Chelsea / Paris (Ldc 2014)

o-chelsea-psg-facebook-1024x512De l’influence d’une défaite sur la digestion d’une raclette.

     Une fois n’est pas coutume, loin s’en faut, parlons Foot ! Si comme moi tu suis à minima les matchs de Champions league et tout particulièrement les clubs français en Champions league, surtout le Psg, tu n’as pas du passé à côté du match de mardi, prolongement magnifique de celui de mercredi dernier. Magnifique pour ce que ça représentait, tout du moins.

     Revenons aux sources et donc à ce tirage au sort à la fois lourd et clément. Certain qu’on aurait préféré, sur le papier, affronter le Borussia Dortmund, surtout après la débâcle allemande du Bayer Leverkusen en huitièmes de finale. Pourquoi pas se dévorer du teuton jusqu’en finale, après tout ? Et dans le même temps étions-nous ravis de ne pas tomber sur le gros lot à savoir l’armada Munichoise. Sans compter l’équipe flippante du moment, j’ai nommé l’Athletico Madrid. Ce sera donc Chelsea. Ok. Pourquoi pas. Ils rament en championnat et n’ont pas été si impressionnants en phase de poules (Etant donné leurs qualités défensives – 9 matchs consécutifs à domicile en Ldc sans prendre de but – il vaut mieux le dire vite). En fait, le seul hic, la seule grosse crainte, c’était d’affronter le mou. Le sorcier aux commandes. A la fois showman et mystérieux. Méfiant et sûr de lui. Une sorte de modeste à l’égo surdimensionné. Marabout hypnotiseur qui te fait croire qu’il est le petit, te le fait tellement croire que tu y crois pour finir par être là où on ne l’attend pas. Qu’Eto n’est pas prêt mais qu’il va probablement jouer, par exemple. Ou dire que Paris est favori sur le retour, mais que Chelsea mettra les deux buts qui lui suffiront, un par mi-temps. Il a vraiment dit ça, oui.

     Il faut reconnaître que cette double rencontre des quarts de finale fut un grand combat de coach. Et à ce jeu-là, Laurent Blanc n’arrive pas à la cheville du Special One. Surtout lorsque le retour se joue sur ses terres. D’un côté tu as un type qui fait rentrer un défenseur au mauvais moment. De l’autre tu en as un qui gère une blessure en invitant un joker décisif. L’un recule clairement quand l’autre te fait croire qu’il se jette.

     Aussi étrange que cela puisse paraître, on a gobé un repas raclette entre chaque match – pendant la mi-temps. Rien de prémédite, on se fait très rarement des Foot/Raclette (qui arrive loin derrière le traditionnel Bière/Foot ou Pizza/Foot – Pas si simple de faire original). Dans les deux cas, difficile de me souvenir si je l’ai correctement digérée. Je me rappelle l’avoir fortement appréciée, c’est tout. Toujours est-il que mon souvenir de ce quart sera à jamais lié à celui d’une raclette d’Avril.

     Avant de me pencher sur le retour évoquons brièvement l’aller. Un léger retard me contraint à manquer les vingt premières secondes. Heureusement pas les cinq premières minutes car un Ezequiel Lavezzi très vite en jambes a la bonne idée de nous sortir un but miracle dès la troisième. Trop tôt ? Evidemment. Chelsea n’est pas Sochaux. Et voilà comment un péno (sur une faute de Thiago Silva qui se jette bêtement sur un tacle dans sa surface, comme quoi, même les plus grands et irréprochables peuvent parfois faire de la merde) transformé à la demi-heure remet les deux équipes à égalité.  Enfin, à égalité, pas vraiment, puisque Chelsea tient son but à l’extérieur. On est déjà en train de se dire qu’il faudra marquer à Stamford Bridge, bref : pas gagnée cette histoire.

     La suite du match sera plus étrange. Paris évite la correctionnelle lorsqu’Eden Hazard touche du bois. Hormis cela Christophe Jallet fait un super match et musèle le prodige belge avec métier – Quand on t’annonce d’emblée que Jallet marque Hazard, tu as pourtant très peur. Pire encore, Cavani et Ibra sont presque mauvais. Ibra tellement nulle part qu’il se claque à vingt minutes de la fin. Et c’est Lavezzi, d’un superbe coup-franc bien vicelard qui évite toutes les têtes, détourné par la jambe de David Luiz dans ses filets, qui permet à Paris de reprendre l’avantage. 2 à 1. C’est bien. On se dit que battre Chelsea au Parc c’est déjà une belle affaire (Quand on a connu des déroutes face à Salzbourg et Porto il y a encore quelques mois, on ne fait pas la fine bouche) mais le match retour sent déjà mauvais. 45% de chance de passer, entendons dire sur les chaines. Tu as l’impression d’être mieux loti que lors de la double rencontre face au Barça l’an passé mais pas vraiment en fin de compte.

    Sauf que durant cette désormais mémorable 93e minute, hop frisson. Improbable chef d’œuvre. Jallet (encore lui) proche corner effectue une touche pour Pastore. On se dit que c’est fini, que l’argentin va conserver le ballon là-bas au fond trouvant peut-être au mieux un salvateur coup de pied de coin. Pas du tout. Il s’engouffre, dribble plusieurs joueurs, crochète à gauche, à droite, les bleus s’effacent devant lui, c’est le retour de Moïse. En déséquilibre il tire pied gauche quasi à l’aveugle sous le double mètre de Cech. On a mis une seconde à réaliser qu’elle n’était pas dans le petit filet (c’est Pastore quand même) mais quand on voit le ballon faire le tour des cages à l’intérieur et tous les joueurs lever les bras, là tu pètes littéralement un plomb ! On n’en pouvait plus. Les chats en ont sursautés sur les canapés. Match plié quand on l’attendait le moins. Et plus que plié ça devient hyper prometteur. 45% deviennent 78. Je n’avais pas autant exulté depuis le but de dernière seconde égalisateur (4-4) d’Hoarau à Gerland en championnat il y a deux ans.

     On ne se lasse pas, une semaine durant, de revoir les vidéos qui ont fleuri sur le net. Le but de Javier en boucle. La joie du banc, notamment celle de Verratti. La mine défaite de Mourinho qui s’en va serrer les pognes de tous ses adversaires (tout le banc compris). La joie mystique de Thiago Silva se la jouant solo dans le rond central. De quoi rêver d’un match retour qui apporterait une juste récompense à ce dénouement génial.

     Voici donc venu le jour du match retour. Celui qui verrait probablement (les stats sont ce qu’elles sont) le Paris Saint Germain se qualifier pour la demi-finale de la Champions League. Le match s’approche. La grosse crotte au fondement aussi, pour rester poli. Qu’allait nous réserver le club anglais ? Aller jouer un match retour à Londres avec deux buts d’avance c’est bien mais si peu à la fois. C’est bien si Paris joue son jeu, garde le ballon, va au pressing et va de l’avant. Ce fut loin d’être ça, malheureusement.

     Quelques bonnes périodes pour eux, néanmoins : Les cinq premières minutes, comme à l’aller. Puis les vingt premières de la seconde (enfin disons plutôt la période 55’-75’), celles où il leur fallait égaliser. Le match fut étrange là-aussi car il y a eu la sortie prématurée de Hazard, une aubaine si Jallet n’avait pas su le canaliser et si Schürlle n’avait pas été dans un soir étincelant – Il est d’ailleurs l’auteur du premier but. Mais avec le recul, Chelsea avait le match en main. Il y a eu ces deux barres coup sur coup (il aurait sans doute mieux fallu se le prendre à ce moment-là d’ailleurs ce putain de deuxième but). Mais là tu te dis qu’il y a peut-être une bonne étoile ce soir. Mais d’un autre côté tu as Cavani qui vendange et rate l’immanquable. Celui qu’Ibra n’aurait pas raté. Car Ibra, quoiqu’on en dise, apporte énormément collectivement. Lucas, qui en somme le remplaçait, a tout misé sur la vitesse mais contre Chelsea ça ne compte pas, il faut être précis et trouver les bons espaces. Il manquait celui qui pouvait tout changer. L’autre côté, Mourinho ne manquait pas à l’appel, lui.

     Coup de butoir sur coup de butoir (le dernier quart d’heure fut un véritable calvaire pour mon canapé – On aurait dit le PSG d’il y a cinq ans, celui qui se débarrassait au plus vite du moindre ballon) Paris finit par rompre à 3 minutes de la fin, sur un but cafouilleux mais mérité de Demba Ba. Espoirs envolés. Mourinho pique un sprint le long de la ligne de touche pour rejoindre les Blues dans la mêlée festive et leur dire quelques mots à l’oreille – Sans doute un truc du genre « On passe au plan B, maintenant ». Je ne sais pas, je le vois bien dire ça, le bougre.

     La suite et fin du match se déroule dans un silence absolu chez moi. Mines déconfites. Silence à peine entrecoupé d’un dernier sursaut sur un corner où Marquinhos n’était pas loin de tromper la vigilance du grand Cech, qui cette fois ne se fait pas avoir. Chelsea et Mourinho l’ont donc fait. Et Paris ne rencontrera pas L’Athletico en demi. Par péché d’orgueil, suffisance, inefficacité. Ils se sont vus trop beaux (Comme le Réal Madrid à côté, qui n’était pas loin de se faire sortir par Dortmund alors qu’ils les avaient liquéfiés 3-0 à l’aller).

     Plus j’y pense plus je me persuade du pire à savoir que c’est le but miracle de Pastore qui élimine Paris. Ce but de l’aller qui flingue paradoxalement le retour. Ils n’auraient pas joué si timidement avec uniquement un but d’avance. Ils ont tout fait pour ne pas perdre 2.0 non pour marquer ce but si important. Avec une avance d’un but on aurait vu un autre PSG j’en suis quasi certain. Voilà, c’est un but qui m’aura fait rêver mais je pense qu’il aura surtout été fatal.

     Personnellement j’ai adoré regardé ces deux matchs. C’était intense. Et avec un peu de recul j’en garde même un super souvenir. De tension et raclette mêlées. Evidemment déçu par le résultat et la manière globalement, mais je préfère nettement voir ces 180 minutes brouillonnes hyper tendues qu’une vilaine victoire contre Nice sans jeu, sans frisson. Ce sont des moments qu’on n’oublie pas. Comme la 2e journée de championnat cette année, face à Ajaccio. Oui, oui. Je te rafraîchie la mémoire : un match nul à 36 occasions contre une. Ça te revient, maintenant ? C’est le genre de match où tu t’égosilles pour rien, tu pourrais défoncer une table (j’étais dans un bar). Le match à Chelsea c’est ce genre de match où tu fini plié en quatre sur ton canapé, noyé sous les coussins et le frangin affalé sur le carrelage tout froid. C’est le genre de match où la raclette que tu viens de t’empiffrer ne fait pas qu’un tour. Le genre de match où la petite Chartreuse d’ordinaire salvatrice post 80e minute, te fait comme en altitude à la montagne l’effet d’un petit lait. Tu ne dors pas tout de suite après ce genre de voyage physique, ces montagnes russes. C’est quand même bon ces matchs-là bordel. Un peu bizarre de retrouver un match de ligue 1 derrière mais bon.

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