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Archives pour 23 octobre, 2014

Leviathan (Левиафан) – Andreï Zviaguintsev – 2014

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La maison et le monde.

   7.0   Quitte à donner la palme à un film austère, ce n’était pas à Ceylan qu’elle devait échoir, pour son lénifiant Winter Sleep mais à Zviaguintsev. Léviathan est un très beau film, dans la continuité de son cinéma, qui avait néanmoins perdu un peu de sa magie avec Elena. Je ne suis pas super convaincu par le début du film, bien que je reconnaisse qu’il faille en passer par là et de cette manière-là pour pouvoir se prendre la suite dans la tronche. C’est trop maîtrisé, trop écrit, trop politique. L’espace – et quel espace ! – n’a plus sa place, le cinéaste privilégiant ses longues séquences dialoguées, majoritairement noyées sous l’alcool qu’il ne vitalise pas vraiment par sa mise en scène, saccadée de champ/contrechamps épuisants. Syndrome Winter sleep dans ces instants là. Et puis le film glisse insidieusement. Lors de ce fameux pique-nique et ces tirs à la carabine. Une fois pleinement resserré sur l’intimité familiale et /ou individuelle, toute la puissance d’anéantissement du récit se révèle dans une tragédie absolue. Tout devient très beau, impressionnant et terrifiant. L’une des plus belles pièces de Glass, Akhnaten, prélude, achève d’offrir toute son ampleur tragique à ce film somme qui lévite véritablement. La musique de Glass, ouvrant (d’entrée ça fait peur, on se dit encore, c’est pas possible) et fermant le film est plutôt bien utilisée – Sa plus belle utilisation à mon avis avec le Koyaanisqatsi de Reggio. Deux utilisations complètement différentes pourtant mais les seuls à le faire ainsi ce qui prouve qu’il n’y a pas trente-six manières de mettre en scène Glass dans un film. Un début et une fin, où seuls des paysages grandioses se succèdent – à la Malick – comme autant de marqueur d’une tragédie trop grande pour être comprise, absurde à l’excès comme cette consommation de vodka. L’éclipse d’Antonioni rode pas loin. Et l’émotion surgit alors, brillamment – la marche de la femme vers les falaises, l’apparition d’une baleine. Il y a une grandeur dans le cinéma de Zviaguintsev, à l’image de cette église à la fin qui se vide pour laisser s’en aller un cortège de 4×4 noires, qui te glace les sangs. Avec en filigrane cette absurdité de l’ami avocat venu sauver ce lieu des griffes du Maire, qui finira par lui-même indirectement l’anéantir. Le cinéaste filme ces lieux comme un monstre qui engloutit tout dans le silence, bien aidé par des institutions corrompues. La séquence de la grue et tout ce qu’elle représente restera pour moi comme l’une des images les plus fortes vues sur un écran cette année.

Le grand embouteillage (L’Ingorgo : Una storia impossibile) – Luigi Comencini – 1979

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   6.5   Je trouve la première partie du film relativement faible. Disons que ça cabotine beaucoup trop d’une voiture à l’autre (sauf Depardieu et Tognazzi, aussi étrange que cela puisse paraître) et les situations sont quasi cartoonesques, en vignettes mal montées tout du moins et surtout le film semble adopter une légèreté forcée même si on le sent guetté (dès le générique) par le drame. Le vieux couple (Annie Girardot et Fernando Rey) est sans doute le portrait le plus subtil du film de Comencini pour évoquer cette désagrégation générale. Ainsi que ce match de football que l’on suit à la radio dans chacune des voitures. Mais j’ai surtout été marqué par le lieu dans lequel se déroule l’action du film, cette route sans issue, où les corps et leurs cercueils mobiles s’entassent dans une Rome en ruines. Là une triste usine, ici un chantier à l’abandon, là une maison terrifiante. C’est un beau décor. Puis il y a un basculement puissant. Un truc infâme. Et le film devient complètement sombre, fou sans en faire trop, il devient même très émouvant (cette main tendue à travers la vitre, ce monologue d’une mère sur la narcolepsie de son fils). Au final j’aime donc le film, aussi pour sa mise en scène qui même si pas toujours super inspirée, choisi ce cadre bizarre, cette route infinie bordée par un pont abandonné et une casse de voitures. Le symbole clignote d’abord mais ensuite je trouve que ça offre quelque chose d’assez fort dans la représentation de l’aliénation des Hommes, de sa désagrégation globale. Un vrai film de Zombies, en somme.

Yves Saint Laurent – Jalil Lespert – 2014

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   4.5   C’est pas mal, soigné, gracieux, mais je l’ai déjà oublié. Vivement celui de Bonello. On sent que Jalil Lespert veut faire un biopic et il le fait plutôt bien, là-dessus aucun problème, mais sans que ça déborde ou s’embrase pour autant. Et puis ce n’est in fine pas un film sur YSL mais sur la relation entre YSL et PB. Alors pourquoi pas après tout, mais personnellement j’en veux davantage dans ce cas de passion, de douleur, de folie…


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