Archives pour mars 2015



Ténèbres (Tenebre) – Dario Argento – 1983

15. Ténèbres - Tenebre - Dario Argento - 1983 Take me tonight.

   8.0   Mon rapport avec Argento est simple : Suspiria est un immense chef d’œuvre absolu, l’un de mes films préférés de tous les temps. Donc intouchable. Pourtant je viens de me prendre une autre grosse baffe. Je rêvais encore d’un giallo ultime, parfait, nerveux, brutal. Je l’ai je crois trouvé. Après, objectivement, sur de nombreux points, Profondo Rosso me parait nettement plus fort que Ténèbres, mais bon, globalement j’aime autant l’un que l’autre. Il faut que je revoie Inferno. Et que je découvre Quatre mouches de velours gris.

28 jours plus tard (28 days later) – Danny Boyle – 2003

45. 28 jours plus tard - 28 days later - Danny Boyle - 2003 London has fallen.

   6.0   Je n’étais pas certain d’aimer autant que lors de sa sortie mais en fait si, et comme la plupart des films de Boyle : ce n’est objectivement pas un bon film, c’est hystérique pour rien mais le paradoxe veut que justement ce soit hystérique (même les zombies sont rapides) au même titre que l’est la mise en scène de ce type qui ne sait pas prendre son temps. Comme souvent c’est donc limite supportable mais in fine vraiment intéressant. Je ne me souvenais plus que la musique de Godspeed You ! Black Emperor était tronquée. Evidemment, chez Boyle c’est attendu. Mais a t-il écouté un de leurs morceaux en entier ? Je crois que c’est un cinéaste Gilles de la Tourette, en fin de compte.

Babysitting – Philippe Lacheau & Nicolas Benamou – 2014

10406731_10152703672092106_9101911080348785066_n30 ans sinon rien.

   6.5   Vers le tout début du film, Franck, alors employé à l’accueil d’une grosse boite d’édition de bande dessinée, prend l’ascenseur lui permettant de rendre visite à son patron afin de lui faire du plat et de lui montrer ses dessins en espérant qu’ils lui ouvriront d’autres portes. Il y croise un garçon d’une dizaine d’année, impoli, excécrable, insultant, bref le prototype du gosse à baffer. Le marmot mate Scream 4 sur sa tablette. En quittant l’ascenseur, Franck lui révèle l’identité du tueur. Un gros spoiler qui soulage.

     La scène en question, relativement banale, socle pourtant tout le film, en terme de forme comme de scénar. Ce n’est que plus tard que Franck accepte, malgré son engagement dans une soirée concoctée pour fêter ses trente ans, pour préserver ses plans de carrière, la demande de son patron, de garder son fils en babysitting. On retrouvera le petit branleur de l’ascenseur, cela va de soi – Qui se vengera plus tard en lui spoilant la fin de The departed. Gros bâtard. La soirée va donc vite dégénérer.

     On ne le sait pas encore, mais le film à l’image du Craven cité, va s’embraser de façon surprenante, en évinçant une nuit entière, avant de la revive intégralement le lendemain sur des vidéos amateurs shootées pendant la nuit. Procédé qui semble donc lié à deux monstres de la comédie populaire américaine de ces dernières années : Very bad trip et Projet X. C’est l’énergie du found foutage de l’un et l’image manquante provoquée par l’ellipse de l’autre. L’affiliation est tellement imposante qu’elle ne peut que faire peur. Et pourtant.

     Le début du film est très moyen – pour ne pas dire mauvais – et la fin aussi. Ce qu’il y a dans l’entre-deux est en revanche aussi inégal qu’astucieux. La bande à Fifi, come-back. Une vraie boule d’énergie qui revête quelques gags assez géniaux, notamment grâce à deux efficaces trublions : Philippe Duquesne, le flic relou et Tarek Boudali, l’ami qui imite particulièrement bien le Vélociraptor. Ils m’ont fait marrer ces cons. L’idéal c’est qu’ils appartiennent tous deux à des échelles de temporalité distinctes : le présent pour l’un, la vidéo retrouvée pour l’autre. Ça permet un certain équilibre.

     Il faut dire aussi que le film regorge de séquences assez drôles comme celle du bouchon de Ruinart, celle de la casquette, du perroquet ou encore une séquence Mario Kart (entièrement pompée sur un trip de Rémi Gaillard, bananes et tortues comprises) mais aussi d’un strip-tease à coup de baffe de cul – repris en boucle pour la séquence de présentation des interprètes à la fin. Je suis ravi de voir une comédie française se permettre ce genre de truc. Et cette idée ouvertement introduite par la citation de Scream d’intégrer un film à l’intérieur du film. Le climax intervient au moment où les personnages à l’intérieur du film regardent le film de leur attraction foraine.

     Il faut d’ailleurs signaler que c’est une mine à références, coquettes, mais je prends : le clin d’œil à Là-haut, Le jouet de Veber et les films suscités. C’est facile la plupart du temps, mais c’est fait avec une telle énergie que ça finit par être séduisant. Au passage, hormis quelques gags plus ou moins foireux, je trouve ça infiniment plus généreux que l’autre carton populaire de l’année, Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu. Dans les deux cas il est assez savoureux de voir l’un des Splendid jouer un vieux con. Quant à Philippe « Fifi » Lacheau dans le rôle ingrat du rabat joie permanent il s’en sort très bien.

     Dommage que le film ne choisisse pas l’option d’y aller franco, toujours à s’excuser d’être trash alors qu’il ne l’est véritablement jamais, ou alors très brièvement. Dès qu’il se repose sur sa morale à trois francs six sous, à savoir rejouer les retrouvailles entre un père et son fils, il devient plus film pour gosse qu’autre chose. Les nombreux retours au présent sont mécaniques. Et plus que mécaniques ils semblent vouloir satisfaire le spectateur qui vient voir Jugnot. Les séquences en question n’ont d’intérêt que de permettre au flic beauf derrière de s’en donner à cœur joie.

     En fin de compte on est tout de même loin d’un Projet X mais je trouve ça nettement plus réussi qu’un Very bad trip, qui est un film qui je me rends compte me gonfle prodigieusement avec le temps. On me dit dans l’oreillette qu’un deuxième volet est déjà en chantier. Bref, à l’image de son illustre, ça sent la franchise.

De l’autre côté du périph – David Charhon – 2012

6781356011882     3.5   Quelques situations et vannes pas désagréables mais dans l’ensemble c’est un Buddy movie sans imaginations calqué sur les références qu’il ne fait que citer de L’arme fatale à 48 heures. Le point positif c’est que le duo Sy/Laffite fonctionne plutôt bien.

9 mois ferme – Albert Dupontel – 2013

EXCLU-VIDEO-Bande-annonce-delirante-de-9-mois-ferme-d-Albert-Dupontel_reference 1h15 ferme.

   2.0   Zéro cinéma. Hystérique. Moche. Du pur Dupontel en somme. Et c’est presque dommage car j’ai trouvé quelques gags plutôt bien pensés pour une fois. Mais bon c’est une sorte de mix entre Enfermés dehors et Amélie Poulain donc Beurk beurk beurk. Ah si autre point positif ça dure 1h15. Ouf. Il a raflé quoi comme césars au fait ? Non parce que là…

La vie domestique – Isabelle Czajka – 2013

La vie domestique     6.0   Sorte de remake français sur 1h30 et une seule journée de Desperate Housewives. Il y a des choses un peu attendues (les maris sont quasi des clones, jusqu’au coup de la veste à la fin, plutôt bien vu cela dit) mais aussi des idées assez belles sur l’idée du drame qui couve dans chaque foyer, avec cette disparition d’enfant en filigrane. J’ai trouvé ça très déprimant mais assez fort dans ses choix, même si on est loin du modèle inégalable : Jeanne Dielman, de Chantal Akerman. Pas sur que la réalisatrice trouve une vraie identité un jour mais c’est un cinéma qui me parle infiniment, quoi qu’il en soit.

Un bébé tout neuf – Isabelle Czajka – 2007

46005_10151932960912106_603746940_n     6.0   Dans la foulée de son très beau long, L’année suivante, Czajka réalise cette demi-heure d’angoisse absolue, à tel point qu’il me serait difficile de le
revoir. En gros c’est une maman (presque) seule avec son bébé qui va progressivement péter un boulon avant de commettre l’impensable. J’ai fini dans un tel état que sur un format long il m’aurait été impossible de tenir jusqu’au bout. Un cinéma post Akerman/Haneke est alors en germe, en gros.

La cible – Isabelle Czajka – 2002

1653623_10151932960997106_1921703093_n     5.0   Un premier court très intéressant, très mystérieux, s’intéressant à une mère affrontant un sondage dans lequel elle s’invente plus ou moins une autre vie où elle aurait deux enfants, alors que nous la savons seulement avec un petit garçon, ce qui laisse à penser une multitude de possibilité. Le plan sur le jeu final semble évoquer une perte. Il y a une gravité stupéfiante là-dedans sans que l’on sache encore où ce cinéma peut nous mener.

L’écume des jours – Michel Gondry – 2013

55. L'écume des jours - Michel Gondry - 2013     4.5   C’était inadaptable mais avec une indulgence hors du commun on peut se dire que seul Gondry pouvait s’y frotter, au sens populaire du terme. Au final je trouve le film pas si mal fichu et j’en suis le premier surpris. Disons que c’est populaire (le régiment de stars est là) mais pas commercial du tout. Le film n’est que succession de saynètes délirantes en hommage au roman avec toute l’inventivité gimmick du cinéma de Gondry. On dirait presque du Keaton par moment, beaucoup trop long certes mais ce n’est pas insupportable. Le film est souvent raté par contre dans sa construction dramatique, on dirait presque du Jeunet croisé avec du Beineix. Bref je n’aime pas mais je suis content de l’avoir vu malgré tout. Et c’est toujours plus intéressant que l’immonde Science des rêves.

Va savoir – Jacques Rivette – 2001

24. Va savoir - Jacques Rivette - 2001 La scène.  

   6.0   J’ai un problème avec Rivette. Un gros problème : il a réalisé trois immenses chefs d’œuvre qui sont à tout jamais dans mon panthéon personnel, mais depuis quinze ans, même si ses films sont bons, je ne me sens jamais aussi investi, aussi baladé, du coup j’avance de déceptions en déceptions car j’attends chaque fois énormément. A part ça le film est du pur Rivette, au bout de cinq minutes on a aucun doute là-dessus et la montée crescendo assez délicieuse jusqu’à un final sublime et une scène de duel de bourrés sur une passerelle de théâtre à tomber tant c’est drôle. Bref, j’aime, comme souvent, mais je n’adore pas, comme toujours depuis l’immense Secret défense (1998).

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