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Archives pour 16 juin, 2015

Quatre mouches de velours gris (Quatre Mosche di Velluto Grigio) – Dario Argento – 1973

fo_four-flies-on-grey-velvet-e1330155769732Les frissons de l’attente.

   7.5   A l’image des présences Wtf de Jean-Piere Marielle en détective homosexuel qui détient le record de n’avoir jamais élucidé une enquête et Bud Spencer en clochard philosophe qui dévore du poisson cru, Argento se permet encore et toujours les plus grandes libertés, folies, ivresses dans un magma foisonnant assez labyrinthique, voguant d’un semblant de récit à un autre, d’une séquence à l’autre, d’un personnage à l’autre, d’un meurtre à l’autre, sans souci de fluidité ni de véritable cohérence narrative. Pour reprendre les mots de Pascal Laugier, on dirait presque du free jazz.

     Et si Quatre mouches préfigure (autant qu’il en est le brouillon) Profondo rosso, il est dingue de constater à quel point c’est un objet libre et sauvage, troisième maillon d’une trilogie qui préserve sa singularité de ton. Il y a certaines séquences comme celle du parc (traversée par des moments de sidération fascinants) ou tout simplement l’ouverture (leurre magnifique), qui sont des monstres baroques sans précédent, dans lesquelles Argento, électron libre, y déploie sans compromis toute sa démesure. Mais à l’image de ses saillies comiques, c’est probablement son film le plus déconcertant.

     Si je reste à première vue distant de cet exercice fou, comme je l’étais d’Un chat à neuf queues, j’ai la sensation agréable ici que le film pourrait s’imposer différemment les prochaines fois. Un jour, par ailleurs, j’essaierai de me refaire la trilogie animalière, d’une traite, pour voir si elle est capable de me combler, disons autant que ses grands incontournables. En attendant j’aime sans adorer, toujours un peu gêné par la dimension humoristique, pour ne pas dire cartoon de certaines scènes.

     Il y a néanmoins une cohérence dans la filmographie du maître italien, au moins entre L’oiseau au plumage de cristal et Phenomena, qui me fascine durablement. Cette aisance avec laquelle il parvient à évoluer tout en répétant ses motifs, ses schémas, en gardant comme dénominateur commun la puissance de sa mise en scène. Rarement pris autant de plaisir à voir un cinéaste qui cherche (via une trilogie qui a tout pour s’enrayer d’elle-même, sur les voies de l’ennui et/ou de l’académisme) à faire son chef d’œuvre, qui pointera deux ans plus tard, à savoir Profondo rosso.

La loi du marché – Stéphane Brizé – 2015

maxresdefault   4.5   C’est pas mal, sur le papier. Mais d’une je n’avais pas du tout envie de ça ce soir-là et de deux je trouve le film de Brizé complètement dévoré par son dispositif. Alors, ça m’a complètement plongé dans un état dépressif donc si c’est l’effet escompté c’est plutôt réussi. J’étais vraiment pas bien en sortant. Mais je ne peux m’empêcher de trouver la démarche racoleuse. Le problème ce sont ces longues séquences, en fait ; Leur longueur crée de la performance là où c’était l’énergie du récit qui faisait la force de Ressources humaines, de Laurent Cantet ou encore de Deux jours, une nuit, des frères Dardenne, autres films d’entreprise grosso modo, bien meilleurs à mon sens. La loi du marché fait davantage petit laboratoire ou cas d’étude un peu lourd et didactique. Néanmoins il y a quelque chose qui saisit les tripes là-dedans. En un sens on est plus proche d’un Haneke qu’autre chose. Ça ne demande qu’à déborder, exploser, mais c’est archi maitrisé d’un bout à l’autre. Une maîtrise qui se déploie jusque dans la passivité du personnage central. A part ça, Lindon y est excellent.


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