• Accueil
  • > Archives pour juillet 2015

Archives pour juillet 2015



Barbara – Christian Petzold – 2012

68Le rideau déchiré.

   7.0   C’est un très beau personnage. Les films de Christian Petzold sont souvent de grands films de personnages. De générosité, d’abnégation. J’aime essentiellement que le film le montre pour deux choses, pour aider la jeune fille évidemment (même si l’on sent que c’est décidé sur un coup de tête) mais surtout par amour pour son collègue infirmier. A la petite vie pépère de petite femme dévouée à son mari (c’est en gros ce que son homme lui promet) elle choisit sa vie de travail et donne une chance à sa rencontre avec l’autre homme (qui au passage je trouve est un très très beau personnage, il est rare d’en voir des comme ça). En somme je trouve que le film dit beaucoup sur l’émancipation de la femme. Le dernier échange de regard m’a offert de beaux frissons. Quant aux officiers de la RDA ils m’ont fichu les jetons pendant tout le film ces cons, j’en tremblais pour Barbara en permanence. A part ça, j’aime tout particulièrement que ce soit un film au présent, jamais contaminé par le passé sous forme de flashback ou autre. Le passé est continuellement évoqué mais toujours au travers d’une discussion à l’intérieur du film, en totale transparence (dans Essential killing, de Jerzy Skolimowski, que j’aime pourtant beaucoup pour plein de choses, cette idée là m’avait semblé complètement raté). Tout cela apporte une dose de mystère en continu, on ne sait parfois plus vraiment qui est Barbara, ce qu’elle veut faire, ce qu’elle est capable de faire. L’idée du « sentiment » (comme elle dira un moment évoquant le garçon qui a manqué de se suicider) devient quelque chose d’opaque, inaccessible, c’est en elle ou pas, on ne sait plus vraiment ce qu’elle abrite en son intérieur. La scène de la ratatouille est très belle. Et puis il y a ces retrouvailles d’un soir avec son homme (et son absence, et sa rencontre avec sa voisine de chambre, discussion La redoute etc…) où il y a un détachement qui n’est pas ostensible, au sens où la mise en scène de souhaite pas démontrer ce détachement, c’est Barbara qui l’a en elle, c’est son propre détachement. Inutile de préciser combien la mise en scène de Petzold s’accorde à merveille avec ce que le film raconte.

Quand je serai petit – Jean-Paul Rouve – 2012

Jean-Paul Rouve, Miljan ChatelainIl était un père.

   6.5   J’ai pleuré comme une madeleine. Le film ne le mérite pas, je crois, mais c’est un fait. Le problème c’est la présence un peu trop chargée d’une certaine gravité. J’ai l’impression que c’est l’effet du film français dramatique populaire d’aujourd’hui. Il faut que toutes les séquences convergent vers un même ancrage émotionnel, quitte même à déployer du secondaire pour charger la barque. Mais pour le coup le film m’a emporté, je le trouve finalement assez simple, retenu, drôle et beau. Car il y a quand même de jolis moments (le carton de souvenirs notamment) surtout les séquences avec son papa (donc Poelvoorde, sensationnel) que j’ai trouvé les plus réussies. La rencontre me procure encore maintenant de sacrés frissons. J’aurais aimé que ça dure davantage, que l’on reste au bord de ces pistes de décollage, à entendre les avions. Le dernier plan m’a achevé. Mais le film fait des erreurs terribles car il cherche à mettre en avant un peu tout, notamment sa relation avec sa femme, le fait qu’il s’en éloigne (l’ouverture est grosse avec ses chambres simples, mais réussie) soit, sauf qu’il refuse de montrer ce qui aurait pu être très fort, à savoir l’aveu. Je trouve cela invraisemblable qu’il n’y ait pas d’aveu à sa femme, que ce soit sa maman qui s’en charge, pour moi ça ne tient pas. En fait, si Quand je serais petit se limitait à cet album, ce carton, ces avions et ces dialogues entrecoupés de silence, c’était un film magnifique. Mais bon, ça reste malgré tout un produit Lioret approved un peu formaté et ça je m’y attendais. En revanche, le cercle musical – casse-gueule – sur Albinomi (de son père à sa fille) et la platine qui devient piano, perso je trouve ça très beau.

Télé gaucho – Michel Leclerc – 2012

20276282     5.0   C’est sensiblement comme son précédent, Le nom des gens. Parfois très drôle, parfois très con. Très bien écrit mais aussi très suffisant. Je crois que je préfère celui-là pour Elmosnino, quel formidable acteur ! Sinon il y a quand même de gros problème de rythme, en fait je pense que Leclerc serait bien meilleur et corrosif sur un format court. Là, encore une fois, ça essaie d’être engagé pour finalement finir par entrer dans le rang parce qu’il ne sait plus quoi dire ni comment finir.

Le nom des gens – Michel Leclerc – 2010

ob_77a4a6_nom-des-gens     5.0   J’ai d’abord trouvé ça insupportable. Assez longtemps. Je n’avais jamais rien vu d’aussi binaire. Et puis finalement j’ai fini par trouvé le film culottée, pour éviter de dire astucieux, car il ne faut pas pousser quand même. Mais franchement je me suis pas mal demandé si ce n’était pas une commande de gauche masquée. Et au moment où j’ai pensé cela, Jospin est apparu. Un détail qui m’a fait la soirée. Sinon, Forestier et Gamblin sont très bien.

U-571 – Jonathan Mostow – 2000

u-571-2000-09-gHéros sous l’eau.

   4.0   J’ai le souvenir de l’avoir vu dans la foulée de Das boot, le chef d’œuvre de William Petersen. J’étais dans ma période sous-marins. La différence c’est que ce film là n’a pas grand intérêt, c’est un honnête produit hollywoodien, efficace en terme d’action, de suspense et de rebondissements mais qui ne travaillent jamais ses personnages ni la durée ni l’Histoire d’une manière générale. Das boot ressortait cette absurdité là, on ne distinguait plus vraiment les patries, ce n’était que survie, énergie du désespoir. U-571 y va de ses sabots dans le courage, le sacrifice et l’hommage aux forces alliées. Ce n’est finalement plus du cinéma, ou alors seulement pop-corn. Je pensais voir le meilleur film de Mostow, c’est en fait son moins bon.

Engrenages – Saison 5 – Canal+ – 2014

11049562_10153004276477106_780180919799672690_nLes réprouvés.

   8.5   Je suis à la fois hyper enthousiaste et mesuré. D’une part je trouve que la scission de la fin de l’épisode central casse quelque peu la dynamique car franchement, la première partie de saison est haut la main ce que la série aura fait de mieux, c’est ahurissant de maîtrise, de suspense, de densité, de zones d’ombre, de filatures. Franchement, c’est du niveau The Wire, sans forcer. C’est éblouissant dans la construction, vertigineux dans le tempo et ça ne redescend jamais. Mais le final du 6, c’est une tarte, une vraie. Réaliste, absurde et brutal à la fois. Avec le recul on peut se dire qu’on l’attendait tant tout ne tenait plus qu’à un fil et tant le climat n’avait jamais été si électrique à l’image de l’altercation entre Gilou et Tintin ou de ces étranges saignements de nez de Roban.

     La suite est très bien malgré tout, essentiellement le dernier épisode qui m’a fichu dans un état de stress sans précédent. Mais c’est un peu plus du Engrenages comme on l’attend, comme on la connaît. Il y a deux trucs forts : d’une part l’exploitation pleine du season final dernier, on a vraiment la sensation de ressentir son impact dans chacune des situations. Sami n’est plus, Brémont est éclipsé, Herville sur la sellette, Laure dans un deuil violent, Tintin s’en veut de ne pas avoir été là quand Gilou, curieusement se retrouve à composer avec tout ça et à recoller les morceaux – Un comble lorsque l’on se remémore les saisons précédentes, même s’il ne sera pas vraiment épargné plus tard non plus.

     Puis il y a La thématique globale, subtile et surlignée à la fois : l’idée que ce soit la saison des enfants. Pas pour les enfants, loin de là, mais sur les enfants et la tourmente des parents ou futurs parents. Ce n’est que ça. Au départ, une fillette est retrouvée morte dans les bras de sa mère, noyée elle aussi, dans un canal. Au départ toujours, on apprend que Laure Berthaud est enceinte. Au départ encore, le principal suspect de ce double meurtre n’est autre que le père, en fuite avec son petit garçon. Au départ, continuons, Tintin ne rentre plus chez lui, insupporté par ses gosses tyrans. On ne peut pas faire plus clair. Plus tard, c’est une bande de filles que l’on recherche, que l’on suspecte, au détour d’autres recherches et suspections, comme Engrenages sait très bien nous en concocter, au beau milieu d’une histoire de vol de sac, de la mort d’un policier en fonction, de braqueurs de Dab ou de recèle organisé.

     De nombreuses storyline qui se croisent ou non, comme d’habitude, mais avec une fluidité encore plus déconcertante ici. J’aime beaucoup quand la série parvient à me donner le vertige de la sorte. A la fin je commence davantage à tout sentir venir même si, soyons honnêtes, tout fonctionne admirablement. C’est juste que cet entonnoir inévitable commun entre le destin de l’enfant de la capitaine, cette nouvelle petite fille enlevée, cette autre agressée par des chiens et celle bourreau que sa mère a toujours rejeté, crée une légère sensation de trop plein. Sans compter la mise en scène d’un final complètement ratée.

     Quoiqu’il en soit, c’est l’une des plus belles choses que j’ai vu cette année en matière de série, du niveau des quatre dernières saisons d’Engrenages (Série ô combien indispensable je le répète) qui fait d’ailleurs la part belle aux filoches (pour reprendre les mots d’usage) bref le bonheur. J’aurais pu tout mater d’une traite tellement j’étais à fond. Je suis juste déçu de ne pas pouvoir crier que c’est la meilleure saison du show et la seule série avec Breaking Bad où chaque saison est nettement meilleure que celle qui précède tant dans ses six premiers brillants épisodes il n’y avait à mes yeux absolument pas photo.

Conjuring, Les dossiers Warren (The Conjuring) – James Wan – 2013

1374519912000-AP-FILM-REVIEW-THE-CONJURING-57018192-1307230815_16_9   6.0   Une réussite. Il y a pourtant rien de neuf mais James Wan se la joue ici plus généreux que petit malin. Le film tient de bout en bout, réserve son lot de frissons (je ne faisais vraiment pas le fier) et parvient à filmer la maison en tant que personnage à part entière, sans pour autant délaisser les membres de cette famille dont les réactions sont plutôt cohérentes.

La colline a des yeux (The Hills Have Eyes) – Alexandre Aja – 2006

26L’ouragan de la vengeance.

   7.5   Ce remake a neuf ans, déjà et ça se voit, c’est curieux. Je l’avais découvert il y a huit, en solo, dans ma chambre d’ado, j’en ai un souvenir agréablement douloureux, j’avais souffert et transpiré. Davantage que devant l’original de Craven, tout du moins. Je suis ravi de l’avoir revu aujourd’hui déjà parce que cela me conforte dans l’idée que j’avais de Aja sur le fait qu’il avait atteint là son point d’orgue. C’est sa plus belle réussite, haut la main. Dans le genre, ça me parait délicat de faire aussi efficace. Et si le film emprunte parfois les voies de la facilité et de l’emphase – Aja n’étant pas le garant de la subtilité – il est agréable de constater combien il décalque peu et ressemble peu, dans le ton, à tout un pan de ce cinéma que l’on connait, des Seventies à aujourd’hui.

     Dans une séquence comme celle de l’attaque de la caravane, il lâche les chevaux. J’en avais gardé quelque chose de terrible, d’insoutenable dans le rythme comme dans l’image et l’effet ne s’est pas dissipé. C’est sans doute même ce qui a le mieux vieilli, avec le dernier acte. Au passage, là où le genre nous habitue à de petites pluies régulières de cadavres (notamment parce que les personnages se dispersent au compte-goutte) Aja choisit une scène pivot, tempête absolue, puissante, sans compromis. La caravane transporte une famille de sept personnes, nourrisson compris. Trois vont y passer, violemment, en cinq minutes. Ajoutez à cela un viol et la disparition du bébé, je ne vois pas trop comment on peut faire plus trash en un laps de temps si réduit.

     Trois morts, d’un coup. Et ce seront les trois seuls – dans cette famille de touristes américains. Le reste ne sera que transfiguration animale, d’autant plus intense qu’elle investit le personnage le plus pacifique, qui n’aura d’autres préoccupations que de venger sa femme et de retrouver son gosse, tandis que le patriarche, beau grand défenseur des armes à feu, se fait très vite griller comme une merguez – les inserts en question sont d’ailleurs super longs, mal fichus surtout qu’Aja prend l’option de tout montrer plutôt que de jouer sur une suggestion plus choquante. L’idée que dans la vengeance, il n’y ait plus ni idéologie (le républicain et le démocrate) ni groupe (les hommes et les mutants) qui compte, mais un seul déluge de violence barbare et sadique est la grande idée du film, du reste absente de l’opus de Wes Craven.

     La première partie du film est relativement soft bien qu’y transpire déjà un profond malaise, provoqué par ces grandes étendues désertiques, ces quelques apparitions à peine visibles et une ambiance sonore bien marquée, façon western. Il y a quelque chose de Massacre à la tronçonneuse (Il est évident qu’Aja en fait sa référence ultime) dans cette seconde (longue) introduction, celle qui nous familiarise avec les personnages. L’ouverture, la vraie (le massacre de deux scientifiques) est assez mauvaise en fait, elle fait mensongère au sein du reste qui plus est, voulant attirer d’emblée son spectateur dans un sillage qui ne lui ressemble pas. La deuxième partie, post caravane, est un survival à l’énergie, bien relevé, creepy et bloody à souhait. Aja y agrémente même son matériau de détails assez jouissifs sur l’Amérique, bien qu’inutiles au regard de ce qu’il crée déjà du monde des mutants, dont on apprend qu’ils sont la conséquence d’essais nucléaires qui avaient eu lieu dans leur zone d’habitation qu’ils n’avaient pas souhaité quitter.

     On retiendra surtout ce gros travail sur l’espace, aussi bien dans le désert au milieu des collines ou dans ce cratère faisant office de cimetière de bagnoles, que dans le village test à la fin. Un remake brillant qui surpasse donc allégrement l’opus de Wes Craven, trop fauché qu’il était pour marquer durablement les esprits et faire couler le sang autant que les retombées radioactives.

Louie – Saison 5 – FX – 2015

11705172_10153004276442106_4016946128981677506_nSurplace.

   6.0   Louie et moi, ça pouvait devenir l’amour fou. Soyons clairs, je tiens les saisons 3 et 4 comme étant les plus belles choses en format 22min sorti durant ces deux dernières années. Cette nouvelle saison avait tout pour transformer l’essai dans la mesure où elle apparaissait plus condensée : Huit épisodes seulement contre 13 et 14 pour les précédentes. L’occasion de sectionner le gras, de ne garder que la sève. Bon, n’y allons pas par quatre chemins, je suis déçu. Hormis le double épisode final, assez beau, je trouve que c’est un Louie en sous-régime, sûr de lui, en pantoufle. Il y a évidemment encore des choses savoureuses mais deux fois moins, donc et comme il y a toujours très peu de lien entre les épisodes, tout s’enchaine sans déplaisir mais sans non plus s’extraire de cette limite rébarbative. Et puis pour la première fois, on a un peu l’impression de voir un petit programme sous forme de catalogue très préparé : Louie qui se trompe de soirée, Louie et son vieux pote beauf, Louie et son frère, Louie et Pamela, Louie et ses cauchemars. Seule la fin, en miroir, à Cincinnati et Oklahoma City se distingue quelque peu du reste. Sans toutefois arriver à la cheville de Louie à son meilleur, dommage.

Cycle Osamu Tezuka (1962/1987)

p4.jpg-c_300_300_x-f_jpg-q_x-xxyxxLa légende de la forêt – Mori no densetsu – 1987

     Début de mon petit cycle Tezuka, par simple curiosité. C’est pas mal, mignon tout plein, engagé écolo mais pas transcendant non plus. Tezuka alterne plusieurs formes d’animation et crée une sorte de survie des animaux avant la destruction de leur forêt. Celui-ci dure 30min.

La sirène – Ningyo – 1964

     Tout petit film de 8min contant l’histoire d’amour entre un pêcheur et une sirène. Hors de l’eau la menace humaine gronde.

La goutte – Shizuku – 1965

     Petit film récréatif de 4min où un marin en perdition meurt de soif sur son radeau et imagine tout un tas de stratagème pour boire ne serait-ce qu’une goutte.

Le film cassé – 1985

     Petit court de 6min sans doute le plus intéressant de Tezuka dans le rapport au cinéma, où tous les défauts techniques, comme s’il s’agissait d’une bobine endommagée, se trouvent insérés dans l’histoire elle-même.

Le saut – 1984

     Un personnage fait des bonds, pendant 6min, en caméra subjective. Au début c’est joli, il y a la nature, les routes sont désertes et à mesure qu’il va de plus en plus haut il débarque dans le monde, oppressant au possible.

Histoires du coin de la rue – Aru machikado no monogatari – 1962

     Suite de mon cycle Tezuka avec ce moyen métrage intéressant où des objets et des affiches prennent soudainement vie, bientôt ternie par la menace militaire.

Tableaux d’une exposition – Tenrankai no E – 1966

     Suite et fin de mon cycle Tezuka avec cet autre moyen métrage de 40min, qui m’a profondément ennuyé. Bilan : je ne raffole pas trop de ces petites créations toujours digne d’intérêt mais rarement creusée, systématiquement avortées avant qu’elles ne puissent prendre une véritable ampleur. Il faut peut-être piocher dans ses long-métrages.

12345

Catégories

Archives

juillet 2015
L Ma Me J V S D
« juin   août »
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Auteur:

silencio


shaolin13 |
Silyvor Movie |
PHILIPPE PINSON - ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Playboy Communiste
| STREAMINGRATOX
| lemysteredelamaisonblanche