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Archives pour 15 juillet, 2010

La disparition d’Alice Creed (The disappearence of Alice Creed) – J.Blakeson – 2010

La disparition d'Alice Creed (The disappearence of Alice Creed) - J.Blakeson - 2010 dans J. Blakeson 19323572_jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20100317_032700

Rapt en huis-clos.    

   6.0   C’est pas mal du tout pour plusieurs raisons : l’interprétation impeccable, j’y reviens ; l’énergie sobre sans relâche du film à l’image de sa séquence initiale ; son scénario qui prend forme à mesure que l’échéance arrive, comme des complications accentuées par l’angoisse montante inhérente au genre. Mais la bonne idée de Blakeson, déjà scénariste de l’excellent The Descent (huis clos souterrain avec que des filles) est d’avoir opté pour l’enlèvement avec rançon entièrement vécu de l’intérieur. Pas d’autres personnages durant tout le film que les deux ravisseurs et la victime. C’est casse gueule et il s’en sort plutôt bien. D’une part car le film ne prend pas le temps d’être sentimental. On le voit dès l’entrée en matière : Deux hommes, les préparatifs d’un enlèvement (on ne voit même pas les repérages), le rapt froid rapide, l’enfermement, on déshabille puis on rhabille la victime, menottée, un sac sur la tête et bâillonnée. Première séquence en musique, accentuant le côté petite scène rapide façon générique d’entrée, pour bien montrer que ce n’est pas vraiment ce qui nous intéresse. Pourtant cette première scène est plutôt bien agencée, très sobre, très claire. Et le reste du film le sera tout autant, même dans ses rebondissements, on ne cherche pas à perdre le spectateur, puisqu’il est sensé être déjà perdu sans qu’il ne le sache, c’est donc petit à petit que le vrai scénario se dessine et que l’on comprend pas mal de choses, dans les liens entre ces trois personnages. En fin de compte on est au départ dans un rapt classique, un peu comme dans le film de Belvaux d’ailleurs, sauf que celui-ci sera principalement vécu du côté des ravisseurs plutôt que du côté de la victime. Puis on dérive vers un règlement de compte façon Sexcrimes à trois. Les complications que j’évoquais ne sont donc aucunement dues à l’extérieur, à un quelconque refus de payer la rançon par exemple (très classique ça) mais tout simplement dans ce cocon là, entre les ravisseurs et la victime, entre les ravisseurs eux-mêmes. Ce qu’il y a de l’autre côté on s’en balance complètement. C’est dans les relations entre chacun que le film tient tout son intérêt. Une double histoire d’amour. J’aime l’idée même si je ne crois pas du tout en la relation entre les deux hommes, ça ne semble pas vraiment crédible, ou alors aurait-il fallu faire un film davantage centré sur cette relation particulière. En l’état, je ne vois pas trop l’intérêt de cet amour parallèle ici. Néanmoins pourquoi pas ça n’enlève pas la réussite du film. L’interprétation est sublime. J’étais pourtant réticent à l’idée de retrouver notre cher Eddie Marsan – ‘Enraha’, qu’il répétait non-stop dans Be Happy de Mike Leigh – avec sa gueule de hooligan que je voyais davantage dans la comédie qu’autre chose. En fin de compte il est excellent, tout de colère visible – un poil cabotin quand même – et d’amour contenu. Il y a aussi l’acteur de Sweet siwteen de Ken Loach, presque dix ans plus tard, dans un rôle non pas similaire mais rapprochant, très sensible autant qu’il peut devenir menaçant, violent. Et il y a l’actrice, Gemma Aterton, qui joue la victime, justement pas si ‘victime’ que ça (dans le sens où elle n’est pas du genre à se laisse faire) qui est une révélation, carrément excellente. Je ne comptais pas aller voir le dernier Frears, j’irais finalement, elle y tient le premier rôle paraît-il. 

Dog pound – Kim Chapiron – 2010

Dog pound - Kim Chapiron - 2010 dans Kim Chapiron 19222892

Another day in paradise.   

   6.0   L’un est arrêté pour deal de coke, un autre pour vol de voiture et un dernier, récidiviste, pour avoir agressé un gardien dans un lieu de redressement. Dans un prologue Clarkien (Moins Alan que Larry), Dog pound présente ainsi les trois personnages qui s’apprêtent, scène suivante, à entrer en prison pour mineur, en dog pound, la fourrière en anglais. Ironie du titre du film qui montre des chiens enragés que l’on enferme mais qui plus tard seront bien pires (plus intelligents et vicieux) s’ils ne sont pas morts. Rien de nouveau en terme de film de prison (surtout que c’est un remake très fidèle de Scum) puisqu’il s’agit de montrer des prisonniers qui choisissent de prendre des coups ou d’en donner, d’être le fort ou le faible, de s’en sortir ou pas. Seulement pour une fois on ne joue pas vraiment sur les sentiments ni sur le passé des prisonniers, tout ici est affaire de panache, dans une ambiance très froide, très lourde, on se croirait rendu dans la première partie du film, dans un Full Metal Jacket avec des ados. Alors que l’on est censé guérir chacun, et rendre possible leur réinsertion dans la vie, tout devient prétexte à enrager davantage la bête qui sommeille (et le terme est gentil) en eux.

     Il manque probablement une prise de position, au moins politique (quelque part il y avait un peu cela dans Un prophète d’Audiard) là on est tellement au même niveau que les personnages, on est dans un climat ultra violent et menaçant, constamment, jusqu’à la fin, que le cinéaste oublie de sortir de sa neutralité. Après, c’est tellement froid, presque Hanekeien (finalement il s’agit clairement d’aliénation, lui aussi aurait très bien pu faire ce film) par moments, tellement sans complaisance et donc sans aucun ressort dramatique que le film a déjà cet intérêt là. Il restera donc quoi qu’il en soit un film (à défaut d’être une expérience, j’aurai aimé un truc plus singulier, un truc plus proche d’un Hunger par exemple, avec des scènes à rallonge malaisantes, à se chier dessus) très physique qui a l’avantage d’avoir dix dernières minutes absolument terrifiantes qui mettent KO. Je pense pouvoir dire sans me tromper que c’est mieux que Sheitan.

Adieu Falkenberg (Farväl Falkenberg) – Jesper Ganslandt – 2010

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     3.5   Cette sérénité que l’on peut trouver sur l’affiche ne traverse pas vraiment le film ou alors elle serait convoitée, recherchée dans le passé, comme engloutie par le temps. Pourtant l’ambiance hypnotique dans laquelle le film est baignée, cet état d’apesanteur dans lequel on apprend à connaître cinq jeunes hommes, cinq amis de longue date, permet presque d’oublier cette voix off d’emblée imposante et fantomatique. Un groupe d’amis soudé par et sur le texte (que l’on apprendra un peu plus tard est celui d’un des leurs avant son suicide) mais beaucoup plus délité dans la réalité, enfin celle que l’on voit, la réalité au présent. On comprend très vite que c’est un film sur la mémoire, ces choses qui font un bonheur, ces choses qui disparaissent peu à peu ou soudainement, ces choses qui ne vivront qu’à travers notre mémoire. Cinq amis aux réactions plus ou moins différentes : il y a celui qui s’apprête à quitter cette ville natale (Adieu Falkenberg dit le titre) pour rejoindre une plus grande en l’occurrence Göteborg, un autre qui choisit de rester ici, de ne jamais partir, un autre qui vit très mal l’éclatement au sein du groupe. C’est un sujet fort, d’autant plus rehaussé par les mots qui accompagnent quelques images, de façon indépendante, de temps à autres. Et le plus impressionnant c’est que ce groupe d’amis a choisi de filmer leurs vies, ce ne sont pas des acteurs que l’on voit à l’écran, ce sont bien les protagonistes de cette histoire, qui mélange habilement leur véritable quotidien, ce difficile passage de leur vie et une partie plus fictionnelle, plus tragique, d’autant plus triste qu’elle apparaît alors comme une possibilité.

     Jesper Ganslandt, derrière la caméra, mais aussi parfois devant, choisit de filmer sans vie, sans véritable mouvement, accompagnant les corps dans une sorte de chemin de croix. C’est probablement maladroit, sans doute beaucoup trop intime. On ne s’ennuie pas vraiment mais on aimerait qu’il y ait de la vie là-dedans, des interactions, comprendre chacun des personnages. Au lieu de cela c’est une suite de faits plus ou moins intéressants mais au final je n’en garde absolument rien. Si l’on ajoute à cela l’entier amateurisme qui traverse tout le film, pourtant accompagné de très belles images, de beaux moments planants, mais avec un montage à la machette et une caméra beaucoup trop tremblotante. C’est le film que j’aurais aimé adorer, surtout pour sa sincérité, sa modestie, son besoin de partager, de raconter, son envie de filmer. Mais c’est impossible.


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