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Archives pour 16 novembre, 2010

Miel (Bal) – Semih Kaplanoglu – 2010

Miel (Bal) - Semih Kaplanoglu - 2010 dans Semih Kaplanoglu

L’esprit de la ruche.

     5.5   Avant la séance le projectionniste m’a défendu d’aller voir le dernier Lelouch en appuyant ses arguments sur l’affiche, qu’il jugeait très représentative du film. Je n’étais pas spécialement motivé de toute façon, ce sera selon le temps et les films qui me restent à voir. Je prenais alors une place pour Miel, ce film turc auréolé d’un ours d’or à Berlin, qui lui séduisait autant par son affiche que par son titre. Le projectionniste me dit que c’est un film très beau, très contemplatif, que ça devrait donc me plaire. Raté ! Enfin, raté, c’est un grand mot. C’est justement parce que je le trouve trop propre, trop joli, hyper cadré, très calculé en fin de compte qu’il ne m’embarque pas. Je ne sais pas si c’est un film poseur, mais j’ai le sentiment d’un cinéaste qui fait du plan plutôt qu’il ne raconte. Sa caméra est posée ici, puis là, parfois à bon escient – derrière un feuillage alors que le jeune garçon s’en approche, comme pour voir ce qu’il va voir avant qu’il ne le voit – parfois inutilement – les multiples plans à travers le bocal, comme pour insister sur l’effet Graal aux yeux du petit garçon, ou encore ce plan sur le doigt qui se lève et tout le flou autour. C’est un film qui ne vit pas vraiment, tout m’apparaît tellement cadenassé que je vois le travail et non le fruit de ce travail. Il y a deux séquences néanmoins réussies, au point d’entrer dans mes séquences préférées de l’année, au point d’améliorer considérablement le film à mes yeux, pendant la projection comme maintenant, car j’y pense beaucoup. C’est la scène de la recherche sur cette colline, qui sort complètement de ces plans très cadrés, c’est une scène qui prouve que le cinéaste filme incroyablement bien le groupe et quand sa caméra se fait plus mobile, insuffle de la vie à tout ça et une dramaturgie forte. C’est la scène du sceau d’eau où la lune s’y reflète, parce qu’à cet instant je vois un garçon qui découvre les choses de l’univers – ce que tend à être le film en son entier, mais de façon maladroite – et c’est une scène obscure avec comme seule lumière ce petit cercle lunaire que le garçon tente d’attraper, avant de le laisser se reformer lentement dans son reflet. Je suis déçu car j’attendais énormément de ce film. Déception relative évidemment, ne serait-ce que concernant le travail sonore, que j’ai trouvé magnifique, le temps que prend le cinéaste pour apprivoiser cet enfant et le drame qui se dessine autour de lui. Il m’a manqué quelque chose. Ce que j’ai dit précédemment mais aussi la surprise. Tsaï Ming-Liang qui travaille lui aussi beaucoup sur du plan fixe narratif arrive à faire vivre ses plans, en les étirant un maximum ou alors en allant y débusquer des envolées incroyables. Ce n’est pas l’effet que ça me fait ici, ou alors très rarement. J’aurais cependant très bien pu citer la fin du film dans les séquences réussies, car elle est vraiment magnifique.

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu (You will meet a tall dark stranger) – Woody Allen – 2010

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu (You will meet a tall dark stranger) - Woody Allen - 2010 dans Woody Allen .vous-allez-rencontrer-un-bel-et-sombre-inconnu-naomi-watts_m

Mais si l’amour.     

   5.5   S’il a perdu sa veine incisive Woody Allen n’en a pour autant pas perdu son ludisme, sa capacité à tisser ses histoires autour de ses personnages. C’était déjà le cas avec Scoop, drôle et attachant. Mais dans ses petites histoires à l’intérieur de la grande, Woody réussit étrangement mieux tout ce qui tourne autour de ces quarantenaires (Naomi Watts, Josh Broslin, Antonio Banderas) moins les autres. J’ai une impression de vieillot à chaque apparition d’Anthony Hopkins, avec sa prostituée écervelée, une impression de film en pantoufle. C’est mignon, un peu mordant parfois, mais tellement anecdotique. Quant à l’ex-femme, la mère du film en somme, tous ces élans spirituels sont tellement appuyés qu’ils lassent. En revanche dès que Woody se penche sur ce couple en crise, parce qu’il n’arrive pas à finaliser son livre et qu’il tombe sous le charme de sa belle voisine, parce qu’elle voudrait fonder une famille, ouvrir sa propre galerie et tombe sous le charme de son supérieur, le film devient beau, touchant et fonctionne très bien. Ce n’est pas un Woody Allen qui me marquera, comme souvent de toute façon. Disons qu’il se situe entre Vicky Cristina Barcelona et Scoop. Un peu mieux que le premier, un peu moins bien que le second. On y pense un peu après coup mais on oublie assez vite.


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