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Archives pour 19 septembre, 2014

Fargo – Saison 1 – FX – 2014

28.-fargo-saison-1-1024x767Parasite murder.  

   7.0   Qu’allait être ce nouveau show FX produit par les Coen, arborant le titre du chef d’œuvre des frangins ? J’étais fébrile mais plutôt confiant, d’autant que j’en avais entendu beaucoup de bien. Et je savais Fargo capable d’aller plus loin, j’ai toujours trouvé que c’était un film qui en gardait sous la pédale, à bon escient. J’aime sa sécheresse, son caractère elliptique, ses mystères. Mais pourquoi pas. Un peu plus de folie, de cinglés, d’absurde, de neige (il m’en faut peu je me rends compte).  Sur bien des points, la série a comblé mes attentes. Pas haut la main, mais à l’aise, disons, par petites touches. Déjà il faut dire qu’on a là une création de qualité, soignée, post Breaking Bad, en somme. C’est ambiant, subtil et jouissif comme on aime. Avec en chef de file des bonnes idées, un méchant hallucinant, sorte de monstre doux, en roue libre. Tu voudrais soit changer de trottoir en regardant tes pieds ou lui faire un câlin tellement il est génial, c’est selon. Immense Billy Bob Thornton. A lui seul la série tient désormais une place de choix dans les polars dingo. Il y a d’ailleurs lui et les autres, c’est un constat un peu désarmant mais c’est ainsi. On le cherche beaucoup au début. Après, il y a surtout deux séquences marquantes : Une lente poursuite dans un brouillard bien épais et une fusillade hors champ. On peut trouver ça clinquant, moi j’adore. Je trouve que la série, dans ces instants violents et détachés (ajoutons-y la scène de l’ascenseur) s’extirpe parfaitement de la zone de confort que le film lui offre trop volontiers. Il y a aussi une discussion entre Lorne Malvo et le gérant du restaurant, Lou Solverson. L’écriture y est sublimée. Malgré la belle impression qu’elle me laisse, je trouve que la série avec ces éléments mis bout à bout, souffre de la comparaison avec un True Detective, autre anthologie sortie cette année, bien qu’une fois encore je me répète, je trouve ça largement qualitatif. Mais sans doute pas assez radicale à mon goût je pense, trop certain de son impact, manque de prise de risque, trop explicative aussi, cartésienne. True Detective était imprévisible et déceptif, c’était sa force. Fargo est imprévisible, certes, mais reste confortable. Pas suffisamment fou pour susciter la fascination. Je conseille néanmoins à tous d’y jeter un œil. Encore davantage à ceux qui n’adorent pas le film des Coen d’ailleurs.

Un village français – Saison 4 – France3 – 2012

UN VILLAGE FRANCAIS

Il était une fois en France.  

   8.0   La série continue sur sa lancée, proche de l’excellence, bien qu’elle adopte ici une construction tout à fait étonnante. Il y a comme deux saisons en une. Deux parties bien distinctes avec les six premiers épisodes (couvrant la période du 21 au 24 juillet 1942) centrés majoritairement sur l’école de Villeneuve dans laquelle sont placés les juifs en attendant leur déportation. Puis six épisodes suivants (8 au 12 novembre 1942) évoquant surtout les divers actes de résistance entre mouvement gaulliste, communistes et opérateurs radio. Partie absolument fascinante (sans doute ce que la série a réussi de mieux jusqu’ici) construisant un crescendo d’angoisse (mettant en parallèle les réunions résistantes et les tentatives d’interventions policières) jusque dans son épisode final ahurissant.

     Concernant les personnages, il y a beaucoup d’évolution. Entre ceux qui restent, ceux qui s’effacent, les autres qui prennent en consistance et ceux qui disparaissent momentanément. Les trois années sous l’Occupation racontées sous forme d’ellipses, creusent avec brio chaque individualité. Marchetti par exemple, le petit inspecteur à gerber, est devenu un personnage irremplaçable, délogeant même Daniel Larche de son trône. Immense raclure qui commence à être rongé par une culpabilité convoquée par ses sentiments envers une jeune juive qu’il tente de mettre à l’abri. C’est lui qui offre à cette fin de saison une toute dernière séquence absolument déchirante.

     C’est la réussite de cette série que de continuellement faire évoluer ses protagonistes, coincés dans une cage ouverte, pour une durée incertaine, jamais blanc ou noir mais inéluctablement dans la transformation car ce sont des personnages du présent, ils n’ont pas notre conscience des tenants et aboutissants. Rarement autant de nuances n’auront été apportées dans le traitement de chaque entité. Bon, il y a bien d’infâmes pourritures irrattrapables, comme la mère Schwartz et le nouveau maire, que tu voudrais voir crever plusieurs fois si c’était possible, mais ils ne sont pas sur écrits, ils semblent seulement symboliser ce qui devait se faire de pire dans l’arrivisme et la suffisance bien française.

     Mais c’est surtout un beau document sur la France occupée et les groupes de résistances en marge, le plus beau vu jusqu’alors, depuis le Lucie Aubrac de Claude Berri, la distinction c’est que le Village et ses noms sont eux entièrement fictifs. La série continue donc d’écumer l’Histoire en éludant les poncifs. L’idée est de rester dans cette ville, fictivement appelée Villeneuve, d’avoir des nouvelles de la France par la radio, les résistants ou les policiers mais jamais autrement. L’image ne sortira jamais de Villeneuve. Il est donc beaucoup question du pacte germano-soviétique, d’impressions de tracts, les parachutés depuis Londres mais on ne parlera jamais de rafle ou de camp. Tout juste sont évoqués Drancy et Varsovie, mais en acceptant que ces destinations nommées n’aient pas le même écho pour nous que pour les personnages.

     A part ça, je continue d’adorer Richard Sammel. Il a beau souvent joué des rôles de nazis, c’est fou ce qu’il peut être terrifiant avec son parlé très lent, très articulé, très ironique. La séquence où il se trouve au restaurant avec Hortense Larché est un sommet de monologue abject tout en décontraction forcée. Son personnage plus que l’acteur lui-même d’ailleurs, est d’une richesse incroyable. Et que dire des rôles de résistants ? Marie Germain, Marcel Larché, Albert Crémieux… Jamais la série n’aura été si généreuse, si substantielle. Bref, c’est un indispensable. Quatre saisons de très belle tenue. Et dire que j’ai la cinquième sous le coude…

Maison close – Saison 1 – Canal+ – 2010

26. Maison close - Saison 1

Bande de filles.  

   4.0   J’y ai cru le temps d’un épisode pilot réussi. Enfin, réussi, disons plutôt prometteur, qui définit bien les enjeux de la série, une plongée à la fois riche et limpide, en édulcorant ce que je craignais le plus à savoir une mise en scène bien tape à l’œil et des dialogues sur écrits façon Braquo. La patte Canal qui me révulse. Chassez le naturel… Le problème par la suite c’est que la moitié des intrigues sont bâclées, on s’éparpille, on se la joue à l’américaine sans en avoir les épaules. Alors c’est loin d’être honteux, il y a des séquences intéressantes (qui auraient dues être saisissantes) mais tout est noyé dans le flot d’un show bien trop prévisible et sage.


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