Aurelia Steiner (Melbourne) – Marguerite Duras – 1979

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Saisir les interstices.  

   8.0   C’est ma première vraie incursion dans le cinéma de Duras. J’ai vu Hiroshima mon amour dont elle est scénariste ainsi que diverses adaptations de ses écrits mais jamais jusqu’ici je n’avais vu une de ses réalisations. J’ai beaucoup lu Duras, C’est probablement ce que j’ai lu de plus beau, ce qui m’a le plus inspiré. Aurélia Steiner a 18 ans et vit chez ses parents qui sont professeurs, voilà ce qu’on apprend en toute fin de métrage. Avant, cette femme (la voix de Duras) lit une lettre qu’elle semble avoir écrite pour un homme, pour nous, pour tous. Une lettre dans laquelle les mots se succèdent, comme des pensées, racontent le présent, un fleuve, un jardin, un chat, convoque le passé, les camps de concentration. C’est la lettre d’une fille juive, peut-être une fille de déportés. Une lettre sur la mort. La mort du chat fusionne avec celle des camps. C’est une voix off de lecture un peu à la manière de Chantal Akerman dans News from home. Ce n’est pas New York que l’on voit mais Paris, enfin seulement la Seine, ses ponts et ses berges que l’on observe de cette péniche qui nous guide, nous fait glisser sur le fleuve, langoureusement, entre le clapotis des eaux et le brouhaha des ponts. Un voyage vers un océan. Un océan de mort. C’est la mort dans les mots, la vie dans l’image. Un combat contre la résignation et l’oubli.

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