Biutiful – Alejandro Gonzalez Iñarritu – 2010

Biutiful - Alejandro Gonzalez Iñarritu - 2010 dans Alejandro Gonzalez Inarritu Biutiful2

Ugly.    

   1.5   Je me suis rendu compte de quelque chose durant la projection : Le cinéma d’Inarritu, lorsqu’il n’a plus Arriaga à ses côtés ni son monteur fou, n’a plus grand intérêt. J’ai beaucoup aimé 21 grammes, et je pense que je l’aimerai toujours aujourd’hui. Dans ce montage déstructuré tout me plaisait, les émotions se décuplaient et même si je le voyais davantage comme un exercice de style cette histoire d’accident et ses répercussions sur trois personnages me prenait vraiment aux tripes. Amores perros, précédemment, était un film brillant mais antipathique. Babel était déjà sur la corde raide. Biutiful est un film absolument insupportable. Déjà par son titre. Puis par sa croyance suffisante en son cinéma, comme si le cinéaste se sentait maintenant intouchable, qu’il pouvait se saisir de n’importe quel mélo, le transformer à tout va, lui insuffler des éléments nouveaux (un petit côté fantastique, mais qui finalement ne l’est pas, avec Inarritu il faut que tout paraisse vrai) et même y injecter des acteurs. 21 grammes était déjà un film d’acteurs, le cinéaste croyait en leurs interactions, il avait raison. Conscient de son talent, Inarritu s’est dit qu’il n’avait plus besoin de tout ça, que Javier Bardem, l’acteur du moment, allait suffire. Acteur américain, mais espagnol. Et hop, Inarritu, comme pour se détacher de tous ces gros benêts amerloques tourne désormais en Espagne, après avoir tourné aux quatre coins du monde avec Babel. Son film n’est que boursouflures. Comme le dernier Vinterberg. Sauf que ce dernier touchait un peu, il y avait comme une sobriété Loachienne dedans. Et pour en arriver à parler de sobriété Loachienne c’est dire à quel point ce Biutiful est hautement insupportable. Je voulais sortir plusieurs fois, mais j’étais curieux, aussi parce que je n’ai jamais rien eu contre le cinéaste mexicain. Mais là, cette prétention, cette suffisance m’ont sauté aux yeux, et dès le début du film. A l’époque de Babel je me souviens encore d’une salle très peu remplie, un cinéma qui n’avait pas encore trouvé son public. Je suis rentré cette fois-ci dans une salle archi comble, pour voir un mélo insignifiant de presque 2h30. Inarritu a donc touché son public, mission accomplie, il en fera encore dix des films comme celui-ci. Reste une certaine maîtrise de mise en scène, notamment lors d’une scène en boite de nuit ou encore quelques envolées vers le ciel de Barcelone mais globalement ce cinéma là n’est plus pour moi. Ce cinéma envahit par des notes de musiques (toujours la même depuis Amores perros) qui sonnent comme des coups de boutoirs. Ce cinéma qui ne laisse aucune lumière y transparaître. Ce cinéma qui se plaît à voir souffrir et pleurer ses personnages. Nombreux sont ceux qui parlent dans la presse de l’abandon du cinéma puzzle pour Inarritu. Mais finalement il fuit encore la linéarité et comme pour s’auto parodier, son début et sa fin sont les mêmes, prises sous un angle différent. Inarritu n’aura donc jamais la décence de faire simple.

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