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Archives pour 20 janvier, 2010

Cloverfield – Matt Reeves – 2008

Cloverfield - Matt Reeves - 2008 dans * 2008 : Top 10 cloverfield2

Le filmeur.    

   8.5   Archives du gouvernement : Cassette retrouvée dans ce que l’on appelait autrefois Central Park. Le décor est planté. Cette phrase introductrice fait office de début de film. Tout ce que l’on verra donc ensuite correspond à ce qui a été filmé avant ou pendant la possible catastrophe annoncée par la disparition du parc New-Yorkais.

     Nous débarquons dans un gratte-ciel de New York, plongé dans une intimité de couple puisque ce garçon filme sa copine au réveil. A de nombreuses reprises il y a des coupes sur la bande vidéo. On fait connaissance avec un type que l’on apprendra être le frère de celui qui filmait dans la première scène et d’autres amis. Ils lui organisent une soirée pour son départ au Japon. Cette première partie qui regroupe une connaissance rapide des personnages puis cette fameuse soirée où chacun doit dire un mot face caméra au concerné n’est pas le point fort du film, néanmoins elle sert d’installation au récit. Elle permet d’accentuer son réalisme et son caractère inattendu.

     Au moment où l’on ne s’y attend plus il y a un fort mouvement, comme un séisme, un bruit sourd et le courant saute. Le périple cauchemardesque de Cloverfield commence ici. Le film ne nous lâchera plus. Sur le toit de l’immeuble dans un premier temps où nous sommes pas loin de prendre des blocs de bétons en feu sur la tronche. Dans les rues de la ville. Sur le pont de Brooklyn. Dans les souterrains du métro. Pour se terminer évidemment à central park. On pourrait très facilement dessiner, géographiquement j’entends, le parcours de notre petit groupe dont l’éclaireur – le futur japonais – n’a qu’une idée en tête : Retrouver Beth, la copine de la première scène, dans cet appartement à l’autre bout de la ville. Les fantômes du World Trade Center ne cessent de rôder dans Cloverfield. Dans la vision de tours qui s’écroulent. De cendres qui recouvrent le paysage. De cette tour penché sur sa jumelle, dans laquelle se trouve Beth. Haut la main la séquence du film. Où l’on sentirait presque l’air du 57e étage nous absorber autant que les personnages. Et puis c’est la hauteur qui donne la profondeur. Inutile de préciser qu’à cet instant on en prend plein les yeux.

     Même si l’on peut douter des capacités d’autonomie des batteries du caméscope, de sa résistance incroyable, du choix de continuer de filmer des personnages quoi qu’il arrive on ne peut remettre en cause le travail de reconstitution et le côté culotté de ne montrer pas grand chose, de présenter une caméra qui tremble. Les effets spéciaux sont bien là mais pour une fois on ne les voit presque pas. C’est le son qui fait le reste. Il y a une scène incroyable lorsque toute une armée bombarde leur assiégeant en avançant sur une avenue équipés de tanks, mitrailleuses et bazookas. Le personnage filme ça de derrière (voir en dessous) une voiture. En somme il est exactement à l’endroit où l’on ne voudrait pas être. Un peu entre tout.  Ensuite il continue de filmer ses amis qui se sont réfugiés sur le trottoir d’en face, pendant que l’on voit les pieds des soldats passer devant l’écran, que l’on entend les bombardements hors-champs, les cris du monstre.

     Revenons un peu sur le travail effectué pour donner la nette impression de cassette retrouvée, façon projet Blair Witch en fin de compte : Un film au format très court déjà. 1h10 lors de l’apparition du générique final. Choix judicieux tant le film est éprouvant. Le choix d’un début de film hasardeux, dans cette chambre, un mois plus tôt, sans aucun rapport (si ce n’est de voir Lui et Beth ensemble) avec la suite de l’histoire. Une fin de film nette, comme un cut violent, témoignant d’une fin de cassette. Pas de véritable début. Pas non plus de fin. La fin correspond à la dislocation par bombardement de la ville américaine. Il restera quelques secondes à la fin, où l’on verra notre couple dans une grande roue. Probablement la suite de la première scène du film. Une vidéo du temps de paix comme dirait Chris Marker dans La Jetée. Il y a d’ailleurs de nombreuses apparitions de ce couple dans le film. Lorsque le caméraman tente de rembobiner la cassette pour y déceler la présence à laquelle ils viennent d’assister – ceci nous ne le voyons pas évidemment puisqu’il ne se trouve pas sur la bande – il doit avancer un peu loin en la recalant ce qui a pour effet de nous montrer le film précédent puisque sur cette partie rien n’a été enregistré par-dessus. C’est à mon sens une des grandes réussites de ce film, de ne pas avoir laissé passer cela, d’avoir toujours pensé en tant que caméraman amateur. Mais caméraman amateur qui filmerait avant tout, quoi qu’il arrive !

Invictus – Clint Eastwood – 2010

Invictus - Clint Eastwood - 2010 dans Clint Eastwood invictus-de-clint-eastwoodGod Defend New Zealand.

   3.5   Moins d’un an après le très beau Gran Torino Clint Eastwood s’attaque au rugby et tout particulièrement à l’influence majeure de Mandela sur la coupe du monde et l’union fédératrice qu’elle s’apprête à créer. Comme pour L’échange le cinéaste embraye une nouvelle fois vers un ton plus impersonnel qui à mon sens ne lui va pas beaucoup. Pourtant il y a de l’engagement. On y évoque bien entendu l’apartheid. Mais c’est tout, absolument rien d’autre. Tellement obnubilé par son unique sujet Clint n’a qu’un objectif formel : faire cohabiter le noir et le blanc dans tous ses plans. Quatre fédéraux gros et blancs avec quatre adjoints noirs de Mandela dans des scènes sinon inintéressantes sur-symboliques. Un petit garçon noir avec deux flics blancs. Des mains blanches qui soulèvent une coupe plus une main noire. Clint appuie le trait dès qu’il le peut c’est une horreur. Son récit tourne à une démonstration de la tolérance – il filme Mandela comme un nouveau Jésus, au moins comme le messie.

     On se rend très vite compte des enjeux du film. Installer un suspense sportif qui n’en est plus un (on sait déjà que l’Afrique du sud a gagné la finale de la coupe du monde 1995 contre les Blacks) et jouer avec chaque personnage qu’il a filmé depuis le départ. C’est un film de grimaces. Nous n’y voyons que des grimaces. Si la première partie du film est hyper insignifiante, la seconde est carrément insupportable. On suit la coupe du monde, presque matchs par matchs, avec en prime une finale qui dure un moment. Eastwood filme cette finale atrocement. En terme de rythme c’est plutôt correct mais en terme de parti pris de mise en scène c’est affreux. J’ai écarquillé les yeux plus d’une fois devant ces ralentis à n’en plus finir, son obsession à vouloir tout filmer, le mixage sonore lors des mêlées etc… En fait je crois que l’indigestion que cette longue séquence procure vient du fait que Clint veut tout montrer, vraiment tout. Chaque personnage à chaque instant, chacune de leurs grimaces. Mais il n’a pas le temps, il est pressé par le chronomètre, celui du match. Donc il opte pour des plans saccades sur ce chrono justement durant chaque seconde des vingt dernières qu’il reste à jouer, avec un boom retentissant en arrière fond. Quelque part on pense au combat dans Million Dollar baby. Lorsque Clint a le temps il s’en sort admirablement, mais lorsqu’il ne l’a plus (le dernier coup de poing et l’accident qui s’ensuit) sa réalisation devient grossière. Ici c’est la même. Certains plans sur le terrain sont bien trouvés, dans cette façon de suivre l’action. On se croirait en caméra embarquée dans un vrai match de rugby. Puis Clint est pris de vitesse.

     Mais voilà, durant les premiers matchs le réalisateur arrive à montrer ce climat fédérateur qui s’installe. Cette barrière de la couleur qui s’apprête à sauter, l’union pour une équipe, pour un pays, uniquement dans un domaine sportif. Quelque chose fonctionne assez bien. Ce pourrait être fait avec moins de gros sabots mais disons qu’il y a une tentative au moins. Cette ambiance, par moment, m’a évoqué certaines émotions que j’ai pu ressentir par le passé. Emotions sportives évidemment. Cette transe qui parfois nous accompagne et ne nous lâche plus. Donc le film ne m’a pas plu mais je ne peux pas le détester, ne serait-ce que pour les souvenirs qu’il a réussi à m’évoquer.

     Historiquement il est évident que Mandela a apporté un soutien, qu’il a crée une unité par son courage, son abnégation dans le travail qu’il s’était donné. Pourquoi l’accompagner de violons ? J’ai eu cette impression que l’image n’est jamais seule ici, la musique est toujours présente, parfois même ce sont des chansons affreuses. Alors qu’on ne demande qu’à être embarqué. L’exemple des joueurs qui viennent faire une démo sur un stade délabré dans un bidonville. Il pourrait y avoir quelque chose de fort dans l’approche, dans cette confrontation entre les vedettes et leurs fans. Mais Clint enclenche alors sa soupe récurrente pour nous servir un joli petit clip Nike où il ne manque que Ronaldinho. Pas terrible donc.


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