One + One – Jean-Luc Godard – 1969

38Eloge de la musique.     

   8.5   One + One c’est avant toute chose Les Rolling Stones. L’enregistrement tout en panoramique de leur désormais célèbre chanson Sympathy for the devil, que l’on n’écoutera jamais en son entier dans le film, selon le vœu de Godard lui-même. Une bonne moitié du film s’attarde donc sur des bribes de la chanson, cinq jeunes musiciens chacun à sa place ou alors en rond, en train de fumer des clopes, chercher l’accord parfait, le tempo parfait, l’intonation de voix adéquate. La caméra devient personnage indiscret en se faufilant dans les moindres recoins du studio d’enregistrement, derrière les membres du groupe ou de face. C’est une sensation incroyable de voir cela, j’étais envoûté, l’alliance mise en scène du cinéaste / génie musical des Stones offre alors un truc divin, en symbiose, probablement était-ce la meilleure façon de filmer un groupe. Mais le thème de One + One ce n’est pas vraiment la musique des Stones, c’est la révolution, sous nombreuses de ses formes. Car en parallèle à ces enregistrements, plusieurs types de revendications : Les Black Panthers, dans une sorte de casse pour voiture, énoncent leurs principes révolutionnaires en citant les pensées de leaders noirs et tuent des femmes blanches à la mitraillette ; En off et pendant toute une partie du film est lu un roman politico-pornographique ; Un homme lit Mein Kampf dans son sex-shop tout en giflant des clients pro FLN et anti-Vietnam ; Eve Democracy, une jeune londonienne, fait des graffitis sur les murs et les voitures, des jeux de mots en critique au pouvoir en place, et répond succinctement aux questions des journalistes. One + One c’est donc tout ça à la fois ! Tout en sachant qu’il y a bien cet autre moyen de révolution, beaucoup plus poétique, qu’utilise le groupe de rock : la musique. Eux aussi ils font la révolution, à leur manière. On ne tire pas de véritables leçons ou conclusions avec Godard, mais on apprend constamment. On ne résolve pas mais on s’étend. Film archi passionnant, qui mine de rien semble faire la liaison entre son cinéma des années 60 et le suivant.

2 commentaires à “One + One – Jean-Luc Godard – 1969”


  1. 0 mik 27 fév 2011 à 21:05

    One+one ne glorifie pas les Rolling Stones, bien au contraire il montre et dénonce la machinerie qui se cache derrière cette révolte tout en montrant les stones devenir malgré eux un objet de consommation, quelque chose de plus fort que la religion ( à ce moment de l’histoire) pour déplacer des masses: revoir la séquence « hi fiction science » et « the heart of occident ». Malgré tout on sent une réelle fascination de Godard pour eux, un peu comme les frères Maysles dans « Gimme Shelter ».

  2. 1 silencio 27 fév 2011 à 23:16

    Je suis entièrement d’accord avec vous. C’est vrai que mon commentaire ne mettait en lumière que cette fascination pour le groupe, concernant le groupe tout du moins. Mais cette « machinerie commerciale » pour reprendre vos mots est bien entendue au coeur de cette révolte néanmoins forte. Comme pour de nombreuses autres révoltes d’ailleurs. Il n’y a pas volonté de mais à l’arrivée bon gré mal gré c’est une évidence oui.

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