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Archives pour septembre 2015

Cemetery of splendour (Rak ti Khon Kaen) – Apichatpong Weerasethakul – 2015

Cemetery of splendour (Rak ti Khon Kaen) - Apichatpong Weerasethakul - 2015 dans * 2015 : Top 10 Cemetery-of-Splendour_KEY-STILL_Apichatpong-Weerasethakul-0-2000-0-1125-cropLe songe de la lumière.

   8.5   Les films du cinéaste thaïlandais sont toujours multiples, c’est en partie pour cela qu’ils sont si précieux. Il n’y a pas un noyau, mais plusieurs. Pas une trouée secondaire mais des dizaines. Un film d’Apichatpong est une somme d’évènements facilement ou non rattachables les uns aux autres.

     Dans Cemetery of splendour il est question d’une école abandonnée dans laquelle est dorénavant aménagé un petit hôpital où l’on veille des soldats qui semblent tous atteint par la maladie du sommeil, qui serait provoquée par la puissance invisible du lieu qui serait aussi un vieux cimetière de rois, lesquels aspireraient l’énergie des vivants pour leurs batailles dans une temporalité antérieure ou parallèle.

     Il est difficile de faire récit plus barge, poétique et simple. Dans la mesure où comme toujours, il n’y a rien de compliqué dans le cinéma du thaïlandais. « Le film est une quête des anciens esprits de mon enfance » dit-il. Rappelons que le cadre est celui de Khon Kaen, sa ville natale. On prend ce qui nous intéresse, on se laisse engloutir, on se laisse guider par une infinité de strates qui ne débouche pas sur un tout rationnel mais sur une infinité d’émotions méditatives et chaleureuses.

     C’est le pouvoir des images qui s’invite et avec lui celui des sons. Le film s’ouvre d’ailleurs dans le noir absolu, où l’on perçoit à mesure une multitude de bruits, discrets ou inquiétants à l’image de cette pelleteuse sur un chantier. Un chantier qui n’est autre (à nouveau) que celui de ce palais devenu cimetière devenu école devenu hôpital. Le cadre serait donc celui d’une projection mentale de la situation politique et sociale de la Thaïlande d’aujourd’hui : Une impasse mystérieuse.

     Parfois, on croit tenir une certaine linéarité, au sein de cette rencontre entre une vieille femme, handicapée par une jambe plus courte que l’autre, venue pour offrir des soins bénévoles à ce soldat qui au contact de ses massages va se réveiller, et une jeune médium qui s’immisce dans les rêves des soldats narcoleptiques afin d’en extraire des images et des sensations et les faire partager à la famille concernée.

     Un moment alors, le film se libère. Etat de grâce, extatique, appelez ça comme vous voulez : Un ventilateur appelle un mécanisme de filtration à roues. Un enchevêtrement d’escalators se fond dans un dortoir nocturne illuminé par une thérapie sous forme de néons à lumière évolutive. Parfois, le temps semble s’arrêter ou au contraire s’accélérer comme dans cette double séquence, où des passants observent, assis, le lac et les alentours du lac, puis se croisent, se lèvent, ne prennent plus le temps de s’assoir, disparaissent.

     A la toute fin, des enfants sont en train de jouer au football, le plan rappelle celui du merveilleux Phantoms of Nabua. On n’a pas fini de relier les différents films de Joe, tant chaque séquence en appelle une autre, dans un film différent, une respiration se perd dans un récit antérieure, comme les vies dans les films du cinéaste paraissent les mêmes, dans une autre temporalité. Des gens qui dansent (Syndromes and a century), un pénis que l’on caresse (Blissfully yours), un animal qui investit le plan (Le buffle de Oncle Boonmee), des apparitions folles, diverses. Le cinéma d’Apichatpong est aussi très drôle, quasi burlesque parfois, tout en gardant son calme et sa grâce.

     C’est une œuvre sensuelle, envoûtante, dont la chance de faire sa découverte sur grand écran permet d’entrer en immersion absolue. Contrairement à d’habitude, le film se borne en un lieu, cependant hyper espacé, dont on finit par définir très bien le contenu sans pourtant parvenir à en saisir tous les contours. Un film seulement, jusqu’ici, avait réussi à me faire un effet similaire, c’était L’inconnu du lac, d’Alain Guiraudie. Un lieu ici que l’on charge, non pas dans chaque plan mais presque, d’une pelleteuse creusant la terre, qui autant qu’elle s’apprête à faire disparaitre le lieu, fait revenir à la surface des couches du passé et des souvenirs – à l’image de Jenjira Pongpas (l’actrice fétiche d’Apichatpong qui y est peut-être encore plus magnifique qu’à l’accoutumée) qui raconte avoir été élève dans cette école.

     C’est alors que revenue d’entre les morts, deux princesses lui apprendront qu’avant d’y avoir une école, le lieu était habité d’un palais royal ayant traversé moult querelles entre les rois. Jamais Joe n’utilise de plans de trop. Aucun plan du passé. Aucun plan de vision. Il parvient à les mettre en scène, en relation, à faire vivre plusieurs époques dans le plan, sans les montrer. Magnifique séquence où les deux femmes voyagent dans un Palais/Sous-bois, entre grandeur luxuriante et ruines dispatchées dans la jungle, dans lequel chacune perce la vision de l’autre.

     Apichatpong reste donc bien le plus bel enchanteur du cinéma mondial actuel. Je n’en doutais pas même s’il faut bien reconnaître que ça fait un bien fou de le retrouver sous la forme du long métrage qui lui sied tellement bien. Oncle Boonmee avait déjà cinq ans. Cemetery of splendour est sans doute son film le plus proche de Syndromes and the century, qu’il faut que je revoie à tout prix, voilà qui tombe bien.

     C’est donc un film triste et doux, où la guérison sous luminothérapie côtoie les vies antérieures, la magie convoque le rêve. Et puis c’est encore un grand film sur le sommeil. Sur la cohabitation délicate des vivants et des fantômes. Toute la filmographie de Joe en est emprunte mais peut-être n’avait-il jamais été si loin. En l’état et à chaud, Je me demande si ce n’est pas mon Apichatpong préféré depuis Blissfully yours. Plastiquement c’est juste ahurissant. Bon, comme tout est génial, ça ne veut pas dire grand-chose, je sais.

Hill of freedom (Jayuui Eondeok) – Hong Sangsoo – 2015

50The day she arrives.

   6.7   Hong Sangsoo sort un film par an, quand ce n’est pas deux et chaque nouvelle sortie semble dialoguer intimement avec la précédente. D’infimes variations permettent à tous les coups au film de se libérer d’une quelconque emprise, de ne pas jouer la redite, de refuser de n’être qu’un maillon de la chaine.

     Hill of freedom me partage. D’une part car j’ai l’impression de voir le plus beau film de Hong Sangsoo depuis Woman on the beach (à nuancer cela dit puisque j’en ai raté quelques-uns : Sunhi, Haewon et les hommes, The day he arrives) et d’autre part car il souffre sérieusement d’être passé juste avant Cemetery of splendour et inéluctablement de s’être fait dévorer.

     Rarement un film de Hong Sangsoo ne m’aura paru si flou, flottant, ambigu comme s’il manquait des morceaux, comme s’il était inachevé. Sa faible durée de 1h06 y fait beaucoup. Le récit en lui-même ne trahit pas les habitudes du cinéaste : Errances dans un village, très peu de lieux, très peu de scènes, diverses rencontres, artiste looser, alcool et baise. En gros. On est bien chez Hong Sangsoo. Mais la construction s’avère étonnante.

     Mori, un jeune japonais, arrive à Séoul pour y retrouver une femme qu’il a aimée. Celle-ci étant absente, il l’attend, dans une chambre d’hôtes, fait des rencontres et écrit. Et ce sont ses mots qui vont guider le récit qui nous sera conté lorsque la jeune femme aura récupéré les lettres. Une astuce de scénario fait qu’elle ne les découvre pas dans l’ordre d’écriture donc nous non plus. Ainsi nous allons accepter le séjour de Mori comme il nous est raconté, de façon aléatoire.

     L’idée aurait seulement pu être un gimmick mais le cinéaste crée quelque chose d’assez terrible, de faussement léger. Il y perd son personnage dans une temporalité indistincte. Celui-ci lit en effet un ouvrage intitulé « Le temps » et il va croiser un chien qui se nomme « Rêve » et un bar/restaurant dont l’appellation énigmatique donne au film son titre.

     Mais surtout, certaines lettres sont oubliées ou perdues. En somme, il nous manque des éléments. Qu’importe finalement, puisque l’on tient là une pure logique de rêve (renforcé par un final absolument divin) où la retrouvaille importe moins que la quête, le voyage davantage que sa résolution.

Tchao Pantin – Claude Berri – 1983

Une_scene_mythique_dans_la_station_serviceLe fils.

   6.3   Le fait de situer le récit aux instants où Lambert (Coluche) bosse rend légitime l’omniprésence de la nuit. Car c’est un film où il fait nuit, en permanence ou presque. Il pleut aussi beaucoup. Et pourtant, Berri parvient à créer une ambiance, certes moite et pesante, mais sans pour autant charger l’esthétique façon Les nuits fauves, de Collard. Je ne l’avais pas vu depuis une éternité et c’est la première chose qui m’a frappé : C’est un film très sobre dans ses parti pris visuels, naviguant quelque part entre le Neige, de Berto & Roger et le Police, de Pialat. Il lui manque sans doute une vraie identité, une vraie puissance capable de s’affranchir de son interprétation, mais en l’état il y a vraiment de belles choses là-dedans. Après, oui, le film fonctionne aussi beaucoup sur le bagage psy transporté par le pompiste. Comme toujours chez Berri, le thème du père est omniprésent. L’idée assez ostensible ici est qu’évidemment Anconina devienne le spectre de ce garçon qui est parti. Quelque part c’est un beau film sur la renaissance pour mourir, la quête d’une mort concrète, utile, puisqu’on sent vite que Coluche, une fois embringué dans sa démarche vengeresse, ne s’en sortira pas non plus.

Dheepan – Jacques Audiard – 2015

568270.jpg-r_640_360-f_jpg-q_x-xxyxxEtat des lieux.

   4.3   J’y allais vraiment à reculons. Pour ce qu’il a traîné derrière lui comme polémique depuis Cannes, d’une part, mais aussi parce que De rouille et d’os m’avait poliment gonflé. Je suis assez mitigé. J’aime des choses, je ne vais pas le nier, mais d’autres m’agacent tellement. Cela dit, bien qu’il faille se farcir la mise en scène toujours trop stylisée d’Audiard, tout le début fonctionne plutôt bien. Dès l’instant que le film se pose dans le HLM de Poissy où Dheepan en sera le gardien, j’apprécie ce que crée le cinéaste au sein de la cellule faussement familiale, notamment la naissance du désir, la crainte de l’apparence, les relations avec l’enfant, mais aussi ce que le film raconte de l’entourage ; ça pourrait être hyper schématique mais les personnages qui semblaient à priori entrer dans des cases révèlent leurs nuances, tandis que ce sont ceux qui dans ce type de film, qui sont généralement les catalyseurs des futurs drames, à savoir les guides (ici l’interprète tamoul ou plus tard le type à tout faire dans la cité) sont ici les plus bienveillants. J’aime à ce titre beaucoup la séquence des boites à lettre. Elle est sans équivoque, c’est très beau. Mais le film prépare son virage. Il y a d’abord ce rapprochement un peu trop bisounours entre Yalini (la femme de Dheepan) et le gros caïd du coin, Brahim – Excellent Vincent Rottiers, comme d’hab. Puis lorsque Dheepan se retrouve à nouveau confronté à son passé, le monde des armes, en croisant son colonel en chef de longue date au Sri Lanka. Le lieu fermé dans Un prophète permettait à Audiard de préserver sa ligne de conduite et son intensité de bout en bout. Là non. Il faut ce carnage. Façon Travis Bickle. Mais Audiard n’est pas Scorsese loin s’en faut et cette montée en enfer, comme si Dheepan remontait son passé, est assez grossière. Sans parler de cette dernière séquence absolument minable, même pas maladroite ou ratée, non, minable. Allez si parlons-en : Londres est ensoleillée, accueillante, estivale ; Les arbres bourgeonnent, les rues sont désertes, un bébé est là, on se passe la main dans les cheveux sur un canapé dans un jardin luxuriant, en pleine barbecue party. Au secours. On pourrait citer une autre scène symptomatique d’une réalisation lourdingue : la double séquence Eléphant, inutile, sinon présente pour satisfaire le public bobo qui a besoin de ce détachement pseudo onirico-spirituel. Dommage, vraiment car dès qu’il y a deux personnages dans le plan, Audiard saisit quelque chose et prouve qu’il est capable de le faire même si très souvent il ne lui laisse pas le temps d’éclore.

De rouille et d’os – Jacques Audiard – 2012

De rouille et d'os - Jacques Audiard - 2012 dans Jacques Audiard 20330314Corps brisés.

   4.2   Avant de parler de Dheepan, le dernier film de Jacques Audiard, couronné de la plus haute distinction au dernier festival de Cannes, je tenais à revenir sur celui-ci qui était lui passé plus inaperçu, malgré Cotillard sans jambes et Matthias Schoenerts. Il y avait quelque chose de plus sage, de plus simple surtout, des moments très réussis et puis d’autres trucs attendus. Le film était venu me chercher par moments, notamment grâce à ses personnages féminins. Problème est, comme souvent, qu’Audiard s’intéresse davantage à ses personnages masculins, à leur virilité, leur corps, leur capacité à encaisser et mettre des coups. Dans Un prophète ça fonctionnait forcément, là moins. En fait, je me rends compte que je n’aimais pas les premiers films de Jacques Audiard, j’ai l’impression qu’ils adoptent un mauvais rythme, qu’il se cherche constamment mais confondant l’inventivité et l’essai psy stylé. A partir de Sur mes lèvres je trouve qu’il se passe un truc. Hormis quelques fautes de goûts, De battre me prend aux tripes. Un prophète est un excellent film carcéral à mon sens, enfin ça m’avait laissé sur le carreau. Audiard doit trouver cet état de transcendance pour que son cinéma s’embrase. Il n’en était pas loin là, mais il bute un peu sur ses deux histoires/personnages, il ne sait pas vraiment laquelle privilégier, il ne sait pas non plus s’il doit être délicat ou dur, doux ou violent, ça donne un film entre-deux, hybride (tout le contraire du très beau Une vie meilleure par exemple) mais qui n’est jamais loin d’atteindre quelque chose. Je pense qu’il est aussi très coincé dans la performance et dans une volonté de ne pas déborder. Le film surprend en effet très peu (à la fin peut-être, il se passe un truc) mais surtout, sans en faire trop, on sent qu’Audiard aime montrer qu’il réussit (il préfère filmer le corps amputé de Cotillard plutôt que son personnage, comme il préférait la transformation de Tahar Rahim à la prison dans le précédent, ce qui était nettement plus justifié).

La créature du marais (Swamp Thing) – Wes Craven – 1982

La créature du marais (Swamp Thing) - Wes Craven - 1982 dans Wes Craven creature-marais-83ae-diaporama« Everything’s a dream when you’re alone. »

    1.9   Je veux bien être indulgent sur certains produits que Craven a pu pondre mais là comment dire… On atteint une dimension de nullité tellement imparable, c’est fascinant. Tout y est risible, affligeant. Le film est en majorité tourné dans la jungle mais on n’en voit que dalle. Les enjeux temporels autant que spatiaux sont en permanence invraisemblables, chaque parcelle du récit étant traitée par-dessus la jambe ; Le jeu des acteurs est outrancier (même Krug de La dernière maison sur la gauche et Leland Palmer de Twin Peaks sont mauvais) et les rebondissements tous plus ridicules les uns que les autres. Sans parler du nombre considérable de faux raccords. Vu le budget confortable c’est assez incompréhensible.

     En fait, La créature du marais est au départ l’adaptation du comic éponyme, fidèle ou non je n’en sais rien, toujours est-il que Craven semble vouloir produire une forme qui imiterait un peu la bande dessinée, au moins via ces mini saynètes, mais aussi au moyen de transitions en fondus bien cheap – en rideau, en étoile, en essuie-glace. Au milieu de son récit d’affrontement entre deux scientifiques que tout oppose, le film s’oriente vers un remake de La belle et ma bête. Là non plus ça ne marche pas du tout. Craven nous gratifie cependant d’un interminable plan nichons sur Adrienne Barbeau prenant son bain dans une rivière. Unique accalmie du film, qui ne débouche sur absolument rien d’autre que sa gratuité pour les yeux. Bref, on nage dans le Z. Vivement Freddy, moi je dis.

Une femme de ménage – Claude Berri – 2002

UNE FEMME DE MENAGEMon double et son contraire.

   5.3   Au milieu de mon cycle Craven et au sein de mon interminable (Tant mieux !) cycle Rohmer, j’entame – Merci Arte, encore – une rétro Claude Berri, filmo que je connais finalement assez mal au regard de son volume. Celui-ci n’est pas le meilleur, ni pour commencer ni par rapport au reste, mais il est plutôt réussi – Peut-être son dernier beau film, en fait ? C’est drôle ça ressemble vraiment au film de Lucas Belvaux, Pas son genre, sorti dix ans plus tard, avec la même Rosetta euh Emilie Dequenne – Une fois de plus excellente. En plus, elle ne fait que de parler de ses cheveux… Bref j’ai trouvé ça vraiment pas mal. Enfin comme souvent chez Berri c’est juste pas mal, ça pourrait être mieux. Il y a de beaux instants. Bacri s’en sort bien (il est soft). La fin est très belle. Pas marqué outre mesure mais je suis content d’y avoir jeté un coup d’œil.

Rectify – Saison 3 – Sundance Channel – 2015

12027659_10153173841832106_4636984155167472493_nA side trip in the side trip.

   8.0   Jusqu’ou Rectify nous emmènera ? Difficile de l’imaginer. La série est à l’image de sa construction, de son intrigue, de Daniel, impalpable à souhait. Tout devient de plus en plus intense à mesure que le récit se déploie d’épisode en épisode. Une intensité jamais exagérée, toujours avec la bonne distanciation, la durée adéquate. Et avec tellement peu, concrètement parlant. Peu de rebondissements, peu d’accélérations. Tout ce qui se joue est pourtant d’une force inouïe, mais se loge entre les lignes, jamais ostensible mais prêt à exploser. C’est d’une telle force, justesse, patience, retenue, ça frise l’excellence en permanence. Ça l’atteint d’ailleurs le temps d’un dernier épisode sublimissime.

     Chaque strate du récit aura donc pris le temps de grandir, de se mettre en place voluptueusement et douloureusement. Pour Daniel et autour de Daniel. Plus que jamais, la série donne à voir ce que cette sortie ambiguë laisse comme traces partout où elle passe, revient, s’installe. Dans un foyer qui se désagrège. Une entreprise qui disparaît littéralement de l’écran, durant cette troisième saison. Une cuisine, que l’on rafistole. Une piscine que l’on repeint. Et puis plus que jamais la série rappelle quelque chose de fondamentale mais de pas forcément évident : Daniel est un corps adulte prisonnier dans une âme d’adolescent, puisqu’il reprend une part de son âge qu’il avait laissé en partant. Parvenir à mettre cela en scène n’était pas gagné d’avance. Rectify y parvient. Haut la main. Et l’image de cette piscine, de cette plage, de ce road trip mère/fils souligne cela à merveille.

Maigret voit rouge – Gilles Grangier – 1963

Maigret voit rouge - Gilles Grangier - 1963 dans Gilles Grangier 1336485   5.1   Troisième et dernière incarnation au cinéma de Jules Maigret par Jean Gabin, dans un film cette fois-ci réalisé par Grangier (après un doublé Delannoy) qui s’avère peut-être un peu plus mécanique, un peu plus comme j’avais imaginé ces épisodes Maigret avant de m’y pencher. Néanmoins ça reste toujours aussi agréable à suivre. Gabin y est encore très bien. Et je suis ravi d’y voir Michel Constantin (malgré une post-synchro dégueu) quasi à ses débuts, trois ans après avoir campé Jo dans l’ultime film (et immense chef d’oeuvre) de Jacques Becker. Mais surtout aussi pour la sublime Françoise Fabian. Malgré le changement de réalisateur aux manettes, les trois volets se valent, en fin de compte.

Maigret et l’Affaire Saint-Fiacre – Jean Delannoy – 1959

3bc3bf1f04ade268e588aaa6e075bda7   5.2   Dans la lignée du précédent, soit un super récit à tiroirs où Gabin excelle véritablement (Vraiment je lui trouve ce rôle hyper adapté) à fouiner un village et une famille bourgeoise rempli de secrets et de trucs pas reluisants. La première heure est merveilleuse. Ensuite ça se délite car on sent qu’il faut finir (et de manière nettement plus conventionnelle) mais globalement c’est bien troussé. Et bien malin celui qui aura prédit l’issue.

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silencio


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