Tetro – Francis Ford Coppola – 2009

19187500Affaire de famille.     

   8.0   Le grand retour de Sir Coppola ! Malheureusement je ne connais pas son précédent film, L’homme sans âge, mais paraît-il que c’est excellent. Il paraît aussi que ce Tetro est un cran au-dessus. Je veux bien le croire. Quelle séance de cinéma formidable ! Quelle magnifique histoire ! Tetro évoque avant tout les retrouvailles de deux frères. De passage dans le coin le jeune Bennie vient rendre visite au frangin qu’il n’a pas vu depuis son enfance. Tetro. C’est le nouveau prénom de ce frère, autrefois appelé Angelo. Bennie veut d’abord comprendre pourquoi son frère lui avait laissé une lettre mentionnant qu’il quittait le terreau familial, dans laquelle il lui promettait de revenir le chercher un jour et qu’il n’a pas tenu sa promesse. S’il n’y avait que ça ! Bennie remarque aussi que Tetro a refait sa vie sans évoquer l’existence de son frère. Le problème c’est que sa blessure est très profonde et beaucoup plus conséquente. Les cicatrices sont loin d’avoir disparues. Et à défaut d’avoir des réponses de son frère, quasi-muet comme une tombe dès qu’il s’agit d’expliquer ses choix ou de ressasser le passé, Bennie va mener sa propre enquête qui le mènera vers la plus folle des explications. C’est donc par l’intermédiaire de Bennie que l’histoire de Tetro va revivre. Une tragédie familiale hors du commun qui parle de rivalité et du poids insurmontable des évènements dramatiques. Du rôle écrasant du père.

     Et pour orchestrer cet opéra, ce film total, Coppola utilise tout ce qui est en son possible. En un sens on pense à Bellocchio et Vincere pour sa démesure, sa soif de cinéma. Tout le présent dans le Coppola est en noir et blanc. Et le grain est superbe. Tout ce qui est constitué du passé familial (écrits de Tetro, souvenirs de Tetro) est en couleur et dans un format différent. Peut-être un format vidéo (je ne m’y connais pas suffisamment) poussant encore plus loin l’expérimentation intime, Coppola ayant déclaré qu’il avait insérer dans son film des séquences en écho à sa propre vie familiale. Cette liberté, cette originalité aurait très bien pu tomber à plat. Curieusement ça lui rajoute un côté flamboyant. De la même manière Coppola illustre tout cela via Les contes d’Hoffmann dont on voit certaines images, qui est dans le film, un souvenir cinématographique de Bennie avec son frère. Sublime plan en couleur par ailleurs.

     La construction de Tetro est bouleversante, jusqu’à la dernière seconde et ces deux corps au milieu des lumières. Le film progresse par rebondissements et pourtant il n’y a absolument rien à jeter. Un mot sur les acteurs qui sont toutes et tous parfaits. Vincent Gallo au centre, terrassant de beauté et de charisme muet. Et sous ses apparences de film lourd Tetro a cette qualité, donnée à très peu de films qui brassent tant, c’est qu’il est d’une légèreté absolue. Il emporte tout sur son passage et pourtant il est très calme, très posé. Finalement à l’image de Vincent Gallo là aussi.

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