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Archives pour 16 février, 2015

Eastern boys – Robin Campillo – 2014

17. Eastern boys - Robin Campillo - 2014Cette fête dont je suis l’otage.

    7.5   Une gare et un appartement. Les deux premières longues séquences du film sont élaborées au sein de ces deux uniques lieux. D’un côté l’enclos ouvert, multiple, foisonnant et indomptable, quotidien de mouvement duquel soudain apparait une entité fixe, qui ne se déplace tout du moins pas comme les usagers, homme observant un balai d’échanges et de déplacements d’une bande de jeunes de l’est, scrutant du regard puis poursuivant physiquement l’un d’entre eux. Une attirance muette qui se conclut sous un escalator. C’est puissant. De l’autre côté une bulle fermée, statique, individuelle et silencieuse dans laquelle surgit une entité groupée puis une dimension (faussement) festive. Deux bouleversements insensés et étirés au sein de deux mondes très codés. Deux séquences en quasi temps réel d’une durée totale de 33 minutes. Le La est donné.

     Eastern boys aurait pu être dévoré par ces deux grands actes d’ouverture, qui occupent tout de même un tiers de film. C’est d’ailleurs ce que j’ai pensé quand le troisième chapitre fait retomber la tension. Pourtant, si la suite braque soudainement et ce à plusieurs reprises, la limpidité du récit ne s’en trouve aucunement altérée. C’est une histoire simple et complexe. Une histoire de désir, mise en scène avec une telle audace, franchement, que ça file le vertige. A part si elle échoit à Bonello je ne vois vraiment pas à qui d’autre l’on pourrait remettre un prix de mise en scène aux Césars. Mais bon, ne nous affolons pas, le film repartira bredouille hein. Même Ferran, avec Bird people, autre film caméléon de 2014, si elle tentait pas mal de choses en ratait beaucoup trop pour provoquer la sidération d’un Eastern boys.

     Campillo assume lui la totalité de ses partis pris sans aucun compromis, à tel point que son film est souvent très déstabilisant flirtant même avec un certain hermétisme sans jamais toutefois y tomber. C’est vraiment bluffant. Je trouve cela dit le film un peu prisonnier de ses intérieurs, comme s’il voulait passer en force, en métaphores et symboles, plus qu’il n’en a le besoin. C’est ce maigre reproche qui m’empêche de crier au chef d’œuvre. Mais bon, la démarche globale est tellement renversante et singulière que le film fascine aussi jusque dans ses imperfections. Je ne reviens volontairement pas sur la suite du film en détails, mieux vaut s’y abandonner pleinement, juste signaler que s’il dévie, bifurque à tout va, il conserve son homogénéité tout du long. Et puis je ne vois pas qui à part Campillo se serait permis de faire une fin pareille, aussi violente, puissante, élastique et controversée.

Jimmy P. (Psychothérapie d’un Indien des plaines) – Arnaud Desplechin – 2013

543447_10151656068697106_311351933_n     5.0   C’est à la fois une continuité et une rupture dans le cinéma de Desplechin comme l’avait été avant lui Esther Kahn. Et une rupture bienvenue dans le sens où Un conte de noël (que j’adore) flirtait un peu trop avec la redite des précédents. Pas un grand film de mise en scène ici mais un film à la mise en scène transparente ce qui n’est déjà pas négligeable – chose que Cronenberg échoue dans A dangerous method. On parle donc beaucoup, on raconte puis on analyse mais il n’y jamais ennui, c’est intéressant sans être passionnant deux heures durant. Sans doute son film que j’aime le moins mais c’est tout de même pas mal.

Mon âme par toi guérie – François Dupeyron – 2013

23. Mon âme par toi guérie - François Dupeyron - 2013     4.5   C’est pas mal, parfois même assez émouvant au détour de deux ou trois séquences, mais dans l’ensemble c’est tout de même hyper mécanique, ça ne déborde jamais, on est à la lisière du fantastique sans jamais y entrer, c’est un film à la lisière de tout d’ailleurs, du coup il n’y a pas de vraie identité. Et puis en terme de mise en scène c’est absolument atroce, tous les passages rêvés en noir et blanc sont ridicules, tous les effets de plongées contre plongées inutiles et cette surexposition permanente parce que tu comprends il y a de la grâce donc le soleil brille car dans le fond c’est un film solaire, non merci.

Elysium – Neill Blomkamp – 2013

36. Elysium - Neill Blomkamp - 2013     4.5   Pour la subtilité on repassera. Pour l’efficacité contrat rempli, d’autant que j’avais pile envie de voir ça à ce moment précis. Mais bon tout est archi téléphoné hein, hyper programmatique d’un bout à l’autre, zéro surprise. Je n’étais pas fan du précédent film de Blomkamp, District 9, mais au moins il y avait une identité, là c’est un film qui aurait pu être fait par n’importe quel tâcheron bankable.


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