Winter sleep (Kış Uykusu) – Nuri Bilge Ceylan – 2014

winter-tt-width-604-height-401-crop-0-bgcolor-000000-nozoom_default-1-lazyload-0L’attente des hommes.

   4.0   Il aura fallu attendre la présidence cannoise de Jane Campion, palmée il y a vingt ans pour son plus mauvais film, pour voir remettre enfin la distinction suprême à Nuri Bilge Ceylan, pour son moins bon film. Cqfd. J’exagère à peine tant je trouve (au moins durant deux heures) le film ampoulé, emprunté, hyper écrit. Winter sleep n’est que longs tunnels de dialogues mis en scène à la festivalière. Franchement on dirait parfois presque un film de Farhadi, un cinéma de scénario en somme plus qu’un nouveau voyage à la Uzak. Alors je n’enlève pas le savoir faire du cinéaste turc principalement dans l’étirement, ce qu’il fait de mieux, mais pour la première fois je le trouve mal intentionné dans sa gestion temporelle, ses crescendos ainsi que dans la mise en place du silence. C’est trop contrôlé, trop pensum, il n’y a pas d’exaltation. Je crois surtout qu’il y a trop de dialogue, point. N’est pas Bergman qui veut – On pense beaucoup à Scènes de la vie conjugale. Paradoxalement, la plus longue séquence du film est la plus réussie car tout se joue sur un lent et subtil glissement vers le malaise. Mais impossible d’occulter le reste. J’ai trop souffert. Car si je tenais à ce cinéaste (mais Les trois singes avait déjà tiré l’alarme) c’est avant tout pour la moiteur, l’agonie, tout en subtilité de ces voyages qu’il s’appropriait. Istanbul sous la neige, une plage de la cote, des routes anatoliennes nocturnes, chaque fois, chaque lieu était investi d’une telle volonté de construire un récit parfaitement en adéquation avec son ambiance. Là ça ne marche plus très bien, déjà les trois quarts du film sont en intérieur, je ne crois pas que c’est ce qui lui sied le mieux. Pourtant au départ, Ceylan, la steppe, 3h15, j’étais plutôt confiant. Mais honnêtement et ça me coûte de le reconnaître, il ne m’en restera rien sinon l’ennui procurée par cette projection qui m’a semblée deux jours. Je pense que Ceylan pense autant à la palme qu’Angelopoulos quand il fait L’éternité et un jour. Il veut embrasser la fresque : Raconter l’amour, raconter l’argent, le couple, la solitude. Le film semble parfois être un remake de L’argent de Bresson mais devrait s’appeler Argent, comme Haneke avait fait Amour. Ce n’est pas nul mais c’est surfait, très palme avant l’heure, ça impressionne plus que ça n’embarque. Et puis les personnages sont insupportables. Le personnage central encore plus que les autres et l’acteur est exténuant, sorte de fusion entre Laugerias et Arditi que tu voudrais baffer chaque fois qu’il parle ou sourit. Immense déception, donc. D’autant plus pour les Dardenne, qui méritaient plus que n’importe quelle autre fois et plus que ce gros machin impersonnel, la haute récompense.

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