Les revenants – Saison 1 – Canal+ – 2012

02. Les revenants - Saison 1

 Les autres.   

   8.0   Une autre série, un autre choc. Découvert il y a un peu plus d’un an et son ambiance me hante encore. C’est l’adaptation série du film éponyme de Robin Campillo sorti en 2004. La comparaison s’arrête là puisque je n’ai pas vu ce dernier. Une série à huit épisodes là-aussi. Comme pour True detective on se dit d’emblée que c’est peu, que tout ça va manquer de chair. Comme pour True detective ce sont là aussi huit épisodes d’une richesse inouïe, d’une profondeur colossale. Il y a de la frustration, évidemment, tant on en voudrait encore, mais avec le recul je me dis que le format est idéal, que ce n’est ni trop ni pas assez (en l’état il n’y a pas un épisode que je trouve plus ou moins important que les autres, c’est sa force), pas de longueur, de gras inutile, mais de la frustration, donc, suffisamment, pour avoir un jour l’envie et la possibilité de s’y replonger avec plaisir.

     L’histoire se déroule dans une petite ville de montagne où plusieurs personnes mortes depuis des années reviennent à la vie : Camille, une jeune adolescente qui a succombé dans un accident de car en 2008 ; Simon, un jeune homme qui s’est suicidé en 2002 ; Victor, un petit garçon qui a été assassiné par des cambrioleurs en 1977 ; et Serge, un tueur en série tué par son frère en 2005. Ils tentent de reprendre le cours de leur vie alors que d’étranges phénomènes apparaissent : coupures d’électricité, baisse du niveau d’eau d’un barrage, escarres sur le corps des vivants et des morts…

     J’aime beaucoup, dénouement compris. Etant donné l’ultime plan, je suppute la série à rallonge, on verra si c’est une bonne idée, mais à l’heure actuelle je serais tenté de dire Tant mieux. Quoiqu’il en soit, ces huit épisodes sont superbement tenus, avec cette atmosphère moite, lourde et ces mystères. Sorte de Twin Peaks dans le bassin Annécien en fait. La série prend le temps d’épaissir son récit et ses personnages, leur passé, les liens qui les unissent, les interactions et ne fige pas ses épisodes en fonction du personnage sur lequel elle semble se centrer – chaque épisode, hormis le dernier, porte comme titre le prénom d’un des personnages, comme c’était le cas, si ma mémoire est bonne dans Simon Werner a disparu, le précédent film de l’auteur. On pense beaucoup à Simon Werner d’ailleurs et on sent que ce long format convient nettement plus à Fabrice Gobert. J’aime ce même refus du sensationnel et surtout, le plus important, c’est le lieu : ce village englouti par la montagne, c’est un village qui ne ressemble à aucun autre, à la fois solaire et menaçant, doux et terrifiant. Et sous du Mogwaï c’est magnifique. La saison trouve sa dynamique peu à peu. L’épisode 7 est tout simplement monstrueux. J’aime moins le dernier mais pas tant pour son issue qui au contraire de ce que j’ai pu lire ci et là, révèle des choses et ne fait que provoquer clairement une suite évidente. C’est un cliff mais un beau cliff, une belle fin, qui est le début d’un truc plus grand. C’est comme si j’avais vu un pilot de huit épisodes, en somme.

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