Comme un avion – Bruno Podalydès – 2015

30« Guidé par une étoile ».

   7.5   C’est sur une banale recherche de palindrome que Michel (Bruno Podalydès lui-même, pour la vraie première fois dans le grand rôle depuis ses courts de jeunesse) la cinquantaine bourgeoise et blasée, se retrouve fasciné par le kayak au point de se lancer le défi de rejoindre la mer en partant d’une rivière non loin de chez lui, à la Celle Saint-Cloud. En fait, Michel voudrait voler, aussi fasciné qu’il est par l’aéropostal. Le kayak c’est un premier compromis de voyageur bourgeois, passif et indéterminé. La référence palindromique raconte déjà le programme. Comme un avion est un road movie aquatique et donc inéluctablement un voyage vers les origines et l’insouciance de l’enfance. L’idée géniale et finalement pas si farfelue est de stopper ce déplacement après seulement 4km d’évasion où Michel se pose dans un bosquet abritant une petite guinguette « Vaste, accueillante » (disait Vénus de Bashung), dans laquelle il fait plusieurs rencontres et ne parvient jamais à en décoller malgré quelques essais volontaires mais avortés. Ce périple est alors peuplé d’apparitions fantaisistes et d’objets insensés, pas de doute on est bien dans l’univers de Poda. On se prend toujours les pieds dans la glaviole et l’on y croise encore la fusée Tintin, ici dans la camionnette de Mila (la toujours lumineuse Vimala Pons) qui pleure chaque jour de pluie « Elle est née des caprices » son mystérieux amoureux musicien. On découvre aussi les inédits, ainsi les plaisirs d’une fontaine à absinthe, le manuel des castors juniors, une tante 2s récalcitrante, une bouilloire carbonisée par un réchaud et la bête, ce fameux kayak Grand Raid, commandé sur Le bon coin. Chez les personnages, on se délecte entre autres d’un Pierre Arditi moins sympa que Pierre Arditi, d’un gardien de supermarché aussi fana de kayak ou d’un Michel Vuillermoz bien cabossé. Dommage que le rôle tenu par Kiberlain, la femme de Michel, ait si peu d’épaisseur, bien que l’on devine qu’elle fait aussi à sa manière sa crise de la presque cinquantaine en forme de Séances Yoga maquillées. Le plus beau rôle est haut la main celui tenu par Agnès Jaoui, en veuve qui redécouvre le désir – La scène des Post-it « Première à éclairer la nuit » est une merveille. Comme un avion aurait néanmoins mérité d’être élagué en nombre de séquences et étiré dans la durée sur d’autres, quitte à faire plus long, comme savaient si bien le faire Rozier ou Podalydès à l’époque de Dieu seul me voit. Le début est vraiment poussif qui plus est. On sent qu’il est dans une démarche plus pantouflarde, qu’il a trouvé son public (plus large) et qu’il ne veut pas le lâcher. Je dis ça en aimant beaucoup, évidemment. Je pense même que c’est peut-être son meilleure film depuis Liberté Oléron, avec lequel il partage énormément. Je crois aussi que je suis trop attaché à son univers et son cinéma pour m’en défaire aussi brutalement (Bancs publics et Adieu Berthe avaient cependant été de belles douches froides) en voyant clignoter les facilités. Et puis tout simplement, il y a vraiment trop d’éléments calibrés pour moi là-dedans pour que je ne m’y retrouve pas au moins un peu. Je suis donc ravi de revoir le Podalydès que j’aime. Ravi d’être surpris.

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