire un film ultra référencé, un film presque pamphlet de l’industrie commerciale, un film à la photographie superbe, Nuri Bilge Ceylan nous gratifie d’une critique sociale assez amer sur la difficulté d’intégration.

Rome plutôt que vous (Roma wa la n’touma) – Tariq Teguia – 2008

Rome plutôt que vous (Roma wa la n'touma) - Tariq Teguia - 2008 dans * 2008 : Top 10 1235127172Immagine2De l’autre côté. 

   9.0   Deux jeunes algériens (en couple, ou pas) en quête d’autre chose, sillonnent les routes à la recherche d’un certain Bosco qui pourrait être celui qui les délivrerait de ce carcan tenace qu’est l’identité individuel.

     Les partis pris de mise en scène sont parfois inexplicable mais ne nous empêchent pas de saisir l’essentiel et d’admirer le travail accompli. Certaines séquences sont magnifiques. Comme ce long travelling à hauteur d’homme (de la jeune femme tout particulièrement) dans une rue d’Alger en début de film. Ces longues scènes subjectives (donc le regard des personnages) évoquant le songe permanent. Cette scène terrassante, étouffante d’angoisse de l’arrivée des « flics » dans le bar (un calvaire pour nous autant que pour les protagonistes !). Ces plans sur la plage d’une beauté défiant toute concurrence. Cette scène de festivité, où se dégage une réelle sensation de liberté, un instant trop bref comme le peut être une fête dans notre quotidien : scène finalement joyeuse qui nous ôte toute dépression. Les plans s’étirent, et finalement c’est aussi ce qui arrive aux personnages : ils tournent en rond, sont dans une phase de transition, presque sans identités, comme des êtres hors du temps, qui n’ont d’importance qu’aux yeux du spectateur.

     Ajoutez à tout cela des images, des sons en adéquation idéale avec le récit, car c’est probablement avec Le Bannissement de Zviaguinstev, ce que j’aurais vu de plus beau en images et sonorités cette année. Et on obtient un film d’une richesse évidente, où chaque plan n’est pas anodin, un film il est vrai très exigeant, mais dont le sujet est à la fois grave et d’actualité. Un journal évoquait Costa, Zhang-Ke quant aux influences. On pourrait tout aussi bien ajouter Cassavetes et Antonioni, et surtout reconnaître un talent évident, en la personne de Tariq Teguia, qui devient légitimement un cinéaste à suivre de près.

Psycho – Gus Van Sant – 1999

38b848185a2fe993ae2a22f9c363ece44c7cb938-700     6.5   Psycho (1998) est l’oeuvre du meilleur cinéaste outre-atlantique actuel. Un film qui fait figure de remake-hommage au chef-d’oeuvre d’Hitchcock. Un exercice de style épatant quand on sait et constate qu’il est identique au matériau original plan par plan. Car hormis deux ou trois idées personnelles ajoutées, on assiste à une copie conforme qui n’a rien perdu de son charme, sauf peut-être ses acteurs et son noir et blanc. Selon moi la réussite du film réside ici. A la différence d’Andrew Davis et son Meurtre parfait, relecture pitoyable de Le crime était presque parfait, Gus Van Sant s’attaque lui à l’oeuvre hitchcockienne de la manière la plus honorable qui soit. Vera Miles est devenue Anne Heche. Antony Perkins est devenu Vince Vaughn. Qu’importe. Tant que le plan initial d’entrée dans l’immeuble par la fenêtre, que les angoisses de Marion au volant de sa voiture, que la scène de douche mythique, que le plan en hauteur de Norman portant sa mère, entre autres, soient restés minutieusement intacts, on est forcément admiratif et comblé. 

     C’est une façon très classe de se frayer un chemin à Hollywood! En fait le seul bémol que je mettrais, c’est concernant le public visé. Car tout aficionado de l’original sait que celui de Gus n’existe que pour eux. Malheureusement, nombreux sont les gens qui connaissent celui de Van Sant avant celui d’Hitchcock du fait d’un passage télé plus fréquent. C’est bien triste. Encore une fois il ne faut pas voir ce Psycho actuel comme une relecture commerciale de la référence, mais comme un copie paroxysmique d’une oeuvre patrimoine faite par un auteur en passe aujourd’hui de devenir lui aussi un maître.

Control – Anton Corbijn – 2007

3467Love will tear us apart.    

     8.0   C’est un bien beau premier film que nous offre ici Anton Corbijn de part cette évocation de la vie d’Ian Curtis, chanteur du groupe Joy Division, qui connaîtra une renommée principalement post-mortem. De ses premières chansons écrites à son suicide le 18 mai 1980, la veille de leur concert aux Etats-Unis qui s’annonçait comme leur premier grand triomphe, Sam Riley incarne le chanteur Mancunien avec une parfaite maîtrise au point de nous faire oublier que la personne à l’écran n’est pas le vrai Ian Curtis.     Le réalisateur hollandais opte pour le noir et blanc, excellente initiative car d’une efficacité redoutable lorsque l’on évoque la descente aux enfers d’un homme coincé dans un monde trop grand pour lui. Car le leader du groupe précurseur de la new wave n’avait rien d’une destinée envieuse : marié trop tôt, père de famille trop tôt, il est très vite infidèle mais ne veut pas tourner la page, il est sujet à des crises d’épilepsie à répétition et ne partage pas les envies mégalomanes de son entourage. « Je préférais l’époque d’Unknown pleasure » dira t-il, c’est à dire les moments cool avant la gloire! Mais il a perdu le contrôle de sa vie (référence : « She’s lost control »), il est ravagé par un flôt de contradictions. Son suicide n’en sera que légitime.     Et cette représentation à l’écran dans un Macclesfield magnifié est redoutable de justesse et de pureté, entre longues séquences silencieuses, caractérisant le personnage fascinant comme l’étaient les leaders des groupes de rock des années 60′s et 70′s, et scènes musicales nostalgiques montrant les paroles mélancoliques du chanteur comme une évocation de ses sentiments personnels quotidiens. Un des meilleurs films de l’année.

Woman on the beach (Haebyonui Yoin) – Hong Sang-Soo – 2008

Woman on the beach (Haebyonui Yoin) - Hong Sang-Soo - 2008 dans Hong Sang-Soo 1_457

Errance triangulaire.     

   8.0   Si Night and Day contenait certaines longueurs, peut-être celles se déroulant sur Deauville même, il faut dire que ce film là, se déroulant quasi-intégralement sur une plage coréenne d’apparence très proche des côtes françaises, est très bien rythmé.

     Le personnage est un cinéaste dont on ne sait guère si ça marche pour lui, seulement qu’il a ses admirateurs, qui semblent appartenir à un cercle restreint. C’est un cinéaste qui cherche l’isolement, le bruit de l’océan pour écrire son prochain scénario. Il part accompagné d’un jeune couple mais dans ce trio quotidien, tombe très vite sous le charme de la belle Moonsook (pas très glamour comme prénom au passage !) ce qui va perturber son besoin d’écrire… Ou pas. Puisque l’inspiration viendra peut-être à cet instant…

     Le personnage est probablement l’alter-ago de Hong Sangsoo. Il y a quelque chose de toujours autobiographique dans ces deux films sortis récemment. Des histoires de cœurs, un respect incroyable pour la création artistique, un rapport intime avec la nature, franchement on se croirait rendu chez Rohmer ! Car la réalisation du cinéaste coréen et en plus de cela très proche de celle du cinéaste français. Il filme à hauteur d’homme, fixe ou circulaire, de manière la plus minimaliste pour intensifier notre identification aux personnages. Son film joue de façon éloquente sur les signes du destin ce qui lui confère inévitablement le statut de film Rohmérien.

     C’est très beau, plein de poésie, de sensibilité, d’amour et pas si anodin que ça sur la condition sociale de son pays, Hong Sangsoo restant conscient d’un potentiel danger.

Vicky Cristina Barcelona – Woody Allen – 2008

VCB5_LEntre dos aguas.

   5.0   La première partie du film laisse indifférent. On passe du bon temps, sans plus, ce qui est loin d’être un compliment pour un film de Woody Allen. Puis dès l’apparition de Pénélope Cruz, tout prend une tout autre tournure et le film trouve sa voie. Tout en changements scénaristiques,tout en surprise, le film s’avère stimulant ci et là, par petites touches. Ici, en guise d’exemple, c’est la balade entre Juan Antonio et Vicky qui paraissait sans espoir. Puis l’arrivée de Maria Elena lorsqu’on ne l’attend plus.

     Bon après il y a ce qu’évoque le film. La vie de bohème passagère, la dimension artistique. C’est un film qui donne envie de créer. De prendre une toile et de peindre. Un appareil photo et de prendre des photos. Une guitare et jouer. C’est plein de vie, plein de finesse, plein de couleur (avec la présence de Pénélope Cruz on se sent parfois presque chez Almodovar !), et d’hystérie aussi, évidemment.

     Le film offre aussi un regard sur les sentiments, envahis par le besoin de changements ou les principes. Ce dernier plan est finalement le plus sombre du film. L’aventure a fait grandir Cristina et lui apprit à croire en elle mais est-ce qu’elle va réussir à en tirer partie réellement ou ne va-t-elle pas sombrer comme ce couple d’artistes dont la force créatrice fonctionnait en la présence de Cristina justement ? Et Vicky de refuser la vie de bohême pour poursuivre la vie monotone avec son mari (la tête de con du film) avec qui elle s’est marié récemment, alors qu’elle imagine bien entendu sa vie dans vingt ans prendre la même tournure que celle de Mark et Judy, à savoir pas très heureuse.

     C’est du vaudeville purement anecdotique qui a ses instants de saveur. Et puis il y a Rebecca Hall, Scarlett Johansson, Peneleope Cruz. C’est agréable. Et agaçant. Pour les dames, chaque apparition de Javier Bardem, chemise débraillée, regard lumineux, beau mâle espagnol,  physiquement plus attirant que dans le dernier Coen, devrait être un régal.

     Voilà c’est un film à voir le dimanche après-midi, ce que j’ai fait, avec sa petite amie, ce que j’ai fait, juste après un Woody Allen plus ancien, ce que j’ai fait, tant sa douceur, ses couleurs, évoquent les vacances d’été passées et le soleil ibérique.

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