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Archives pour février 2015



Passe ton bac d’abord – Maurice Pialat – 1979

10341977_10152163919872106_7185381336830961109_n Sous la grisaille des dieux.  

   8.5   Superbe. J’avais oublié que c’était si beau. Probablement l’un des plus beaux documents qui soit sur la jeunesse (de vingt ans) fin des années 70 dans le Nord de la France. Sorte de Nous ne vieillirons pas ensemble où le couple aurait été transposé au groupe. Et puis c’est très émouvant de voir Philippe Marlaud deux ans avant La femme de l’aviateur. Le pauvre, ce seront ses deux seuls rôles (Pialat et Rohmer) puisqu’il disparut en 1981 à l’âge de 22 ans dans des circonstances épouvantables…

Hunger games – Gary Ross – 2012

10302159_10152185424372106_1768797226720311138_n Laideur royale.

   1.5   J’ai tenu une heure sans dormir. En détestant. Puis je me suis assoupi donc ça passait mieux, forcément. Je trouve ça un peu fasho sur les bords, très chiant et excessivement laid. Mieux vaut revoir Battle royale, qui n’était cependant déjà pas terrible mais qui avait ce mérite de proposer quelque chose formellement et de ne pas tomber dans le pur film d’ado en roue libre. Reste que ce film semble assez bien représenter un pan de la jeunesse d’aujourd’hui, mais pour faire ça, bon, voilà quoi. Je passe mon tour concernant le second volet.

Hitman – Xavier Gens – 2007

1504086_10151846495372106_213303736_n     1.0   Je m’attendais à un truc super nul et… c’est super nul. Ça m’a rappelé le truc de Mozinor sur les productions Besson : « C’est l’histoire d’un tueur qui protège une pute et qui roule en Audi et après il pète la gueule à un mec de l’est… »  Reste Olga, très belle.

Quelques jours avec moi – Claude Sautet – 1988

16316_10152350273337106_4368018241820470037_nL’amour par-terre.

   5.5   C’est un Sautet moyen dans l’ensemble. La première demi-heure est superbe, du pur Sautet, fascinant et magnifiquement écrit puis ça retombe et s’embourbe dans un truc chic et trop foutraque pour lui.

Black Mirror – Saisons 1 & 2 – Channel 4 – 2011 & 2013

45.-black-mirror-saison-1-1024x575The man-machine.

   6.0   Concernant la Saison 1 : Très marqué par l’épisode de lancement, son intensité, sa dureté, sa sécheresse. Moins par le second que je trouve plus calculateur même si très fort sur bien des points. J’avoue que le troisième (sur le couple) m’a mis une belle claque. Série anthologique plus qu’intéressante.

     Concernant la saison suivante : C’est du même niveau que la première saison, toujours passionnant, actuel, visionnaire, fulgurant et inégal. Les épisodes de l’une répondent d’ailleurs à ceux de l’autre, de façon inversée. Le premier étudiant la cellule conjugale sous l’angle de la perte, le dernier centré sur l’impact politique et médiatique. L’épisode central, malin ici encore, joue cette fois d’un caractère survival en pointant du doigt une société justicière. Il va de soi que tout cela est on ne peut plus pessimiste.

     Et puis la chaîne nous a offert il y a peu un épisode spécial Christmas, reprenant nombreuses trames échafaudées durant certains anciens épisodes de la série, en les nouant dans un récit à l’ampleur phénoménale, vertigineuse pouvant faire pâlir certains films de SF avisés. Jon Hamm, au casting, est prodigieux. Et la première demi-heure (l’épisode est relativement long pour du Black Mirror) est haut la main ce que la série a offert de mieux à ce jour. Enfin, tout l’épisode est fabuleux, la fin notamment – juste un léger bémol sur la partie centrale.

     Au-delà des récits, j’avoue ne pas être subjugué plus que cela par ce type de programme, sorte de succession de moyens métrages, en somme. L’anthologie dans l’anthologie, un procédé qui a ses limites. Mais bon, ça reste largement dans le haut du panier.

L’emprise – Claude-Michel Rome – 2015

38.-lemprise-claude-michel-rome-2015

L’un contre l’autre.

   3.5   Mon principal problème c’est qu’en tant que fait divers (Niveau Confessions Intimes) c’est typiquement le genre de truc auquel j’ai du mal à croire (Comment peut-on à ce point ne pas se respecter soi-même, se laisser avilir par quelqu’un, sans parler des conséquences sur les enfants ? Car ce n’est même plus qu’une question de violence, ce type était un véritable connard au quotidien. Bref ça me dépasse) alors transposé en fiction cela relève pour moi de la pure invraisemblance. Ensuite, je trouve que le film fonctionne un peu trop souvent à la saynète utile où ses personnages ne sont que des pantins au service d’un scénario bien ordonnancé. Chaque scène a son utilité, son instant important inside. On s’en remet alors à l’interprétation et il faut bien reconnaître que c’est du haut de gamme, tant mieux puisque la fiction compte beaucoup sur chacune de ses performances – Vuillemin et Testot assurent. Et il y a le montage parallèle qui me semble plutôt astucieux, parvenant à créer une dynamique intéressante. Pour le reste on stagne niveau téléfilm et on a déjà vu ça cent fois mieux (au cinéma) ailleurs (L’un contre l’autre, de Jan Bonny ; L’étrangère, de Feo Aladag ; Les nuits avec mon ennemi, de Joseph Ruben ; Sans parler de ce qui peut parfois apparaître chez Ray, Sirk, Scorsese ou Coppola). Mais c’est sûr dès que ça se plaque sur un bouquin, ça se bouscule au portillon. Et puis parlons de la forme, puisque c’est tout ce qui m’intéresse. Que l’on traite de la maltraitance conjugale ou que l’on filme un arbre, ce qui m’intéresse c’est comment on parvient à raconter une histoire. Là je trouve le film assez peu généreux, très pauvre narrativement et bâclé ontologiquement, on ne comprend pas vraiment ses enchainements et puis je ne m’intéresse à aucun de ces personnages. Concernant la musique Gladiator style c’est juste pas possible. Et ça l’est encore moins avec ces apartés musicaux chantés façon Nouvelle star sous forme de clips respiratoires, pour que tu chiales ta race voyons – Le sound of silence, qui n’est d’ailleurs pas celui de Simon & Garfunkel est à faire pleurer dans les chaumières. C’est vraiment un truc fait pour faire déculpabiliser la société de ne rien faire (la mise en scène du retournement final, on a vraiment l’impression que ça fait plaidoyer pour les avocats généraux) ainsi que moi, spectateur ignorant. Bon, ce n’est qu’un téléfilm mais après tout, Martha de Fassbinder et La maison des bois, de Pialat aussi à la base (Oui, j’aime régulièrement la sortir celle-là).

L’amour sorcier (El amor brujo) – Carlos Saura – 1986

33. L'amour sorcier - El amor brujo - Carlos Saura - 1986     6.5   J’ai littéralement été emporté par le souffle de ce mélo sous flamenco flamboyant, superbement mis en scène dans un décor qui rappelle certains films de Kurosawa.

Noces de sang (Bodas de sangre) – Carlos Saura – 1981

29. Noces de sang - Bodas de sangre - Carlos Saura - 1981     6.0   Beau film sur le corps en mouvement avec cette caméra qui apprivoise cette troupe dans ses préparatifs puis dans ses exercices d’entraînement avant de finir sur la représentation, le tout dans la continuité du réel.

La danse, le ballet de l’Opéra de Paris – Frederick Wiseman – 2009

07. La danse, le ballet de l'Opéra de Paris - Frederick Wiseman - 2009Corps inflammables.

   7.0   Qu’il investisse une salle de sport ou l’Opéra de Paris, Wiseman s’intéresse au fonctionnement du lieu, sa respiration, ce qui le fait exister quotidiennement ainsi qu’à ceux qui l’habitent et interagissent en son sein. Boxe (Boxyng gym, sublime) ou danse c’est la même chose. C’est un monde, duquel on ne s’extirpe pas, sauf au détour de quelques brefs plans de l’extérieur. Sa caméra entre dans les lieux et devient à la fois personnage et spectateur à part entière. Spectateur que l’on ignore et personnage ubiquiste devant lequel la vie dans l’établissement s’abandonne. Les répétitions, les représentations, les entrevues hiérarchiques, la partie administrative, les costumes, la cantine. Tout est scruté avec minutie, lentement, toujours à la bonne distance. Parfois, une répétition est entrecoupée de plans de couloirs vides ou de plans sur les toits de Paris. Respirer pour mieux y revenir. Les plans sont fixes, parfois longs, parfois très longs. Pas de cahier des charges à se coltiner. Il y a forcément un gros travail de montage en amont mais tout parait pourtant hyper spontané. C’est un assemblage de séquences découlant sûrement d’un nombre incalculable de rushs. La durée n’existe plus. ça pourrait être bref, ça peut tout aussi bien s’étirer à l’infini. C’est un opéra disséqué dans toute sa conception. Et c’est absolument génial.

Minuscule, la vallée des fourmis perdues – Hélène Giraud & Thomas Szabo – 2014

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Comme des bêtes muettes.

   4.0   J’ai une grande tendresse pour les minis histoires de cette franchise qui mise tout sur le rythme et le visuel puisqu’il n’y a jamais de parole. Malheureusement, comme attendu, sur un format long ça fonctionne beaucoup moins bien, c’est même très vite ennuyant.

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silencio


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