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Archives pour 1 décembre, 2009

Kinatay – Brillante Mendoza – 2009

Kinatay - Brillante Mendoza - 2009 dans * 2009 : Top 10 kinatay-3-300x200

Voyage au bout de l’enfer    

   9.0   Mendoza est l’un des grands cinéastes jeunes à suivre. John John et Serbis le prouvait, Kinatay le confirme. Ce dernier est son film le plus intense, le plus suffocant. C’est une expérience cinématographique hallucinante qui diffère quelque peu de ses précédents films et tant mieux. Dans les premières minutes on se croirait à nouveau dans John John. Même effervescence de la ville. Puis, lorsque la nuit va tomber c’est un nouveau visage que nous montre Mendoza. Un cinéma du temps réel ça on le savait déjà, un cinéma de l’horreur version torture réaliste, surtout un cinéma expérimental déjouant les sons de l’extérieur par des sons artificiels stridents, angoissants, rappelant certains films d’horreur, dont il est en train de s’approprier les codes, de les utiliser à sa manière.

Un jeune homme d’une vingtaine d’année, qui prend des cours de criminologie (ironie du sort, premier clin d’œil à un possible film de genre) afin de devenir policier, vit avec sa petite amie, avec qui il va se marier en début de film (nouveau clin d’œil via la suite de l’histoire au genre Horreur avec un événement important renforçant le paroxysme de l’histoire donc sa non-crédibilité) et son bébé de sept mois. Pour y survivre il fait des petits boulots nocturnes illégaux, principalement liés à la drogue. Balades dans Manille, mariage express à la mairie, passage devant un attroupement de journalistes et passants attendant le suicide d’un citoyen. Caméra à l’épaule, lieux très bruyants, Mendoza fait du Mendoza et déjà c’est assez magnifique.

Puis il y a une scission, une cassure très nette dans ce quotidien tracé. Un boulot plus important qui rapportera un max de fric. Peping est alors embarqué dans une bagnole avec d’autres types. Un long voyage en quasi-temps réel, se jouant entièrement dans le silence, avec seulement les bruits de la ville, les klaxons, les cris, et comme seule lumière les phares des voitures, les lampadaires sur les trottoirs. L’objet de ce voyage c’est une fille, appelée Madonna, qui n’a pas réglé ses dettes de dope. L’enlèvement est très violent, Peping ne peut pas broncher, il est déjà l’impuissant. La deuxième partie du voyage est d’une intensité rarement atteinte. En plus des bruits initiaux, ceux de la jeune femme, qui s’égosille pour rien derrière un amas de scotch, pleure à grands sanglots, ceux artificiels qui renforcent cet enfermement, la peur qui se joue sous nos yeux, nous qui découvrons tout en même temps que Peping. Nous sommes Peping finalement.

La dernière partie du film n’est pas racontable. Elle se vit. On bascule dans l’horreur suprême, le tout filmé de façon très pudique (en tout cas pour un film d’horreur). Filmé du point de vue de Peping. Nous voyons ce qu’il voit. Il ne peut agir et devient complice du drame. Aucune complaisance là-dedans, nombreuses sont les séquences insupportables que Mendoza se garde de nous passer. Ou seulement en hors champs. Seuls les sons seront présents. Peut-être est-ce pire ? Quoi qu’il en soit, ce voyage au bout de la nuit, où le levé du jour apparaît comme un coup de massue, un retour au réel (la circulation), aux besoins quotidiens (un morceau de bœuf ?), à la vie intime (une femme et son enfant) est le truc le plus malaisant vu cette année. Sans oublier cette incapacité de Peping à prendre un autre taxi à la toute fin du film. Cette impuissance (symbolique) qui le conduira à reprendre le même. La réalité de sa nuit cauchemardesque a rejoint la réalité de son quotidien. J’étais content d’en sortir. Et pourtant je rêve d’y retourner, tant c’est une expérience hors du commun.

Visage – Tsaï Ming-Liang – 2009

visage_5   6.5   Voilà le film ‘barré’ de Cannes ! Un cinéaste, joué par l’acteur fétiche de Tsaï Ming-Liang, tourne au Louvre. On ne verra pas vraiment de tournage. Ni de préparatifs. On sait juste que la troupe recherche Antoine et un cerf, personnages importants de l’intrigue, qui ont disparu. Entre temps une inondation chez le cinéaste intervient, la scène dure, il essaie de colmater tout ça mais n’y arrive pas, une scène incroyablement drôle et magnifiquement filmée. Entre temps toujours, Laetitia Casta barricade les fenêtres de scotchs noirs après avoir chanté un truc kitch aux côtés d’un cerf. Antoine (Jean-Pierre Léaud, tiens tiens ça évoque quelque chose) semble avoir perdu la tête sur sa chaise entourée de miroirs dans la neige. Trois femmes, récupérées de chez Truffaut ne savent pas pourquoi elles sont à table, qui elles attendent mais en tout cas elles ont soif. Amalric et un jeune taiwanais se masturbent et se sucent mutuellement, avant d’être interrompu par une sonnerie de téléphone, tout cela en un plan fixe de cinq minutes cadré visages. Fanny Ardant perd une chaussure dans la neige et s’agace. Scène géniale ! Antoine chante « Kumbawé »(sic) dans une position où l’on croirait qu’il vient de découvrir comment faire du feu. Voilà, en gros c’est de ce calibre là pendant tout le film. On ne comprend pas grand chose si ce n’est que Truffaut semble pas loin. Tsaï Ming-Liang s’éclate à nous montrer un truc décousu, car c’est vraiment du grand n’importe quoi, entre séquences kitch (le play-back de Casta justement) et plans divins (la scène de la cigarette), où nous sommes partagés entre l’ennui (l’ultime plan par exemple) et l’excitation suprême (la scène de danse de Casta, qui paraît avoir des membres en trop, et arrose, nibards à l’air, le cinéaste de sauce tomate). Disons que le film pourrait être une épreuve au bout de ses 140 minutes mais finalement, outre certains moments ennuyants, je me suis senti bien devant. Et puis il est tellement barje qu’il en devient fascinant.


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