Banshee – Saison 1 – Cinemax – 2013

12039583_10153173841737106_1847437572189390287_nLes damnés.

   8.0   Je me suis enfin mis à Banshee et je ne regrette pas. Je suis resté sceptique le temps du pilote. Sentiment mêlé de C’est cool mais bien bourrin, quand même. Puis je l’ai accepté très vite : Sa démesure, sa stylisation outrancière, son extrême violence, son univers hypersexué, ses enjeux en apparence bas du front. En gros, si ça ne se bat pas ça baise. Ou l’inverse. Ou les deux. Le combat pour la forme entre Hood et Proctor (archi attendu, depuis le temps) est l’un des trucs les plus gay (badass) friendly que j’ai pu voir. Sauf que Banshee a du coffre. Un grand coffre plein de trouvailles, de folies et de profondeur.

     De quoi ça parle ? En gros, un type sort de prison, file vers une petite ville de Pennsylvanie située en plein territoire Amish et prend l’identité du futur sheriff local qui s’est fait buter. Ce sera Lucas Hood. Un voyou dans un uniforme de flic. Prêt à faire régner l’ordre à sa manière puisqu’il va le découvrir, Banshee, aussi paumée soit-elle, renferme les truands les plus barges de la Terre. Il va y croiser des fous mais aussi (c’est le pourquoi de sa présence) Anastasia, son amour d’antan, son binôme de quatre-cents coups, qui depuis quinze ans, s’est fabriquée une nouvelle vie.

     Je suis à ce titre souvent touché par la teneur tragique qui alimente chaque épisode. Disons que ça pourrait juste être de la série B bien troussée, bien grasse mais ce qui se dessine à mesure entre les personnages, notamment entre Hood et Anastasia (la fin de l’épisode 7 est sublime) voire entre Proctor et sa famille, Anastasia et sa nouvelle famille rend le truc plus fort qu’il n’y parait.

     Chaque épisode contient donc une énergie qui lui est propre, son morceau de bravoure et son pouvoir de jubilation. L’épisode du boxeur m’a scié. Un déclencheur, un vrai. Celui de l’albinos m’a comblé. Sans parler de l’interminable combat entre Olek et Anastasia – quoiqu’un poil moins puissant, souffrant d’un montage parallèle assez médiocre – ni de l’incroyable fusillade finale. En terme de mise en scène c’est certes parfois confus et grossier, mais c’est justement ce côté gras et rageur que j’aime bien, ça va au bout de son délire voire de son mauvais goût. Quelque part je lui donne le même crédit que pour un Mad Max, Fury road.

     Au départ, les personnages sont assez caricaturaux au premier abord : Le gentil bad guy, les filles qu’en ont, le méchant bien méchant ; Mais si l’on creuse sous le vernis, au-delà du fait que je trouve cela purement jouissif et expérimental dans son approche de la violence, il y a aussi des choses terribles qui se jouent (sur le couple, sur les traces du passé, sur l’impossibilité de s’extirper de la spirale du mal) et d’ailleurs on pourrait dire que c’est le maître mot de la série, de creuser : On y creuse le passé, la chair, les miettes d’une passion dévorée par le mal familial, on y creuse même littéralement dans la scène finale de la saison une, pour revenir aux origines du cas Lucas Hood.

     Il y a encore une multitude de zones d’ombre, dans la mesure où le récit s’épaissit d’épisode en épisode, n’hésitant ni à user de flashback en tout genre, ni à changer de point de vue, ni à alimenter la sauce au moyen de nouveaux personnages, qui peuvent très bien prendre de la place ou se faire dégager aussi vite qu’ils ont débarqués. Il n’y a pas de règle. Enfin une seule : Chacun d’entre eux est extrêmement bien travaillé et quand c’est le cas, fascinants d’opacité et de violence contenue.

     Pour le moment je ne vois aucune vraie fausse note, dans le sens où si un truc me dérange il est chaque fois compensé par deux trucs géniaux. J’ai rarement vu un show aussi beau et sale à la fois. Il y a un tel engagement dans chaque épisode, que je me dis toujours que je ne verrai pas mieux ensuite ou que ça va finir par me saouler. Mais à tous les coups, non, je suis fou jusqu’au générique final. Bref, je trouve ça dément. Je jubile. C’est le défouloir dont j’avais besoin ces temps-ci. Enfin une série B généreuse, vraiment généreuse et passionnante à tous les niveaux. Et des comme ça, perso, j’en ai pas vu beaucoup.

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