Zéro de conduite – Jean Vigo – 1933

25Les toits dont les rêves sont faits.     

   8.0   Je me suis toujours demandé ce que Truffaut et Rozier avaient en commun. C’est Jean Vigo. Zéro de conduite pourrait à la fois être une matrice de Rentrée des classes et de Les quatre cents coups. La fuite ne se fera pas vers l’extérieur comme René dans une rivière ou Doinel vers l’océan  mais sur les toits de l’école. Zéro de conduite c’est le récit d’un quotidien scolaire, de la rentrée (l’arrivée par le train) jusqu’aux fêtes de l’école. On y verra les classes et les dortoirs, le réfectoire et la cours de récré. A aucun moment Vigo ne cherche de sérieux chez ses personnages, c’est leur amusement, leur besoin de transcender le quotidien, de transgresser les règles sur lesquels il préfère se pencher. A la fin du film, les modèles dansants d’A propos de Nice sont devenus ici des pantins masqués, et la dimension festive prend une autre tournure lorsque les enfants décident d’y insuffler leur rythme. Les ralentis sur lesquels s’appuyait Vigo dans sa commande pour la natation sont réemployer de façon magnifique, où l’on découvre les enfants dans une marche en avant, marche révolutionnaire avec pluies de plumes de toute part après une énorme bataille de polochons, les discernant difficilement derrière tout ce chambardement, ces confettis et ce mouvement permanent. Ça c’est pour la dimension de liesse, ce climat qui rappelle des souvenirs, de joie ultime que l’on a ressentie dans notre enfance, aussi minces soient-ils. Ce sont ces moments là que l’on se souvient le plus. Comme des batailles de nourriture à la cantine, l’élaboration de divers plans dans la récré, une bonne entente avec un surveillant mais pas les autres, la cigarette dans un coin de la cours. Mais ce sont aussi des scènes de classes qui marquent, comme ce garçon interrogé par son professeur lui répondant un ‘Je vous dis merde’ sec et désintéressé. Ou bien cette main moite du professeur sur celle de l’élève, lui inspirant probablement un profond dégoût. La chair comme dans A propos de Nice semble être un élément important chez Vigo. Zéro de conduite doit être son film le plus autobiographique, c’est aussi le plus beau, le plus fort de ses films, il contient tellement du cinéma d’après.

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