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Archives pour 3 novembre, 2014

Saint Laurent – Bertrand Bonello – 2014

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Y est seul.

   7.0   J’en attendais tellement que presque comme attendu je suis un peu déçu. Alors bon d’accord c’est cent fois mieux que l’autre sorti en début d’année, il n’y a même pas photo, en une scène la différence est évidente. C’est un beau film de metteur en scène, qui dépasse le simple cadre du biopic, dilapide le portrait. La première séquence annonce le programme à venir, saisissant Yves Saint Laurent de dos empruntant Swann pour pseudonyme, seul dans un immense hall d’hôtel – où il ne vient pas travailler mais dormir, dit-il – que le plan sacrifie et triture par une multitude de lignes de fuite monstrueuses, ainsi qu’une infinité de sources lumineuses, avant d’enfermer l’ombre du couturier dans une chambre semblant croquer la ville entière. Il y a plus de cinéma dans ces quelques plans introductifs que dans tout le film de Jalil Lespert.

     Mais justement, je trouve que le film est sublime durant un bon moment, je ne sais pas trop combien de temps, peut-être une heure puis il se délite peu à peu, d’abord invisiblement puis via l’entrée en scène de Jacques de Bascher. Enfin pas dès son entrée – sublime scène de boite avec ce jeu de regards et ses travellings érotiques – mais ensuite où tout va un peu vite. Bonello veut caler sa mise en scène sur les errements de YSL mais ça ne lui va pas très bien. Tout le début où l’on suit scrupuleusement le quotidien du couturier là c’est du Bonello pur jus (description précise, plongée dans un univers mental, inventivité formelle subtile) mais après ça l’est moins. Ce n’est pas convenu – en tant que biopic – mais ça déroule sans fulgurances, sans émotion. Le film est complètement écartelé à l’image de son personnage. Il est tout comme lui : sublime et grotesque, vibrant et décadant. Suffit d’évoquer ce split screen équivoque où les saisons défilent avec d’un côté les événements politiques et de l’autre une succession de défilés arborant les collections du couturier.

     Bonello soigne à merveille toutes les premières entrées puis elles se lissent d’elles-mêmes dans un ensemble ordinaire, familier, banal. Fondues dans l’univers du couturier, inexorablement monstrueux. Saint Laurent ébahi devient vite Saint Laurent ailleurs, déconnecté en permanence. Il faut qu’on l’ait cru mort – superbe dernière séquence – pour qu’un sourire radieux n’éclaire son visage. Avant de sans doute rapidement s’effacer, évanescent. L’histoire d’un génie à la fois pionnier et esclave de son époque. Un homme qui devient une marque. Un homme en quête de son propre reflet. Eternel insatisfait. Saint Laurent devient souvent le film proustien par excellence.

     Mais c’est lorsqu’il effectue ces trouées temporelles avec le YSL vieux que c’est un peu raté – montage alterné foireux, d’une extrême lourdeur, alors qu’il avait merveilleusement réussi cela dans L’Apollonide dans une superbe scène finale. Resteront quelques belles séquences sur la fin comme le split screen agencé comme un Mondrian mais le film ne saisit plus, on admire par petites touches et c’est tout. Finalement, ma plus grande émotion fut de retrouver bon nombre des filles de L’Apollonide qui auraient comme voyager dans le temps, sauter d’un film à l’autre – un peu comme chez Rohmer. Je le répète j’ai beaucoup aimé. Surtout l’idée de voir un Yves Saint Laurent par Bertrand Bonello – Comme on avait Marylon Monroe par Andy Warhol. C’est ce qui m’intéresse le plus. Mais le cinéaste a déjà mis la barre tellement haute auparavant, dans sa capacité d’immersion et sa puissance émotionnelle, que la déception semblait quasi inévitable.

My Childhood / My ain folk / My way home – Bill Douglas (1972->1978)

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Les trois coups.

   7.0   My childhood est un sublime premier morceau. Quelque part entre Le Petit fugitif et Les quatre-cents coups mais en plus âpre et radical avec une inventivité visuelle fabuleuse, un noir et blanc magnifique, un dernier plan incroyable.

My ain folk est moins fort que le précédent mais dans la même continuité thématique et esthétique. Il y a cependant quelque chose d’hyper mal aimable dans la mise en scène de Bill Douglas, je ne saurais dire quoi, son côté british peut-être, qui navigue finalement pas si loin du cinéma de Ken Loach, l’autobiographique en plus.

My way home constitue le dernier volet de la trilogie de l’enfance de Bill Douglas qui se ferme sur un épisode beaucoup plus ouvert que les deux précédents qui étaient beaux mais très austères – Les cinq ans d’écart semblent jouer. On ressent ici davantage l’esprit Truffaldien (évidemment on pense beaucoup à Doinel) mais sous une forme toujours Bressonienne.

C’est dingue de se dire que ce type ne fera que ça, cette trilogie et dix ans plus tard un film fleuve de 3h, Comrades et c’est tout. Je ne suis pas très inspiré pour en parler mais je voulais en toucher deux mots car c’est une très belle découverte.


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