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Archives pour 19 avril, 2015

Hungry hearts – Saverio Costanzo – 2015

Hungry-HeartsWhat a feeling.

   3.5   L’ouverture est très chouette. Entre l’humour slapstick et la construction à la Girls en gros. Une rencontre désopilante entre Alba (Rohrwacher) et Adam (Driver) coincés dans les toilettes d’un restaurant. Lui vient de, croit-il discrètement, couler un bronze qui a la particularité d’être le plus infecte de sa vie, pendant qu’elle ne peut cacher son malaise en forçant l’odeur à ne pas lui fusiller le nez. « C’est une arme de destruction massive » lâche t’elle quand lui se confond en excuses. Ce qui est drôle et vertigineux après coup c’est de constater combien la scène illustre déjà tout ce qui suivra : C’est elle qui le fout dans la merde en claquant trop violement la porte et c’est lui qui encaisse sa supposée souffrance nasale. Intéressant. Oui mais voilà, cette séquence dure cinq minutes, à peine. Et le reste est d’une torpeur mortelle. D’une part en terme de mise en scène puisque le film est souvent constitué de plans faussement volés parfois filmés à la GoPro et d’une complaisance dans ce qu’on pourrait vulgairement nommer l’étirement Cassavetesien. Le film est meilleur dès qu’il s’essaie à l’épouvante et on le sait, le côté fauché va bien au genre et Costanzo avait plus ou moins fait ses gammes dans le très beau et électrique La solitude des nombres premiers. Il lui manque cet aspect électrique à Hungry hearts, jamais volumineux, jamais embrasé, d’emblée mort-né à l’image de ce bébé mis continuellement en danger par sa malnutrition. Et puis les personnages cinglés ont leur limite. Je veux dire par là qu’il très délicat de les rendre crédibles. Polanski fait cela très bien dans Rosemary’s baby, auquel on pense énormément ici. Mia Farrow excellait. Je suis désolé et ça me coute de l’admettre, Alba m’agace prodigieusement dans son mélange de calme impassible, yeux plissés faussement amorphe et de parano compulsive égrenés à toute épreuve. Rarement un personnage ne m’aura mis autant hors de moi. Et Adam dans le même sac, tant ce masochisme improbable et sa capacité à tout vouloir tenir sur ses frêles épaules (nourrir son gosse clandestinement trois fois par jour dans une église, sérieux ?) n’ont eu de cesse de me sortir du film. Moi qui y allais surtout pour eux deux, la douche froide n’en est que plus froide. Tant pis pour moi. Quoiqu’il en soit ils n’y sont pour rien, je maintiens que c’est principalement un problème de mise en scène. Ce que ça peut être moche, bon sang.

Le blob (The blob) – Chuck Russell – 1989

Le blob (The blob) - Chuck Russell - 1989 dans Chuck Russell The-Blob-1988-movie-7Mystère et boule de gomme.    

   5.5   Si ça c’est pas la classe ? Enchaîner The Blob juste après un film de Bresson ! Bon, c’est pile ce que j’espérais, à savoir une super série B gore qui ne faiblit jamais en rythme, avec des effets spéciaux méga kitch mais tout est dans la manière donc c’est à la fois super drôle autant que ça offre son lot de frayeur. M’enfin de toute façon je suis super client de ce genre de truc. Ah oui et il n’est pas étonnant de retrouver Darabont au scénar tant il reprendra la même trame, mais avec des bêtes dans la brume au lieu d’un gros chewing-gum, dans The mist, vingt ans plus tard. Concenant la parenté The blob/The mist je sais que le second est à la base une nouvelle de Stephen King mais simplement il est drôle de constater à quel point ces thèmes attirent Darabont (Vanité scientifique, présence extraterrestre insondable et violente…) mais bien entendu les deux films s’éloignent dans le traitement, plus intéressant dans The mist, plus cruel aussi. Bref, Bonne pioche.

Les dames du bois de Boulogne – Robert Bresson – 1945

35.14Liaisons dangereuses. 

   5.0   Alors oui, objectivement c’est bien mais j’y suis resté très en retrait dans la mesure où ça me semble loin du style Bressonnien qui émergera magnifiquement quelques années plus tard. Et puis l’enchaîner après Mouchette et Au hasard Balthazar (Sur lesquels il faudra que je revienne un jour) n’aide pas non plus. La scène finale est magnifique, cela dit.

Le majordome (The Butler) – Lee Daniels – 2013

le-majordome-lee-daniels-forest-whitaker-oprah-winfrey-critique-du-film-cuba-gooding-jr   3.0   Je n’ai rien contre ce type de biopic ultra académique, enfin je m’en fiche, ça ne m’énerve pas, je sais seulement très vite que je vais tout regarder avec un vif désintérêt, tant la mise en scène est impersonnelle, le jeu d’acteur exagéré, la musique ronflante, les enchainements programmatiques. Après, historiquement, c’est pas mal pour réviser l’Amérique sous Kennedy (que le film ne fait qu’ériger en génie de lucidité et générosité) jusqu’à l’ère Reagan, en passant par le mouvement des Black Panthers (qui ne savaient donc pas se tenir à table, ok). Un moment, le fiston engagé (le film est binaire et manichéen pour tout, ici un fils rebelle face au jeune premier, là un politique minable précédé d’un homme respectable…) dans le black power mange chez ses parents – le majordome et sa femme. Forest Whitaker et son jeu outré habituel se lance dans une tirade prenant le cinéma comme parabole. Tu sens bien la lourde métaphore venir, sur la réussite, l’intégration, la liberté tout ça. Le film n’est vraiment pas subtil. Les black panthers inspirent le majordome, qui s’en va parler de la dernière séance cinéma qu’il a partagé avec sa femme. J’ai alors cru qu’il allait citer One plus one de Godard. On peut rêver. Ce sera finalement Dans la chaleur de la nuit, avec Sidney Poitier. Et père et fils vont alors se disputer au sujet de la performance de l’acteur noir. J’ai trouvé ça intéressant, pas fin mais intéressant. Moins pour la parabole sur la réussite du noir américain qu’en tant que mise en abyme de la place de Forest Whitaker lui-même. Tu l’auras compris, je cherchais la moindre branche, même fine, morte, qui pouvait me raccrocher à un semblant de quelque chose, pour ne pas m’endormir.


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