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Mad Max 2, le défi (Mad Max 2, The road warrior) – George Miller – 1982

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   7.0   Je ne sais pas si c’est dû au fait que je le connaisse moins (assez bien mais nettement moins que le premier, quoiqu’il en soit) mais cet opus m’a semblé pour la première fois, plus intéressant que l’autre. Citons dores et déjà l’édition Blu ray, qui hormis d’infimes ratés ci et là, rend vraiment grâce aux espaces et aux ambiances post apocalyptique qui traversent le récit. Tandis que le premier était volontairement hachuré de toute part, dépourvu d’un souffle homogène et d’une plastique unique, ce deuxième volet prend le parti de majoritairement retrancher l’action dans une zone désertique quasi sans relief tout en l’étirant à merveille. Le morceau de bravoure final est à ce titre un modèle du genre : Course poursuite effrénée interminable, hallucinogène et cruelle.

     D’emblée, lors d’une introduction kitch à souhait – je n’aime pas du tout mais le film s’en relève illico – on sait que Max est connu sous le nom de Road warrior. Une appellation finalement similaire à celles de ceux qu’il pourchassait dans le premier volet, notamment ce fameux Code 3, Night rider. L’idée achève d’évincer Max du monde des vivants, lui ôtant le semblant d’humanité qui pouvait lui rester. Il est devenu ce qu’il craignait jadis : Etre comme ceux qu’il poursuivait avec son Interceptor. « I’m scared, Fifi. You know why? It’s that rat circus out there. Any longer out on that road and I’m one of them, you know? A terminal crazy » disait Max lors de sa démission. Ce n’est dorénavant plus que l’ombre de lui-même, un guerrier sans but, ni foi ni loi. Ou presque. C’est tout le paradoxe de cet opus, sans doute le plus ouvert, qui s’en va même saisir des échanges – une petite boite musicale – et un sourire final.

     De manière globale, le film évolue sous une dynamique propre aux films de guerre et d’aventures dans la mesure où il ne s’agit que d’affrontements de mondes, de défense de territoires. A l’instar du premier, Miller nous offre une ambiance mythique (récurrents cris de corbeaux, bruits de moteur, magnifique désert sans fin) et son lot de gueules, citons pèle mêle seigneur Humungus, l’enfant au boomerang, Gyro captain et ses serpents. On sent aussi que les moyens sont plus conséquents – Budget dix fois plus élevé. Et puis j’adore l’idée que l’on soit dans une suite évidente – l’intro parle d’elle-même, images du premier à l’appui – sans que rien ne s’en approche véritablement, autant dans la peinture, l’esthétique que le tempo. On dirait un autre temps, un autre monde.

     Je me souvenais donc peu de cette suite mais j’avais gardé en tête l’essentiel : Une formidable gestion de l’espace et de la matière, ce désert de sable, cette chaleur, cette sècheresse. Je trouve ça très beau ce que parvient à créer Miller dans le cadre, notamment ces grandes lignes abstraites et ces lointains volutes de sable et puis une fois encore le film est sans pitié avec ses personnages secondaires. Un embryon de romance ici, de bromance là, évincés d’un coup de fouet, sans apitoiement. Max lui-même prend très cher. Mais la grande réussite ici c’est de nous faire sentir que le monde est devenu un grand terrain de guerre pour l’essence. Dans le premier, la poursuite ne voulait pas dire grand-chose sinon qu’elle prolongeait, non sans un grain de folie, l’idée que l’on se fait des courses poursuite flic/voyou dans un désert australien. Dans The road warrior c’est le premier qui siphonne qui gagne. Les deux films n’ont donc pas grand-chose à voir entre eux et c’est tant mieux.

     Malgré tout, cette suite n’aura finalement surpassé le premier que trois petites semaines dans mon cœur. Le fait est que je le redécouvrais presque et que je l’ai estimé soudainement plus qu’il n’en fallait. En les revoyant là dans la foulée l’un de l’autre, quelques jours après Fury road qui fut une grosse claque, je me suis rendu compte à quel point j’étais infiniment plus sensible à l’épure du premier Mad Max. Et si cette suite est meilleure sur bien des points, objectivement, je continue de lui préférer les tâtonnements, la tentative et la sensation de liberté dégagée par la forme saccadée. Ici c’est une combinaison parfaite de souffle et de maitrise, mais tout parait nettement plus organisé. Miller se prive moins, se protège en faisant davantage de plans. Et cette couleur ocre homogène tout en fascination pour la poussière et la sueur vient contrer avec la multiplicité formelle de l’autre. Et puis il y a autre chose : honnêtement, aussi proche de Fury road qu’il soit je le trouve désormais beaucoup moins fort. Tandis que Mad Max, premier du nom, restera l’électron libre qu’il a toujours été, ce fameux premier film bricolé qui ne ressemble à rien.

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