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La soufrière (La Soufrière, Warten auf eine unausweichliche Katastrophe) – Werner Herzog – 1977

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Le rebelle.

   8.0   1976. Alors que l’on avait évacué la quasi-totalité des habitants de Basse-Terre, en Guadeloupe, Herzog s’est pris de fascination pour cette ville soudainement abandonnée, menacée par l’éruption éminente du volcan qui la surplombe, La soufrière, crachant d’épaisses masses de fumées et faisant régulièrement trembler la terre. La catastrophe annoncée par les sismographes allait être équivalente à celle de cinq bombes atomiques. Herzog voulu filmer ces lieux dans lesquels ne régnait plus qu’un lourd silence ou les cris des animaux qui n’étaient pas encore mort de faim. Il tenta même de grimper plus haut accompagné de son cameraman mais fut freiné par des chemins sinistrés et des nuages de fumées charbonneuses. Il en profita alors pour approcher un homme qui avait refusé de partir, préférant à une fuite sans but, une mort apaisée sur ses terres, s’en remettant à dieu.

     En plein centre de son métrage, Herzog insère des images d’archives en évoquant une catastrophe similaire survenue au début du siècle en Martinique. Celle que provoqua l’éruption de la Montagne Pelée. Le danger à l’époque mal discerné, l’évacuation tarda et la catastrophe fit trente mille morts, détruisant intégralement la ville de Saint-Pierre. Mais au-delà de l’évocation de la tragédie, Herzog s’intéresse au seul homme qui avait survécu sur les lieux, au milieu d’une marée de corps calcinés et de bâtiments rasés. C’était un prisonnier, le plus dangereux de tous. Celui que l’on avait enfermé dans un si profond cachot que ça lui sauva la vie.

     C’est toute l’absurdité et la folie des Hommes auxquels s’est toujours intéressé le cinéaste qui est résumé dans ce fait improbable et cruel. Et toute cette dimension qui le fascine et le fascinera toujours, traduite dans ses futurs fictions et autres documentaires, sur la puissance inconnue et imprévisible de la Nature, quelle que sa forme soit. Une fascination inconsciente qui le pousse lui aussi à réaliser cet exploit invraisemblable de faire ce film sur une catastrophe inévitable qui n’eut finalement jamais lieu. D’être à son tour le dernier des hommes. Dommage qu’il encombre ses images (d’une puissance sans égale) de sa voix (en off, comme il sera coutumier) un peu trop présente. Hormis ce détail c’est un film extraordinaire. C’est tout le cinéma du cinéaste allemand qui est déjà là.

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