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Archives pour octobre 2015



Mister Flow – Robert Siodmak – 1936

mister-flow-cinema-de-minuit-siodmak-280   3.0   C’est mon tout premier Siodmak. Pas certain que ce soit l’idéal pur commencer. J’ai trouvé ça vraiment bien au début, j’étais dedans puis vers le milieu ça devient n’importe quoi, c’est surjoué à mort, il n’y a plus de fil conducteur, on ne comprend plus rien. La dernière partie et son interminable procès m’a achevé.

Le ballon rouge – Albert Lamorisse – 1956

23   4.0   Toujours un peu de mal avec ces films qui s’autoproclament dans chaque plan garant de la belle poésie. Moi je trouve ça mignon mais c’est tout. A la même époque, Rozier faisait Rentrée des classes, Engel £ Ashley Le petit fugitif, et ça me parle nettement plus.

Banshee – Saison 2 – Cinemax – 2014

12079663_10153216400732106_3662062016467893645_nBullets and tears.

   7.5   Comme je le redoutais, la magie s’est un peu envolée. J’aime toujours beaucoup mais si je retrouve toujours ce grain de folie inhérent à chaque épisode, je n’ai plus la surprise de ce grain de folie. Autrement dit, la saison d’ouverture avait mis la barre si haute qu’on a cette impression que la série s’est dorénavant installée dans une routine, certes de luxe, mais qui provoque moins la sidération. Il me semble, par exemple, ne plus avoir d’épisode sans logique narrative, uniquement rythmé par le goût du sang et du sexe. C’est peut-être le cas avant, je ne suis plus très sur, toujours est-il que je ressens davantage la fabrication, l’aiguillage que prendra l’épisode suivant sitôt le précédent terminé.

     La série se lâche aussi probablement trop au niveau formel. Ses tics plastiques ont toujours fait partie du show, depuis le pilote, mais ils me semblaient toujours sur la corde, toujours à jouer sur deux séquences qui chaque fois s’annulaient pour éviter la surcharge. Entendons nous bien, cette esthétique grasse fait partie de Banshee, j’aurais même tendance à dire qu’elle est sa signature, donc en soi je ne lui reproche rien, simplement je me sens moins plongé dans un pur état d’extase. Je me rends compte d’une chose : Une autre série avait produit sur moi un effet similaire, c’était Trueblood, l’autre création d’Alan Ball – que j’avais stoppé, agacé, en cours de saison trois, tandis que j’adorais littéralement le début. Certes il est encore tôt pour s’inquiéter car je le répète, Banshee me comble toujours très largement, mais les premières craintes apparaissent c’est un fait. Affaire à suivre, donc.

     Au-delà de ces maigres griefs – relativement engloutis par un épisode final colossal – j’en profite pour signaler des partis pris que je trouve absolument dantesque. Il y a d’une part un épisode parenthèse magnifique (2.05) à la fois simple dans son déroulé autant qu’il peut être un monstre de montage sur trois niveaux. Ce qui se joue continuellement entre Anastasia et Hood restera pour moi le gros point fort de la série, sans doute parce que c’est une histoire maudite, une relation sacrifiée par le temps. C’est peut-être la plus belle réussite de la série que d’avoir créé quelque chose d’aussi terrible au sein d’un tel foutoir. L’épisode dix, beaucoup plus démesuré (Un carnage d’une heure, purement et simplement) accentue une nouvelle fois son tragique sous-jacent : Les préparatifs, la fusillade dans l’église, le retour à Banshee. Le passé et le présent se chevauchent. L’un est brisé, l’autre est en marche. C’est de la survie et rien d’autre.

     A cela s’ajoutent ces merveilles de personnages secondaires que sont Job et Kaï Proctor. L’humour extravagant de l’un face à la violence contenue de l’autre. Je ne m’en lasse pas. Et tant d’autres : La cool-attitude de Sugar, l’extrême noirceur de Rabbit, le mystérieux Alex Longshadow, l’homme de main super froid de Proctor, le trop docile Emmett, Jason qui fait pschitt sans parler de ceux que l’on voit peu : Chayton semble bien prometteur. Des gueules et de la classe. Tarantino doit aimer ça. Et puis Banshee ne serait définitivement pas grand chose sans ses personnages féminins : Siobhan, Rebecca, Nola. Avec Anastasia, on tient là, aisément, les quatre nanas les plus badass toute série confondue.

La revanche de Freddy (A Nightmare On Elm Street Part 2, Freddy’s Revenge) – Jack Sholder – 1986

37.-la-revanche-de-freddy-a-nightmare-on-elm-street-part-2-freddys-revenge-jack-sholder-1986-1024x633Kill for me.

   3.0   Une suite qui ne fait pas illusion très longtemps. Le début est intéressant, même s’il n’y a plus de mise en scène, de respiration, de terreur propre au film de Wes Craven. Mais le fait est que Freddy cette fois, ne souhaite plus vraiment tuer dans le sommeil des étudiants mais utiliser le corps de l’un d’eux qui s’en chargera. En gros, Freddy intègre le réel et devient un croque-mitaine comme un autre. Pourquoi pas après tout. Sauf que chaque séquence est traitée par-dessus la jambe (C’est quoi cette scène grotesque de perruche ?) et teintée systématiquement de ridicule – A l’exception du premier meurtre, assez chouette, dans les douches de l’école. Sans compter que le réel ne peut être aussi impalpable qu’un cauchemar ou alors il faut lui donner les moyens de l’être. Toutes les apparitions de Krueger ici prêtent plus à sourire qu’autre chose. Comme l’est aussi ce drôle de casting éminemment masculin, en cuir et en chemise hawaïenne venant ponctué le contenu crypto gay. Ah, cette relation chelou entre Jesse et Grady, entre scène de ménage à la cantine et partie de pompes communes commanditées par un prof de sport SM – qui finira fouetté à coup de serviettes par notre boogeyman pas super sensible au charme de sa musculature. Mais tout s’apprête à culminer dans une séquence festive au bord d’une piscine qui s’avère finalement assez risible. La fin dans la chaufferie relève quelque peu le niveau mais c’est déjà trop tard. Ce Nightmare on Elm street 2 n’est en fait qu’un gros nanar. A part ça, vous trouvez pas que Lisa ressemble à Meryl Streep ?

A bout portant – Fred Cavayé – 2010

a-bout-portant-de-fred-cavaye-4392821zguidFast & Furious.

   5.0   Film dans la lignée de Pour elle, du même cinéaste. Absolument aucun gras. C’est un peu invraisemblable évidemment mais ça se regarde bien. Concernant le cas insoluble Lellouche je ne l’ai jamais trouvé aussi bon qu’ici. En fait, j’irai même jusqu’à dire que Cavayé a trouvé le seul vrai personnage que le gros Lellouche pouvait incarner. Rien que pour ça, je suis admiratif. Le truc c’est qu’ils en font tous des tonnes autour de lui, Lanvin, pour ne citer que lui, est risible à souhait. Du coup je trouve Lellouche parfaitement dans son personnage, ou peut-être que j’accepte davantage qu’il soit ridicule je ne sais pas. Je ne dis pas qu’il est bon non plus, simplement pour une fois il ne m’énerve pas. Et puis c’est un film à l’énergie, qui se fiche complètement d’une quelconque psychologie, ça dure 1h20 et ça ne redescend jamais, du coup il peut tout se permettre : les mauvais acteurs comme les invraisemblances. Les seules images que j’en garde sont d’ailleurs des images en mouvement. A l’inverse d’un Arcady qui comme toujours fait des films de « grandes phrases ».

End of watch – David Ayer – 2012

End of Watch   3.0   Pas mal mais un peu trop hystérique pour moi. Et puis je ne comprends pas le choix de faire un faux reportage, c’est tellement trop dans l’air du temps, trop comme tout le reste que ça n’a plus aucune utilité. Fuqua (Training day) auquel on pense pas mal ici, aurait sans doute fait un truc autrement plus intéressant.

Conte d’automne – Eric Rohmer – 1998

9Si la vie est un voyage.

   7.5   C’est le dernier des contes d’Eric Rohmer. Et l’un de ses plus grands succès, comme si la fermeture d’un cycle était systématiquement gage de succès. L’impression que le public s’acclimate à mesure, tandis qu’il peine à y entrer (La collectionneuse, La femme de l’aviateur et Conte d’hiver passent relativement inaperçus). Et c’est celui qui contient les retrouvailles des deux plus fidèles égéries rohmériennes : Marie Rivière (Le rayon vert, La femme de l’aviateur…) et Béatrice Romand (Le genou de Claire, Le beau mariage…). Plus encore cette dernière, puisqu’on l’a vu grandir et vieillir grâce à Rohmer.

     Dans une interview pour l’émission Les quatre saisons d’Eric Rohmer, le cinéaste souscrit l’idée d’un rapprochement avec les cinémas d’Hitchcock et de Hawks. Conte de printemps tenait du premier quand Conte d’automne hérite beaucoup du second. C’est vrai, Marie Rivière a quelque chose de la Katharine Hepburn de L’impossible M. Bébé, dans sa malice et sa gestuelle, sa propension à jouer avec les hommes, à s’extraire de son enfermement – non pas de sa prison dorée mais au sein de son mariage. C’est elle qui mène l’intrigue. C’est elle qui mène la danse. Les films de Rohmer sont avant tout des chorégraphies.

     En somme, on se situe là aussi, sitôt qu’on prenne Conte d’automne en se focalisant sur Isabelle, sur le territoire de la comédie de remariage. C’est en subtilisant une identité – celle de son amie, après avoir envoyé une petite annonce en son nom – qu’Isabelle renaît et que son mariage continue de vivre. Ce n’est pas un hasard si le film se ferme sur une danse : Celle d’Isabelle et son mari, au mariage de leur fille. Un mariage qui n’a d’importance dans le film que le ricochet qu’il produit sur la rencontre qu’il va engendrer. Une femme aura peut-être trouvé l’amour quand son ambassadrice aura vécu l’aventure par procuration. Quelque part, Isabelle n’est pas sans rappeler Frédéric, dans L’amour l’après-midi, qui jouait le jeu de la double vie mais ne s’y abandonnait pas jusqu’au bout.

     Si l’on s’en tient au scénario pur, on nage dans le pur roman de gare, pour paraphraser Rohmer lui-même évoquant son ultime conte. Mais le film libère à la fois une linéarité archi stimulante et un comique de situation bienvenu. Magali voudrait un homme, mais ne se donne pas les moyens d’en rencontrer un. Isabelle, sa meilleure amie et Rosine, la petite amie de son fils vont toutes deux, chacune de leur côté (elles ne se connaissent pour ainsi dire pas) lui arranger un coup, de manière pas banale. La première en se faisant passer pour son amie au premier rendez-vous, puis au suivant avant de finir par se dévoiler, avec toute la grâce rohmérienne que cela convoque. La seconde en tentant de la jeter dans les bras de son amant philosophe. Difficile en effet de faire plus vaudevillesque. Difficile néanmoins de ne pas tomber dans un ridicule absolu. Mais Rohmer emballe ça avec magie, comme d’habitude, sans sourciller.

     Si la première partie est parfois ingrate, dans sa construction empesée à systématiquement deux personnages, le film se libère par deux fois. D’abord au gré d’une rencontre, que Rohmer parvient à étirer au maximum, afin d’en saisir toute la sève. Une rencontre sous forme de quiproquo puisque Gérald (celui qui a répondu à l’annonce) croit discuter avec Magali, tandis qu’Isabelle se fait passer pour elle. La seconde envolée c’est bien entendu ce mariage final, que le film annonce dès son ouverture. Séquence étirée sur une demi-heure, dans laquelle tout le marivaudage jusque là mis en place d’un côté (Rosine et Etienne) comme de l’autre (Isabelle et Gérald) se collisionne à merveille.

     C’est aussi une des seules incursions de Rohmer dans le thème vaste de l’âge, du vieillissement. D’une part dans le fait de retrouver les deux actrices, douze ans après Le rayon vert, dans un récit où leurs personnages respectifs sont dans une situation inversée. Delphine/Isabelle, Béatrice/Magali. Le cinéma de Rohmer use de multiples variations. De la même manière, il est encore question de mariage, comme il en était déjà question pour Béatrice Romand dans Le beau mariage, à la différence qu’elle ne part plus en quête du mari idéal. C’est dorénavant la recherche d’un homme pour combler le départ des enfants.

     Comme toujours, le vrai personnage d’un film de Rohmer c’est le lieu. Conte d’automne est intégralement tourné dans la vallée du Rhône, entre l’Ardèche et la Drôme, Saint-Paul-Trois-Châteaux et Bourg-Saint-Andéol, durant la période des vendanges saisonnières. C’est peut-être le plus rafraîchissant des contes de Rohmer. Sans doute aussi parce que c’est la plus belle des saisons. Car le cinéaste filme la campagne comme personne, ses châteaux, ses vignes et ses villages sans délaisser une seconde le récit noué autour de ses personnages. Un délice.

Fermière à Montfaucon – Eric Rohmer – 1967

28Mon journal d’une femme de la campagne.

   6.0   C’est l’une des seules incursions du cinéaste dans le documentaire pur. On y suit Monique, une quarantaine d’années, ancienne institutrice devenue femme de cultivateur, qui raconte son quotidien de labeur et sa polyvalence : Son travail à la ferme, les aides à son mari dans le champ quand il y a pénurie de main d’œuvre et le reste de son (peu de) temps passé en tant que conseillère municipale. Le film fait se succéder ces prises réelles, la vie avec les bêtes, la traite, la cuisine, sans parole sinon celle off de la fermière partageant son quotidien. Idéal à voir en tant que complément de programme de Conte d’automne

Le vieil homme et l’enfant – Claude Berri – 1967

Alain Cohen, Michel SimonClaude et Pépé.

   7.0   C’est le premier long métrage de Claude Berri. Semi autobiographique, le film annonce d’emblée la couleur, dans un prologue écrit : C’est l’histoire d’un souvenir, nostalgique et reconnaissant, d’un enfant juif ayant vécu à la campagne – afin d’éviter les rafles – chez un couple de vieux retraités, pétainistes et antisémites, dans laquelle il a du faire profil bas et bon petit catholique. Je craignais que le film joue la carte d’un pseudo suspense pour ne pas se faire démasquer mais non, jamais il ne tombe là-dedans. Il ne fait que poursuivre ce que le titre annonçait : raconter la relation entre cet enfant – plongé dans un monde inconnu – et ce vieil homme (Excellent Michel Simon) vétéran de la grande guerre, qui même campé sur ses positions (Les animaux avant les hommes, en gros) parvient à entretenir un dialogue plein de complicité, très beau, très intime avec le petit garçon. Alain Cohen – Que l’on retrouvera quatre ans plus tard dans Le cinéma de papa – joue Claude, alter ego du cinéaste. Il y est sublime. Je ne suis notamment pas prêt d’oublier ces quinze premières minutes, en famille, d’une justesse absolument bouleversante. Le reste est une chronique quotidienne, sous occupation allemande, guerre invisible dont on entend le déroulé par radio et dont on ressent l’impact au sein de la famille ainsi qu’à l’école. C’est très simple, très beau.

Le poulet – Claude Berri – 1965

00L’ultime souper.

   6.0   Un village à la campagne. Un couple et leur petit garçon de cinq ans se rendent dans une ferme voisine pour y acheter un poulet. Un peu désorienté quand il apprend qu’on mange le poulet mais pas la poule car cette dernière pond des œufs, l’enfant commence au fil des jours à s’attacher à ce pauvre animal au sort jeté, qui se doit de bien manger pour être bien mangé. Lorsque la date du festin est annoncée pour le dimanche à venir, le garçon se lève en pleine nuit, prend un œuf dans le frigo afin de faire en sorte que le poulet devienne poule aux yeux de son père. C’est un beau film sur l’enfance, ses errances et interrogations, qui parvient à saisir des petits moments de simplicité et de grâce, transformant ces petites découvertes et caprices enfantins en grands actes de résistance. Et puis le film a l’élégance de ne jamais tomber dans le niais. Non, les parents ne vont pas vraiment croire que leur poulet s’est transformé en poule. A ce titre la fin est une absolue merveille et annonce subtilement l’ouverture de Le vieil homme et l’enfant.

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silencio


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