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Archives pour 17 mars, 2015

Le film que nous tournerons au Groenland – Sébastien Betbeder – 2015

groenland-3-e1466514204674Les compères.

   6.0   Voilà un drôle de film, un curieux projet parallèle, qui pourrait tout aussi bien être un pré making of ou quelque chose comme ça, voire une passionnante expérimentation de cinéma, aussi futile d’apparence soit-elle. Une discussion sur un film à faire. Au départ, c’est d’ailleurs un enregistrement pour France Culture. Au final c’est le film qui découle de cet enregistrement. Mais pas un docu calqué sur l’écoute, plutôt un film très découpé, écrit et travaillé. Un document hybride et déstabilisant qui m’a fait rire comme je n’avais pas ri au cinéma aussi rondement depuis longtemps. Depuis les apparitions du docteur Placenta dans La fille du 14 juillet, probablement.

     J’adore Thomas Blanchard, depuis Memory Lane. Il y a quelque chose dans son visage, une gravité mêlée à une sympathie mystérieuse que je trouve fascinante. J’étais heureux de le retrouver chez Betbeder. Je me disais même qu’ils auraient dû travailler ensemble avant tant ils vont bien ensemble, le jeu de l’un avec le cinéma de l’autre. Je l’aurais bien intégré dans 2 automnes 3 hivers, tiens. Bref, j’aime beaucoup cet acteur. Il y a du Patrick Dewaere en lui. Un Dewaere qui aurait fusionné avec Pierre Richard. Une sorte de miracle, en somme. Pourtant, j’ai fini par chercher partout l’autre Thomas. Encore plus ici que dans Inupiluk. Probablement parce qu’il est plus ici que dans Inupiluk. On est parfois presque dans un one man show spécial, il m’a fait rire le bougre. Et je n’étais pas seul, ma salle était hilare, sincèrement. Le truc sur Giraudeau, celui sur De rouille et d’os ou encore l’allusion à Jean Rouch, j’étais à deux doigts de tomber de mon siège, vraiment.

     C’est aussi la limite de ce film parenthèse (en complément de l’un et en attendant l’autre) de tout faire reposer sur la prestation sympathique et faussement improvisée de ses comédiens. Mais après tout, Herzog a bien fait Ennemis intimes, centré sur Klaus Kinski et c’est un très beau film. Certains trouveront donc ça vain et/ou nombriliste, suffisant, fourre-tout seulement pour se marrer voire même agaçant. Moi j’adore. Surtout en tant que complément de programme. Je trouve que c’est une autre manière d’appréhender le cinéma pour les acteurs, une autre façon de leur offrir la scène. C’est un peu Les valseuses tentent d’écrire un scénario, quoi. C’est fauché, gratuit, limité et ça fait un bien fou. Hâte de retrouver nos deux compères à Kullorsuaq qui s’annonce, mouillons-nous, comme le futur chef d’oeuvre de son auteur.

Inupiluk – Sébastien Betbeder – 2015

inupilukJ’ai toujours rêvé d’être un gangster.

   8.0   Après les beaux Je suis une ville endormie et 2 automnes 3 hivers (les deux seuls films que j’avais vu de lui) on savait Sébastien Betbeder fasciné par le mélange des formes. Il était quasi inévitable qu’il parvienne à ce point de rupture et de paradoxe que constitue Inupiluk dans la mesure où il est le parfait compromis entre le documentaire et la fiction, le document ethnographique (pour reprendre les mots de Thomas Blanchard, jouant Thomas) et la comédie potache.

     Au début, c’est une affaire de sms sur un smartphone, une fille qui ne donne pas de nouvelle. Ensuite, c’est une entrevue habituelle dans un café entre deux amis, trentenaires un peu paumés. Bientôt, c’est une réception un peu singulière, celle de deux groenlandais, venus passer quelques jours en France, que le père de Thomas lui demande d’accueillir, de guider. Et de les accompagner principalement à faire trois choses dont ils rêvent : voir des animaux dont ils ne connaissent que les représentations, se promener dans une forêt puisqu’ils n’ont jamais vu d’arbre et se baigner dans l’océan. Il faut signaler, pour comprendre la démarche du cinéaste, que cette quête initiatique s’aligne sur le véritable voyage en France de Ole et Adam, puisqu’il s’agit en réalité d’amis du frère du producteur du film. C’est dire et confirmer si la frontière jeu/réalité est mince.

     Le film ne suit pas un programme pour autant. Il semble en tâtonnement permanent, instinctif. Prendre une route, danser sur une aire de repos. Grimper sur la dune du Pilat ou monter à la Tour Eiffel, surplomber l’océan ou Paris, dans chaque cas, c’est l’idée de prendre de la hauteur, du recul, de se détacher et d’apprécier l’immensité.

     Thomas invite donc Thomas, joué par Thomas Scimeca, son meilleur ami, afin de partager cette drôle d’expérience sans précédent, sans lendemain. On imagine déjà la difficulté de cet échange, malgré sa beauté, ne serait-ce que culturellement mais aussi via la barrière de la langue – les deux voyageurs ne parlent pas l’anglais non plus. Alors de savoir que les deux hôtes se nomment tous deux Thomas crée d’emblée un ton infiniment burlesque, que le film ne lâchera pas, tout en naviguant à la lisière de la mélancolie, s’engouffrant dans un récit ô combien lumineux, que le cinéaste marque parfois de quelques vidéos amateurs (qu’importe qu’elles soient vraies ou fausses) ultérieures comme un plan de baignade, une main sur un arbre, un sourire, renforçant l’idée qu’il y a le film que l’on voit et celui qu’ils ont vécu, au détriment du jeu imposé. Il y a donc au-delà du récit fictionnel une véritable aventure à quatre, qui rappelle le cinéma de Rozier. Et donc me parle infiniment. Bon et puis on y regarde Roland Garros un moment donné (la scène en question est d’ailleurs très drôle) donc ça ne pouvait qu’être pour moi. C’est d’ailleurs cet élément qui m’a donné envie de revoir le soir-même Tonnerre, de Guillaume Brac.

     Je me demande de plus en plus si ce n’est pas le plus beau film de Sébastien Betbeder, le plus équilibré, le plus drôle (sans aucun doute si seulement je n’avais vu depuis son magnifique préambule à son Inupiluk 2 en gestation), le plus insolent, addictif, fort tout simplement. En plus d’être une magnifique déclaration d’amour à Paris, au vin rouge et à l’espace hexagonal en général. Je crois que je pourrais aisément le revoir en boucle là.

La personne aux deux personnes – Nicolas Charlet & Bruno Lavaine – 2008

18951875.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxxPas flou de toi du tout.

   0.5   Nullissime. Auteuil est indéniablement l’un des acteurs les plus mauvais dans un registre purement comique. Il suffit de se remémorer ses apparitions dans les derniers Veber pour s’en persuader. A part ça, il y a évidemment zéro mise en scène enfin disons que si l’on te disait que c’était réalisé par Farrugia ou Berberian t’y croirais tant ça ne change absolument rien. Quant à la toute fin, il faut le voir pour le croire, qui me conforte dans l’idée que Joey Starr est définitivement quelqu’un de pathétique. Autant que l’est le film, du moins.

Sexy Dance (Step up) – Anne Fletcher – 2006

photo-Sexy-Dance-Step-Up-2006-39The choice is yours.   

   5.  J’admets être très friand de ce genre de truc, selon mon humeur. Ces petits contes de princesse et de prince aux apparences pas très charmantes, transposés dans un réel social moderne. Tatum joue cela très bien. Et il danse bien le bougre, je ne savais pas. Pas grand neuf néanmoins tant on a l’impression d’assister à un énième Dirty dancing déplacé dans le Maryland, entre la cité et l’école de danse. On est dans une quasi copie de Save the last dance, en plus ramassé peut-être, je ne me souviens plus très bien de celui-ci. Barrière sociale on ne peut plus présente qui n’aura on le sait très vite pas la force de briser cette histoire amoureuse improbable. C’est donc tout mignon, d’autant que les deux protagonistes sont attachants. Après ça n’invente strictement rien mais ça se suit sans déplaisir et ce que ça dit en filigrane sur la transmission des rêves inaboutis des ainés est plutôt intéressant.


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