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Archives pour 19 juillet, 2014

Les oiseaux (The birds) – Alfred Hitchcock – 1963

23.-les-oiseaux-the-birds-alfred-hitchcock-1963-1024x553Les nouveaux monstres. 

   9.0   En revoyant Les oiseaux aujourd’hui on se dit inévitablement que c’est le père d’un certain cinéma catastrophe, apocalyptique, autant dans sa mécanique et ses motifs que dans sa construction. Et peut-être aussi parce qu’il est plus facile aujourd’hui d’effectuer un parallèle terroriste quand on a souvent évoqué dans les diverses analyses autour du film cette évidente parabole de la Genèse. Les oiseaux chez Hitchcock ont cette particularité d’attaquer progressivement, d’abord en tant qu’élément isolé (la séquence de la barque) puis en meute voire en espèces mélangées. Le cinéma nous habituera très vite aux créatures les plus terrifiantes, souvent en environnement humide (Requin, piranhas, orque) ou fantasmatique (Gremlins, Godzilla, Kong). Hitchcock choisit simple, il choisit l’oiseau, un animal de notre quotidien, un élément du décor. Et il choisit un lien sécurisé, en apparence tout du moins. Et le film se déroule intégralement de jour bien qu’il semble lentement glissé vers la pénombre jusqu’à ce magnifique plan post-apocalyptique final. Le tout sans musique. Zéro musique. La seule musique du film sont les cris intempestifs des volatiles, durant leurs périodes d’attaque. Le film démarrait d’ailleurs dans ce même bruit mais sans encore la présence d’un danger concret, dans une oisellerie. Comme Psychose, trois ans plus tôt, dénudait d’entrée le corps de Janet Leigh, douce prémisse de la future séquence de douche. Le film démarre pourtant presque façon Love story légère, sur la rencontre d’un homme et une femme. C’est l’orgueil du jeu qui guide cette rencontre, avec laquelle le film s’ouvre. Elle fait semblant d’être l’employée du magasin, lui feint de la prendre pour l’employée qu’elle prétend être. Les oiseaux au centre – des oiseaux d’amour – les inséparables deviennent l’instrument de cette rencontre. C’est comme si cet anodin péché allait être la cible d’une répression improbable. C’est d’ailleurs ce qui guide le film, l’improbable. Il faut en effet être solide pour accepter tous les soubresauts du scénario pré première attaque, qui voit Tippi Hedren s’échouer sur l’île d’une ville paumée en périphérie de San Francisco (ressemblant davantage à un village écossais) pour offrir des oiseaux à la fille de l’homme en question. Avant d’accepter de la voir louer une barque qu’elle accoste seule puis rame de ses talons hauts et tailleur court. On serait presque tenté de croire qu’elle est déjà habitée par les oiseaux tueurs. A la manière des profanateurs de sépultures. Elle est guidée par une force invisible vers le danger. A l’image de la séquence d’évacuation de l’école. C’est une sorte d’instrument de la rébellion et donc forcément liée (la radio le confirme un moment donné) à faire de la ville l’épicentre d’une épidémie planétaire. Autre chef d’œuvre inépuisable du Maître, hallucinant film apocalyptique, mise en scène à tomber par terre de la première à la dernière seconde, tout en blocs de séquences très étirées avec cette sensation de garder longtemps dans les oreilles après visionnages ces bruits stridents des oiseaux. Le blu-ray est à se faire dessus, vraiment, j’ai flippé ma race comme lors de la première fois. Le dernier plan est une baffe à lui tout seul.

Un coeur en hiver – Claude Sautet – 1992

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Les sentiments.

   6.0   J’aime assez. C’est un bon Sautet, mineur mais bon. J’ai toujours un problème avec Auteuil bien qu’il campe ici un personnage fascinant, luthier dépourvu de sentiments. Le film suit sa rencontre avec la compagne violoniste de son meilleur ami dont on croit qu’ils s’amourachent mutuellement. Le chant contre le silence. La passion contre le marbre. C’est déstabilisant et finalement complètement sombre. Le plus désespéré des films de Sautet je pense. Même s’il lui manque tout de même quelque chose, enfin disons qu’il est loin d’égaler ses chefs d’œuvre.

Les amants passagers (Los amantes pasajeros) – Pedro Almodovar – 2013

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Y a t-il un film dans l’avion ?

   1.0   Epouvantable. Je m’y attendais mais à ce point, peut-être pas. Je me rends compte que Almodovar m’emmerde prodigieusement qu’il fasse ça ou le précédent. Je n’ai même plus envie de revoir certains de ses anciens films que j’appréciais, ça ne m’intéresse vraiment plus du tout. Voilà, c’est probablement la dernière fois que j’écris sur son cinéma.

Maradona – Emir Kusturica – 2008

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Bête sans être méchant.

   3.0   C’est fou car j’ai regardé ça pour Kusturica, pas pour Maradona. J’ai aimé (et j’aime toujours un peu, j’imagine) certains films du Serbe, comme Underground ou Le temps des gitans. Je portais au pinacle ce dernier, fut un temps. Et à l’arrivée je ne déteste pas pour Maradona, et non pour Kusturica. En effet je trouve ça cinématographiquement indigent mais le personnage au centre me fascine, moins footballeur qu’activiste d’ailleurs. Il est dingue, drôle, bête, les deux vont bien ensemble, c’est cohérent. Et les deux font vraiment n’importe quoi à l’heure actuelle. Presque sans intérêt donc. Mais ça vaut le coup de voir autant de bêtise réunie, franchement.


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