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Archives pour 23 octobre, 2012

L’année des 13 lunes (In einem Jahr mit 13 Monden) – Rainer Werner Fassbinder – 1981

L'année des 13 lunes (In einem Jahr mit 13 Monden) - Rainer Werner Fassbinder - 1981 dans Rainer Werner Fassbinder 07.-lannee-des-13-lunes-in-einem-jahr-mit-13-monden-rainer-werner-fassbinder-1981-300x236

   8.0   Le titre le suggère, le film pourrait démarrer comme un film de Rohmer. Introduction sur un phénomène cosmologique selon lequel les années comportant treize lunes seraient des années dangereuses. Cette idée disparaît entièrement du film ensuite, Fassbinder s’en sert uniquement en guise d’incipit pour nous avertir que son film sera le plus cruel, le plus désespéré qu’il n’ait jamais fait, en somme, par ces mots, il s’en excuse. C’est déjà une nouvelle manière de narrer et c’est je crois ce qui m’avait laissé sur la touche la première fois. Dans cette première séquence, les mots viennent s’ajouter à l’image et à l’image donc, Elvira sur les quais du Main, prête à faire une passe avant de se faire lapider par quatre hommes. Il nous semble juste avoir compris, au détour d’un plan bref, qu’Elvira s’est travestit pour aborder ces inconnus qui la ruent de coups une fois avoir découvert la supercherie.

     L’année des 13 lunes est, grossièrement parlant, une descente aux enfers. De celles avec minces espoirs, faux rebonds, de celles qui engloutissent le personnage avec le monde. L’errance d’Elvira pour éclaircir son passé est systématiquement jonchée de désespoir et de pathétique. Désespoir d’un inconnu, par exemple, qui décide de se pendre (sous les yeux d’Elvira) non pas parce qu’il veut en finir avec la vie, avoue t-il, mais parce qu’il pense que ce monde n’est pas pour lui, que peut-être il s’adaptera davantage à celui qui l’attend de l’autre côté. Pathétique d’un grand patron qui sombre dans sa solitude et son hystérie (à reconstituer en boucle des chorégraphies de comédies musicales avec Fred Astaire) après avoir licencié tout son personnel, allant même jusqu’à concevoir quotidiennement de faux braquages dans la cour de l’immeuble.

     Le film fonctionne régulièrement selon de longs monologues. C’est la reconstitution du passé d’Elvira et les rencontres du présent avec ceux qui comme elle n’ont plus leur place dans le monde. Le film prend le temps d’éclaircir ce passé et une fois qu’il le confronte au présent (Zora dans les bras de Anton, le refus de sa femme de tout reprendre) tout s’écroule de nouveau et Elvira se suicide.

Le clochard (Der stadtstreicher) – Rainer Werner Fassbinder – 1966

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   6.5   Les rapports de domination entre les hommes sont toujours le centre des préoccupations du cinéaste allemand et déjà en 1966, dans ce court métrage de 10min, on ressent cette orientation liée à la peur du monde. Un homme sans le sou ère dans une grande ville, débouche une bouteille de pinard, fume le mégot qu’il vient de ramasser et se trouve englobé dans une ville mouvement, pleine de brouhaha et va-et-vient. Fassbinder use déjà de nombreuses idées de mise en scène, comme lorsque l’homme, soudainement, trouve un revolver sur un trottoir : le film devient muet durant cette séquence, entièrement, la ville elle-même n’a plus de son, comme si cet objet trouvé permettait à l’homme de transformer psychologiquement la ville en contrée désertique. Plus tard, c’est la musique (Beethoven, dans mes souvenirs) qui vient couvrir l’errance de l’homme armé, qui entame une symphonie du déterminisme désespéré. Pourtant, on ne sait pas trop s’il veut tuer ou se tuer, c’est sans doute ce choix là qui agit comme gage de survie, le simple fait d’avoir le choix. Lorsque deux individus malveillants lui chipent son pistolet c’est ce choix là qui s’effondre. Chez Fassbinder, le monde rejète puis humilie, car c’est bien le monde qui rattrape par grande coïncidence, ce clochard condamné (la trouvaille). Et quand il s’en méfie (il s’en débarrasse dans une fontaine) le monde (une serveuse) vient le lui rendre. L’humiliation finale, la même que dans L’année des 13 lunes, qui vient anéantir les minces espoirs (Elvira se voit privée de sa famille et de son grand amour, Le clochard de son arme à feu) ne peut avoir comme autre issue que la mort.

 


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