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Archives pour 13 juin, 2015

Carrie – Brian de Palma – 1977

31.-carrie-brian-de-palma-1977-1024x768School in flames.

   9.0   C’est la troisième fois que je le voyais mais c’est comme si je le découvrais. Quelle mise en scène de malade mental ! J’ai trouvé ça immense d’un bout à l’autre. En fait c’est une formidable relecture de Psychose, dédoublée, retorse, un truc terrifiant d’un bout à l’autre.

     C’est ce que j’aime je crois avec De Palma, cette manière qu’il a de vulgariser tout ce qu’il fait, tout ce qu’il adapte et c’est tellement fort. A titre personnel et pour citer Welles, autre cinéaste maniériste mais avec lequel j’ai peu d’affinités, je trouve le plan d’entrée de La soif du mal beaucoup plus éloquent et donc moins intéressant que celui de Carrie dans la mesure où c’est un plan d’entrée alors que Carrie conduit à ce plan du sceau, climax suprême. Mais De Palma ne s’arrête pas là car le vrai climax c’est finalement le split-screen incroyable qui s’ensuit.

     Après je pense que De Palma cite bien plus Psychose que Welles. J’avais oublié combien il utilise jusqu’à épuisement la fameuse première note de musique que l’on entend dans la scène de la douche. C’est aussi ça De Palma : se permettre de citer à l’épuisement (se rappeler de la scène reprise du Cuirassé Potemkine dans Les Incorruptibles) sans que cela ne soit dommageable ou ridicule.

     Et puis autre chose : j’adore la façon qu’il a de filmer ces deux adolescents, ceux qui ne veulent pas de mal à Carrie, j’avais oublié la tendresse avec laquelle il pose la caméra sur eux et en même temps il suggère une inquiétude tant il brosse les autres à l’excès.

     De Palma inventait là une forme de cinéma. Il le poursuivra jusqu’à Femme fatale, en gros. On pourrait dire qu’il ne fait que du plagiat. Mais je ne vois pas ça comme du plagiat. Je vois ça comme de la citation paroxystique. Alors oui, De Palma n’invente pas, il reproduit, se réapproprie et puis quoi, ce n’est pas une tare de pas inventer, finalement on pourrait déplacer ça aux cinémas modernes de Tarantino, Nolan ou Spielberg (en partie, pour le dernier) qui sont aussi des cinémas de la citation et de la jubilation. Je pense que ces cinéastes là sont beaucoup plus surestimés que De Palma pour le coup, ne pas oublier que lui quand il sort un film aujourd’hui c’est dans l’indifférence la plus totale – Redacted, Passion, pour ne citer que ces deux-là. J’aime la démesure chez De Palma, cette démesure qui n’a pas peur de la grandiloquence, ce que je peux retrouver et adorer aussi chez un Tarantino, mais différemment. Ce cinéma jubilatoire là me manque, cette jubilation de la série B, de la bonne série B, je pourrais citer Argento évidemment, autre « plagieur » qui faisait ça lui aussi tellement bien. Aujourd’hui on se tape du cinéma jubilatoire ultra sérieux, conformiste et puritain – cf Nolan (Hors Interstellar, cela va de soi) et ses émules.

     Après je suis archi fan de son cinéma donc c’est dur d’être objectif, d’ailleurs il n’y a pas de période que je n’aime vraiment pas chez lui, c’est rare en quarante ans de cinéma. Même dans ses derniers où je n’aime ni Mission to Mars ni Le dahlia noir, et bien je remarque qu’il a aussi fait Femme fatale et Redacted que j’adore. C’est drôle c’est éparpillé. Par exemple je n’aime pas non plus Le bucher des vanités (années 90), Fury (années 70). J’ai beau chercher j’aime tout le reste.

     Parait qu’une suite/remake est en chantier. Pas simple. Et puis y en a eu des Carrie et des suites de Carrie, j’en ai vu aucune mais parait que ce n’est pas fameux. Quand je mate la scène du bal je me demande ce qu’on peut faire de mieux, je trouve ça tellement fou, beau et trop à la fois, j’en suis sur le cul.

The responsive eye – Brian de Palma – 1965

The responsive eye - Brian de Palma - 1965 dans Brian De PalmaCelui qui regarde.

     5.5   Woton’s wake m’avait laissé complètement indifférent, The responsive eye est un court de Brian qui m’intéresse davantage car il est une ébauche de matrice de ces thèmes de prédilections, avec surtout cette idée d’illusion d’optique qu’il n’aura de cesse de répéter dans toute sa filmo et donc par l’intermédiaire du pur cinéma, à savoir la variation du point de vue et l’image manquante.


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