True Grit – Joel & Ethan Coen – 2011

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     5.5   Inéluctablement, il fallait que les frangins passent par le genre western. Les prémisses avaient déjà été ressenties avec No country for old men, mais surtout le cinéma des Coen a toujours été emprunt de cette espèce d’ambiance funèbre, absurde et glauque, que l’on retrouve essentiellement dans les western. Que True Grit soit le remake d’un film des années 60 avec John Wayne ajoute de la nostalgie à ce choix et par la même occasion nous éloigne de leur mayonnaise habituelle, soit très convaincante, soit carrément insupportable. True Grit ne donne pas non plus l’apparence d’une commande, mais la magie des Coen s’est diluée. C’est un western moderne de facture très classique, une chasse à l’homme quelconque munie de rebondissements efficaces, un film qui débouche dans son dernier quart sur quelque chose de plus absurde et poétique dans laquelle on retrouve un peu de la personnalité des cinéastes, mais ça reste quoiqu’il en soit tout à fait mineur.

     Nous sommes au début du siècle dernier. Une jeune demoiselle d’à peine quinze ans se met aux trousses de l’assassin de son père, tué pour deux malheureuses pièces d’or et sa jument, déterminée, pas farouche, elle ne lâchera pas le morceau. Le récit convient aux Coen dans l’évolution et ces rencontres diverses au gré de cette traversée forestière vers l’Ouest. Jeff Bridges joue Rooster Cogburn, un marshall aux méthodes peu adoubées, réputés pour sa violence sans scrupules (une scène très drôle voit le choix de la jeune fille se poser sur cet homme alors qu’on lui propose aussi des marshall meilleurs, plus organisés mais sans doute aussi moins impressionnant) que la jeune fille rencontre une première fois derrière une porte alors qu’il est sur le trône, puis vraiment en plein tribunal où il est jugé pour ses abus de gâchettes faciles. C’est facile mais c’est assez drôle. Mattie rencontrera aussi un shérif du Texas, à la recherche lui aussi de son Tom Chaney, qu’il voudrait faire juger dans son Etat. Première véritable mésentente pour Mattie qui ne le voit pas de cet œil là et voudrait que Chaney soit pendu là où il a tué son père. Proposition d’argent et marchandage sont monnaie courante et Mattie se voit obligée, le matin où elle devait partir aux côtés de Rooster, de traverser la rivière en se mouillant, sur le dos de son cheval, parce que le vieux briscard a, durant la nuit, été acheté plus convenablement par le shérif (très belle scène une fois encore). Et puis de toute façon quelle idée de se trimballer une gamine ? Comme attendu, au fur et à mesure, le bougon mais pas antipathique Rooster va se prendre d’amitié et d’affection pour Mattie, sorte d’histoire amoureuse jamais avouée qui se répercutera dans cette très belle séquence finale de course contre l’agonie.

     True Grit est aussi un film en forêt, où l’on croise un homme pendu à une branche à dix mètres du sol, un refuge où l’on doit bloquer la fumée de la sortie de la cheminée pour qu’on vous laisse entrer, où l’on croise un médecin capable de faire des miracles avec rien puis plus tard une bande de hors-la-loi, dont le leader Ned Pepper, campé par un Barry Pepper méconnaissable, pourrait très bien être le point de raccord avec ce tant recherché Tom Chaney. Ce que j’aime essentiellement ici, c’est cette façon très Coennienne tout de même de redistribuer les cartes régulièrement. Par exemple, la scène imprévue du refuge, où Rooster est surpris que ces prévisions n’aient pas été vérifiées. Puis sa façon de surprendre en détruisant l’attente, cette langueur quant à notre empressement de voir la rencontre se faire. Les personnages se croisent quand on l’attend le moins et c’est Mattie qui se retrouve la première devant Chaney, qui la kidnappe et l’embarque avec tout le reste de la troupe, Ned et ses acolytes. Chaney devient alors une sorte de petit tueur, relégué au second plan quand on prend peur devant le visage tout balafrés de Ned. Le film ne s’arrêtera pas là-dessus, d’ailleurs ce dernier quart est très beau, surtout lorsque Rooster se doit de sauver Mattie en pleine agonie après qu’un serpent l’a mordu. J’aime moins ces va-et-vient incessants et attendus du jeune shérif qui arrive au pire des moments ou au meilleur. Je le disais c’est un film très classique, qui je pense ne se revoit pas. Mais ça se regarde tout de même très bien. C’est très soigné, bien écrit, agréable. Et puis il y a des moments qui ont quand même la classe !

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