Une séparation (Jodaeiye Nader az Simin) – Asghar Farhadi – 2011

une-separation-jodaeiye-nader-az-simin-nader-and-simin-a-separation-08-06-4-gLe secret derrière la porte.    

   6.0   Je n’ai pas retrouvé l’utilisation de l’espace qu’il y avait dans A propos d’Elly, cette impression que le cadre était trop grand pour les personnages. Ici, la faute à des choix de lieux assez étroits, le cadrage est soit plus approximatif soit systématiquement en réponse au précédent. Ça ne déborde pas du cadre et c’est beaucoup trop découpé à mon goût, frénétique et moins par le mouvement que par la parole.

     A propos d’Elly était un film quasi irréprochable, dans sa manière de tracer ces chemins de vie, d’apprivoiser les personnages, de les rentrer en collision dans un premier temps par le lieu, puis par la disparition. Il y avait pas mal de L’avventura là-dedans. Et puis il y avait cette fin, sinon explicative, qui libérait le mystère de cette disparition, l’éternel interrogation concernant la mort ou la fugue. C’était raté. Je me souviens m’être dit que j’attendrais énormément Farhadi au tournant – tout de même, un film qui m’avait pris autant aux tripes, il n’y en avait pas des masses cette année-là – avec une inquiétude liée à cette fin qui racontait beaucoup du cinéaste en fin de compte.

     Mes craintes se sont réveillées vers la fin de Une séparation. Une fin ou plutôt la révélation d’un plan caché qui me déçoit beaucoup. Et ce n’est pas tant le fait que l’on me cache une partie du récit qui me gêne, mais que l’on me cache un plan que j’aurai dû voir, une scène que l’on a coupé une heure plus tôt pour retarder l’émotion, l’effet de surprise. Le film tend alors vers l’effet de surprise, l’effet onde de choc où l’on se dit que le cinéaste nous a bien piégé, sauf que ce n’est pas du tout ce que j’ai envie de ressentir devant un film comme celui-ci, qui doit investir sa force dans le présent, ses joutes verbales, ces multiples drames qui se jouent ou qui sont joués, faire réfléchir ses personnages sur une échappatoire. En fait, le problème c’est que la révélation est trop importante. Dans Hors jeu de Jafar Panahi on apprend à la toute fin du film pourquoi cette jeune femme était venue voir ce match de football. Mais cette question est passée au second plan, on l’apprend au moment où l’on a reçu davantage, qu’elle ne change pas l’issue du film, elle le rend seulement un peu plus bouleversant. C’était devenu, grâce au déroulement du film, tout à fait secondaire. Dans Une séparation, cet élément essentiel est caché dans le but de l’affubler en coup de théâtre, c’est dommage.

     Hormis ce détail un peu trop essentiel pour que le film en son entier me le fasse oublier, j’ai trouvé ça extrêmement éprouvant et d’une force incroyable. C’est peut-être même son côté confiné dans l’espace qui me fait cet effet là, mais chaque mot semble avoir une puissance telle que ça en fait l’un des films les plus physiques et violents vu cette année. J’en suis sorti comme de sur un ring.

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