Urgences (ER) – Saison 1

32 (1)The Cook county.

   9.0   J’ai un rapport particulier avec Urgences. Ça rejoint mon hypocondrie en fait. Jeune, j’étais tombé dessus à la télévision, comme tout le monde. J’avais passé un sale quart d’heure. Je n’ai pas de souvenir exact de ce que j’avais vu mais ça m’avait traumatisé au point de rayer l’existence de cette série dans ma conscience. Jusqu’à disons il y a deux ans où en plus d’entendre généralement beaucoup de bien à son sujet j’étais tombé par hasard sur deux épisodes de je ne sais quelle saison rediffusés sur une chaine de la TNT et j’avais trouvé ça absolument génial. Une vraie claque, d’autant plus inexplicable et surprenante que je ne pouvais aucunement rattacher cette fascination à la narration puisque je ne connaissais aucun personnage. C’était juste une affaire de mise en scène. Du mouvement, de la vitesse, un pur tourbillon sans chichi, sans enrobage ostentatoire. Ça m’avait scotché. Il fallait à tout prix que j’en découvre davantage, c’était devenu une priorité. Puis ça m’est passé, inévitablement, tant j’avais conscience de la longueur imposante du show et de tout ce qui m’attendait à côté.

     Voilà, c’est parti. Une saison, 24 épisodes. Et c’est au-delà de mes attentes. C’est immense. Je ne veux voir que ça. Etant donné qu’on la regarde à deux ça limite le nombre d’épisodes journaliers et c’est tant mieux, on savoure. Et dans le même temps j’ai rarement envie d’enchainer plus de deux épisodes à la suite tant ça m’éprouve. J’aime beaucoup l’idée de nous plonger dans un monde. Les premiers épisodes ne sortent pas trop de l’établissement, comme si la série voulait apprivoiser le lieu avant de choisir de se focaliser sur certains personnages, plus que d’autres, d’opter pour des arcs narratifs et de nous y convier progressivement. Et puis l’avantage de ce type de chronique penchée sur un quotidien singulier c’est que c’est inépuisable.

     Mimi Leder (réalisatrice majeure de la saison) et ses acolytes font un sacré boulot. L’établissement est fouillé dans ses moindres recoins, ses couloirs infinis, l’accueil, les salles de trauma, celles de chirurgie, l’espace de pause, la lunch room, le toit pour les arrivées hélico, les ascenseurs. Une vraie mise en espace, fascinante, foisonnante, de laquelle on s’extirpe parfois, rapidement, vers les alentours, notamment le troquet du coin, le métro aérien ou l’arrière-cour et son panier de basket. On voit aussi un peu Chicago, un peu les intérieurs des cinq personnages principaux (Carol, Susan, Doug, Mark et Peter) mais on en revient toujours systématiquement dans l’hôpital. Le jour, la nuit. Il n’y a pas d’arrêt. Sauf lorsque la série se permet des trouées festives (les anniversaires, notamment) et burlesques. A ce titre, les toilettes sont bien employées. On se souvient de Green et sa femme surpris dans une drôle de situation ou encore de cette partie de cache-cache pour récupérer un chariot volé par le service du dessus. J’adore les tensions entre services aussi. La série brasse énormément là-dessus ainsi que dans les réunions, les diverses formations d’internes, les relations avec la hiérarchie. C’est d’une richesse phénoménale.

     Et puis il y a les urgences pures. Ce qui fait tout le sel du show, sa violence, sa démesure. C’est parfois insoutenable. Il faudrait par exemple revenir sur un épisode d’une dureté hallucinante, celui de l’éclampsie (Love Labor Lost). J’en suis sorti vidé, tétanisé. Le fameux J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps s’impose haut la main. Un épisode qui te rappelle que parfois aussi ça ne se passe pas bien du tout. Celui-ci est extrême c’est vrai, disons que si tous les épisodes étaient comme ça je n’aurais pas tenu longtemps. Pourtant, la série contourne admirablement le côté drama que ça convoque en répétant ce qu’elle fait de mieux, à savoir créer du vertige. La mise en scène sur ce point est incroyable. Les plans sont régulièrement très longs, mobiles au point de parfois tournoyer à l’infini. Les ambiances sont lourdes, bruyantes, saturées. Sans parler de ce qui se passe souvent au deuxième, au troisième plan, du mouvement non-stop, des entrées et/ou sorties de champ à n’en plus finir. C’est bluffant. Ce procédé est d’ailleurs utilisé aussi dans les couloirs lors de ces coutumiers travellings arrières. Bref, on ne s’ennuie pas. Pire, ça file parfois le tournis. A déconseiller en mangeant, définitivement.

     Le pilot va un peu vite en besogne avec la tentative de suicide de Carol, on sent qu’il fallait marquer le coup. Son retour est par ailleurs trop rapide, ça pourrait être fort mais c’est un peu tôt. J’avais peur que la série se complaise dans une sorte de sensationnalisme bon teint pour contrer le réel, forcément répétitif. On comprend très vite que ce ne sera pas le cas. Enfin, ça pourrait être le cas jusqu’à cet épisode merveilleux qu’est Blizzard. 45 minutes d’une intensité folle et d’une crédibilité dérangeante, de glissement sublime (les urgences vides d’abord puis le plan catastrophe déclenché à la suite d’un gigantesque carambolage) la veille de noël. Probablement mon épisode préféré de la saison. A part ça j’ai une grosse préférence pour Mark Green pour le moment. Sans doute dû aussi à ce qu’il traverse. Je reviendrai probablement parler des saisons suivantes. Je n’ai pas attendu pour enchainer.

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