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Archives pour 15 décembre, 2009

Les herbes folles – Alain Resnais – 2009

Les herbes folles - Alain Resnais - 2009 dans Alain Resnais h_4_ill_1260036_herbes-folles-bis

En panne.     

   4.5   Je n’avais que moyennement aimé Coeurs il y a trois ans. C’est un dispositif qui me plaisait beaucoup et dans le même temps je ne pouvais pas m’empêcher de le trouver grotesque, principalement dès que ça tournait autour de Dussollier ou de Claude Rich, invisible, dans son lit.

     Je ne vais pas y aller par quatre chemins pour moi Les herbes folles est un mauvais film. Non pas qu’il soit raté, simplement qu’il est mauvais. Si Hiroshima mon amour respirait la jeunesse d’un homme plein de fougue, d’un homme qui s’engageait, les herbes folles est un film daté, un film déjà vieux en sortant de la salle. Et cela n’a rien à voir avec l’âge, il suffit de voir Les amours d’Astrée et de Céladon, le dernier film de Rohmer, pour s’en persuader. Il y avait ce parfum de jeunesse que Resnais n’a pas su trouver. Que Resnais a perdu depuis Smoking/No Smoking ?

     Son dernier film ne manque pas de sympathie, mais il échoue dans tout ce qu’il entreprend, se ridiculise dans chaque séquence, provoquant un ennui latent. Ça me fait beaucoup de mal de dire ça, c’était horrible cette séance, je l’attendais ce film, j’y croyais tout simplement, et je me suis trompé. Comme je me suis trompé cette année avec Chabrol et Podalydès. Trois films usés. Trois cinéastes usés ? Donc oui il y a de la sympathie pour le cinéma récent de Resnais. Pour ces personnages pleins de folies. Ces plans colorés. Ces dialogues parfois (trop rarement ici) savoureux. Cette autosuffisance permanente. L’impression que Resnais radote, mais j’y reviendrai après.

     Quelque chose ne fonctionne pas ou fonctionne mal à l’écran. Ce personnage, Georges Palet, pourrait être quelqu’un de passionnant, vraiment. Lui qui après avoir trouvé un portefeuille s’invente un scénario dingue, qui après avoir croisé des nanas dont on y voyait dépasser le string se met en tête de les buter. Oui il est génial ce personnage, mais comme tout le reste trop appuyé. Il y a ces dialogues qui s’arrêtent aussi, pas au point, mais à la virgule. Je crois que ça sonne faux tout simplement, on voudrait tellement y croire qu’on s’agace à voir tout tomber à plat. Cet air faussement naïf de chacun des personnages, ces grimaces outrancières, cette empathie qui joue sur le burlesque conduisant évidemment à une empathie dramatique, cet air un peu trop théâtral les amenant à faire leur propre caricature.

     Et par-dessus tout ce qui me choque ici, ce sont les procédés cinématographiques grandiloquents. Qu’est ce que c’est que ces gros plans sur la braguette de Dussollier ? Ces plans saccades sur les flics qui mitraillent plusieurs fois la même question ? C’est moche merde. Même Cœurs, pourtant clinquant, était sobre à ce niveau là, beau même – toute la symbolique de Paris sous la neige. Les herbes folles n’est même pas beau. Il recycle. C’est du cinéma de recyclage, du cinéma de récup, comme dans le dernier Jeunet. On en viendrait presque à penser à de l’auto parodie. L’ami qui était avec moi m’a tout de suite dit ça dès le début du générique. C’est vrai c’est Resnais qui parodie Resnais. Jusque dans la reprise des plans « numéros sur les portes » de La guerre est finie. Il y a une volonté quelque peu naturaliste, ces fameuses herbes folles, que l’on a déjà le sentiment d’avoir croisé dans Mon Oncle d’Amérique.

     Bref, c’est une immense déception. On ne vit pas Les herbes folles malheureusement, on le subit. Oh je suis un peu dur, quand j’y repense il y a des choses originales, pas réussies d’accord, mais qui suscite un intérêt tout de même, car ce n’est pas n’importe quel tâcheron, et que forcément il y a une analyse derrière chaque plan. Certaines saynètes sont savoureuses. Le premier dialogue téléphonique entre Mme Muir et Georges Palet. La double séquence au commissariat avec Amalric, flic bizarre, plutôt froid et spontané qui voit une gravité là où les autres ne la verrait pas. J’aime aussi l’idée des herbes folles, donc ce titre. Ces brindilles improbables qui poussent entre deux dalles de bétons. Ces brindilles incomprises. Qui sont sur la tâte de Palet sur l’affiche du film. Cette déconstruction, ce récit un peu barré (mais pas suffisamment) conduisant ses personnages dans des endroits aussi étranges que ce petit coucou qui fait des pirouettes. Cette phrase surréaliste finale, bien pensée. C’est excellent mais je ne sais pas pourquoi ça n’a aucun effet sur moi. Aucun sourire. Aucune admiration. C’est un comble qu’un film d’une telle envolée me paresse pantouflard quand même.

Persécution – Patrice Chéreau – 2009

Répulsion.     Persécution - Patrice Chéreau - 2009 dans Patrice Chéreau persecution_80

   2.5   Persécution se clôt sur Mysteries of love chantée par Antony & the Johnsons, reprise sur le thème splendide de la série Twin Peaks de Lynch. Mysteries of love évoque l’amour, la douleur, son grand mystère. Chéreau aurait du appeler son film ainsi car il s’agit davantage d’un film d’amour, sous toutes ses formes, qu’un film de persécution. Sinon l’amour, le don de soi. Mais pas n’importe lequel, celui qui espère un résultat. C’est la personnalité habitée par Romain Duris. Cet ouvrier obsédé par la réussite professionnelle qui navigue sur de nombreux chantiers et se retrouve embringué dans de multiples relations humaines difficiles. Avec sa petite amie, laquelle très occupée, ne peut être à ses côtés régulièrement. Un ami qui a réussi mais qui est passé au stade de looser invétéré, coincé dans sa vie de merde dira Duris. Des personnes âgées qu’il s’en va visiter, s’occupe d’eux, nous l’apprendrons plus tard, dès l’instant qu’il a perdu son père. Duris qui fait du Duris. Un peu le même que chez Audiard. Tout aussi insupportable. C’est marrant parce que la mise en scène m’a fait penser à du sous-Audiard. Des plans serrés sur les visages, une caméra qui suit chaque corps derrière la nuque, qui tourne autour, une musique – plutôt des sons – stridentes tentant de faire passer un climat d’angoisse. Chéreau tente beaucoup. Il tente tellement qu’il se produit un énorme décalage dans son film, peut-être que c’est voulu, j’en doute. Chaque personnage semble faux. Chaque relation paraît fausse. Tellement tablée sur l’écriture qu’à défaut d’être identificatrice elle en devient éreintante. On ne sait plus si l’on doit en rire ou en pleurer, une chose est certaine si le dernier est visé ça ne fonctionne pas. Je n’ai même pas parlé d’Anglade qui pourtant semble être le persécuteur du film. Pour moi il n’était qu’un chaînon manquant dans la vie de Duris, cet homme qui va lui faire se rendre compte que lui aussi, à l’instar de tous ceux autour de lui, est complètement à côté de la plaque. Anglade n’existe pas dans ce film, c’est la conscience de Duris. Il y a aussi ce surlignage sans cesse. Duris joue un personnage fou, incapable du moindre calme, d’un peu de stabilité. Et le cinéaste appuie cela en le montrant en train de parler dans ses rêves, en montrant son appartement aussi bordélique que son chantier. Scène finale plus que désagréable qui voit ce couple se défaire pour avoir ressenti cette impossibilité de cohabitation, une séquence longue de corps enlacés, de réactions violentes, pulsionnelles, un verre se casse, le couple, désormais face à face, ramasse les morceaux, les éparpille sur la table. Gainsbourg s’en va d’un côté. Duris de l’autre. Mysteries of love. Mauvais film.. 


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