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Archives pour 24 janvier, 2015

White material – Claire Denis – 2010

29.-white-material-claire-denis-2010-1024x637Vaincue par la brousse.

   6.5   L’élément qui traverse le cinéma de Claire Denis, qu’il surgisse dans l’ostentatoire ou la pure abstraction, c’est le désir de vaincre, de s’engager, de combattre. Dans la maitrise comme dans l’abandon. Un vrai désir de metteur en scène, en somme. Rarement nous avions eu le sentiment devant l’un de ses films de la voir se superposer, littéralement, à son personnage. Processus volontiers commandité lors de sa mise en relation avec Marie Ndiaye, avec laquelle Claire Denis coécrit White material, s’appuyant sur l’identité de ce compagnon de route, sa propre identité (La cinéaste ayant vécu son enfance au Cameroun) et sur un récit de Doris Lessing.

     Découvert en salle à l’époque où le cinéma de Claire Denis m’était encore quelque peu hermétique – Je me souviens avoir été aussi beaucoup décontenancé l’année précédant la sortie de White material, devant 35 Rhums, auquel je voue depuis un culte) – j’avais néanmoins gardé beaucoup de ce film, entre bribes d’images tout en violence sourde et attirance paradoxale – ce qui anime clairement le personnage de Maria (Isabelle Hupert) – et l’ambivalence d’un récit puissant et déstructuré. Des gestes dans la nuit, de douloureux voyages sur des chemins infinis, des armes, une blessure, un bras d’honneur à des soldats dans un hélicoptère, une abnégation hors du commun. Souvenir sans structure mais souvenir fort.

     Entre l’histoire d’un pays plongé en pleine guerre civile, celle d’une femme patronne d’une plantation de café depuis toujours qui ne veut surtout pas lâcher sa dernière récolte, d’un fils en pleine crise de mollesse qu’il contre en s’incarnant alors au sein d’un soulèvement rebelle, d’un beau-père mystérieux et figure absolu de la racine du mal (Convient très bien à Michel Subor), d’enfants-soldats armes au poing qui finissent de symboliser l’union contre la domination ainsi qu’une certaine trace indélébile de désespoir, le film, perdu dans une spirale, temporelle (absence de linéarité, redondance de l’ellipse) et spatiale (plantation, chemins, forêts, villages restent à l’état d’abstraction) est aussi beau que froid. 

     Ce qui me touche profondément dans le cinéma de Claire Denis c’est la distance avec le récit et la densité, parfois lancinante parfois soudaine, de la présence corporelle. J’ai le sentiment que White material pense l’inverse ce qui brise l’équation habituelle. Il raconte plus la défaite, l’idée d’appartenance, la collision des mondes, la fragilité des rapports qu’il ne les incarne. C’est un film qui me fascine (Avoir eu envie de le revoir est un signe suffisamment parlant) et continuera de me fasciner, parce qu’il embrasse un vertige dont  seul Claire Denis a le secret, tout en ellipses et ruptures stimulantes, ce qui n’empêche pas qu’il restera à ce jour son film qui me séduit le moins.

S’en fout la mort – Claire Denis – 1990

20. S'en fout la mort - Claire Denis - 1990Les intrus.

   6.0   La caméra de Claire Denis s’installe dans un gourbi des Halles de Rungis ainsi que dans un bistrot dans lequel se déroule clandestinement et quotidiennement, ou presque, des combats de coqs dans une arrière salle. Au moyen d’une économie de plans descriptifs, le film impose sa respiration (qui sera celle de l’auteure en devenir), ses lumières, ses résonnances, le danger qui y nait, y loge, y stagne dans le moindre de ses recoins. Le cinéma de Claire Denis livre d’emblée son état de transe, à la fois sculptural et sensuel, où le récit lui-même se fait dévorer par la grâce des mouvements et la matière indomptable des images. Dah (Isaach de Bankole) et Jocelyn (Alex Descas) y croisent la route d’un restaurateur mafieux (Jean-Claude Brialy) dans le seul but de survivre, persuadés d’avoir dégoté la bonne affaire, accompagnés de leurs coqs combattants qu’ils préparent au spectacle. L’un vient du Bénin, l’autre des Antilles. Un aiguillage parmi tant à l’image de White material vingt ans plus tard, partageant l’idée commune d’une enfance africaine hors champ. Un cinéma alors encore en pleine gestation, qui ne s’abandonne pas tout à fait mais qui est déjà traversé de signes forts, d’élans aériens, abstraits dont seul Claire Denis détient les clés. Cinéma tout en vibrations, pulsations, parcouru d’une énergie trouble et vénéneuse. J’aime infiniment Claire Denis mais ce film-là me laisse un peu sur la touche malgré ses fulgurances. Et puis bon, les combats de coqs ce n’est pas non plus ma came. J’aime quand la cinéaste investit un cadre dont elle ne s’extirpe pas mais celui-ci m’étouffe beaucoup trop pour que je m’y abandonne entièrement.

Tip top – Serge Bozon – 2013

35.-tip-top-serge-bozon-2013

Top less.

   2.5   J’ai parfois cru que j’allais entrer dans sa supposée drôlerie, accepter cette mécanique absurde. Mais non, jamais, à aucun moment. Rien à voir avec La France très beau premier long métrage de Bozon. Difficile d’aller au bout et pourtant je trouve cela audacieux, enfin je n’ai vu ça nulle part je crois, dans sa globalité je veux dire. Pris à la scène ça me fait en revanche plus pensé à du Dikkenek qu’à du OSS (pour rester sur François Damiens que je trouve nul et polluant dans Tip Top) donc pas tip top quoi.

Dans la cour – Pierre Salvadori – 2014

dans-la-cour-23-04-2014-3-g   5.5   J’aime bien Les apprentis de Pierre Salvadori. C’est pour ce film que je suis allé voir Dans la cour et j’ai bien fait. C’est très bien. C’est l’un des films français les plus dépressifs que j’ai pu voir récemment. Et en même temps je n’avais pas autant ri depuis longtemps. C’est excellemment écrit, c’est élégant, inventif qu’on lui pardonne aisément les fautes de goût qui le parcourent, surtout vers la fin. J’étais aussi ravi de revoir Feodor Atkine – qui plus est en pleine rétro Rohmer.

Hitchcock – Sacha Gervasi – 2013

7761360135575   3.5   Absolument aucun intérêt mais j’ai de l’indulgence car c’est un biopic non pas sur la vie de Hitchcock mais sur Hitchcock faisant Psychose et sa relation avec sa femme. C’est le seul truc à retenir et c’est déjà pas si mal.


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