Nostalghia – Andreï Tarkovski – 1985

Nostalghia - Andreï Tarkovski - 1985 dans Andreï Tarkovski nostalghia

Tempo di viaggio.     

   8.0   Nostalghia raconte l’histoire de deux hommes, l’un laissant de côté ce pourquoi il fait ce voyage en Italie accompagné de sa traductrice afin de se concentrer sur le mystère de l’autre, ermite célèbre au pays, qui ne cesse de penser au devenir malheureusement matérialiste de l’être humain, qu’il pense, a abandonné définitivement sa vocation spirituelle.

     Nostalghia est un carrefour dans l’œuvre du cinéaste russe. L’homme est au plus mal. Les soucis de santé font surface d’une part, et le cinéaste vient de perdre sa mère à qui il dédie son film en toute logique. C’est un carrefour parce qu’il arrive juste après Stalker, film qui a permis à Tarkovski de s’affirmer, par conséquent il est attendu, notamment au festival de Cannes, d’où il repartira si ce n’est bredouille, avec un « prix » qu’il gagnera, au même titre que Robert Bresson pour son film l’Argent, pour sa création cinématographique, prix spécialement crée pour eux. C’est un carrefour puisque c’est la première fois que le cinéaste tourne en dehors de ses terres. Dans le pays italien, rendu un peu fantôme, avec ce village recouvert par un brouillard permanent, un village à l’architecture à la fois magnifique et menaçante.

     Et à l’instar de son film suivant, Le Sacrifice, il sera question de renoncement, de sacrifice en la personne de Erland Josephson qui s’immole par le feu après avoir offert un discours testamentaire au village, un discours noir, désespéré, non dénué d’un possible optimisme. Et surtout après avoir confié sa tâche qu’il s’essayait quotidiennement, à savoir faire la traversée du bassin brumeux une bougie allumée entre les mains, sans qu’elle ne s’éteigne. Tâche que les habitants du village empêchent d’être réalisé à chaque fois. Il demande donc à ce russe, devenu son miroir depuis cette fabuleuse séquence sous la pluie, d’accomplir cet acte qu’il juge déclencheur, important pour la survie de l’humanité, qui sera sauvée de ses maux, ses erreurs et pourra prendre un nouveau départ. C’est bien entendu, mais dans un contexte plus solitaire, le thème de son film suivant, et de cette maison qui disparaît sous les cendres.

     Sauf que Nostalghia me touche encore davantage. Sans doute parce qu’aucune barrière scénaristique n’entrave ma compréhension du récit, d’en saisir tout le fruit. Chaque image a un sens qui lui est propre. La couleur. Puis le noir et blanc (plutôt sépia même). Les cadrages. Chaque bruit est magnifié comme souvent avec le cinéaste. Un chien qui court dans une flaque d’eau et le son est accentué. Cette sublime scène de pluie avec le bruit sourd des bouteilles qui se remplissent. Les plans latéraux grands de fluidité. Les zooms d’avant en arrière. Et cette toute dernière scène : Un plan somptueux, peut-être le plus beau de tout Tarkovski réuni, où l’homme apparaît avec son chien comme dans un rêve, devant sa maison contenue par une abbaye italienne en ruines !

     Je n’ai rien dit en fait tant il y a de choses à dire. Ne serait-ce qu’évoquer la place de cette femme. Le rapport familial. La confrontation religieuse. Le thème est riche, trop riche. Mais c’est grand. Très, très grand !

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