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Les oiseaux (The birds) – Alfred Hitchcock – 1963

23.-les-oiseaux-the-birds-alfred-hitchcock-1963-1024x553Les nouveaux monstres. 

   9.0   En revoyant Les oiseaux aujourd’hui on se dit inévitablement que c’est le père d’un certain cinéma catastrophe, apocalyptique, autant dans sa mécanique et ses motifs que dans sa construction. Et peut-être aussi parce qu’il est plus facile aujourd’hui d’effectuer un parallèle terroriste quand on a souvent évoqué dans les diverses analyses autour du film cette évidente parabole de la Genèse. Les oiseaux chez Hitchcock ont cette particularité d’attaquer progressivement, d’abord en tant qu’élément isolé (la séquence de la barque) puis en meute voire en espèces mélangées. Le cinéma nous habituera très vite aux créatures les plus terrifiantes, souvent en environnement humide (Requin, piranhas, orque) ou fantasmatique (Gremlins, Godzilla, Kong). Hitchcock choisit simple, il choisit l’oiseau, un animal de notre quotidien, un élément du décor. Et il choisit un lien sécurisé, en apparence tout du moins. Et le film se déroule intégralement de jour bien qu’il semble lentement glissé vers la pénombre jusqu’à ce magnifique plan post-apocalyptique final. Le tout sans musique. Zéro musique. La seule musique du film sont les cris intempestifs des volatiles, durant leurs périodes d’attaque. Le film démarrait d’ailleurs dans ce même bruit mais sans encore la présence d’un danger concret, dans une oisellerie. Comme Psychose, trois ans plus tôt, dénudait d’entrée le corps de Janet Leigh, douce prémisse de la future séquence de douche. Le film démarre pourtant presque façon Love story légère, sur la rencontre d’un homme et une femme. C’est l’orgueil du jeu qui guide cette rencontre, avec laquelle le film s’ouvre. Elle fait semblant d’être l’employée du magasin, lui feint de la prendre pour l’employée qu’elle prétend être. Les oiseaux au centre – des oiseaux d’amour – les inséparables deviennent l’instrument de cette rencontre. C’est comme si cet anodin péché allait être la cible d’une répression improbable. C’est d’ailleurs ce qui guide le film, l’improbable. Il faut en effet être solide pour accepter tous les soubresauts du scénario pré première attaque, qui voit Tippi Hedren s’échouer sur l’île d’une ville paumée en périphérie de San Francisco (ressemblant davantage à un village écossais) pour offrir des oiseaux à la fille de l’homme en question. Avant d’accepter de la voir louer une barque qu’elle accoste seule puis rame de ses talons hauts et tailleur court. On serait presque tenté de croire qu’elle est déjà habitée par les oiseaux tueurs. A la manière des profanateurs de sépultures. Elle est guidée par une force invisible vers le danger. A l’image de la séquence d’évacuation de l’école. C’est une sorte d’instrument de la rébellion et donc forcément liée (la radio le confirme un moment donné) à faire de la ville l’épicentre d’une épidémie planétaire. Autre chef d’œuvre inépuisable du Maître, hallucinant film apocalyptique, mise en scène à tomber par terre de la première à la dernière seconde, tout en blocs de séquences très étirées avec cette sensation de garder longtemps dans les oreilles après visionnages ces bruits stridents des oiseaux. Le blu-ray est à se faire dessus, vraiment, j’ai flippé ma race comme lors de la première fois. Le dernier plan est une baffe à lui tout seul.

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