Birdman – Alejandro Gonzalez Iñarritu – 2015

_AF_6405.CR2La forme Sabots.

   5.0   Iñarritu c’est un peu particulier pour moi. Un temps où sans doute les formes morcelées – entendre puzzle narratif – m’exaltaient, 21 grams et Amores perros avaient été des claques. Surtout le premier. Comme d’autres ont Requiem for a dream, j’imagine. Puis Babel m’avait un peu déçu, je n’en ai d’ailleurs pas gardé grand-chose. Puis il y eut la purge, Biutiful. Je ne sais pas ce que ça me ferait de revoir les premiers Iñarritu aujourd’hui. Je n’en ai pas l’envie d’ailleurs. Il y a dix ans, la sortie d’un film tourné en un seul plan séquence aurait suffi à m’enthousiasmé mais ça m’est passé. Me retrouver aujourd’hui face à ce genre de performance ne m’inspire que de la crainte. Ce qui ne m’empêche pas d’adorer L’arche russe et Irréversible, mais moins pour leur évidente prouesse (Un plan séquence unique, un montage renversé) que pour ce qu’ils me racontent de la Russie ou d’un couple. J’allais voir Birdman avec la plus grande méfiance et je reconnais que le film m’a plu sur certains aspects, soulé sur d’autres. Je trouve que le film veut trop en mettre, qu’il est à la fois dans la continuité des meilleurs Aronosky (le come-back de The wrestler, la parano maladive de Black swan) et qu’il voudrait aussi être un remake de Opening night. Je considère le Cassavetes comme l’un des plus grands films du monde, donc pas touche. A ce niveau là je trouve ça d’une pauvreté hallucinante. Tout y est appuyé, balourd, exagéré, hystérique. Et mal fichu dans sa construction. En revanche, techniquement, là où je craignais plus le film, sa prouesse de faux plan-séquence unique, je trouve que le cinéaste n’en fait pas trop, qu’il n’est pas dans le martellement ni l’ostentatoire, qu’on oublie finalement assez vite la prouesse et ça me plait. Si Birdman me mitige c’est pourtant cette prouesse qui me fait tenir, autrement j’aurais détesté. Mais du coup je ne vois pas trop l’intérêt de ce procédé, ni ce qu’il justifie. Il y a bien entendu l’idée que la vie c’est la scène et que la scène c’est la vie, qu’il n’y a pas de frontière, que tout fusionne. Sur ce point le film me parait assez réussi, d’autant qu’il ne cherche aucunement à l’ancrer dans une temporalité identique, sclérosée, naturaliste disons. Le plan fait deux heures mais le récit se déroule sur trois jours. Ces trois jours qui précèdent la représentation de la première. Le film aurait néanmoins gagné à investir les lieux plutôt que de faire semblant de les parcourir. Les plus belles scènes sont celles où apparaît Norton, notamment sur le toit, avec Emma Stone, mais elles sont hors sujet, si on replace la technique comme une représentation mentale du personnage joué par Keaton. Quoiqu’il en soit et même si le film ne devrait pas trop me marquer, j’ai trouvé ça infiniment meilleur que sa merde d’avant et ça me fait plaisir de retrouver un peu l’inspiration d’un cinéaste qui m’avait conquis voire chaviré à ses débuts.

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