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Archives pour juillet 2015



Mourir d’aimer – André Cayatte – 1971

52Le dernier combat.

     8.0   J’en suis sorti sur les rotules. Cayatte ne fait pas dans la dentelle, il dénonce et va au bout de son entreprise. C’est sans doute un peu too much dans la descente aux enfers à l’excès, le combat contre un mur, la société décadente mais en l’état j’ai trouvé ça magnifique.

Mort ou vif (The Quick and the Dead) – Sam Raimi – 1995

584010   5.5   C’est pas terrible, c’est hyper mécanique, on voit tout venir à des kilomètres mais j’ai pris un peu mon pied malgré tout. C’est un chouette divertissement. Et c’est drôle de voir DiCaprio là-dedans (dont c’est une des premières apparitions au cinéma avant ses deux grands rôles dans Roméo & Juliette puis Titanic) juste après Django Unchained… C’est un plaisir très immédiat, le petit spectacle du dimanche soir donc ce n’est à mon sens pas de lui faire offense de l’oublier, c’est un peu fait pour ça.

Taxi Téhéran (Taxi) – Jafar Panahi – 2015

1481429465436Passager clandestin.

   7.0   Panahi n’a plus le droit de quitter son pays et n’a plus le droit d’y tourner non plus. Il a fait de la prison pour avoir fait des films. Comment contourner cela ? Il avait d’abord répondu par un film concept, co réalisé avec Motjaba Mirtahmasb, qui en somme le filmait, dans le très beau Ceci n’est pas un film, dans lequel on découvrait le cinéaste iranien dans son appartement qui parvenait à en sortir au moyen d’une pirouette géniale, drôle autant que puissante, qui représentait à elle seule finalement toute son œuvre. Hors-jeu, son chef d’œuvre, suffit à l’illustrer.

     Taxi Teheran prolonge ce combat. Panahi place deux caméras au-devant de son véhicule et filme quelques personnages qui vont y entrer. Il ne ment pas. Ce sont tous des acteurs pourtant tous sont pris dans le tourbillon du jeu du réel tel qu’on oublie parfois que le cinéaste n’est pas chauffeur de taxi dans la vie. Pour autant, la mise en abyme est constamment évoquée, à des fins politiques essentiellement. Le garçon qui vend des films à la sauvette c’est génial. La petite nièce qui doit tourner un petit film pour l’école, aussi. Sans parler de la fin, pied de nez magnifique à la fragile situation du cinéaste.

     Panahi arrive néanmoins à contourner son objet théorique, il insuffle de la vie, de l’humour dans chacune de ses séquences, tandis qu’elles sont toutes hyper construites et écrites. Et il cite sa filmographie en permanence, comme pour rappeler d’une part qu’il se situe dans un état transitoire, d’autre part qu’il fait toujours le même film et qu’il ne cèdera devant aucune oppression. Même s’il doit y laisser plus de plumes que de raison pour perpétrer son art.

Near death experience – Benoit Délépine & Gustave Kervern – 2014

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Michel et rien d’autre.

   6.0   Le meilleur Délépine et Kervern à ce jour, à mon humble avis. Michel Houellebecq, suicidaire magnifique et la montagne Sainte-Victoire. C’est tout. Quasi pas de dialogue. Hormis quelques petits couacs ci et là, j’ai trouvé ça très beau.

Flirt à Hawaii (Flirting with Forty) – Mikael Salomon – 2009

photo.Flirt-a-Hawai.92039   1.0   La rom’com américaine dans ce qu’elle a de plus traditionnelle, sirupeuse et puritaine. Un vulgaire téléfilm publicitaire pour les riches en mal de sexe. On passe de la pub Nescafé à Danette puis Axe. C’est assez déroutant de voir un best of pareil.

Valley of love – Guillaume Nicloux – 2015

4639068_7_d51b_isabelle-huppert-et-gerard-depardieu-dans-le_2c9f91199586c52a41b3e30e8b3539b5Boring valley.

   3.5   Il faut, je crois, avoir des étoiles dans les yeux chaque fois que ces deux dinosaures du cinéma français apparaissent dans le plan, pour être submergé par le film. Pour passer outre, en somme. Et même sans ça, qu’y a-t-il de Loulou là-dedans ? Je veux dire qu’il y avait sans doute une percée à créer là-dessus, mais Nicloux n’est pas Pialat. On a moins affaire à un film de fantômes qu’à un film sur deux acteurs incontournables, ceux d’aujourd’hui, dont finalement nous n’avons plus rien à faire. Alors on pourra toujours dire que les deux sont liés, puisqu’en un sens, ce sont devenus des fantômes. Mais il faut dans ce cas proposer des choses, que çà se libère, que ce soit plus indomptable que ce produit Van Sant raté et son beau morceau de Charles Ives repris en boucle. Tout semble archi mécanique, même les pseudos mystères égrenées sont forcés. Gérard joue Gérard, Isabelle joue Isabelle, la vallée de la mort, ok. Elle ne cesse de geindre contre son téléphone qui ne capte pas, lui ne fait que de se plaindre de la chaleur accablante. Il y aurait pu avoir quelque chose à faire avec l’exaspération, la transpiration. Mais tout parait là aussi très fabriqué, clignotant, racoleur. Ici d’étranges marques sur les jambes, puis sur les bras. Là, la mort qui prend forme humaine sur un terrain de tennis. De nombreuses séquences de chutes de pierres sur les dunes de sables, bref attention, il y a des fantômes partout. Pour mener à quoi ? Une simple retrouvaille – entre un couple (de cinéma) – en forme de souffrance partagée. L’idée m’attire mais le rendu est bien trop sage. Tous les ingrédients sont distillés sans accrocs (les acteurs, le lieu, la mise en abyme, la musique) pour faire un parfait film de fantômes pour lecteur du Figaro.

Time out (In time) – Andrew Niccol – 2011

354054-time-outDiscussion surréaliste, le retour.

   5.5   Moi : Blockbuster jubilatoire comme j’aimerais en voir un peu plus souvent même si je trouve que ça s’essouffle dans la partie Bonnie & Clyde / Robin des bois.

Boris : Donc tu n’aimes pas THX mais Time Out… je comprends mieux maintenant. Tu es un grand malade.

Moi : Thx est du cinéma bis qui croit être l’étendard d’une nouvelle forme de cinéma mais ne repose que sur un assemblage d’images clipesques ou bestofesques, tu choisiras, ça ne s’incarne jamais, du coup je trouve que c’est un cinéma de scénario, à l’instar de celui de Maddin, qui se croit être expérimental. bref, au secours…

Boris : Ce film est un nanar qui repose sur un postulat plus qu’improbable. En aucune façon ce ne peut être un avenir possible pour l’humanité. Si ça marche en nouvelle/roman, c’est raté dans un film d’anticipation. La seule chose qui sauve : le jeu des comédiens, et les effets spéciaux potables. Amenda également.

Moi : Mais on s’en fou que ce soit ou non probable non ? bien sur que c’est nawak l’idée de base mais ça fonctionne en allégorie, si on l’accepte. Ce n’est pas de l’anticipation mais de la SF pure. Et il y a un savoir faire, comme c’était le cas dans Gattaca, un savoir faire de faiseur de BB car ça ne prétend pas faire autre chose, sans compter que ô joie ce n’est pas un film en palabres mais en mouvement, uniquement, ce que ça fait du bien !

Boris : Le problème, comme l’a si bien dit Hitchcock, c’est que le cinéma ne doit pas être réaliste mais vraisemblable. C’est le cas de Gattaca. Pas ici.

Moi : Et bien moi je trouve ça tout aussi (in)vraissemblable que Gattaca. Que j’ai très envie de revoir au passage.

Boris : L’explication de Gattaca est la suivante au début du film : on modifie les gènes ce qui conduit à l’eugénisme (ce qu’on fait déjà par ailleurs). Dans cette bouse on modifie les gênes pour se mettre des compteurs fluo (non mais allo quoi, des compteurs fluo !) sur l’avant bras qui décomptent notre vie. Et pas encore satisfait de la chose, on décide qu’on va jouer en bourse avec. Non mais quelle société pourrait choisir ça ? Même les Disney sont plus crédibles…. Je ne peux pas cautionner ça. Je sais que tu ne lis pas beaucoup de romans, mais les règles de l’anticipation comme de la SF pure sont simples : des règles vraisemblables dans un futur où la science, la philosophie et l’histoire pourraient nous mener vraiment. Ce n’est pas le cas ici. C’est pourri. Il n’y a même pas une once de poésie (c’est la règle apportée par Clifford D. Simak à la SF ou par Ray Bradburry). De la merde en boîte.

Moi : Tu parles de romans, de règles, mais ça n’a pas d’importance. La poésie il y en a c’est une poésie du mouvement, de survie, de lutte des classes, le reste on s’en tape ! Je trouve ça culotté d’avoir opté pour ce postulat ridicule et d’en faire quelque chose de totalement jouissif et enivrant.

Nico : C’est un peu bidon comme film non ?

Moi : Autant que Matrix quand on y réfléchit, et Time out ne s’érige pas en emblème, lui.

Mathieu : Je te soutiens Grégory. L’idée de base du film est vraiment bonne à mes yeux. Le rendu final aurait pu être bien meilleur, mais ça reste un blockbuster relativement commercial.

Et pour répondre sur la question d’être vraisemblable ou non, je dirais que si un film parvient à nous faire plonger dans une histoire partant d’un postulat invraisemblable, c’est qu’il doit être un minimum bon.

Moi : Exactement Mathieu, en fait c’est peut-être à mes yeux la plus belle réussite du film : nous faire croire non que le temps c’est de l’argent mais que l’argent c’est le temps ! Et je pense que Andrew Niccol fait ça depuis le début, tous ses films répondent en écho détourné aux avancées du modèle occidentale (Gattaca, Simone, Lord of war) chaque film porte cette emprunte même s’ils sont parfois en roue libre. Time out va plus loin à mon avis car il abandonne le cynisme pour ne produire qu’un pur divertissement, délesté de cette pose dont il est coutumier.

THX 1138 – George Lucas – 1971

xYZfYEUTknFr61lp7OX1CxLZlDeDiscussion surréaliste.

   2.0   Moi : Je trouve ça atroce. J’ai eu envie d’éteindre toutes les cinq minutes. Je rapproche ça de films comme Pi ou Antiviral où leur suffisance n’a d’égal que leur ennui mortel. On ne peut plus désagréable.

Nico : Pas d’accord. Je trouve que ce film fourmille d’ idées visuelles surtout quand on sait qu’il a été fait avec trois sous. Et puis il est précurseur de bien des films par la suite.

Moi : Il est en effet précurseur d’une flopée de mauvais films.

Nico : Tu ne peux nier que visuellement c’était nouveau. Même si parfois on pense au Jeanne d’arc de Dreyer.

Moi : Je ne sais pas, ce fut un tel calvaire que je ne peux lui trouver d’intérêt. Tiendrais-je là tout ce qui m’est détestable au cinéma ?

Boris : On recherche la forme par le sens. Et le montage lui même est une forme symbolique qui se passe du jeu des comédiens à certains moments. Il ne faut pas oublier quelque chose, c’est un film vraiment expérimental. Dire que le film est chiant et inabordable, c’est comme dire que tu n’arrives pas à lire une thèse car c’est indigeste. La thèse n’est pas un roman, ce n’est pas fait pour prendre du plaisir mais pour chercher à expliquer différemment, sérieusement. THX c’est la même chose.

Moi : Pas d’accord du tout ! je ne vois rien d’expérimental là-dedans, en tout cas pas cinématographiquement, tout me semble éculé. Alors en tant que thèse pourquoi pas, mais c’est de cinéma dont on cause. Et plus j’y pense plus je rapproche ça du cinéma de Maddin, notamment Des trous dans la tête, ce nanar qui se prend pour dieu, cette vieille bâtisse qui s’érige en édifice post moderne. En fait ça m’évoque le cinéma d’ado boutonneux hyper sérieux qui croit révéler la vérité au monde, style Brazil (je provoque un peu). Je ne suis cependant pas définitif (peut-on l’être sur quoi que ce soit ?) et si ça se trouve si je le revois dans dix ans je lui trouverais du crédit, c’est juste qu’à l’heure actuelle je trouve ça ridicule.

Boris : Tu t’acharnes parce que c’est Lucas et qu’on t’a forcé à regarder Star Wars quand tu étais trop vieux pour l’apprécier pas vrai ?

Moi : Exactement. Mais non, la preuve : j’ai découvert American graffiti il y a peu, et j’ai beaucoup aimé  Et puis j’aime bien la première trilogie Star Wars, surtout le premier volet d’ailleurs, le seul que Lucas met en scène si mes souvenirs sont bons. Mais là, désolé, c’est au-dessus de mes forces.

Bully – Larry Clark – 2001

Bully - Larry Clark - 2001 dans Larry Clark 69217932_ph3High school revenge.

   7.0   L’ayant découvert il y a une dizaine d’années, déjà, Bully, qui était alors mon premier Clark, avait été un choc. Je me souviens l’avoir revu dans la foulée, enfin quelques jours plus tard, tant il me hantait. C’est un peu différent de s’y confronter à nouveau aujourd’hui car si le film est toujours aussi fort, cinglant, détraqué, il semble davantage concourir à l’exercice de genre. On a un peu cette impression d’en ressortir manipulé tandis que Kids continue de nous meurtrir. Quoiqu’il en soit et ce bien qu’en en connaissant ses rouages, Bully reste un beau portait d’une jeunesse américaine désœuvrée, sans objectif, sans morale. Jeunes que Clark vient caresser de sa caméra dans leur beauté, leur transpiration et leur violence, sans jamais ne s’en extraire. De la drogue, de la sueur et du cul il ne s’agit que de ça. Les skate-boards sont provisoirement remplacés par les jeux vidéo, Mortal Kombat à l’honneur. On y joue même sous acide dans les arcades. Les célèbres Fatalités les font gerber. Et à côté qu’y a-t-il de changé encore ? Une histoire de vengeance toute simple, sorte de colère groupée intraitable qui ira jusqu’au bout dès l’instant que le groupe aura pris une autre dimension (Un ami flingué aux amphètes, un autre recruté en tant que tueur à gages). Bobby n’est alors plus le connard qui malmène son ami d’enfance, le frappe, l’humilie, ni celui qui viole les ados mais un pauvre looser fils à papa qui veut réussir son bac et que l’on va trucider au couteau et à la batte avant de le jeter aux alligators dans les marécages. C’est La Floride qui est à l’honneur dans Bully mais elle ne ressemble aucunement à celle que l’on a l’habitude de croiser au cinéma. Du pur Clark, qui explose littéralement dans cette scène de meurtre sur la plage, véritable opéra macabre construit dans le même vertige que celui qui traverse, habite, secoue chaque personnage.

     Auparavant, Bully n’est que suite de séquences sans liant distinctif, scénaristique autant que temporel, captant cette jeunesse qui s’enfonce dans le néant, comme ça l’était déjà dans Kids et sera durant toute la filmographie de Larry Clark. La mise en scène reste indomptable, constamment boostée à l’énergie, n’hésitant ni un interminable et gratuit plan circulaire, ni des expérimentations fiévreuses et inserts d’entrejambe en tout genre. Dans un élan similaire, les préparatifs du meurtre sont saisis dans leur folie instinctive, tout en excitation et inconséquence, jusque dans son accomplissement et ce qui s’ensuit, longues disputes groupées autour de qui a planté le premier et tuer le dernier, jusqu’au sein même du tribunal, dans une séquence finale absurde où certains ne comprennent toujours pas ce qui les attend, tandis que l’une des filles est enceinte et une autre a fini par balancer tout le monde. Pour saisir ce vertige post meurtre Clark utilise l’un des plus beaux morceaux de Fatboy Slim, Song for shelter. Et un peu plus tôt, pour la scène pivot, il accompagne le massacre d’une des merveilles de Thurston Moore. Quand on combine à ce point le bon goût et le talent ça laisse forcément quelques traces. Il y a chez Clark une science du désastre qui se traduit systématiquement par des propositions mise en scénique que l’on ne croise nulle part ailleurs. C’est surtout pour ça que j’aime autant son cinéma, même s’il a tendance à perdre de sa superbe au fil du temps et des revoyures.

Real (Riaru, Kanzen naru kubinagaryû no hi) – Kiyoshi Kurosawa – 2014

real-kurosawa-1   5.5   Comme on pouvait le lire à l’époque de sa sortie, il y a un peu de Shutter island et d’Inception là-dedans. On y retrouve en effet certains motifs similaires. Mais c’est globalement surtout un film de Kiyoshi Kurosawa. On retrouve bien les motifs de sa mise en scène, cette façon de travailler le plan, les intérieurs, ses incursions fantastiques, le travail énorme sur la lumière. C’est assez beau tout ça, même si comme souvent ça ne me fait ni chaud ni froid. Il y a une distance dans son cinéma qui me gêne continuellement, ce qui n’est pas le cas dans celui de Bong Joon-Ho par exemple, qui me happe d’un bout à l’autre. Là oui, en effet, les vingt derniers minutes sont excellentes, ce gros récit avec ces tiroirs qui s’ouvrent plutôt jouissifs, mais le début m’ennuie aussi et puis le retournement du milieu me semble vraiment superflu ou mal fichu. Mitigé donc.

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silencio


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