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Archives pour juillet 2015



John Carter – Andrew Stanton – 2012

JOHN-carter-image-film   3.5   C’est nettement mieux qu’un Battleship ou Prince of Persia mais j’en ai vraiment rien à cirer. Stanton, reste chez Pixar steuplé. Ah et sinon y a toute une flopée d’acteurs de Rome là-dedans (Jules César, Marc Antoine, Atia, Posca) c’est carrément flippant. Avec en prime notre McNulty de The Wire qui cabotine. C’est rigolo. Après je ne me suis pas ennuyé hein y a vraiment un chouette rythme. C’est infantilisant mais y a du savoir-faire.

Rectify – Saison 2 – Sundance Channel – 2014

20084_10152981930157106_2975155801878573061_nWeird as you.

   7.5   C’est une très belle saison dans la continuité de la première, qui parvient même à faire mieux à raison d’un récit nettement plus dense, à l’ambiance plus éthérée, hypnotique. Si Daniel est toujours bien entendu le point de convergence, celui autour duquel chaque parcelle d’écriture se développe, à l’image de ce régulier flash back prison qui s’immisce parfois dans le présent – pas forcément ce que la série fait de mieux à mon avis – c’est surtout un temps offert aux personnages secondaires et donc à la petite ville de Paulie qui marque cette fois davantage. En particulier Teddy, le beau-frère, élément déjà éminemment problématique dans la première saison, qui est ici au bord de la rupture, autant professionnelle que conjugale. Je garde toutefois quelques réserves, essentiellement dans la première partie de saison où l’extrême lenteur de la progression narrative me parait un peu forcée. Il y a par exemple des moments illustrant le quotidien (Amantha à la caisse du supermarché, pour ne citer que le plus évident) qui sont plus faibles que le reste. Mais finalement, Rectify trouve de plus en plus son tempo, s’affirmant d’épisode en épisode, en brouillant constamment les cartes, dégageant un lot de nuances considérable. Si bien que l’on en sort aussi désarçonné que Daniel qui, au-delà de cette liberté intérieure qu’il a inévitablement déniché en cellule, ce nouvel espace-temps qu’il y a construit, il semble lui-même ne plus savoir s’il est innocent ou coupable (« I’m not a good guy » ne cesse t-il de répéter à Tawney) de ce meurtre dont il a finalement été disculpé trop tard, continuant ainsi de le hanter au quotidien, aussi bien au niveau mental que physique, familial ou politique. Quelque chose de terrible se noue à nouveau puisque l’affaire reconsidère les preuves Adn en revenant sur les aveux d’époque de Daniel, qui pourraient aussi avoir été donné sous la contrainte. Tout est flou pour tout le monde (l’enquête judiciaire aussi) et ce d’autant plus que le temps a fait son travail, qu’il est irrécupérable comme la mémoire qui se brouille. Six épisodes pour traiter cela, c’était peut-être un peu juste. Dix probablement trop. Qu’importe, il y a vraiment quelque chose de saisissant là-dedans, d’autant que Rectify offre pourtant dans ce cauchemar au carré des instants de grâce pure. C’est Six feet under qui croise Top of the lake. Bref, c’est très beau.

Orange is the new black – Saison 1 – Netflix – 2013

11402758_10153004276407106_3428460377519225639_nFucksgiving.

   7.0   C’est un postulat de départ très enthousiasmant, parce que très simple, efficace autant qu’improbable : Piper entre en prison pour quinze mois. Pour une vieille affaire vieille de dix ans, où elle fit la mule par amour, avec succès. Et aujourd’hui, alors qu’un invité mystère l’a balancé, la voilà en taule aux côtés de son ex, une histoire aussi vieille de dix ans, avec laquelle elle a partagé ce qui l’amène aujourd’hui en prison.

     La série s’intéresse à tous ses personnages, creusant chacun au moyen de flashback, qui s’insèrent avec un bel équilibre entre les séquences du présent, en prison. Chaque épisode suivra d’ailleurs l’une des incarcérées (ayant le plus de rapport avec Piper, évidemment) pour nous montrer le pourquoi de sa présence ici. Quant aux lieux : Douches, réfectoire, cour extérieure, dortoirs, trou… la série cartographie avec aisance et punch chaque recoin de l’établissement.

     Ce qu’il y a de génial c’est de voir comment la prison est le reflet de la société, avec ses clans, ses réseaux, ses jeux de pouvoirs, ses conflits, ses discriminations. C’est bien plus compliqué qu’une simple opposition dichotomique même si c’est ce qui s’en dégage en apparence. Blancs, noirs, hispaniques, vieux, religieux. Les clans se forment de cette manière-là. On y décrète même, après vote, une représentante dans chaque groupe de détenues. La série prend même le temps de travailler les relations hiérarchiques au sein de la prison (j’adore Caputo), ainsi que la vie en dehors pour Larry (Jason Biggs), le fiancé de Piper.

     Orange is the new black brosse le cliché en le détournant au maximum, usant de nuances, d’étoffe dans les relations, qu’elle abreuve, qu’elle détruit. C’est passionnant. D’autant plus que le mélange entre la comédie et le drame est savamment dosé. C’est à la fois hyper violent (humiliations, viol, suicide…) tout en trempant dans un climat de « feel good movie » en permanence.

     Et puis il y a du monde donc de la matière. Aussi bien d’un côté que de l’autre, prisonnières autant que matons. Si l’écriture continue d’être à ce point dense ça peut vraiment devenir top. Sans oublier que c’est addictif à mort. On a dévoré les treize épisodes en trois jours. Bref, je suis archi confiant. Et puis bon, deux acteurs d’American Pie, j’étais déjà en terrain familier. Hâte de retrouver Crazy eyes et les autres.

Bande de filles – Céline Sciamma – 2014

fenty-5447c1c63edce-1024x576Débandade.

   4.0   C’était une séance étrange. Très jeune. Avec tout plein de bandes de filles. Salle archi pleine, il y avait de l’ambiance. La cinéaste devait être là à l’issue de la projection mais pour des raisons assez choquantes et WTF – en gros elle était parait-il épuisée des agressions verbales reçues lors de ses deux précédentes sorties – c’est l’actrice principale qui la remplaça – accompagnée de la productrice. Ce n’était donc pas un grand débat de cinéma mais l’énergie bon enfant qui s’en dégageait était plutôt saisissante. A propos, c’est bien la première fois que je suis dans une salle qui en grande partie chante en choeur en plein film le tube qu’on entend à l’écran – Diamonds de Rihanna – jusqu’aux auto applaudissements derrière. C’était quasi surréaliste. Un peu trop hystérique pour un snob comme moi qui préfère ma petite salle de ciné désertée à une ambiance Disneyland mais je crois que je m’en souviendrais.

     Cela dit, ça en dit beaucoup sur le film, en fin de compte. Parlons-en : Je n’aime pas. Enfin, je l’ai revu récemment depuis et je ne l’aime pas. A l’époque de sa sortie, folklore aidant, je n’étais que mitigé. J’y ai vu des choses très intéressantes (dans la lignée de Naissance des pieuvres et Tomboy) mais il me semble que Céline Sciamma est souvent trop prisonnière de son désir de séduction. Elle veut faire un tableau complet, chargé et quasi systématiquement compensé : Le père absent, le frère macho, le maquereau, la vendeuse raciste, la petite bagarre en miroir, FIFA, tout y passe. Il faut toujours que ce soit ni trop dur ni trop joli. Ce qui en revanche me parait réussi c’est le cheminement du personnage en plusieurs chapitres elliptiques (marqués par de capricieux fondus au noir sous Para One) de manière à saisir sa transformation morcelée, métamorphose sans cesse renouvelée par de longues respirations en guise de brusque virage.

     Si le portrait de l’adolescente est intéressant et surprenant (je ne m’attendais pas à cette dernière partie) le portrait de groupe est lui raté. On pense parfois à Spring Breakers mais la cinéaste est bien trop sage et terre-à-terre pour oser un si grand voyage. Il y a aussi un peu de La vie au ranch mais une fois encore la réalisation n’invente pas grand chose à l’image de La séquence Rihanna, dont on a tant entendu parler, où elle opte pour le clip grossier quand Sophie Letourneur optait pour du Julien Clerc via un glissement fort et diégétique – Sans parler de ce que faisait Korine de Britney Spears. Bon, j’exagère un peu, je crois que cette séquence est intéressante, qu’elle raconte vraiment quelque chose de fort sur le cheminement du personnage – son observation, sa manière d’entrer en scène, d’investir le cadre. Mais je crois que c’est qu’une question de subtilité, comme le reste, ça me semble un peu trop forcé et programmatique.

     Quand le groupe disparaît, la séduction est d’apparence moindre – d’où un virage très déceptif – puisque l’énergie qui s’en dégageait semblait avoir été un peu étouffée (on en voulait davantage, une perte de contrôle, un glissement audacieux) mais l’intérêt s’accentue, tout simplement parce qu’on ne s’attend pas à cette autre forme de glissement. C’est probablement la plus belle idée du film. D’avoir fait de ce groupe l’élément déclencheur d’une affirmation de soi, avant de l’effacer totalement.

     Ce qui rend le film moins beau que les précédents et c’est peu de le dire, c’est dans ce que la cinéaste répercute en son sein : Vouloir faire un portrait d’une de ces filles, qu’elle croise chaque jour aux Halles. Si Sciamma parlait d’elle dans ses deux premiers films – son adolescence puis son enfance – elle ne règle rien ici et son style s’en trouve dispersé. L’impression qu’elle veut faire dans l’exhaustif s’en ressent – Qu’une partie du public s’insurge contre sa représentation de la fille de banlieue en est l’illustration : Elle recherche l’universalité, quelque part. Elle dit ne pas faire le portrait des filles de banlieue parisienne mais le portrait de l’une d’elles. Mais son film ne semble pas faire ce qu’elle espère. C’est intéressant car je me rends compte en voyant ses trois films qu’elle est passé à autre chose avec celui-là, autre chose qui me parait fumeux, dans sa manière d’envisager le romanesque.

     C’est marrant, deux de mes déceptions cette année sont deux films français que j’apprécie un temps soit peu mais que j’aurais aimé adorer, qui ont été un peu trop érigés en phénomènes sociétaux : Les combattants et Bande de filles. Ce sont deux films intéressants mais pas si libres qu’ils en ont l’air, enfin disons qu’on a exagéré leur statut de petites bombes solitaires – trop maîtrisés pour être vivants. A côté de ça, un film comme Hippocrate me semble plus honnête, d’apparence plus classique c’est vrai, il n’empêche qu’il surprend constamment mais jamais en jouant sur le capital séduction. Toujours dans le réel, il ne stylise rien tandis que les deux autres stylisent trop ou pas assez, ça ne va pas au fond de son dispositif comme c’est le cas, je me répète, chez Korine ou Letourneur.

     Je voulais aussi parler du dernier plan. Céline Sciamma soigne toujours ses derniers plans. Je n’aime pourtant pas trop celui-ci – un peu trop écrit et forcé à mon goût – mais je salue l’audace : Ce visage en larmes que la caméra abandonne au hors-champ, se perdant dans une focale parisienne floue avant que ce visage ne repasse dans le champ, sans larme, déterminé. Disons que je garde toujours en tête celui de Naissance des pieuvres que je trouve bien plus flottant, irréel sans compter qu’il m’achève littéralement.

     Pour le reste je trouve qu’il y a de beaux moments de grâce, suspendus (l’ouverture), des séquences super drôles (le mini-golf), étonnantes (la brève rencontre avec l’ancienne quatrième du groupe), physique (la baston) mais ça ne s’étire pas suffisamment pour nous perdre ou provoquer un malaise. De manière générale c’est un film trop tiède et maîtrisé, trop aimable aussi je pense pour m’emporter entièrement. C’est à mille lieux des deux premiers, à mon humble avis. Et c’est le problème avec le cinéma de Céline Sciamma, c’est un grand oui ou un non.  Cette revoyure a été fatale : Je trouve ça totalement faux, amorphe, poseur et sans rythme. C’est incompréhensible de pondre ça après Tomboy.

Gold – Thomas Arslan – 2013

Gold - Thomas ArslanLa chevauchée des bannis.

   7.5   Je me souviens d’un retour au cinéma après un mois de disette et c’était de parfaites retrouvailles avec les salles obscures tant ce western épuré en allemand sur le continent américain (émigrés teutons cherchant de l’or outre-Atlantique à la fin du XIXe siècle) m’avait littéralement hypnotisé. J’avais marché tout du long, enfin surtout dans la seconde moitié. Aujourd’hui, je suis ravi de l’avoir revu. C’est beau, soigné, envoûtant, raffiné, à l’économie mais pas autiste pour un sou, dans la lignée du splendide film de Kelly Reichardt, La dernière piste, en moins puissant tout de même. Et puis il y a Nina Hoss, Marko Mandic et Lars Rudolph. Des présences qui aident.

Holy smoke – Jane Campion – 1999

holy-smoke-1999-01-g   4.0   J’y croyais un peu mais en fait c’est pas bien. On est vraiment dans la veine roublarde de La leçon de piano, en un poil mieux certes (le début notamment) mais tout est vite gâché par des effets exténuants, une hystérie forcée. Keitel dans son élément, quoi. Allez je sauve Kate, vraiment mimi comme d’hab, surtout qu’on voit ses boobs.

American graffiti – George Lucas – 1974

FA_image_00028101   6.5   Je ne m’attendais pas à aimer, c’est une bonne surprise. C’est le meilleur Lucas vu à ce jour. J’avoue je la joue un peu provoc mais je reconnais ne porter que très peu d’estime pour sa grande saga. Maintenant je trouve qu’ici il y a vraiment un truc fort, sur la durée, l’unité de lieu. Le film n’est ni séducteur, ni abyssal. On est entre les expérimentations premières de Lucas et le divertissement. Le film vaut aussi bien comme teen movie qu’en tant que film théorique ou pensée cinématographique, c’est très intéressant. Et puis je me rends compte qu’il a inspiré, de près ou de loin, une partie du cinéma que j’aime.

Haute tension – Alexandre Aja – 2003

32Double jeu.

   6.5   Difficile d’en parler sans en dévoiler son intrigue. Est-ce que ça gagne à la revision, déjà ? Je ne pense pas. Paradoxalement, tout est fait pour donner envie de le revoir. La grande idée c’est de tenter de faire exister le film sur deux niveaux : l’un purement scénaristique (vraisemblance, récit schizophrène, twist) et l’autre entièrement dévoué à la mise en scène. Si par moment ça coince, il est dingue de constater combien c’est un objet stimulant, culotté et creepy qui plus est dans le paysage du cinéma de genre français. Du seul point de vue du survival, le film fonctionne à merveille, avec sa mise en place classique mais bien fichue, efficace et le zéro temps mort insufflé dès le premier coup de tonnerre, bien sale, bien gras. Au point qu’Aja en fait dans ses meilleurs moments un film quasi muet. Entre la maison et la station essence, à vérifier, mais il doit bien y avoir vingt-cinq minutes sans parole. Dans l’intensité, Aja a vraiment quelque chose – On se souvient de cette éprouvante scène de caravane dans La colline a des yeux. Dans le même temps Haute tension souffre de son statut à double personnalité, qui se marie certes avec son récit, mais qui est aussi symptomatique de cette idée de vouloir donner dans le drama à tout prix. Shining et Massacre à la tronçonneuse auxquels Haute tension effectue de nombreux clins d’œil en étaient dépourvu, c’était leur force. Après, il faut reconnaître que malgré la tonne d’indice (c’est flagrant à la revoyure) dissimulés partout, on ne voit rien venir. Ce n’est certes pas aussi maitrisé et cartésien que dans un Sixième sens mais il y a un savoir-faire et une volonté de faire quelque chose que l’on apprécie différemment la première et la seconde fois. C’est intéressant. Néanmoins, étant – qui plus est aujourd’hui – nettement moins fasciné par les tours de force scénaristiques, je regrette de ne pas voir le film investir entièrement le terrain du survival, de bout en bout tant Aja a amplement les moyens de le faire. Autant ce qui a suivi dans la foulée (La colline a des yeux) était top, autant ce qu’il a pondu dernièrement (Mirrors, Piranha, Horns) n’est pas super prometteur. Tant pis.

La ville est tranquille – Robert Guédiguian – 2001

ville-est-tranquille-04-gMarseille, mon amour.   

   8.0   J’en suis sorti épave. C’est quasi aussi beau que Les neiges du Kilimandjaro. Je vois ça comme le film choral au sens noble et populaire du terme. Après ça, le genre aurait dû disparaître. C’est beau à en pleurer. Et Marseille n’a jamais été si bien filmée. J’en profite pour dire que la filmographie (le peu que j’en ai vu) de Guédiguian est passionnante, inégale mais d’un niveau de cohérence hallucinant. Par exemple je n’aime pas Marius et Jeannette mais fondu dans le reste de sa filmographie c’est un film intéressant et touchant. Et puis c’est une famille Guédiguian, c’est Marseille, régulièrement et sa patte habituelle. Très envie de tout voir. Après il restera ceux que j’adore et j’oublierais sans doute les moins bons mais j’aurais une vision globale de son oeuvre.

Incident au Loch Ness (Incident at Loch Ness) – Zak Penn – 2004

Incident_au_Loch_Ness     3.5   Grosse farce qui veut faire croire au spectateur que ce n’en est pas une. Le film tombe malheureusement dans le grand n’importe quoi, j’aime pourtant assez le début justement parce que je ne sais pas si je vois un vrai ou un faux docu. Une fois le pot aux roses dévoilé il n’y a plus aucun intérêt. Je pense qu’il y avait matière à faire plus hardcore mais beaucoup moins malhonnête.

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