Archives pour mars 2015



Happy few – Antony Cordier – 2010

Happy few - Antony Cordier - 2010 dans Antony Cordier 19498606L’échange.

   5.5   C’est un sujet qui me fascine assez, j’avoue et qui me semble cinématographiquement assez difficile à traiter. Cordier s’en sort plutôt bien, affronte les bonnes questions, met en parallèle de grandes obsessions. Il y a de beaux moments. Dommage que ça ne suive pas vraiment dans la forme, dans la mesure où ce qui mériterait d’être déstabilisant ne l’est pas suffisamment, ce qui devrait être sulfureux non plus. J’attendais de la crudité, de la sensualité dans ce balai corporel, je trouve que ça manque finalement de chair et de capacité de glissement. Disons que l’on voit tout venir, se construire et se déconstruire. Disons aussi qu’un type comme Hong Sang-soo fait ça mieux sans le crier sur les toits. Le film est souvent davantage dans l’étude de cas que dans l’essai abandonné, plus dans le programme que dans la tentative. Il n’empêche qu’il détruit assez subtilement et minutieusement la perfection paritaire que les personnages avaient cru mettre en place. Mais c’est déjà pas mal ainsi. Il y a une ambiance assez singulière, marquante. Il aurait juste fallu se jeter plus à l’eau pour que ça s’embrase autant que le récit le convoite. Et c’est assez fort ce que le film parvient à faire du personnage campé par Marina Foïs, par exemple, clairement le personnage le plus intéressant des quatre et tant mieux puisque c’est l’actrice la plus intéressante des quatre. 

Non-stop – Jaume Collet-Serra – 2014

20Again.

   5.0   J’aime bien Collet-Serra, globalement. Enfin je pense qu’il a bien commencé avec deux films de genre (La maison de cire & Esther) que j’apprécie beaucoup. Depuis qu’il fait tourner Liam Neeson, on va dire que ça ne dépasse plus le cadre de film avec Liam Neeson – Comme il existe aussi les films avec Tom Cruise ou ceux avec Harrison Ford. Mais c’est un honnête artisan quoi. Sans identité et maintenant Non-stop sont sans nul doute les meilleurs Liam Neeson que l’on peut trouver aujourd’hui.

Elle l’adore – Jeanne Herry – 2014

182466   6.0   Beaucoup aimé. Je ne m’attendais pas vraiment à ça je dois bien l’avouer. C’est un beau film Hitchockien, rondement mené et très bien écrit. J’aime bien les tournures, les virages que se permet le récit. Et puis j’aime beaucoup les acteurs : Kiberlain et Laffiite déjà mais surtout Pascal Demolon que j’aime davantage de film en film. Bonne surprise.

Pioneer (Pionér) – Erik Skjoldbjaerg – 2015

00-2   4.0   J’avais bien envie de l’aimer ce film, malheureusement, il est vraiment mal fichu. Aussi bien dans sa gestion de la durée et la description des fonds marins que dans l’enquête terrestre qui suit et occupe les trois quarts du film. Il y a une ambiance malgré tout, un truc qui m’interpelle mais là-aussi la photo est trop jaunâtre, c’est dommage. Reste un superbe score signé Air.

Le conte de la princesse Kaguya (Kaguya-hime no monogatari) – Isao Takahata – 2014

Le-conte-de-la-princesse-Kaguya-Kaguya-hime-no-monogatariTakenoko.

    7.0   Je connaissais déjà la signification japonaise de Pousse de bambou grâce au jeu de société du même nom, génial au passage, donc ça m’a plu de retrouver cela ici d’autant que ce surnom convient à merveille à cette petite future princesse, qu’il symbolise son attachement à la nature, à son enfance, à son côté sauvage, que le film ne cessera de mettre en parallèle face à sa condition aristocratique forcément plus sclérosée. C’est un beau film devant lequel j’ai traversé plusieurs états. Entre la passion et l’ennui (je trouve ça parfois un peu long), l’impression de rester relativement loin et admiratif avant que l’instant suivant je n’ai la sensation de découvrir l’un des plus beaux dessins animés ever. Là aussi, plastiquement (bien que ça ne soit pas la même plastique que chez Miyazaki) c’est absolument magnifique. Le dessin s’aligne sur la finesse du récit, les traits sur la profondeur des personnages. Y a pas à dire c’est quand même super beau.

Les nouveaux héros (Big hero 6) – Don Hall & Chris Williams – 2015

maxresdefaultBande de sauvages.

   5.5   Du nouveau Disney classique dans la forme, autant dans ses rebondissements, ses partis pris, son dosage humoristique. Jusqu’aux personnages : Baymax, dérivé (jusqu’au physique) de Olaf (Frozen) procure la dose convoitée de zygomatiques. Mon fils est archi fan des deux, indice irréfutable. Dans le fond je trouve que ce qu’il raconte des nouvelles technologies et sa manière de déjouer les récits de supers héros est assez bien fichu. La deuxième partie est plus convenue, se reposant sur les habitudes du Studio, la séquence émotion, la séquence destruction, la séquence (faux) sacrifice. Bref, un pur déluge pyrotechnique. Mais dans l’ensemble j’ai trouvé ça plutôt sympa en tant que divertissement, à la fois rythmé et attendrissant. 

Le vent se lève (Kaze tachinu) – Hayao Miyazaki – 2014

DP-3   7.0   C’est un mélo absolument flamboyant, qui ne m’aurait sans doute pas autant touché s’il avait fait de ce personnage un aviateur lambda. Qu’il soit atteint de gros problèmes de vue (l’amenant à devenir ingénieur en aéronautique plutôt que pilote) en plus d’être l’un des fers de lance de la guerre, non pas à son insu mais disons aveuglé crée une ambiguïté fascinante. C’est donc un grand Miyazaki, plastiquement sublime, qui parvient à mettre en scène le vent aussi bien en tant que vecteur d’une tragique histoire d’amour que des plus grandes catastrophes naturelles (le séisme de Kantô, 1923). Un film continuellement traversé par les rêves et la maladie. C’est sublime. Presque trop parfait à mes yeux, d’ailleurs, pour parvenir à m’emporter entièrement dans son tourbillon.

Porco rosso (紅の豚) – Hayao Miyazaki – 1995

porco-rosso-1992-05-g   6.0   Avec cette histoire de pirates excentriques et de justicier solitaire, sorte de pilote d’hydravion maudit affublé d’une tête de porc dans l’Italie du début des années 20, le début du film à l’humour bien à lui m’ennui poliment. La suite avec l’adolescente tient davantage du jeu de complicité. C’est par moment très beau, très poétique. Et c’est une dénonciation malicieuse de l’absurdité de la guerre. Pas mon Miyazaki préféré quoi qu’il en soit mais c’est une chouette curiosité tout de même.

Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill – Marc Boréal & Thibaut Chatel – 2013

Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill - Marc Boréal & Thibaut Chatel - 2013 dans Marc Boréal & Thibaut Chatel ma_maman_est_en_amerique_photo_1   4.5   C’est dans la chronique que le film s’avère le plus dispensable. Trop cadenassé, il ne parvient pas à s’échapper des sentiers battus. C’est un peu empesé et ça manque clairement d’énergie et d’émotion c’est dommage, car il y a vraiment quelque chose sur l’enfance et ses tourments qui me touche beaucoup. Surtout dans sa chute où le film semble assez bien représenter la cruauté qui émane de cet âge ingrat où le jeune garçon encore innocent apprendra en même temps l’inexistence du père noël et celle de sa mère, qui n’est donc pas en Amérique, on l’avait deviné. Mais le film esquive assez bien la mécanique de l’entonnoir, même s’il finit tout de même par s’y reposer. Belle idée en tout cas que ces soudaines plongées oniriques en scope à l’américaine. Je ne connais pas la bande dessinée dont est tiré le film, mais on m’en a dit beaucoup de bien.

Les vampires – Louis Feuillade – 1915/1916

0000946_gal_003_medFlic ou voyou.

   8.0   L’intérêt de ce film feuilleton, au-delà du fait qu’il ait cent ans cette année, c’est de le recontextualiser dans son présent, dans la mesure où il intervient en pleine guerre et qu’il semble faire office de guérisseur moral des maux et de toutes les obsessions au travers d’une société en faillite sociale, économique et institutionnelle. Il brise tous les repères mais comme ceux-ci sont déjà brisés, il en crée d’autres. Un monde de flics et de voleurs, de personnages haut en couleur, d’argent, de fête, de dédoublement à n’en plus finir. Une magie fascinante tant elle est poussée à l’extrême. Il y a un jeu qui s’étire jusqu’au plaisir de la retrouvaille des personnages à la manière des séries, les permanents (Guérande, Mazamette, Irma Vep) mais aussi ceux qui débarquent et/ou disparaissent (Satanas, Moreno, Le grand vampire, Vénénos…) sans parler de tous les doubles, quelque chose de l’ordre du pur plaisir soap, infini, addictif. Un peu banal en apparence mais il faut le voir dans son entièreté, sa progression, sa capacité à continuellement changer de fusil d’épaule. On finit par s’habituer au sur jeu de Marcel Lévesque, un tantinet brusque et extravagant, aux regards caméras exagérément mystérieux de Musidora, à la gomina troublante de Edouard Mathé. C’est un autre temps.  Et puis ce qui ne l’est pas banal, c’est d’imaginer un feuilleton de cent ans d’âge. Là est toute la singularité et la préciosité de la chose. Le premier feuilleton, enfin tout du moins la première preuve, tant le film fit l’objet d’une importante restauration. 700 cartons à recréer, tout de même. Ce qui est par ailleurs agréable c’est que l’on ne nous inonde jamais de ces cartons, Feuillade prend le temps d’installer chaque situation dans le cadre, privilégiant la longueur des plans, tous admirablement composés. La composition des plans c’est le maître mot de son cinéma – Se souvenir de celui, magnifique, durant la soirée chez les Mortesaigues. Et puis il suffit de revoir les huit minutes de L’orgie romaine (1911) et ses sept plans pour à peine une dizaine de cartons, pour s’en convaincre. Cette indolence participe pleinement à offrir au film une ambiance aussi légère que mortifère. Je reviens sur l’utilisation du son. Chaque épisode est accompagné d’une bande sonore, qui n’a rien de sensationnelle, certes, mais qui s’arrime assez bien aux images. Le troisième épisode, Le cryptogramme rouge  est disponible avec l’accompagnement d’un arrangement électro signé Château flight qui parvient à créer une dimension hyper anxiogène. J’ai choisi de varier les plaisirs. J’ai même accompagné certains épisodes d’un album de ma discothèque, c’était très bien. Et j’ai fait une grande découverte : J’ai aussi regardé deux épisodes sans son et j’ai adoré. Je trouve que ça rajoute à l’ambiance crépusculaire du film. C’est très beau.

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silencio


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