Restless – Gus Van Sant – 2011

Restless - Gus Van Sant - 2011 dans Gus Van Sant

La mort vous va si bien.     

   2.5   Cette fascination pour la mort, qu’elle soit chorégraphiée (Elephant), qu’il s’agisse d’approche abstraite des derniers instants (Last days), d’un crime (Paranoid park) ou d’une lente agonie (Gerry) fait partie intégrante du cinéma de Gus Van Sant. Il avait même refait à l’identique la mort la plus impressionnante et célèbre du cinéma d’Hitchcock avec son Psycho plan par plan. Et l’on se souvient, pour citer son plus récent avant Restless, de la mort d’Harvey Milk, ce coup de feu si douloureux.

     Restless semble à première vue être le point d’orgue du cinéma de Gus Van Sant, l’épilogue d’une œuvre (ou d’une partie d’œuvre) consacrée à la mort. Ses personnages ce pourrait être lui, deux corps pour une seule âme (ce qui planait déjà dans Gerry) mais pour la première fois, comme une auto-caricature, la mort – et la volonté de la (dé)montrer – est tellement présente qu’elle masque les personnages, obnubilés par cette mort, fascinés sans la craindre. La fille est atteinte d’une tumeur. Le garçon a perdu ses parents dans un accident de voiture. Il traîne à des enterrements d’inconnus, fait la ronde dans les cimetières, elle est fascinée par Darwin et affiche un sourire permanent. Il dessine son corps à la craie sur la route, elle dessine des insectes sur un calepin. Elle se vêtit de couleurs pendant que lui affiche un noir tenace. La vie contre la mort. La création contre les fantômes. C’est dire toute l’originalité de l’expérience.

     D’une part ce n’est jamais habité, il faut voir à quel point nos deux acteurs/personnages sont des endives récalcitrantes et d’autre part, il n’y a pas un soupçon de mise en scène intelligente dans ce film. On dirait un film Sundance qui se serait trompé de festival. Tout est atroce, presque drôle tellement c’est pathétique. J’ai parfois pensé au Complexe du castor de Jodie Foster, dans un film où l’on aurait remplacé le rongeur fisté par le fantôme d’un pilote de guerre kamikaze. Mais le castor est plus drôle quand même.

     Il y a une séquence que j’aime bien cela dit. Celle où elle feint d’être morte. La première chose qui lui vient à l’esprit, à lui, est de se trancher les veines pour la rejoindre. Elle se réveille et lui dit que ça ne colle pas avec le scénario, qu’il doit la pleurer avant de se tuer. J’aime cette soudaine sortie de film, enfin cette tentative puisque ça ne débouchera sur rien ensuite. L’espace d’un instant je ne sais plus où le film compte m’emmener, il me surprend trois secondes et puis définitivement plus du tout. On peut se rendormir.

     Le mystère reste donc entier. Comment le réalisateur d’Elephant et Gerry pour ne citer que ces deux films magnifiques, a pu pondre un truc pareil ?

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