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Archives pour 17 octobre, 2010

Avatar – James Cameron – 2009

avatarPandora.

   6.5   L’idée d’appartenance à un statut est une donnée importante dans Avatar: Jake est en fauteuil roulant, il est réduit à n’être que le frère de celui, décédé, qui devait partir faire cette mission. Il fait les frais de moqueries diverses au départ, bref c’est l’incapable de la bande, puisqu’en plus d’être invalide il ne connaît absolument rien de la mission. Cette plongée dans un autre monde est pour lui comme un nouveau départ. Un lieu où il sera vide (il le dira d’ailleurs plus tard à Neytiri et gagnera sa confiance) de toute éducation typique humaine et malvenue sur Pandora. Un lieu où il pourra bien entendu courir, s’épanouir et où il découvrira un nouveau dialecte.

     Cameron a effectué un va-et-vient intéressant (pour ce qu’il procure) entre le vaisseau humain, très robotisé, qui ne vit pas et celui de Pandora, idyllique, nature, très beau, très pur. Cette sensation lorsque Jake se réveille dans cette espèce de cercueil téléporteur (magnifique plan un moment qui imiterait une incinération et rappelle son frère) où il retrouve ses jambes paralysées, ce monde sans intérêt sinon la recherche d’un profit. Le spectateur le ressent autant que Jake. Comme il ressentait très intimement le parallèle temporel dans Titanic en écoutant l’histoire de Rose. Le spectateur rêve lui aussi d’être sur Pandora, de voler sur ces petits dragons, de parler à Neytiri, de marcher sur une nature qui s’allumerait façon clip de Billie Jean. Ce film est une porte d’entrée au rêve. Cameron le dit, il a fait ce film pour l’ado qui sommeille en lui, car il y a quelque chose de très naïf, très utopique dans cette démarche salutaire, et pourtant comme à son habitude ses messages sont d’une richesse incroyable.

     Avatar parle du monde. Et parle de l’humain, se ses choix face à sa survie. De son intransigeance et son égoïsme. Du pouvoir de la technologie qu’il a crée. De sa substitution à la technologie. L’homme/profit dans Avatar n’a rien d’humain, il est T-800, machine à tuer, machine à détruire, machine en mission. On apprend très vite le pourquoi de cette opération. Une énergie importante à la survie de l’humanité se trouve sur Pandora. Jake est envoyé pour approcher la communauté Na’vi et négocier leur déménagement, les ressources recherchées se trouvant juste en dessous de leur pied. Jake qui revit peu à peu dans ce nouveau monde n’a pas le cœur à la mission. Il y a donc un apogée dans le film, ce moment où tout paraît intouchable, où tout est somptueux. Dans Titanic c’était avant que le bateau heurte l’iceberg (la grande balade de Rose et Jack, la soirée irlandaise, la scène d’amour) et dans Avatar c’est avant que les marines ne prennent la situation en main (le choix de l’ikra, l’acceptation dans la communauté, sa communion avec Neytiri). Autant dire exactement la même trame. On n’est pas chez Cameron pour rien.

     Je reviens un peu sur cette communion entre Jake et Neytiti. Elle s’effectue dans un lieu magnifique, coloré, divin. C’est un lieu de prière où les Na’vi imporent l’Eywa, sorte de mère-nature. Leur dieu (plutôt déesse) donc. J’ai perçu comme un pied de nez à notre civilisation qui ne peut se mettre en accord sur rien, même pas sur un dieu commun. Chez les Na’vi, alors qu’il semble y avoir différentes communautés (voir la résistance de la fin du film) le dieu reste unique. C’est l’utopie crée par James Cameron. Un monde qui s’en remettrai à un seul dieu, qui n’interviendrait que pour l’exact équitabilité naturel et pour la communion spirituelle des êtres (« je te vois », on en parlera après). Un monde où forcément on aimerait vivre.

     Mais le thème principal du film c’est la cohabitation. D’un cinéma loin d’être novateur et d’un support lui totalement nouveau, la 3D. De l’homme et d’une entité extra-terrestre. De l’homme et de la femme. Cette dernière a toujours une place majeure chez Cameron. Elle est désignée comme porteuse du futur chef de la résistance dans Terminator et donc amené à être liquidée. Elle est celle qui permettra à l’être humain de s’en tirer dans l’espace dans Aliens. Dans Abyss c’est plus qu’évident, l’un ne va pas sans l’autre. Même dans True Lies Jamie Lee Curtis a une place importante dans le récit alors qu’elle ne fait guère parti du processus de départ. D’ailleurs on peut créer un autre parallèle en évoquant la famille. Chez Cameron la cellule familiale est très souvent présente. Jake est là parce que son frère n’est plus là. Neytiri verra son père mourir sous les foudres des humains en guerre. Cameron parle souvent de cohabitation homme/femme. Souvent cela débouche sur une histoire d’amour, réussie ou non. Comme Rose et Jack étaient les objets qui permettaient la réunion des classes, Jake et Neytiri, tous deux bien entendu là-aussi très différents participent à la résistance pour préserver les richesses de cette différence. Il ne fait pas que montrer un bateau qui coule et un décor spatial new age, il parle de ce qui l’entoure et donne son opinion sur le monde et les valeurs morales humaines. Cette résistance elle se trouve dans tous ses films. Et très souvent cela passe par une histoire d’amour comme l’accouchement d’une force clairvoyante.

     Avatar parle de la connaissance, de la compréhension de l’autre. Inévitablement il fallait que tout commence par un mensonge. Jake rencontre Neytiri pour sa mission. Ils s’amourachent l’un de l’autre mais Jake est coincé et continue de lui mentir. J’ai beaucoup pensé au nouveau monde de Malick durant le film. Bien entendu le fait d’apprendre un nouveau dialecte, de s’immerger totalement dans une culture n’est pas étranger au mythe de Pocahontas que Malick adaptait à sa manière. J’étais presque déçu que les Navi ait cette facilité à comprendre l’anglais. J’aurais tellement aimé que nos deux tourtereaux passent du temps à communiquer dans un nouveau langage. Cameron n’utilise pas la poésie Malickienne mais dans ce Je te vois prononcé par Neytiri il y a un écho au nouveau monde, qui lui, n’avait guère besoin de parler. Je te vois. Je te sens. Je peux observer l’intérieur de ton âme, semblent vouloir dire Neytiri et Pocahontas. Le Je te vois comme le je ne t’abandonnerai jamais de Titanic. La fin d’Avatar n’a pas besoin de mots. Ce qu’il se passe à l’écran on l’attend depuis le début du film. La confrontation entre deux mondes. Le réel et le virtuel. Pourtant la force de ce baiser est telle que l’on est chaviré. Comme on pouvait l’être à la fin de ET de Spielberg qui lui restera à jamais un film enfantin. Dans les deux cas il y a un contact entre deux entités qui habituellement ne cohabitent pas. Que cette rencontre, ce contact, se fasse par l’intermédiaire d’un baiser amoureux en fait l’un des moments cinématographiques les plus émouvants de l’année.


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