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Archives pour 9 mars, 2010

Après lui – Gaël Morel – 2007

Après lui - Gaël Morel - 2007 dans Gael Morel 3628403oyteh

La chambre du fils.  

     7.0   C’est un beau film, très sensible. Le début est assez classique, disons que Moretti l’a déjà fait. Il y a la perte d’un enfant, son enterrement et le deuil qui va avec. La tournure que prend Après lui ensuite est intéressante. Cela concerne entièrement la mère de cet enfant, comme une introspection. Nous arriverons à comprendre son acte quand tous autour d’elle resteront plus ou moins dans l’incompréhension. La réussite première du film c’est celle-là : avoir réussi à nous faire croire en la volonté singulière de cette femme. Son fils est mort dans un accident de voiture. Celle que conduisait son meilleur ami, qui roulait un poil vite, et s’en est sorti complètement indemne. Tenter de surmonter sa culpabilité, c’est avant tout ce que va faire cette mère, en l’amenant au recueillement des amis et des proches. Les uns sont outrés mais restent silencieux quand les autres choqués, sont proches du scandale. On peut croire à une punition dans un premier temps. Heureusement cette femme est beaucoup plus intelligente. Et finalement va se rapprocher de ce garçon, prête à le considérer comme son fils. C’est une façon de donner un sens à sa vie en fin de compte. Le souci majeur c’est qu’elle en vient à négliger nombreux de ses proches, dont sa fille, fraîchement enceinte. Après lui est un chemin sans réponse. C’est un film sur la souffrance et sur le comment surmonter cette souffrance. C’est surtout un film qui appelle à une ouverture d’esprit. Qui dit que « ne pas oublier les morts » ne rime pas forcément avec « condamner les coupables ».

C’est ici que je vis (Petit indi) – Marc Recha – 2010

C'est ici que je vis (Petit indi) - Marc Recha - 2010 dans Marc Recha Petit-indi-3

     4.0   Petit indi n’a en commun avec le Kes de Ken Loach que le quotidien du personnage principal, qui pour échapper à son entourage se réfugie avec son animal, son unique ami. Même si petit indi est le nom de ce petit oiseau prodige du chant, il n’est pas l’unique animal – le titre pourrait le laisser penser – auquel le garçon s’occupe. Il y a de nombreux autres oiseaux, que l’on verra moins, sans doute parce qu’ils ne sont pas aussi talentueux. Et puis très vite ce ne sera pas le faucon blessé de Kes, mais un renard mal en point qui viendra s’ajouter. Ce petit refuge en pleine campagne c’est le petit paradis du garçon. Il y passe le plus clair de son temps.

     C’est ici que je vis (titre français sans originalité) s’ouvre et se ferme sur des séquences animées. Le début laisse présager des envolées poétiques, mais la fin appelle davantage à un moralisme plus convenu, comme si l’on nous balançait une poésie enfantine. J’ai détesté cette fin. Je parle de la vraie fin. Elle est à la fois prévisible et mal amenée, bâclée comme une coïncidence impossible qui fait du coup office de morale de fin. Ce n’est pas loin, en ce qui me concerne, d’effacer toutes les belles choses vues auparavant.

     Car il y a un mystère que j’aime tout particulièrement dans le film, outre sa gestion parfaite de l’ellipse narrative. Ce mystère c’est la mère du jeune garçon. On ne la verra jamais, ou peut-être une fois dans une scène où il est tout aussi possible de penser que le garçon a imaginé la voir brièvement dans un couloir. Sa mère est en prison et lui ne sait pas bien pourquoi. Il n’a qu’une idée en tête : trouver un bon avocat qui usera de tout son pouvoir pour la faire sortir. Le garçon mise tout sur les courses de chiens. Et puis un événement malheureux viendra troubler sa démarche. Il n’est bientôt pas loin de sacrifier son oiseau chanteur. Et puis un autre événement viendra tout anéantir. Je trouve le récit cruel, peut-être bien plus que celui de Loach. En tout cas beaucoup trop comparé à son traitement formel. Il y a une légèreté dans ce film d’un bout à l’autre qui m’apparaît rédhibitoire. En ce sens il devient l’anti-Kes. Et donc même si je suis admiratif de ce que réussi Marc Recha, notamment dans sa façon de filmer la banlieue barcelonaise et les relations homme/animal je ne peux m’empêcher d’être déçu quant au dénouement et penser que le cinéaste cherche quelque part à donner des leçons… Ah et aussi, ce n’est à première vue sans doute pas grand chose mais je n’aime pas l’utilisation musicale dans le film. D’une part je la trouve superflue. Et d’autre part mal choisie. Mais sans doute l’explication de sa présence tient dans ce que je pensais du film un peu plus haut…


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